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11/06/2024

LE GRAND MALENTENDU FLAMAND

Je ne m'intéresserai à la politique flamande belge - et même à celles des petits courants autonomistes ou séparatistes flamands "de France" - que le jour où lesdits Flamands cesseront de plébisciter des partis de droite libéraux, pro-UE et sionistophiles, et surtout losque les uns comme les autres cesseront de ne même pas prendre en considération les parties historiquement francophones de longue date de la Flandre et de l'Artois (Flandre dite "romane" ou "gallicante", notamment, mais aussi une partie non négligeable de l'Artois, aujourd'hui "flamand" ou pas). Tant que ces dernières seront considérées comme une sorte de "parent pauvre" de la Flandre, tant qu'elles seront négligées voire purement et simplement ignorées au pofit exclusif de la minuscule partie restée - occasionnellement - néerlandophone de France, et/ou de la seule Flandre "belge" exclusivement néerlandophone, je ne vois aucune raison de soutenir des gens qui estiment que l'hégémonie linguistique est primordiale, et qui ne considèrent même pas comme véritablement flamandes leurs propres minorités culturelles. C'est un peu comme si les nationalistes bretons ne considéraient comme vraiment bretonnes que les zones bretonnantes, et renonçaient - voire dédaignaient - tout le reste de la Bretagne historique, ce qui serait tout à la fois absurde et inacceptable !!

Les Belges d'aujourd'hui - Flamands comme Wallons - ont une conception complètement étriquée de leurs identités respectives, les réduisant de part et d'autre à un simple facteur linguistique : être néerlandophone, c'est être "flamand", et être francophone, c'est être "wallon". Le raisonnement ne vole certes pas bien haut, mais force est de constater qu'il se résume grosso modo à ça... En réalité, rien n'est plus réducteur, en sus d'être historiquement erroné. Car n'en déplaise à certains, en la matière, la langue ne fait pas tout... tant s'en faut !!! Ce clivage Wallons/Flamands tels qu'il est communément admis en Belgique n'est donc en réalité qu'une coneption typiquement belgo-belge, laquelle ne repose nullement sur une quelconque réalité ethno-historique.

De surcroit, je ne suis pas du tout convaincu que les populations artésiennes et de Flandre romane soient très emballées à l'idée de se voir annexées aux Pays-Bas (!), ni même de se voir englobées dans une grande Flandre certes indépendante, mais où seule la langue néerlandaise aurait droit de cité, contraignant ainsi plusieurs millions de locuteurs de la langue française à une néerlandisation forcée, bien peu conforme à la réalité historique. N'être vaguement considérés que comme des "Flamands de seconde zone" ne saurait les enthousiasmer plus que ça... Et c'est bien compréhensible !!

Alors certes oui, l'affirmation et la défense de l'identité flamande me tiennent particulièrement à coeur, et ce d'autant plus qu'elles correspondent à une large part de mon propre héritage ancestral. Seulement, dans l'état actuel des choses, les conceptions pour le moins étriquées - sans même évoquer les orientations politico-économiques - de la grande majorité des représentants du mouvement flamand , tant du côté "français" que du côté "belge", ne me conviennent absolument pas. Je ne vois aucune raison de soutenir les objectifs "semi-séparatistes" voire "rattachistes" de structures politiques modernes qui n'ont que faire d'une Flandre "romane" perçue comme une sorte de zone ethniquement et définitivement perdue, lesquels ne correspondent pas du tout à l'idée que pouvaient se faire mes aïeux de leur patrie charnelle : la Flandre certes, mais la Flandre tout entière, Flandre "gallicante" et Artois compris !

Hans CANY
 

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01:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hans cany, europe, identité |  Facebook | | | |