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02/04/2017

Dictature multiculturelle : ouvrez les yeux ! [VIDEO]

Un documentaire magistral, qui décrit parfaitement le conditionnement d'essence totalitaire qui imprègne la société actuelle, sous l'influence d'une certaine pensée dominante...

A VISIONNER INTEGRALEMENT,
ET A DIFFUSER MASSIVEMENT !



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04:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : identité & racines |  Facebook | | |

13/10/2016

HALLOWEEN / SAMHAIN / SAMONIOS, expression de la Tradition païenne d'Europe

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HALLOWEEN, qu'est-ce que c'est, au juste ?
Simplement une soirée où l'on se
déguise "pour le fun" ?...
Une fête pour les gosses ?...
A l'intention des hilotes et des béotiens, je vais tenter de résumer à l'extrême ce qu'il en est véritablement. Car à mon sens, c'est important.

 

Tout d'abord non, il ne s'agit PAS d'une fête américaine, ni d'une fête "carnavalesque"/commerciale de création récente : ce sont les migrants des îles britanniques (anglais, mais surtout irlandais, gallois et écossais) qui l'ont exportée aux USA entre le XVIIème et le XIXème siècles, et c'est donc par cette voie qu'elle nous revient aujourd'hui en Europe continentale. C'est dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, mais aussi pendant une bonne dizaine de jours avant et après cette date, qu'est célébrée dans une grande partie de l'Europe une fête païenne majeure baptisée "Halloween" dans la Tradition germano-celtique du monde anglo-saxon, et correspondant à la Samain/Samhain des Celtes. Contrairement à une croyance tenace, cette fête n'est pas non plus que l'apanage de l'Irlande et de la Grande Bretagne, puisqu'elle était également célébrée chez les Celtes continentaux et notamment en Gaule, sous le nom de Samonios.

Halloween/Sam(h)ain/Samonios, c'est tout simplement le nouvel an celtique. Halloween est également l'héritier d'une fête équivalente dans la tradition germano-nordique, et c'est en ce sens qu'elle constitue un des nombreux points de convergence entre les deux mondes culturels et civilisationnels que sont le monde germanique d'une part, et le monde celtique d'autre part, étroitement apparentés à plus d'un titre.

Cette célébration marque le passage de la partie lumineuse du cycle des saisons à sa partie sombre, partie sombre qui inaugure donc une nouvelle année (le passage inverse, de la partie obscure à la partie lumineuse, est célébré quant à lui dans la nuit du 30 avril au 1er mai : c'est alors la fête de Cetsamhain/Beltaine dans la Tradition celtique, ou "Nuit de Walpurgis"/Ostara dans la Tradition germanique, qui est en fait l'exacte réplique d'Halloween/Sam(h)ain/samonios, avec les mêmes implications, mais bien évidemment "inversées") .

Célébration de l'entrée dans la période la plus sombre de l'année et de la mort symbolique de la Nature, Halloween/Samain, tout comme Beltaine/Walpurgis, constitue une nuit "hors du temps", peuplée de forces obscures et au cours de laquelle le monde des morts et de l'au-delà interfère avec celui des vivants. Elle est marquée par l'errance de forces impalpables, de créatures ténébreuses et inquiétantes, au premier rang desquelles les sorcier(e)s maléfiques, les spectres, les revenants , les loups-garous, et autres monstres.

Elle est donc aussi la fête des morts et des esprits désincarnés, le Jour des Morts proprement dit se célébrant le 1er novembre (==> devenu la "Toussaint" des chrétiens. L'Eglise a tenté de récupérer cette tradition païenne de la Fête des Morts en la décalant officiellement au 2 novembre, mais les gens continuent de se rendre dans les cimetières le 1er, et non le 2 novembre : ce qui démontre bien la persistance de cette tradition ancestrale).

 A toutes celles et tous ceux qui se soucient de rétablir le lien avec leurs véritables racines spirituelles ancestrales, je souhaite donc une excellente célébration de cette nuit exceptionnelle, qu'il serait fort dommage de laisser tomber dans l'oubli, ou d'abandonner, vidée de son contenu véritable, aux seules récupérations profanes et commerciales !

Hans CANY

 

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Pour en savoir plus à ce sujet, je vous recommande vivement la lecture
du remarquable "B.A.-BA HALLOWEEN" de Jean-Paul Ronecker
(Editions Pardès)

Une étude magistrale et captivante, fort bien documentée
tout en restant accessible à toutes et à tous.

hans cany,paganisme,identité & racines

01/08/2016

Panthéon celtique : le dieu LUG / LUGOS

 

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LUG, ou LUGH, appelé LLEU chez les Gallois, est, avec le Dagda, le plus grand dieu du panthéon celtique irlandais. Il occupait aussi la plus haute place dans le panthéon des Celtes des Gaules, où il était honoré sous le nom continental de LUGOS. Les nombreuses traces qu'il a laissées dans la toponymie attestent de son importance, les plus célèbres étant notamment la ville de Lyon (Lugdunum : forteresse de Lugos, et "capitale des Gaules" à l'époque gallo-romaine), ou encore Laon, Loudun, Leyde et Leipzig, qui sont tous des "Lugdunum"). Citons aussi le cas du temple dit de Mercure, au sommet du Puy de Dôme, un sanctuaire dédié à Lugos s'y trouvait originellement, qui fut par la suite aménagé en temple de Mercure-Lugos à l'époque gallo-romaine.
 
Les Romains l'identifièrent à leur Mercure, et de fait, Lugos est aussi le protecteur des voyageurs. Inventeur de tous les arts, il est un dieu hors fonction, polyvalent, car il est le Multiple Artisan. Il incarne la puissance du rayonnement solaire en tant que pourvoyeur de vie et de lumière. On retrouve d'ailleurs la racine "Lu" dans le mot "lumière" français, tout comme dans le mot "luz" espagnol, voire dans le "light" anglais et le "Licht" allemand, ce qui laisse présager une très ancienne racine indo-européene.
 
Il est le porteur de lumière génératrice de vie et induisant la clarté, mais n'en incarne pas pour autant les forces curatives. La dimension guérisseuse et physiquement régénératrice de la lumière est incarnée quant à elle par une autre divinité solaire bien connue, Bel ou Belenos. Lug/Lugos, pour sa part, est la lumière personnifiée. 
 
C'est également une divinité guerrière, qui présente de troublantes analogies avec le Wotan/Odin du panthéon germano-nordique : comme ce dernier, il est borgne, est porteur d'une lance magique, et est accompagné de corbeaux, animaux sacrés semblables à Huginn et Muninn qui font partie de ses attributs. Il est même généralement accompagné de deux loups, tels Geri et Freki. Les similitudes entre traditions celtique et germanique sont ici si criantes qu'il y a lieu de s'interroger au sujet d'une filiation spirituelle et culturelle.
 
Lug / Lugos est honoré dans le cadre d'une fête majeure du calendrier celtique, Lugnasadh, qui se célèbre aux alentours du 1er août.
 
Hans CANY
31 juillet 2015 E.V.
 

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18:34 Publié dans Histoire, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : identité & racines, paganisme, religions, hans cany |  Facebook | | |

28/07/2016

Alain de Benoist : « Les islamophobes sont les idiots utiles de l’islamisme radical »

Un court entretien avec Alain de Benoist, originellement publié sur Boulevard Voltaire en janvier 2015, en pleine vague d'hystérie collective suite à la fameuse affaire des attentats parisiens. De fort pertinentes réflexions sur lesquelles nombre de ceux que j'appelle les "nationalistes casher", à savoir certains "islamophobes" qui, aveuglés par une haine sans nuances de tout ce qui est musulman, en viennent parfois à professer un philosionisme des plus ineptes, seraient bien inspirés de méditer.

Hans CANY

 

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Près de quatre millions de personnes qui défilent, après les attentats, pour un journal qui vendait péniblement à 30.000 exemplaires, c’est en soi un événement. Grand moment de communion nationale ou psychose collective ?

Alain de Benoist : Les manifestations auraient eu du sens si elles s’étaient bornées à exprimer de façon solennelle le refus du terrorisme par le peuple français. Organisées par le gouvernement et les partis politiques, elles se sont transformées en une immense vague d’identification victimaire symbolisée par le slogan « Je suis Charlie », promu de manière orwellienne nouveau mot d’ordre « républicain ». Dès lors, il ne s’agissait plus tant de condamner des attentats et des assassinats que de s’identifier aux « valeurs » de Charlie Hebdo, c’est-à-dire à la culture du blasphème et de la dérision.

Durant la manifestation et les jours qui ont suivi, dans une France plongée en état d’apesanteur et noyée dans la moraline, on aura tout vu. Les cloches de Notre-Dame de Paris sonnant le glas pour les bouffeurs de curé. L’« union nationale » sans le Front national. La « liberté d’expression » réduite au droit au blasphème et s’arrêtant à Dieudonné. Celle des caricaturistes dépendant de la personne visée (Mahomet en train de sodomiser un porc : tellement drôle ! Christiane Taubira en guenon : intolérable !). Des bataillons de chefs d’État (deux fois le G20 !) chantant les louanges d’un titre dont ils n’avaient jamais entendu parler huit jours plus tôt. Des millions de zombies se ruant dans les kiosques pour acheter, tel le dernier smartphone, un journal qu’ils n’avaient jamais eu la curiosité d’ouvrir depuis vingt ans. Le badge « Je suis Charlie » succédant au ruban pour le SIDA et à la petite main de « Touche pas à mon pote ». Spectacle surréaliste ! Tout le monde il est gentil, tout le monde il est Charlie, dans le grand hospice occidental transformé en bisounurserie. Les rédacteurs de Charlie Hebdo, qui se voulaient tout sauf « consensuels », auraient été les premiers stupéfaits de se voir ainsi canonisés. Quant aux djihadistes, ils ont dû bien rigoler : un défilé des moutons n’a jamais impressionné les loups.

 

Ces cortèges peuvent-ils être mis sur le même plan que le défilé gaulliste sur les Champs-Élysées en 1968, les marches contre Jean-Marie Le Pen en 2002 ou la déferlante de la Manif pour tous ?

Alain de Benoist : Je ne le crois pas. Pour Valls et Hollande, la manifestation avait au moins six objectifs : marginaliser le Front national et neutraliser l’UMP (qui est évidemment tombée dans le panneau la tête la première) au nom de l’« union sacrée », solidariser les Français autour d’une classe politique gouvernementale discréditée, justifier l’engagement de la France dans une nouvelle guerre d’Irak où elle n’a rien à faire, mettre en place un espace policier européen où l’on sait d’avance que ce ne sont pas seulement les islamistes qui seront surveillés (Manuel Valls affirmant sans rire que les « mesures exceptionnelles » qu’il s’apprête à prendre ne seront pas des mesures d’exception !), faire croire que le terrorisme auquel nous sommes aujourd’hui confrontés a plus à voir avec le Proche-Orient qu’avec l’immigration et la situation des banlieues, enfin persuader l’opinion que, « face au terrorisme », la France, fidèle vassale du califat américain, ne peut qu’être solidaire de pays occidentaux qui n’ont jamais cessé d’encourager l’islamisme, tout en noyant leurs erreurs et leurs crimes derrière le rideau de fumée du « choc des civilisations » (Poutine n’avait bien sûr pas été invité !). Force est de reconnaître que tous ces objectifs ont été atteints.

J’ai eu le tort, dans un entretien précédent, de parler de réactions spontanées. Celles auxquelles ont eu droit les journalistes de Charlie Hebdo – mais non le malheureux otage français Hervé Gourdel décapité en Algérie trois mois plus tôt – ont en réalité été mises en forme par les injonctions sociales et médiatiques, la grande fabrique postmoderne des affects et des émotions. Il faudrait un livre entier pour analyser dans le détail ce coup de maître qui a permis, en l’espace de quelques heures, de récupérer la colère populaire au bénéfice d’une adhésion « républicaine » à l’idéologie dominante et d’une « union nationale » avant tout destinée à redresser la courbe de popularité du chef de l’État. La classe politique gouvernementale apparaît ainsi comme la principale bénéficiaire de la légitime émotion soulevée par les attentats.

 

On a enregistré ces derniers jours une recrudescence des actes antimusulmans (attaques contre des mosquées, etc.). Cela vous surprend ?

Alain de  Benoist : Cela me surprend d’autant moins que les attentats sont faits pour ça : stimuler une islamophobie que les terroristes djihadistes considèrent comme un « vecteur de radicalité » privilégié. Les terroristes islamistes adorent les islamophobes. Ils souhaitent qu’il y en ait toujours plus. Ils savent que plus les musulmans se sentiront rejetés par les non-musulmans, plus ils pourront espérer les convaincre et les radicaliser. Les djihadistes assurent qu’ils représentent le « véritable islam », les islamophobes leur donnent raison en disant qu’il n’y a pas de différence entre l’islam et l’islamisme. Que les premiers commettent des attentats alors que les seconds verraient plutôt sans déplaisir se multiplier les pogroms contre ceux qui « rejettent le mode de vie occidental » (le sympathique mode de vie mondialisé de la consommation soumise) n’y change rien. Les islamophobes sont les idiots utiles de l’islamisme radical.

À l’époque de la guerre d’Algérie, que je sache, on ne faisait pas grief aux harkis d’être musulmans, et l’on ne s’étonnait pas non plus qu’il y ait des mosquées dans les départements français d’Alger, d’Oran et de Constantine. Pour ma part, je ne ferai pas aux terroristes islamistes le cadeau de devenir islamophobe. Et je ne fantasmerai pas non plus sur la « France musulmane » comme Drumont fantasmait sur La France juive (1885), en associant mécaniquement islam et terreur comme d’autres associaient naguère les Juifs et l’argent.

 

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Source : http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/les-islamophobes-s...

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11/05/2016

URGENT : Le gouvernement "socialiste" de Hollande veut profaner la mémoire de Verdun [VIDEO]

Mon grand-père paternel, médaillé maintes fois pour ses faits d'armes, et titulaire entre autres de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre de première classe, a participé à cette bataille de Verdun. Plusieurs autres membres de ma famille n'ont, eux, pas eu la chance d'en revenir. Nous avons jusqu'au 29 mai 2016 pour nous faire entendre. Je compte sur vous tous et toutes. Notre réaction doit être massive et foudroyante,  à la juste mesure de l'affront comme de l'infamie.

Hans CANY


APPEL A LA MOBILISATION : Exigez la déprogrammation du rappeur anti-blanc "BlackM" lors des commémorations des 100 ans de la bataille de Verdun en protestant auprès de la sous-préfecture de la ville :

Tél. : 03.29.84.86.00
Fax : 03.29.84.77.25
sp-verdun@meuse.gouv.fr

Pour manifester aussi votre indignation et adresser vos protestations à la mairie de Verdun :

03 29 83 44 22 ou contact@grandverdun.fr

 

Merci à Boris Le Lay pour la vidéo suivante,
qui expose fort bien le problème et l'enjeu de
cette provocation gouvernementale sans précédent.

 

Verdun_BlackM.jpg
"Kouffar" : Pluriel de "kâfir", terme arabe
à connotation péjorative 
désignant celui qui n'est pas musulman.

 

LETTRE OUVERTE AUX RESPONSABLES
DE L'ORGANISATION
DE LA CELEBRATION DU

CENTENAIRE DE LA BATAILLE DE VERDUN :

 

Madame, Monsieur

Je viens par le présent message vous faire part de ma profonde indignation et de mes plus vives protestations concernant la programmation officielle du "chanteur"  "Black M"  au déroulement des festivités qui marqueront très prochainement le centenaire de la bataille de Verdun.

Cet individu est notoirement connu pour ses appels à la violence, pour ses propos sexistes et homophobes, pour son prosélytisme religieux pro-islamiste, et pour son racisme anti-Blancs et anti-Français caractérisé, lui qui qualifie ignominieusement la France de "pays de kouffar" dans le texte de l'une de ses "chansons". Je vous précise ou vous rappelle que  "Kouffar"  est le pluriel de "kâfir", terme arabe à connotation péjorative désignant l'infidèle, celui qui n'est pas musulman.

La présence de cet individu au cours des manifestations clôturant  la commémoration constitue une intolérable insulte adressée implicitement à tous ceux qui ont souffert cette  terrible épreuve,  et n'y ont pour beaucoup pas survécu. Et à travers eux, ce sont nous, leurs descendants directs et tout ce que cela symbolise en termes de valeurs civilisationnelles, qui sommes visés.

Mon grand-père paternel, médaillé maintes fois pour ses faits d'armes, et titulaire entre autres de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre de première classe, a participé à cette bataille de Verdun. Plusieurs autres membres de ma famille n'ont, eux, pas eu la chance d'en revenir. Nous avons jusqu'au 29 mai 2016 pour nous faire entendre. Je compte sur vous tous et toutes. Notre réaction doit être massive et foudroyante,  à la juste mesure de l'affront comme de l'infamie.

Je vous demande donc de ne pas vous faire complice de ce qu'il convient bien d'appeler une véritable profanation, profanation abjecte de la mémoire de nos
centaines de milliers d'aïeux tombés au Champ d'Honneur, au cours de cette effroyable tragédie.
Je vous demande donc, au nom des millions de personnes qui, comme moi, sont aujourd'hui dépositaires de la mémoire et de l'honneur de leurs pères, de procéder au plus vite à la déprogrammation de l'individu dit "Black M" des festivités musicales prévues  à l'occasion de la célébration de ce centenaire.

Il en va également de votre honneur personnel, car il faut que vous ayez conscience que, dans le cas où cette scandaleuse programmation serait maintenue malgré le flot de protestations qui vous submerge à présent, vos noms resteraient à jamais associés à cette ignominie.

L'enjeu est important, l'émotion suscitée par cette manoeuvre irrespectueuse et indigne est immense. Vous pouvez donc d'ores et déjà avoir la certitude que l'affaire ne restera pas sans suite.

Puisse mon appel, mon cri d'alerte et de colère être bien compris et entendu de vous, et si tel est le cas, j'en remercie par avance toute personne empathique et de bonne volonté.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes plus sincères salutations.

Hans CANY


EDIT du 13/05/2016 :

VICTOIRE ! Ils ne sont pas passés. La mobilisation massive a en effet payé, car nous apprenons aujourd'hui que la mairie "socialiste" de Verdun a cédé à la pression populaire, en annulant finalement ce scandaleux  "concert". La mémoire et l'honneur de nos anciens ne seront donc pas salis, et l'intolérable profanation n'aura pas lieu. Merci à tous les patriotes, de toutes obédiences et appartenances, qui pour une fois ont su passer outre leurs divergences idéologiques, leurs rivalités de chapelles et leurs querelles de tous ordres pour mener une action unitaire de grande ampleur, laquelle n'aura donc pas tardé à porter ses fruits. J'insiste cependant sur l'impérieuse nécessité de rester très vigilants quant au programme des manifestations qui seront associées à la célébration du centenaire de la bataille de Verdun, car nous savons bien de quoi sont capables certains individus...

H.C.

 

 

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18/04/2016

BELTAINE / CETSAMHAIN / Nuit de Walpurgis

 

Beltaine_2.jpg

 

C'est dans la nuit du 30 avril au 1er mai qu'est célébrée dans une grande partie de l'Europe une fête païenne majeure baptisée "Nuit de Walpurgis" dans la Tradition germanique, et correspondant à la Beltaine des Celtes.
Infiniment plus méconnue qu'Halloween/Samhain (car beaucoup moins vulgarisée, médiatisée, et "rentabilisée"), Walpurgis/Beltaine en constitue l'exacte réplique, la seconde marquant le passage de la partie sombre de l'année à la partie lumineuse, inversement à la première. Elle porte d'ailleurs aussi le nom de Cetsamhain, ce qui traduit bien la correspondance entre ces deux points essentiels de l'année celtique.

Fête du retour de la lumière et du renouveau de la Nature, elle n'en constitue pas moins également une nuit "hors du temps", peuplée de forces obscures et au cours de laquelle le monde des morts et de l'au-delà interfère avec celui des vivants. Tout comme Halloween, elle est marquée par l'errance de forces impalpables, de créatures ténébreuses et inquiétantes, au premier rang desquelles les sorcier(e)s maléfiques, les revenants et autres loups-garous. Le thème du loup-garou est d'ailleurs spécifiquement associé à la nuit de Walpurgis dans l'ancienne Tradition germanique.

On s'y réunit aussi autour de grands brasiers conjurant les ténèbres et saluant le retour du Soleil régénérateur, les fameux "Feux de Beltaine", qui sont l'occasion de moultes réjouissances et libations en l'honneur des forces vives de la Terre-Mère. Soleil et Terre-Mère respectivement symbolisés par le Dieu Bel/Belenos -d'où le nom de Beltaine-, et par l'antique déesse préceltique Maïa, d'où le nom du mois de Mai.

A toutes celles et tous ceux qui se soucient de rétablir le lien avec leurs véritables racines spirituelles ancestrales, je souhaite donc une excellente célébration de cette nuit exceptionnelle, qu'il serait fort dommage de laisser dans l'oubli !

Hans CANY

 


 

 

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06/04/2016

CONTRE TOUS LES RACISMES [par Alain de Benoist]

Entretien originellement paru dans la revue Eléments, et republié sur le site du G.R.E.C.E.
[Source : http://grece-fr.com/?p=3385]

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Éléments :
La question raciale semble à l’ordre du jour. Quelques publications seulement l’abordent directement. Pourquoi ?

Alain de Benoist :
Parce qu’il est beaucoup plus facile d’éviter un sujet que l’on trouve gênant plutôt que de le traiter de plein front. C’est une variante de la politique de l’autruche. D’autre part, le mot « race » fait peur, en raison de sa charge affective. Alors, on ne l’emploie plus. Même le mot « ethnie » commence à inquiéter : certains régionalistes, par exemple, parlent de « nationalités populaires ». Récemment, il est paru chez Privat un dictionnaire des Cinquante mots-clés de l’anthropologie. C’est en vain qu’on y chercherait le mot « race ». De leur côté, nombreux sont les savants qui préfèrent parler de « populations ». Mais la définition qu’ils donnent des « populations » (ensemble d’individus caractérisés par des variations différentielles de fréquence au niveau de la distribution et de l’expression des gènes) correspond exactement à celle que tout le monde admettait pour les races il y a encore quelques années. Nous sommes donc en présence d’un exemple de maladie de notre époque : la sémantophobie. En supprimant le mot, on croit supprimer la chose. Mais les mots ne sont pas les choses, et les réalités demeurent. Une telle attitude est très révélatrice. Quand on parle de quelque chose d’une façon ampoulée, c’est qu’on éprouve une certaine gêne : il n’y a guère que les antisémites qui parlent d’« Israélites » pour désigner les Juifs. Un psychologue interprète sans mal cette attitude d’« évitement ». Elle est à la base du tabou : y penser toujours, n’en parler jamais. À son retour de Pékin, M. Alain Peyrefitte a écrit : « Il est difficile de ne pas croire aux réalités ethniques quand on voit vivre les Chinois et qu’on étudie leur passé ». À une époque où les « populations » s’affrontent au Proche-Orient, au Congo, au Biafra, au Pakistan, au Brésil, aux États-Unis, où les ethnies opprimées se soulèvent, où les régions revendiquent leur autonomie, où les Églises s’« indigénisent », il me paraît difficile de soutenir que les races et les ethnies n’existent pas1. D’ailleurs, la loi, qui punit la discrimination envers les personnes en raison « de leur appartenance ou de leur non appartenance à une race déterminée », reconnait par le fait même que la race n’est pas une vue de l’esprit.

Éléments :
Dans ces conditions, comment situer le discours ?

Alain de Benoist :
À l’heure actuelle, deux catégories de personnes s’expriment sur la question. D’une part, les milieux dits « antiracistes », qui glosent à l’infini sur la « personne humaine », le respect de l’être et la charité universelle, mais qui ne fournissent aucun moyen concret de mettre un terme aux affrontements raciaux (sinon le recours à une « fraternité » qui, n’existant même pas à l’échelon de la communauté nationale, a fort peu de chances de se réaliser au niveau de la planète tout entière). D’autre part, les milieux xénophobes (« je ne suis pas raciste, mais… »), pour lesquels toute occasion est bonne de dénoncer l’autre comme bouc émissaire. Je pense néanmoins qu’il faut sortir de ce dilemme : bassesse ou mièvrerie. S’il y a un problème, il faut l’aborder en face, en constatant l’existence d’ensembles ethniques différents, qui ont tous en commun le droit d’être eux-mêmes.

Éléments :
Il n’y a donc pas de races supérieures ?

Alain de Benoist :
Non. Plus exactement, toutes les races sont supérieures. Toutes ont leur génie propre. Je m’explique. Une race humaine n’est pas seulement une unité zoologique. C’est aussi un devenir, c’est-à-dire un passé, une culture, une histoire, un destin. Il est évident qu’un individu qui naît au sein d’une culture, quelle qu’elle soit, est avantagé pour la comprendre et pour s’y intégrer, par rapport à quelqu’un qui ne la perçoit que de l’extérieur. Personnellement, j’ai toujours eu beaucoup de sympathie et d’admiration pour les civilisations de la Chine et du Japon. Les contacts que j’ai eus avec les Noirs aux États-Unis, les Arabes au Proche-Orient, ont été passionnants. Mais l’intérêt que je porte à ces cultures, si vif qu’il puisse être, ne me permettra jamais de les apprécier de l’intérieur. C’est pourtant cela qui me permettrait de vraiment les comprendre. Il faut donc nous résigner à admettre l’existence d’un seuil dans la compréhension « interculturelle ». En ce sens, globalement parlant, toute appartenance raciale est un avantage par rapport aux valeurs propres à la race à laquelle on appartient : ici, le sociologue et l’anthropologue se donnent la main. On peut donc dire que chaque race est supérieure aux autres dans la mise en œuvre des réalisations qui lui sont propres. Parler de la « race supérieure » dans l’absolu, comme si l’on classait des entités scolastiques, n’a strictement aucun sens. Et c’est précisément lorsqu’on fait d’une appartenance un absolu que le racisme commence…

Éléments :
Vous condamnez donc le racisme ?

Alain de Benoist :
Je condamne, sans aucune exception, tous les racismes. Y compris, bien sûr, ceux qui se cachent sous le masque d’un « antiracisme » de convenance.

Éléments :
Qu’entendez-vous par là ?

Alain de Benoist :
Dans son bel ouvrage sur Les nuisances idéologiques (Calmann-Lévy, 1971), M. Raymond Ruyer écrit : « Un racisme intelligent, qui a le sens de la diversité des ethnies, est moins nocif qu’un antiracisme intempérant, niveleur et assimilateur ». Il ajoute : « Les idéologies antiracistes et égalitaristes ont la responsabilité de génocides et d’assassinats ethniques comme les idéologies racistes elles-mêmes ». Cela peut surprendre, et pourtant… Nietzche disait déjà que, dans l’histoire, c’est en voulant ou en croyant bien faire qu’on a fait le plus de mal à l’humanité.

Éléments :
Cela paraît paradoxal…

Alain de Benoist :
Les faits sont là. Au nom de l’égalité des âmes devant Dieu, les missionnaires ont voulu imposer aux peuples « colonisés » des conceptions religieuses qui leur étaient étrangères. Ils ont voulu imposer leur morale, leurs mœurs, leur style de vie. Il en est résulté, chez les peuples en question, une véritable déculturation. C’est à juste titre que celle-ci nous a été reprochée. Il est vrai que les prêtres avaient commencé la besogne chez nous. Après tout, le christianisme est né au Proche-Orient et pour le rendre crédible aux Européens, il a fallu, là aussi, extirper de vieilles croyances et briser d’anciennes structures. Aujourd’hui, l’Église vire de bord. Elle veut se désoccidentaliser : cela a été réclamé à cor et à cri au dernier synode. Mais c’est pour passer d’un excès à l’autre. Après avoir mis les « sauvages » à l’école du papisme, les évêques voudraient maintenant que l’Europe se mette à la remorque des communautés d’Afrique et d’Amérique latine. Cela n’est pas sérieux.

L’ethnocide
Ce que les missionnaires ont fait sur le plan de la religion, les idéologies nées des « Lumières » du XVIIIe l’ont entrepris au nom d’un égalitarisme laïcisé. Ce sont nos bons instituteurs de la IIIe République qui ont assassiné les cultures ethniques et les langues régionales en Europe. Les démocraties ont détruit les particularismes que les monarchies avaient laissé malgré tout subsister, et qui faisaient des régions des ensembles personnalisés et vivants. La création de frontières artificielles, motivées par des considérations administratives abstraites ou des impératifs purement marchands, a abouti à l’étouffement progressif des vieilles provinces. Aujourd’hui, le communisme soviétique prétend, lui aussi imposer dans tous les pays son modèle de « passage au socialisme », son schéma de la lutte des classes (même là où les classes n’existent pas) et de la dictature du prolétariat. La Chine, heureusement, a mis cette prétention en échec. Animé, parfois, des meilleures intentions, un certain « intégrationnisme » peut également provoquer la disparition de certaines populations menacées. L’exemple des Indiens d’Amérique du Sud est connu. Prenons-en un autre : celui des Noirs américains. Ils ne représentent que 12 % de la population des États-Unis. Leur « intégration » signifie, en termes clairs, leur assimilation, c’est-à-dire leur disparition dans le melting-pot américain, en sorte qu’ils n’auraient échappé à l’esclavage et à la ségrégation que pour perdre, « en douceur », leur personnalité. Les partisans du Black Power s’en sont aperçus. C’est pourquoi ils refusent, de plus en plus nombreux, les mirages de l’intégration pour se ré-enraciner dans la culture noire, dans l’histoire africaine dans ce passé africain où ils se reconnaissent et qui leur appartient en propre. Dans ses effets, sinon dans ses intentions, un certain antiracisme rejoint donc le plus affreux des racismes, puisqu’il aboutit à l’ethnocide, c’est-à-dire à la disparition des ethnies en tant qu’ethnies. Gardons-nous de tomber, ici encore, dans le réductionnisme. Une ethnie n’est pas une simple somme d’individus. Elle a, en tant qu’ensemble, un certain nombre de propriétés. Elle définit une âme populaire (Volksseele), dont on constate les manifestations dans les relations qu’en son sein, les hommes entretiennent entre eux et avec l’univers. M. Robert Jaulin, auteur de multiples travaux sur l’ethnocide, a raison lorsqu’il déclare : « L’idée d’une civilisation donnant un visage commun à tous les hommes, n’a pas de sens ou plutôt elle n’a qu’une signification négative. Elle n’est que le mouvement de destruction, pas à pas, de toute civilisation, donc, à terme, de l’univers des hommes » (Le Quotidien de Paris).

Éléments :
Il pourrait donc y avoir, en quelque sorte, un « antiracisme intelligent » ?

Alain de Benoist :
Disons, un antiracisme non idéologique, qui ne devrait rien à l’universalisme ou à l’égalitarisme, qui consisterait à prendre en compte les différences relatives existant entre les individus et les groupes d’individus, et qui chercherait, non à supprimer ces différences, mais à les faire coexister dans un ensemble harmonieux et satisfaisant pour chacun.

Éléments :
Ce qui implique de lutter contre le racisme…

Alain de Benoist :
À mon sens, la critique du racisme peut et doit s’opérer à un double niveau. Tout d’abord au niveau des idéologies de type « biologiste ». Par réaction contre l’idéologie dominante, qui tend à gommer inconsidérément tout ce qui regarde l’hérédité, l’appartenance raciale, les facteurs innés de la personnalité, etc., on risque d’en arriver très vite à une conception dans laquelle, au contraire, l’individu serait totalement déterminé par son hérédité, où le milieu ne jouerait aucun rôle. L’homme serait alors « agi », exactement comme l’animal est « agi » par son appartenance à l’espèce, au point qu’il est non seulement programmé dans ses instincts, mais que ses instincts sont programmés dans leur objet (si bien que l’animal n’a plus de possibilité de choix). Cette doctrine est donc réductionniste : l’homme est réduit à sa dimension biologique. Paradoxalement, on rejoint là l’une des pires thèses du structuralisme philosophique, qui pose l’ego comme illusion pure et proclame la « mort de l’homme », c’est-à-dire du sujet. S’il en était ainsi, l’« histoire » des communautés humaines ne diffèrerait pas fondamentalement de celle des communautés animales. À la limite, elle deviendrait prévisible. Or, elle ne l’est pas, malgré tous les efforts de la « futurologie », précisément parce qu’elle comporte des impondérables qui tiennent, entre autres, aux choix que l’homme fait à tout moment. C’est ce que montre l’école dite de l’« anthropologie philosophique » (Gehlen, Plessner, Portmann, etc.). Certes, tout biologisme ne mène pas au racisme. Mais tout racisme implique un biologisme. Il s’agit donc de bien évaluer l’importance de la part constitutionnelle, innée, de la personnalité, étant donné que celle-ci comprend l’appartenance ethnique. La « dimension » biologique de la personnalité humaine est d’une importance considérable. Toutes les découvertes récentes concordent à le démontrer. C’est la raison pour laquelle, et, encore une fois, pour réagir contre l’idéologie dominante (donc pour rétablir l’équilibre), il m’apparaît nécessaire de le souligner avec force. Mais cette « dimension » n’est qu’une partie du tout, elle n’est pas le tout. L’homme est un animal, et la biologie définit tout ce qu’il y a d’animal en lui. Mais l’homme n’est pas qu’un animal. Il possède une « dimension » propre, spécifiquement humaine qui se superpose à sa « dimension » biologique, laquelle n’en constitue que l’infrastructure. Cette « dimension » se caractérise notamment par la conscience historique et par la culture, qui en est le produit. L’homme est le seul animal qui mette le temps en perspective, le seul non seulement à avoir une histoire, mais à être une histoire. Être de nature en tant qu’animal, il est, en tant qu’homme, un être de culture. La nature détermine le cadre dans lequel la culture peut s’exprimer, mais elle n’en détermine pas la forme. En outre, la constitution naturelle est univoque, tandis que les formes d’expression culturelle sont malléables à l’infini à l’intérieur d’un champ donné.

Race et culture
C’est la raison pour laquelle une même « nature » peut se mettre au service du meilleur comme du pire. C’est également la raison pour laquelle l’éducation, le « dressage » joue un rôle aussi important : elle crée des habitudes et des circuits, elle introduit dans le cerveau des schémas plus ou moins irréversibles. Si tout était déterminé par les gènes, l’éducation ne servirait à rien.

Éléments :
Mais quelle est la relation entre race et culture ?

Alain de Benoist :
C’est une relation de potentialité. Je suis tout à fait de l’avis de M. François Jacob, professeur au Collège de France, qui déclarait fin 1973 à un hebdomadaire parisien : « L’hérédité ne détermine pas la culture, contrairement à ce qu’ont prétendu les racistes. L’hérédité détermine la capacité à adopter une culture ».

Éléments :
Vous parliez d’un second niveau de la critique…

Alain de Benoist :
Oui, c’est un niveau beaucoup plus simple. Je veux parler de la xénophobie. Elle est très développée dans notre pays, où elle s’exerce d’ailleurs aussi bien à l’encontre d’un Noir ou d’un Arabe que d’un Anglais, d’un Allemand, d’un parisien quand on est provincial ou d’un provincial quand on est parisien. N’oublions pas que M. Chauvin était français. On retrouve là un sentiment réflexe très ancien, qui a pu être d’une certaine utilité dans les temps préhistoriques. Lorsque de très grands dangers menacent l’individu, la méfiance a priori, voire l’hostilité de principe peuvent se révéler salutaires et contribuer à la survie. Le même sentiment a inspiré la sagesse des nations : « Ce que le paysan ne connaît pas, il ne le mange pas », dit un proverbe frison. Cependant, dans la xénophobie « moderne », nous avons affaire à tout autre chose. Essentiellement, à un refus d’admettre l’autre comme différent de soi, à un refus de la différence prise comme un « défi » qu’il nous faut accepter comme stimulant. Ce refus peut s’exprimer dans une foule de domaines. La forme économique de la xénophobie s’appelle la lutte des classes. Pour désigner sa forme « raciale », je suggère le terme d’altéroraciophobie. À cet égard, le racisme antiarabe et le racisme antiallemand sont exactement de même nature : on aurait tort d’y voir des réminiscences du siège de Paris (1870) ou de la bataille de Poitiers (732). Curieusement, cette altéroraciophobie rejoint certain « antiracisme raciophobique » : dans les deux cas, il y a refus de la différence ou volonté de la voir disparaître. Personnellement, la xénophobie m’est odieuse. Il suffit de voir la façon dont un étranger se fait « recevoir » quand il demande son chemin dans la rue, ou lorsqu’il tente d’expliquer dans un magasin ce qu’il désire, pour réaliser à quel point la société française est une société fermée. Il faut lutter contre la xénophobie, génératrice de préjugés, de discriminations, de haines, et qui déshonore tous ceux qu’elle atteint.

Éléments :
La xénophobie ne traduit-elle pas cependant, maladroitement peut-être, un désir de rester soi-même ?

Alain de Benoist :
Cela peut arriver. Mais, en règle générale, le xénophobe n’est jamais « pour », il est toujours « contre ». Il s’en prend à ceux qui ne lui ressemblent pas pour la seule raison qu’ils ne lui ressemblent pas. Sur le plan politique, cela se traduit par l’ultimatisme. À la base de la xénophobie, il y a une notion de fermeture. Au contraire, à la base de ce qu’on pourrait appeler la raciophilie il y a une acceptation et même un goût de la différence, donc une notion d’ouverture.

Des préférences
Il est rare qu’un xénophobe ait la moindre idée des raisons positives pour lesquelles il pourrait être fier de ses origines. Or, cette fierté est chose légitime. Il est même normal qu’elle s’exprime sous la forme d’une préférence. Un fils préfère son père à tous les autres pères. Pourquoi ? Parce que c’est son père, et voilà tout. Cela ne s’explique pas. Mais ce fils ne déteste personne pour autant. Somme toute, c’était le principe qui prévalait à l’époque où l’on ne jugeait pas des hommes et des choses de façon désincarnée : Right or wrong, my country ! De même, je crois qu’il est bon et nécessaire pour chaque homme d’être fier de ses ancêtres, fier de son pays, fier des accomplissements de sa race. Je crois même qu’il est normal pour tout homme de préférer la culture à laquelle il appartient, pour la seule raison que c’est sa culture et qu’il en est l’héritier. Mais je crois aussi que nous pouvons tous nous consacrer à la défense et à l’illustration de la culture dont nous sommes les dépositaires sans pour cela en vouer aucune autre à la détestation.

Éléments :
Dans la pratique, est-ce qu’il ne sera pas très difficile de concilier l’exaltation de soi avec le respect des autres ?

Alain de Benoist :
Je citerai l’exemple du peuple juif. Mme Annie Kriegel disait de lui qu’il est un « peuple-prêtre » (Tribune juive, 18 octobre 1974). Est-ce vrai ? Il étonne en tout cas à bien des égards. Il est attentif à toutes les nouveautés, à toutes les révolutions, et, en même temps, il est conscient à l’extrême de son plus lointain passé. Nul peuple n’est, autant que lui, ouvert à l’universel. Nul, pourtant, n’est plus soucieux de préserver sa spécificité, sa culture, son identité. À lui seul, il administre la preuve que des sentiments apparemment contradictoires peuvent être réconciliés et dépassés. Il nous montre, par la même occasion, que cultiver un moi collectif est peut-être le meilleur moyen de contribuer à l’universel.

Éléments :
D’une telle attitude, est-ce qu’il résulte une nouvelle approche dans l’évaluation et le jugement des hommes ?

Alain de Benoist :
Il est tout aussi déraisonnable d’affirmer que l’appartenance ethnique ne compte pour rien dans la personnalité que de s’imaginer qu’elle explique tout. Dans la mesure où nous sommes appelés à porter des jugements, je pense qu’il est inévitable de constater l’appartenance des personnes aux ensembles dans lesquels ils s’intègrent et qui contribuent, de ce fait, à les situer. Mais je ne vois pas en quoi cela empêche d’apprécier leurs qualités ou leurs défauts personnels. On aurait d’ailleurs bien tort de croire qu’une approche inégalitaire du fait humain conduit automatiquement à des jugements dogmatiques. C’est précisément parce que nous savons, pour reprendre les termes employés par le professeur Jean Bernard au colloque « Biologie et devenir de l’homme », que « chaque homme est différent des autres hommes », qu’il est unique, irremplaçable, qu’il n’est l’« égal » de personne, que nous sommes tenus de l’apprécier dans toute la complexité de son individualité. Ce sont au contraire les courants de pensée égalitaires, universalistes, qui jugent les individus en fonction de leurs seules appartenances. Exemple : pour les idéologues marxistes, l’appartenance à une classe donnée induit un jugement de valeur a priori.

Éléments :
On pourrait, sur de telles bases, parvenir à une coexistence harmonieuse des cultures et des races ?

Alain de Benoist :
Ne tombons pas dans l’angélisme. Il y aura toujours des conflits. Ils font partie de la vie. Ils sont la vie. Mais les coexistences ont effectivement d’urgentes nécessités. Rien ne me paraît plus désastreux que de juger du problème racial dans l’abstrait. C’est ce que font presque toujours les racistes. La race leur apparaît comme une sorte d’entité idéale, et c’est en fonction de cette entité idéale, inactuelle, qu’ils déterminent leurs positions. C’est là tomber, au mieux, dans l’intellectualisme. Nulle théorie ne peut être séparée d’une praxis. À la base de toute praxis, il y a une réalité donnée à un moment donné. De même, la politique : art du possible. Or, il est à peu près certain, par exemple, que les destins de ces trois ensembles « blancs » que sont l’Europe, les États-Unis et le bloc soviétique, ne sont, à terme, en rien convergents. On peut le déplorer, mais c’est ainsi : un fait de géopolitique. À supposer que l’Europe veuille voir se briser la bipolarité née de Yalta qui l’empêche de trouver son unité, ce n’est pas vers les deux superpuissances qu’elle devra se tourner dans les années qui viennent mais bien vers la nation arabe et le peuple chinois, seules forces montantes susceptibles de restituer au jeu mondial des influences sa nécessaire pluralité. Les sympathies n’ont rien à faire en la matière. Il suffit de regarder une carte pour comprendre.

Éléments :
Passons à un autre aspect de la question. Que pensez-vous des données de la psychométrie, notamment des différences raciales de Q. I. (quotient intellectuel) ?

Alain de Benoist :
Dans la mesure où ces différences sont irréductibles aux explications par le milieu (et il semble bien qu’elles le soient), on ne peut évidemment pas les passer sous silence. Ce sont des données factuelles, à traiter comme telles. À condition, bien entendu, de s’entendre sur les termes. Aux États-Unis, Arthur R. Jensen distingue un niveau I de l’intelligence (intelligence concrète) et un niveau II (intelligence abstraite). Il constate qu’en moyenne, les Noirs performent moins bien que les Blancs au niveau II. En revanche, ils obtiennent des résultats supérieurs pour ce qui concerne la mémorisation, le comportement moteur, etc. Etant donné que chaque race a ses points forts et ses points faibles, de telles différences ne doivent pas surprendre. Somme toute, Jensen démontre, d’une façon scientifique, la justesse des propos de Léopold Senghor, qui caractérise la négritude par « une sensibilité profonde, s’accompagnant d’une réactivité immédiate », et qui oppose la « raison intuitive » du Noir africain à la « raison discursive » du Blanc européen.

Intelligence et caractère
D’autre part, fonder une supériorité absolue sur la seule intelligence, c’est faire de l’intelligence elle-même un absolu. Ce que je me refuse à faire, évidemment. Contrairement à ce que beaucoup de gens s’imaginent, l’intelligence ne recouvre pas la totalité des aptitudes mentales. Il faut aussi tenir compte du caractère. Il met l’intelligence en forme et, parfois, lui supplée. D’après les données dont nous disposons, il semble que les Japonais et les Chinois soient les peuples les plus intelligents du monde, c’est-à-dire ceux dont la moyenne de Q. I., statistiquement parlant, s’établit au plus haut niveau. Pourtant, dans l’histoire, la civilisation européenne a pris un plus grand essor que les civilisations de l’Extrême-Orient. C’est que l’intelligence n’a pas nécessairement joué le rôle principal. L’expansion européenne doit beaucoup plus probablement son ampleur à un certain goût de l’aventure, à un attrait pour la découverte, à une tendance à relever les défis du monde environnant, qui constitue l’un des traits spécifiques du caractère européen : caractère « prométhéen » ou « faustien », précisément.

Éléments :
Vous avez évoqué à plusieurs reprises cette « affaire Jensen » dans Nouvelle École. Quel écho avez-vous recueilli ?

Alain de Benoist :
Nous l’avons évoquée et nous l’évoquerons encore, car cela fait partie de notre travail d’informateurs. Pour l’équipe de Nouvelle École, dans le domaine de la recherche scientifique, il ne saurait y avoir d’interdits ou de tabous. Sans cela, c’est Galilée, c’est Lyssenko. Or, ce qui est remarquable dans cette « affaire Jensen », c’est qu’en France, il n’y a guère eu que Nouvelle École pour en publier les pièces. Aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne, le débat est du domaine public. En France, il n’en est rien. Ce silence est lui-même révélateur. Il dénote, du côté des idéologies dominantes, des tendances très nettes au terrorisme intellectuel. Les travaux de Jensen, Hermstein, Eysenck, Shockley, etc., sont des travaux d’une grande valeur scientifique. Cela n’a pas empêché de faire à leurs auteurs un extraordinaire procès d’intention. Pour trancher, il suffirait de lire les livres et les articles incriminés. Malheureusement, dans le temps qu’on critique, on se garde bien de permettre au grand public de juger sur pièces. C’est une situation malsaine. J’ai quelques raisons de penser qu’elle est appelée à évoluer.

Éléments :
Que faut-il penser du métissage ?

Alain de Benoist :
D’abord que c’est une question délicate, et qu’à son sujet, le débat est loin d’être clos. Pour les politiciens, la cause, en général, est entendue. Il n’en va pas de même dans le monde savant. Certains chercheurs ont exprimé un avis favorable, soit parce qu’ils subissent l’influence de l’intelligentsia (la science est neutre, mais les scientifiques ne le sont pas toujours !), soit parce qu’ils croient pouvoir tirer cette conclusion de leurs travaux. D’autres, au contraire, expriment un avis défavorable. Comme il s’agit d’un problème très sérieux, ces divergences d’opinion incitent pour le moins à la prudence. À l’approche du biologiste, s’ajoute celle du sociologue et de l’historien. Il y a, sur notre planète, un certain nombre de pays où l’élément métis forme la majorité. Ce ne sont pas ceux, il faut bien le dire, dont la stabilité ou le niveau de développement peuvent servir d’exemples. Là encore, sans trancher définitivement, la prudence s’impose. C’est aussi une question de choix. Vaut-il mieux une planète où coexistent des types humains et des cultures variés, ou bien une planète dotée d’une seule culture et, à terme, d’un seul type humain ? On pourrait distinguer ici entre raciophobes et raciophiles. Les premiers souhaitent la disparition des races, donc l’uniformisation des modes de vie. Les seconds pensent que c’est la pluralité de l’humanité qui fait sa richesse, et qu’un monde où l’on retrouverait, sur les deux hémisphères, les mêmes villes, les mêmes immeubles, les mêmes magasins, les mêmes produits, les mêmes modes de vie, serait un monde incontestablement appauvri. Je n’ai pas besoin de vous dire où va mon sentiment, mais je reconnais que la réponse ne s’impose pas a priori. À plus forte raison, je ne vois pas comment on pourrait l’imposer au secret des consciences. Et dans tous les cas, je me range à l’avis de M. Alain Peyrefitte, lorsqu’il dénonce le conformisme selon lequel, « admettre la pluralité des races humaines c’est approuver les fours crématoires ».

Éléments :
Et l’immigration ?

Alain de Benoist :
Tous les sociologues savent que lorsque deux populations différant nettement du point de vue ethno-culturel vivent l’une avec l’autre, dès que l’on dépasse un certain seuil, il en résulte des difficultés de toutes sortes : discrimination, ségrégation, déculturation, délinquance, etc. C’est dans ce genre de difficultés que se débattent les États-Unis. Il va sans dire qu’elles nuisent profondément à toutes les communautés en présence, à commencer par les communautés minoritaires, qui sont, dès lors, fondées à exprimer leur indignation. Dans le problème de l’immigration, je distinguerai deux aspects. Tout d’abord, une question de principe. On dit que l’immigration est indispensable à l’économie. C’est possible, encore qu’il ne soit pas certain qu’on prenne toujours en compte les coûts marginaux. Quoi qu’il en soit, une telle affirmation revient à dire que les impératifs économiques doivent être considérés comme prioritaires par rapport à tous les autres. Ce n’est pas forcément évident. Nous sommes donc, à nouveau, devant une question de choix. D’autre part, à l’heure actuelle, la formule « indispensable à l’économie » signifie en clair « indispensable au maintien de la marge bénéficiaire des grandes entreprises ». On peut donc s’étonner de la voir employée par des organisations qui se déclarent « anticapitalistes ». Le rapport Massenet met l’accent sur un point important. Le recours aux immigrés n’est-il pas un recours à une énergie de substitution à l’innovation économique ? À terme, c’est l’innovation qui conditionne la compétitivité. Il y a là un risque de protectionnisme. Sous l’Empire romain, l’esclavage a freiné l’innovation, parce que, sur le moment, il était toujours plus facile d’avoir recours aux esclaves. Le retour à une telle situation serait inacceptable. Ensuite, il y a une situation de fait. On compte en France environ quatre millions de travailleurs immigrés, soit 6 % de la population totale. Ils contribuent pour 56 % à notre croissance démographique. Trop souvent, ces travailleurs sont traités en parias. Méprisés, exploités, parfois redoutés, ils vivent dans des conditions qui nous paraissent choquantes. Cette situation est odieuse. La présence des immigrés implique des devoirs réciproques. Il y a ceux qui veulent mettre « les Arabes dehors » et ceux qui, comme les gauchistes, parlent dans l’abstrait d’« hommes comme les autres » et, dès lors, refusent tout contrôle. On ne doit tomber ni dans la xénophobie ni dans l’ontologie révolutionnaire. Les autorités, pour la première fois, semblent d’ailleurs l’avoir compris. Enfin, il y a le problème des éléments douteux, qui causent un tort considérable aux véritables travailleurs. Ce problème relève d’une application très sévère de la loi. D’après l’Institut national d’études démographiques (INED), la pression exercée aux frontières du fait de l’immigration clandestine est appelée à se développer (dans les pays de l’Europe de l’Ouest, car dans les pays socialistes, aucune migration internationale n’est admise). Cette perspective est préoccupante, car elle peut engendrer des situations irréversibles. Méditons donc, pour faire bref, cette indication de l’INED : « La disparition de l’immigration dite sauvage est une des premières exigences pour une amélioration des conditions de vie et de travail des étrangers en France » (Population, juillet-octobre 1974).

Éléments :
Mais comment lutter contre la discrimination ?

Alain de Benoist :
Je prends le Larousse et je lis : « Discrimination : faculté, action de discerner, de distinguer ». Je suppose que ce n’est pas à cette discrimination-là que vous faites allusion : au sens strict, tout dans l’existence est discrimination, seule la mort ne l’est pas. Vous voulez plus probablement parler, toutes choses égales par ailleurs, de la discrimination de traitement dans l’ordre des droits élémentaires garantis à tout citoyen. Elle est effectivement condamnable, et il faut lutter contre les préjugés qui l’accompagnent. La prise en compte des différences est évidemment la condition première de son élimination. Dans le cas contraire, on aboutit à l’inverse du résultat recherché. C’est ce qui s’est passé aux États-Unis. Au moment même où l’on proclamait une égalité absolue, dans l’abstrait, on aboutissait à une ségrégation de fait contre laquelle il était pratiquement impossible de faire quoi que ce soit. Et puis, trop souvent, on risque d’arriver à une discrimination à l’envers…

Éléments :
Que voulez-vous dire ?

Alain de Benoist :
Ceci. La logique avec soi-même est l’une des formes de la franchise. Je suis pour la non-discrimination, pour la décolonisation, pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Mais à une condition : c’est que la règle ne souffre pas d’exceptions. Si l’on est contre la colonisation, alors il faut être pour la décolonisation réciproque, c’est-à-dire contre toutes les formes de colonisation : stratégique, économique, culturelle, artistique, etc. On a le droit d’être pour le Black Power, mais à la condition d’être, en même temps, pour le White Power, le Yellow Power et le Red Power. Par dessus tout, je me méfie de l’unilatéralisme : c’est le signe n°1 de l’esprit partisan, au pire sens du terme. Or, nous assistons à certains paradoxes. Nous voyons des idéologues prendre position pour le respect de toutes les races. Sauf une : la nôtre (qui, par parenthèse, est aussi la leur). Je parlais tout à l’heure d’altéroraciophobie. Ici, c’est d’altéroraciomanie qu’il faudrait parler : autre déviation pathologique, à caractère plus ou moins masochiste. Les mêmes qui nous expliquent, non sans raison, qu’en brisant les habitudes mentales, les structures sociales et traditionnelles des pays du tiers-monde, la colonisation les a stérilisés, se font en Europe les adeptes de la pire néophilie, sacrifient tous les jours au mythe du « progrès » et invitent nos contemporains à rompre avec les « vieilleries » du passé. D’un côté, on nous dit que les Indiens et les Esquimaux ne peuvent pas résister à l’agression que représente le contact avec la civilisation occidentale. De l’autre on affirme que le mélange des peuples et des cultures est, pour les Européens, chose excellente et facteur de progrès. Il faudrait donc savoir s’il y a deux poids et deux mesures, et si, pour citer Orwell, tous les peuples sont égaux sauf ceux qui sont plus égaux que les autres ! Pour ma part, je ne vois pas pourquoi ce qui est excellent pour les Bororos ou les Guayaquis ne se révélerait pas au moins aussi bon pour nous. Ou bien alors, il faudrait admettre que certaines races sont plus douées que d’autres du point de vue des capacités d’adaptation. Mais ce serait alors de la discrimination.
« Si l’on dénonce, à bon droit, les ethnocides des primitifs par les Européens, écrit Raymond Ruyer, il ne faut pas interdire aux Européens de préserver leurs propres ethnies ». De leur côté, les dirigeants des communautés juives ne cessent de répéter que deux périls les ont toujours guettés dans l’histoire : les pogroms et l’assimilation. Leur mise en garde vaut la peine d’être écoutée. Elle se nourrit d’une sagesse qui vient de loin. Réaffirmons donc le droit des peuples à être eux-mêmes, le droit qu’ont tous les peuples à tenter d’atteindre leur plénitude, contre tout universalisme et contre tous les racismes.

Alain de Benoist, Éléments n°8-9, 1974

1. Relisant sur épreuves le texte de cet entretien, je crois nécessaire de donner ici une définition de l’ethnie. La notion d’ethnie participe à la fois de l’idée de race et de l’idée de culture ; elle implique une relative homéostasie historique et culturelle. L’ethnie se caractérise par l’identité des règles éthologiques qui génèrent, à travers des procédés transformationnels identiques, des conduites structuralement (qualitativement et statistiquement) identiques. C’est l’homogénéité de ce régime des règles transformationnelles qui institue la culture ethnique. Cf. à ce sujet : Bernard Guillemain, « Les fondements de l’éthologie collective. Abstraits fondamentaux pour l’ethnopsychologie » in Ethnopsychologie, Vol. XXIX, n° 2-3 (juin-septembre 1974) Le Havre.

 

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19/02/2016

Robert Dun : Les fondements psychologiques du terrorisme

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  Le concert de condamnations moralisatrices qui monte des milieux des monstres froids de la politique et des médias vendus aux concocteurs du mensonge universel ne peut avoir le moindre effet sur l'amplification des tragédies terroristes.

  Combien est significatif le fait qu'aucun journaliste de papelard ou de télé ne se livre à une analyse ouverte du phénomène ! Cette analyse est pourtant simple, et les mouvements terroristes du monde entier présentent des points communs faciles à mettre en évidence.

  Il y a d'abord le fait que les terroristes sont des gens en situation de désespoir. Toutes les guerres de décolonisation ont débuté par une phase terroriste. Il est facile de dénoncer les « sales guerres » quand on s'assoit régulièrement devant une assiette pleine. Mais en face il y a les exclus qui savent bien qu'on les prendra pour des chiens qui aboient tant qu'ils ne feront pas parler la poudre. Peuvent-ils espérer une prise en considération de leurs problèmes par les puissances politiques ? Une solidarité de l'opinion publique contre les abus les plus criants ? Non ! Alors ils considèrent le monde entier comme complice de leurs oppresseurs, de leurs spoliateurs et ils tirent dans le tas.

  Je ne dis pas qu'ils ont raison ; je dis que c'est fatal et que cette fatalité est créée par la surdité politique et générale aux problèmes les plus brûlants de la planète. La preuve en est que les terroristes preneurs d'otages réclament presque toujours la diffusion de communiqués, ce qui leur est systématiquement refusé. On pourrait pourtant condamner tout aussi vigoureusement le terrorisme et publier les communiqués des terroristes. Mais voilà : partout où explose un désespoir, les professeurs de morale ont une saloperie à cacher.

  Nous sommes tous menacés par le terrorisme. C'est justement ce qui nous donne le droit d'en parler librement. Nous ne devons jamais perdre de vue que toutes nos idées sur les problèmes partiels ou planétaires sont le fruit d'un mensonge total universellement orchestré. Il ne s'agit pas d'une déformation de quelques vérités, mais d'une inversion de toutes les vérités fondamentales à la situation mondiale actuelle. L'édifice du mensonge universel va s'enflant sans cesse. Mais par là même il se fragilise de plus en plus. Et il suffirait parfois d'un communiqué de terroristes pour que l'opinion mondiale stupéfaite découvre tout l'engrenage de perles empoisonnées dans le chapelet de l'information.

  Je sais fort bien qu'à côté du terrorisme spontané il y a le terrorisme récupéré et manipulé par les services secrets et les religions fanatiques au pouvoir dans certains États. Mais récupération et manipulation ne sont possibles que parce que la potentialité terroriste existe. Et les nations musulmanes extrémistes ne peuvent que capituler sans conditions devant l'araignée capitaliste et américaine ou se battre comme elles le font : clandestinement.

  Parmi les causes du désespoir, il y a aussi la perte de l'identité. Rien d'étonnant à ce que les régionalismes figurent parmi les terrorismes les plus virulents. Les régionalismes sont un refuge contre un gigantisme politique et économique dans lequel un homme est spolié de sa part de décision politique. Un électeur peut agir sur le maire d'un village, mais dans une commune d'un million d'habitants, plus personne ne croit à son bulletin de vote. Plus le groupe humain augmente, plus magouilles et manipulation d'opinion deviennent faciles. En outre le régionalisme représente un refuge contre la négation de la personnalité ethnique et la culture médiatisée, autrement dit contre le chaos multiracialiste et la déculturation. L'URSS n'a pas de problèmes régionalistes parce que les personnalités provinciales y ont toujours été respectées, même là ou des conflits politiques ont donné lieu à de véritables boucheries comme en Ukraine ou dans les pays baltes. Une des raisons profondes de la relative paix intérieure que connaissent les peuples d'URSS tient au fait qu'ils ne se sentent pas contestés et attaqués dans leur identité ethnique et culturelle. Ce qui ne signifie nullement que le paradis terrestre est de ce côté…

  Le terrorisme est aussi largement une conséquence du chaos multiracial. La perte d'identité liée aux fondements biologiques de la personne crée des réflexes de refuge dans la secte qui offre une identité de remplacement et un milieu humain plus précis. Car les grands ensembles humains ( humanité, nation ) sont sans chaleur, trop vastes pour être perçus. La chaleur n'apparaît qu'avec la région, la spécificité d'un paysage, d'un accent, d'un type humain.

  Les fous dangereux de la fraternité universelle, manipulés par des criminels ultra-lucides et qui savent parfaitement là où ils nous entraînent, préparent à l'Europe multiraciale un avenir de guerres de sectes et de terrorisme sans fin. Comme au Moyen-Orient, il faudra peut-être tenir pendant des siècles avant de retrouver une identité qui soit nôtre à travers les ruines du chaos multiracialiste.

  Alors, jeune Européen, sois dur et tais-toi !



Robert Dun

(in LE PARTISAN EUROPÉEN, "La Lettre des Catacombes", novembre 1986)

 

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28/01/2016

VIDEO : Qu'est-ce que l'identité ? [Alain de Benoist]

Alain de Benoist donne ici une définition claire et pertinente de ce qu'il convient d'entendre par le terme d'identité.

Alain de Benoist -- Réponses : CHAPITRE 3 from Malicuvata on Vimeo.

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18/01/2016

Gouvernés par des criminels devenus fous : Paradoxe ou réalité ? [par Robert Dun]

 Le problème posé implique des questions préalables : Qui gouverne le monde ? Toutes les formes politiques sont-elles concernées par cette terrible accusation ? D'où vient cette invraisemblable situation ? Est-elle une fatalité ou l'aboutissement d'une chaîne d'erreurs évitables ?

Commençons par la première question : Qui gouverne le monde ?

 J'ai exposé dans mes livres comment l'humanité avait glissé de la culture au chaos actuel. La culture est un stade dans lequel les valeurs du contrat social sont claires pour tous et aucune forme de pouvoir ne peut les violer sans susciter une révolte immédiate et incoercible. Le but de la révolution culturelle en Chine était de retrouver ce stade de conscience populaire. Il y eut des déviances et des abus, mais qui restent peu de chose en comparaison avec l'écrasante montagne d'hypocrisies et d'abus de pouvoir de nos démocraties sans démos.

 Bien qu'imparfaite, l'histoire permet de distinguer deux facteurs de corruption de la culture en tant que forme de société. Le premier est l'impérialisme. La conquête et la domination d'un peuple étranger mettent le vainqueur en présence d'échelles de valeurs qui ne sont pas les siennes et qu'il comprend mal. On trouverait des centaines d'exemples. Citons-en seulement deux qui nous concernent actuellement.

 Le vol nous agace et nous répugne plus que le rapt. Mais dans de nombreuses tribus africaines le vol de bétail est un exploit honorable, faute de quoi un Noir ne pourra pas se marier parce que considéré comme incapable.

 La dissimulation aussi nous agace comme une lâcheté. Mais le Coran enseigne : « La faute cachée est moins grave que la faute publique parce qu'elle n'a pas valeur de mauvais exemple » ; ce point de vue a incontestablement sa logique.

 De telles confrontations culturelles résultent le scepticisme, le nihilisme, l'amoralité, les désordres sociaux et les hypocrisies, ces dernières étant bientôt considérées comme une marque d'intelligence. La sémantique dans nos langues modernes révèle cette évolution. Nous utilisons le mot malin comme terme admiratif, synonyme « d'intelligent ». Or il veut dire étymologiquement « maléfique, malfaisant ». Inversement le mot benêt, dont la forme ancienne est « benoist », signifie « bienfaisant » et non « stupide » comme actuellement. En allemand l'adjectíf schlau a pris le sens « d'intelligent », « habile » ; mais il dérive de Schlange lequel signifie « serpent ». Ces exemples illustrent l'inversion des valeurs qui s'est produite à travers notre histoire, le fait que les valeurs réellement honorées dans notre société sont le contraire de ses valeurs théoriques.

 On se prétend fidèle d'une religion qui place au-dessus de tout la naïveté enfantine, mais on déteste, traque et tue la naïveté chez ses propres enfants, sans se douter le moins du monde des ravages irréparables qui en résultent dans un être trop jeune pour notre « réalisme ». Des centaines de milliers de jeunes font a vingt ans et plus des crises de puérilité parce qu'on ne leur a pas permis d'être puérils à l'âge où ils avaient besoin de l'être. Je fus stupéfait en 1968 de découvrir que le Petit prince de Saint-Exupéry était l'un des livres de référence des révolutionnaires ( combien naïfs pour la plupart ! ).

 L'actuelle gravité de la coupure entre les générations n'est pas due qu'à cela, mais elle l'est pourtant pour une bonne part. Les propos du Zarathoustra de Nietzsche dans l'île des tombeaux, propos sur ceux qui ont détruit et souillé tous ses rêves, tous ses amours d'être pur devraient donner à réfléchir. Churchill a dit : « Tous les grands hommes ont eu une enfance malheureuse ». L'ambition aurait-elle souvent la rancune, la vengeance et les complexes d'infériorité pour base au lieu de la volonté de réaliser des buts nobles ?

 Outre l'impérialisme et ses séquelles de confusion, le second facteur de corruption de la culture est la théocratie. Nous autres libertaires nous comprenons intimement Jean-Jacques Rousseau proclamant que « le principe de la souveraineté réside dans le peuple ». Notre anarchie n'est pas désordre et nihilisme ; c'est le refus de toute loi qui ne correspond pas à notre loi intérieure. Nous comprenons aussi le prophète chrétien agacé par le formalisme de ses congénères et proclamant que « le Fils de l'Homme est maître même du Sabbat », ce qui signifiait « même du plus rigoureux commandement de la loi, donc de la totalité de la loi ».

 De tels propos ne sont pas le fait d'êtres déboussolés, mais au contraire d'êtres portant en eux leur infaillible boussole d'êtres lucides et forts. Or la théocratie prétend imposer une loi d'origine divine, indiscutable, révélée à des médiateurs comme Moïse, Jésus ou Mohammed. Cette loi est aux mains de hiérarques religieux supérieurs aux hiérarques politiques.

 L'histoire de l'Europe montre la convergence du facteur impérialiste et du facteur théocratique dans le nihilisme actuel et la fuite en avant dans un matérialisme qu'il serait plus adéquat de nommer « mépris de la matière ».

 L'Empire romain porteur d'une « paix romaine » et d'une loi qui se croyait universelle fut attaqué de l'intérieur par trois religions de vaincus : le mithraïsme était l'instrument du noyautage perse, le culte d'Isis celui du noyautage égyptien et le christianisme celui du noyautage juif. Ce fut ce dernier, le plus patient, le plus équivoque, le plus perfide qui finalement triompha. Ainsi nous eûmes comme loi un Décalogue du désert qui ne dit pas un mot des devoirs envers la nature, ni même envers les enfants. La grande figure de référence fut un Christ mythisé, bourré de contradictions, dont on nous transmettait la parole « mon royaume n'est pas de ce monde », alors que le basileus ( l'empereur de Byzance ) était « le successeur du Christ sur Terre » et que le pape monstrueux Innocent lV déclarait que « les papes sont souverains spirituels et temporels de la Terre entière ». La convergence de l'impérialisme et de la théocratie trouva son incarnation la plus horrible dans le conquistador qui imposa au monde entier les maladies sociales et morales de l'Europe.

 Les stupidités du dogme ont rejeté dans le matérialisme les esprits les plus libres. Mais cette relative libération ne les a pas délivrés d'une morale antinaturelle. Tant les hypocrisies rendues nécessaires par la démonisation de la vie que celles pratiquées par les gros malins à tous les niveaux et les hiérarques des Églises au premier chef ont continué à se développer et à gangrener toute l'espèce humaine soumise au monde chrétien.

 Mais les pires choses ont en commun avec les meilleures d'avoir une fin. Acculés par les prises de conscience populaires, par les révélations sur leurs invraisemblables crimes, les maîtres du monde se raidissent dans une fuite en avant dont ils savent aussi bien que nous l'impuissance face aux problèmes majeurs de surpopulation, de pollution, d'effondrements culturels, de nihilisme mondial. Ils se savent complètement impuissants à imaginer un contrat social, une morale, un système socio-politique mobilisateur. Et comme ils savent aussi que toute vision claire sur ces nécessités remet en cause leur système de domination, ils font peser la plus efficace dictature contre les êtres capables et « coupables » de pensée indépendante.

 Ils réduisent à l'impuissance tous ceux qui pourraient contribuer à débrouiller l'écheveau de l'ère judéo-romaine, de l'ère impérialiste et théocratique. Jadis on disait « gouverner c'est prévoir » ; mais nous vivons le bout du rouleau et tout est devenu imprévisible. Alors « on gouverne à vue », ce n'est pas moi qui l'ai dit…

 Alors… qui gouverne le monde ? Les malins, les faussaires. Toutes les formes politiques sont-elles concernées par l'accusation de criminalité et de folie ? À part le peu qui reste de sociétés tribales, je ne vois qui pourrait prétendre à être excepté. D'où vient cette invraisemblable situation ? De la collusion judéo-romaine de l'impérialisme et de la théocratie. Etait-elle fatale ou évitable ? Honnêtement, cette question me dépasse. Mais je puis garantir que nous sommes à l'extrême bout du rouleau et qu'il serait grand temps de penser à des mini-sociétés de survie et de remplacement.

Robert DUN

In L'HOMME LIBRE, fils de la Terre, Septembre 1993

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06/01/2016

Migrations de masse au crépuscule de l'empire

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Lorsqu'on constate qu'en ce mois de janvier 2016, diverses publications ont simultanément choisi de consacrer leurs dossiers centraux et leurs couvertures à la tragédie historique couramment désignée sous le nom de Grandes Invasions barbares, prélude à la chute imminente d'un Empire romain d'Occident en pleine déliquescence, on ne peut s'empêcher d'effectuer un inquiétant rapprochement entre ces évènements datés du IIIème  au Vème siècle de l'ère chrétienne, et ceux que nous avons aujourd'hui sous les yeux. Certes, l'an 2016 marque le 1540ème anniversaire de l'aboutissement de la longue agonie de l'empire, qui rendra l'âme le 4 septembre 476 avec la destitution par le Skire Odoacre de son ultime et pathétique dernier empereur, Romulus Augustule, un pré-adolescent âgé de quatorze ans. Ironique destin d'un empire qui aura vu le jour sous l'égide d'un mythique Romulus, en l'an 753 avant l'ère chrétienne, pour finir 1229 ans plus tard sous l'éphémère règne d'un autre Romulus, qualifié celui-ci non sans désinvolture d'Augustule, un "petit Auguste".

Néanmoins, au-delà de cet anniversaire qui du reste ne concerne pas spécialement le mois de janvier, on est en droit de se demander par quel curieux "hasard" toutes ces publications, du "Figaro Histoire" à "Historia", en passant par "Les Cahiers de Science & Vie" et plusieurs autres, ont axé leurs nouvelles livraisons respectives sur ce thème. La revue "L'Histoire", quant à elle, avait abordé ce sujet dès octobre 2015, en consacrant la couverture et le dossier central de son N° 416 à la chute de Rome. L'évidente analogie entre ces événements et ceux qui illustrent l'actualité immédiate est frappante, et il apparaît difficile de croire que ces parutions simultanées ne résultent pas d'un choix rédactionnel concerté, directement lié à leur contexte. On notera toutefois qu'au même moment  dans les kiosques, le hors-série "Histoire" de la revue catholique "La Vie" propose pour sa part au lecteur un dossier intitulé "Migrations : une aventure humaine"...

Aucun empire n'est éternel, et tous finissent tôt ou tard par s'effondrer. Il en fut ainsi de l'Empire Romain d'Occident, comme plus tard du Premier et du Second Empire français, de l'empire tsariste russe, de l'empire austro-hongrois, de l'empire ottoman, du Second et du Troisième Reich allemand, des divers empires coloniaux européens, de l'empire soviétique et de sa cohorte d'Etats satellites etc. Ainsi finissent tous les empires, sans exception. Tous se voulaient bâtis pour traverser les siècles voire les millénaires, mais tous se sont écroulés comme châteaux de cartes, parfois de façon soudaine, au bout de quelques siècles ou décennies, voire de quelques années.  Ceci s'observe et se vérifie systématiquement, dès lors qu'une quelconque structure impériale se retrouve à son point maximum de puissance expansionniste. Après l'ascension vient toujours la chute. L'empire se veut intrinsèquement supranational, et ce sont ses velléités tantôt suprémacistes et hégémoniques, tantôt universalistes et intégrationnistes, qui le minent littéralement de l'intérieur et  précipitent inéluctablement sa perte.

Aujourd'hui, l'empire occidental, dominé par le poids lourd états-unien, bat de l'aile. Il se trouve à la fois pris au piège des conséquences de ses propres actes, et contrarié dans ses projets par la spectaculaire résurgence de la Russie en tant que superpuissance sur la scène internationale, mettant un terme salutaire à vingt-cinq ans de diktat unipolaire. L'Union Européenne (UE), vassale des Etats-Unis dans le cadre de l'empire occidental, se voit elle aussi menacée d'effondrement global. Tout comme l'empire romain, elle croule aujourd'hui sous le poids de ses contradictions, comme sous celui des inévitables conséquences de ses propres agissements, tant extérieurs qu'intérieurs. Et tout comme l'Empire romain, l'empire occidental, à commencer par l'UE, est en train de succomber sous les assauts conjugués d'une triple crise économique, migratoire et civilisationnelle, crise d'une ampleur sans précédent qui ne pourra in fine qu'avoir raison de lui et des pseudo-valeurs qu'il incarne. Ses principes moraux, ses dogmes économiques, son colonialisme culturel et ses prétentions universalistes, associés à un immigrationnisme et à un ethno-masochisme forcenés, ne pourront, au terme du processus mortifère en cours, que le mener là où on fini tous ses prédécesseurs.

A la suite de Paul Valery et pour reprendre sa célèbre formule, nous savons que toutes les civilisations sont mortelles. Celle qu'incarne aujourd'hui le modèle occidental n'échappe nullement à la règle. Nous le savons pareillement, l'empire romain s'est effondré pour des causes non seulement économiques, sociales et politiques, mais aussi -et peut-être avant tout- pour des raisons d'ordre ethnique. Ceci a brillamment été exposé de façon détaillée par, entre autres, l’autodidacte André Lama, dans les deux volumes de son étude magistrale intitulée "Des Dieux et des Empereurs" [1], et publiée pour la première fois en 1998. Cette chose que l'on peut qualifier d'empire occidental, comprenant l'UE via la nébuleuse atlantiste, est elle aussi en train de dépérir pour des raisons analogues.

 Force est de constater en effet que les similitudes entre les deux situations historiques sont pour le moins troublantes. A commencer par le contexte social. L'empire occidental comme l'empire romain ont rapidement étendu leurs territoires respectifs, avec pour principale préoccupation d'en faire de vastes blocs commerciaux, capables de rivaliser avec les grandes puissances économiques de leurs époques. L'un comme l'autre s'efforce sans relâche de déresponsabiliser ses citoyens, et surtout de les tenir à l'écart de la chose publique, chasse gardée d'une petite caste d'oligarques dont beaucoup n'ont jamais été élus. Pour ce faire, les notables, les politiciens, les sénateurs et jusqu'à l'empereur lui-même ont fort généreusement pratiqué le clientélisme à outrance, achetant littéralement la plèbe avec du pain et des jeux, les fameux Panem et Circenses, afin qu'elle se tienne tranquille et applaudisse ses tribuns sans véritablement comprendre les arcanes de leurs jeux politiques. Les pouvoirs en place, dans les divers pays de l'empire occidental -et donc de l'UE-, ne procèdent pas autrement, en gavant leurs populations de programmes TV débilitants et de propagande médiatique orwellienne, de culte du consumérisme, de footballâtrie et autres anesthésiants tous plus abrutissants les uns que les autres. Dans les deux cas, le but recherché est fondamentalement le même : réduire le citoyen ordinaire, le peuple, au silence, ou tout au moins à l'impuissance politique. Lorsque les pouvoirs en place ne peuvent plus se maintenir qu'en usant de tels subterfuges, nous pouvons avoir la certitude que nous assistons à la fin de quelque chose, à la fin d'un monde. Non pas à la fin du monde, mais à celle d'un certain monde. 

 En proie à une crise spirituelle majeure, doublée d'une pénétration culturelle étrangère de plus en plus conséquente, l'empire romain constituera un terreau idéal pour la transplantation de cultes exotiques [2], qui prospèreront en consommant la rupture avec la tradition religieuse de l'empire, et donc avec une part importante des fondements de son identité. L'activité de ces diverses sectes agira comme un puissant dissolvant de la romanité originelle, et l'une d'elle contribuera de manière décisive à l'acculturation de Rome  [3].  L'empire occidental moderne, quant à lui, est si obnubilé par l'esprit marchand et le matérialisme qu'il s'est produit en son sein une véritable désertion spirituelle, ses églises et ses temples se vidant à mesure que les mosquées se remplissent. Les pays de l'Union Européenne, notamment, connaissent bien ce phénomène. Il est le symptôme du nihilisme ambiant, de l'absence d'idéal et de foi instiguée par le consumérisme et la "réussite" matérielle érigés en valeurs sacrées toutes-puissantes par la ploutocratie libérale triomphante.

Mais les analogies ne se limitent toutefois pas à cela, tant s'en faut. Il suffit, pour s'en convaincre, d'énumérer plusieurs autres rapprochements qui parlent d'eux-mêmes.

A l'instar de l'Empire romain décadent, le moderne empire occidental, au premier rang duquel les USA et leurs vassaux de l'Union Européenne, est une structure parvenue à l'apogée de sa puissance et de son expansion, et qui amorce aujourd'hui une inéluctable spirale de déclin.

Comme l'Empire romain, les pays phares de l'Union Européenne ont, au cours des 40 dernières années, axé leur politique sur le mirage de l'insertion, de l'intégration, voire de l'assimilation, avec les résultats catastrophiques que nous connaissons à présent [4].

Comme l'Empire romain, les pays phares de l'Union Européenne bradent littéralement leur nationalité administrative, en la réduisant à une simple citoyenneté de convention qu'elle accorde à une proportion croissante d'éléments allogènes [5].
  
Comme l'Empire romain, les pays phares de l'Union Européenne ont permis, par calcul autant que par irresponsabilité,  l'accueil d'une multitude de réfugiés de guerre et autres "migrants". A peine les nouveaux venus passés plus ou moins en force, l'engrenage infernal s'est aussitôt activé, la première vague de "migrants" appelant mécaniquement la suivante, et ainsi de suite [6].

Comme l'Empire romain, l'Union Européenne doit faire face à un flux  migratoire de provenances diverses, d'ampleur inédite, avec pour corollaire tous les "effets collatéraux" qui en découlent : tensions ethniques et religieuses, émeutes communautaires, explosion de l'insécurité et des violences (agressions, viols, meurtres, destructions de biens privés et publics, terrorisme etc), multiplication des zones de non-droit où l'Etat, démissionnaire, renonce à exercer son autorité [7] etc.

Comme l'Empire romain, l'Union Européenne accueille en son sein un véritable cheval de Troie qui le perdra. Rome avait cru judicieux de fédérer les peuples "barbares" en les incorporant en masse à son armée, d'abord sous la forme de troupes auxiliaires, puis directement en les intégrant à ses légions. Ces contingents étrangers se retourneront contre elle, et ce seront eux qui, au Vème siècle, donneront le coup de grâce à l'empire qui les avait abrités. L'Union Européenne, elle, est submergée par une invasion galopante qui la perdra aussi, en raison de l'arrivée et de la présence sur son sol de dizaines de millions d'allogènes, dont certains, animés d'intentions conquérantes ou terroristes, passent d'ores et déjà à l'action. Au rythme où vont les choses, combien de temps faudra-t-il encore avant que des villages d'Europe voire des régions tout entières tombent aux mains des nouveaux barbares des années 2000 ?

L'Union Européenne, on est en droit de le redouter, n'a pour l'heure encore connu que les prémices de ce qui l'attend. Submergé de toutes parts, le monde romain, à l'aube du Vème siècle, est déjà exsangue. La suite du processus sera cataclysmique, et sonnera finalement le glas de l'Empire romain d'Occident. En 410, Rome est prise par le Wisigoth Alaric. La Ville éternelle, cœur de l'empire, est mise à sac et livrée au pillage par ses troupes quatre jours durant. Pillages, destructions, meurtres et viols s'abattent sur les Romains, qui  en resteront durablement traumatisés. Détail savoureux :  les Goths, convertis au christianisme -à l'hérésie arienne- ont eu la délicatesse d'épargner les églises, alors qu'ils mettaient la cité à feu et à sang. Miracle d'un monde qui ne se voulait plus divisé entre "civilisés" et "barbares", mais entre chrétiens et "païens".  Dès 455, le même scénario se reproduit, sous l'égide cette fois de Genséric, roi des Vandales et des Alains. Ceux-ci, surgissant par la Méditerranée de l'Afrique du Nord où le royaume vandale s'étaient implanté, apportent avec eux des hordes hétéroclites en provenance du continent africain, qui ravagent de plus belle la ville quinze jours durant. Genséric rapportera en Afrique un butin considérable, laissant derrière lui une Rome dévastée qui n'était désormais plus que l'ombre d'elle-même.

Le répit fut pourtant de courte durée, puisque la mégalopole romaine fut reprise et mise à sac à peine vingt-et-un an plus tard par les troupes d'Odoacre, un Skire [8] à la tête d'une coalition de contingents barbares de l'armée romaine qui se soulevaient contre le pouvoir impérial. Ceux-ci lui portèrent cette fois un coup fatal. Le coup de grâce fut définitivement porté à la vieille Rome chancelante lorsque Odoacre déposa le dérisoire dernier empereur, Romulus Augustule, et renvoya symboliquement les insignes impériaux à Constantinople, capitale de l'Empire romain d'Orient depuis la séparation entre celui-ci et Rome en 395. L'Empire romain d'Occident avait vécu. Les aqueducs tombèrent à sec. Les voies romaines, jadis régulièrement entretenues, ne  le furent plus. Et ce qui subsistait des monuments, profanés ou désaffectés, tomba en ruines au fil du temps. Le souvenir de ce que fut autrefois la romanité n'exista dès lors plus qu'à travers ce que les envahisseurs avaient consenti à s'attribuer. Sur les ruines encore fumantes d'un empire déchu et démantelé, se bâtit un nouveau monde fragmenté en une kyrielle de royaumes barbares rivaux aux frontières mouvantes. Plusieurs siècles d'obscurité, de violences et de désordre consécutifs à cette chute d'une civilisation tout entière allaient laisser pour longtemps l'Europe en état de choc. Celle-ci mettra, à vrai dire, de nombreux siècles à se remettre d'une crise qui aura eu raison du plus puissant des empires du continent.

 Depuis 2015, l'Union Européenne, déjà minée depuis des années par l'incursion continue d'un nombre indéterminé d'immigrés clandestins, en sus de l'immigration légale, se trouve confrontée à une crise migratoire d'une ampleur sans précédent. En conséquence de sa politique  interventionniste irresponsable menée depuis 2011 en Libye puis en Syrie, un phénomène migratoire de masse submerge littéralement ses frontières méditerranéennes et sud-orientales. Ce sont des dizaines, des centaines de milliers et même des millions de "migrants" allogènes qui affluent vers l'UE, non seulement en provenance de Syrie et d'Irak, pépinières de réfugiés et de dangereux terroristes, mais aussi de Libye, du Maghreb, du Pakistan, d'Afghanistan, et de divers pays d'Afrique subsaharienne. Il est mal aisé de faire la part entre ce qui relève des conséquences de la politique criminelle des Etats de l'UE, et  en particulier de ceux qui sont membres de l'OTAN, et ce qui relève d'un plan d'invasion migratoire concerté, correspondant à la fois aux visées des islamistes conquérants, et aux besoins plus ou moins avoués du mondialisme libéral. L'ineffable Jacques Attali, chantre d'une gouvernance mondiale, n'a-t-il pas osé affirmer que la France avait besoin de 300 000 immigrés supplémentaires ? Les technocrates criminels de Bruxelles n'ont-ils pas entériné l'ethnocide généralisé des peuples européens autochtones, en décrétant que l'UE se devait d'accueillir plus de 15 millions de "migrants" d'ici à 2025 ? L'impact ethnique et social de cette vague migratoire inouïe, en plus de représenter un danger énorme d'infiltration d'éléments hostiles, voire terroristes, sera bien évidemment considérable sur l'ensemble du continent. Quarante années de politique immigrationniste irresponsable auront fortement érodé le vieil édifice. Quelques années d' invasion migratoire à l'échelon continental auront raison de lui, et lui porteront le coup fatal qui le feront s'effondrer. Son évolution démographique, sa composition ethnique, s'en trouvent d'ores et déjà profondément bouleversés.  Il faut s'y résigner, ou plutôt avoir le courage de faire face à une nouvelle réalité : l'Europe, du fait de la politique suicidaire menée par les dirigeants de l'UE, ne sera plus jamais l'Europe européenne qu'elle fut jadis.

L'empire occidental moderne, et notamment l'Union Européenne, connaîtra-t-il le funeste sort du défunt Empire romain ? Seul l'avenir nous le dira, même si les signes les plus alarmants se trouvent à présent réunis pour nous permettre raisonnablement d'envisager le pire. Bien sûr, depuis le Vème siècle, les temps ont changé. Mais là où, à l'exception notable des Huns, les "barbares" Wisigoths, Ostrogoths, Francs, Burgondes, Vandales, Suèves et autres Bretons appartenaient tous, malgré tout, au même creuset civilisationnel indo-européen que les Romains, les populations extra-européennes qui s'installent massivement sur notre sol à la faveur du grand chambardement actuel relèvent quant à elles de socles ethno-culturels et religieux fondamentalement  différents de ceux qui prévalent dans les "pays d'accueil". Ce hiatus est à la source de complications supplémentaires, qui en font donc en fait un facteur aggravant.

Ainsi que l'avait déjà perçu Robert Dun voici déjà près de trente ans, nous n'avons rien à attendre ni à espérer de la part des criminels devenus fous qui prétendent nous gouverner. Tel un virus né à l'aube des années 2000 dans la poussière des tours jumelles de New York, le poison d'un islam rétrograde et plus conquérant que jamais, dopé par les succès de ces nouveaux barbares que sont les fondamentalistes avec leur cortège d'indicibles atrocités, étend à présent son ombre menaçante sur le monde entier. Notre vieille terre d'Europe n'est elle-même plus épargnée par cette gangrène, et ce d'autant moins que ce sont précisément ceux qui ont œuvré à sa naissance et à son développement qui y tiennent les rênes du pouvoir. Il ne sert donc évidemment à rien de s'en remettre à la bonne volonté, toujours feinte, de ces traitres patentés. Ceux-ci poursuivent en réalité des buts diamétralement opposés aux intérêts des peuples du Vieux Continent. 

Quelle peut donc être l'attitude à adopter en ces temps de crise aiguë, nous qui, en tant qu'autochtones européens, perpétuons de par notre sang l'esprit et l'héritage de nos ancêtres non seulement gréco-latins, mais aussi Germains, Celtes, Slaves et autres ? Ainsi que l'a récemment pointé Troy Southgate dans le cadre d'un article [9], trois possibilités se présentent à première vue. La première est de céder aux sirènes du fatalisme ambiant, en se résignant à l'invasion migratoire par défaitisme ou au nom de la mondialisation, et donc en acceptant l'idée d'une mort lente de nos ethnies, dans un grand magma de métissage généralisé. La seconde consiste à s'opposer physiquement à l'invasion, en se préparant concrètement à des années de retranchement et de guerre civile interethnique. La troisième consiste à faire confiance aux partis politiques qui prétendent s'opposer à l'immigration et aux gouvernances suicidaires qui prévalent dans nos pays. A l'instar de Troy Southgate, je considère pour ma part qu'aucune de ces trois voies n'est de nature à nous mener vers une solution pacifique, ni acceptable. Car dans le premier cas, c'est du suicide pur et simple. Dans le second cas, le risque est gros de perdre la vie dans un conflit inepte, dans lequel les hommes libres n'ont pas leur place. Et dans le troisième cas, l'illusion aveugle hélas encore un grand nombre de fils et filles d'Europe, qui ne réalisent pas que toute tentative en ce sens est de toute façon vouée d'avance à l'échec par un système totalement verrouillé.

L'effondrement des valeurs occidentales est en cours, et avec lui celui des institutions politiques et financières qui en sont l'émanation concrète. Dans cette phase de déclin accéléré, notre continent connaît de profonds bouleversements. Que nous le voulions ou non, nous devons accepter de voir la réalité en face, et cette réalité est que l'Europe, en tant que zone territoriale, n'est déjà plus peuplée uniquement d'Européens. Nous finissons par nous sentir étrangers dans des zones de plus en plus nombreuses de nos propres pays, de nos propres villes, et la tendance générale, qui est à la crispation de plus en plus vive des communautarismes, promet d'aller crescendo. Nous devons reprendre à notre compte, pour notre plus vital intérêt, ce communautarisme ambiant. Lui seul nous permettra de faire front à l'adversité, en remettant à l'honneur ciment identitaire commun, tout en assurant la pérennité de nos peuples en tant qu'entités organiques. Nous pouvons le faire en devenant, pour reprendre l'expression de Robert Dun, des missionnaires, c'est-à-dire en nous faisant les dépositaires d'un héritage culturel, biologique, spirituel et moral dont il nous incombe de transmettre et de perpétuer la flamme, quoi qu'il advienne. Car l'Europe n'a de sens et n'existe que là où se trouvent des Européens, pleinement conscients d'eux-mêmes et de leurs racines, de leurs identités.

La civilisation occidentale mourante, fondée sur les valeurs matérielles du cosmopolitisme, du consumérisme et du profit, ne vaut pas la peine que nous nous battions pour elle, ni que nous en sauvegardions les bases. Le conflit de civilisations en cours ne doit pas nous entraîner dans sa déferlante d'hystérie collective, pas plus que l'empire occidental ne doit nous entraîner dans sa chute, et il est dans notre intérêt d'éviter le combat autant que possible.  Comme l'a préconisé Robert Dun sous forme d'un cri d'alerte [10] nous mettant en garde contre le chaos qui s'annonce, il importe en effet de ne nous battre qu'en cas d'absolue nécessité, uniquement pour nous défendre si nous sommes personnellement agressés.

A l'heure où, tels Néron, les psychopathes et les criminels qui gouvernent l'Occident se contentent de regarder Rome brûler tout en jouant de la lyre, l'essentiel est bien sûr avant toute chose de survivre, mais aussi de demeurer nous-mêmes et de faire honneur à l'esprit de résistance opiniâtre qui fut celui de nos lointains aïeux. Car ce n'est qu'en sachant d'où l'on vient que l'on peut véritablement choisir où l'on va. 

L'heure tourne. Commençons sans tarder à nous regrouper par petites collectivités soudées, formées en fonction des liens affinitaires entre celles et ceux qui les composeront, et fédérées, par alliances, à d'autres collectivités analogues, formant ainsi une puissante chaîne de solidarités inter-communautaire. L'entraide fera la force, jetant les bases d'une nouvelle conception de  l'européanité, et l'Europe existera véritablement partout où se trouveront des Européens.  De la sorte,  nous serons en mesure de faire front et de survivre à la longue nuit qui s'annonce, sans jamais cesser d'espérer et d'attendre le retour inévitable du soleil triomphant, qui se produira tôt ou tard.

Qui peut dire ce qu'il adviendra au terme de la crise internationale actuelle ? Qui sait si l'Occident connaîtra un répit in extremis, ou si sa chute est véritablement imminente ? La seule certitude est qu'il finira par sombrer, et que nous sommes aujourd'hui, bon gré mal gré, témoins de sa lente agonie. Nous ne savons pas, à vrai dire, si nous connaîtrons ou non l'aboutissement de ce processus de dépérissement. Et quand bien même, si nous y survivons, qui sait si nous vivrons suffisamment longtemps pour connaître le retour de la lumière ? Qu'importe, l'essentiel étant de garder une foi inébranlable, et d'œuvrer sans relâche, à tous niveaux pour anticiper et favoriser ce retour.  Le sort de l'empire occidental ne sera probablement guère différent, à court ou moyen terme, de celui de l'Empire romain d'Occident. D'autant plus que nous ne devons pas écarter la menace d'une nouvelle crise financière imminente, laquelle pourrait bien précipiter sa chute. Qui vivra verra, comme dit l'adage.  Mais tant que nous ne confondrons pas l'Europe multimillénaire avec l'Union qui se prétend européenne, tant que nous ne lierons pas le destin de la première au sort de la seconde, nous resterons les héritiers et les gardiens d'une force plurimillénaire qui, demain comme hier, finira inévitablement par triompher des ténèbres et de l'adversité. 

Haut les cœurs. Nous vivons la fin d'un âge sombre, mais le jour nait du plus profond de la nuit. Apollon, Bélénos et Balder reviendront, et cette fois, ce sera pour toujours.

 

Hans CANY
5 janvier 2016 E.V.



NOTES :

[1] : "Des Dieux et des Empereurs - Mélanges romains" par André Lama, Tomes I et II, 1998 et 2003, édité par la Société des écrivains. Réédité en 2010 par les éditions Dualpha, en un seul volume intitulé "Causes ethniques de la chute de l'empire romain".

[2] : Peuple superstitieux et soucieux de ne pas s'attirer les foudres éventuelles des divinités honorées par d'autres populations, les Romains se sont toujours montrés tolérants et pragmatiques en matière de croyances, allant jusqu'à pratiquer le syncrétisme en intégrant des divinités étrangères à leur propre panthéon. Dans un contexte de plus en plus généralisé de confusion ethnique, de perte des repères et de grand déracinement spirituel, les cultes allogènes d'importation exotique, tels que ceux de Mithra, d'Isis et autre Cybèle trouvèrent un terreau fertile dans lequel prospérer, et participèrent eux aussi à la dissolution de la romanité telle qu'elle avait été conçue jusqu'alors.

 [3] : Le moins que je puisse faire ici est de mentionner le travail de sape effectué  par la subversion chrétienne avec la volonté délibérée de mettre à bas l'empire, en le minant de l'intérieur. Le christianisme, implanté à Rome à partir du IIème siècle, est une secte d'importation proche-orientale, issue d'une hérésie du judaïsme. Elle ne cache pas sa franche hostilité à l'empire païen et à ses institutions. Persécutée pendant un temps, non pas du fait de ses conceptions religieuses, mais en tant que groupe séditieux représentant un danger pour l'ordre public, la secte chrétienne contribuera néanmoins à diffuser chez les classes les plus modestes de la population un messianisme "révélé" aux forts accents universalistes. Elle exercera progressivement une influence intellectuelle et politique telle qu'elle finira par gagner les cercles de pouvoir, et même par  s'imposer à partir de 380, date de l'adoption officielle du christianisme en tant que religion d'Etat. Dès lors, le monde ne se concevait plus comme une opposition entre "civilisés" et "barbares", mais entre chrétiens et "païens", ouvrant la porte à un universalisme qui allait in fine mener Rome à sa perte. Après avoir lui-même pratiqué le colonialisme culturel à outrance, l'empire se voyait à son tour colonisé moralement et spirituellement par une secte professant une doctrine monothéiste étrangère à sa tradition religieuse. Le bouleversement fut si profond qu'aujourd'hui encore, la quasi-totalité des nations d'Europe reste marquée par cette acculturation initiale.

[4] : L'expansion de l'Empire romain s'est fondée sur l'intégration de plus en plus poussée des étrangers.  Ceux-ci, d'origines diverses, sont souvent pétris de romanité, les uns par choix, les autres par nécessité ou calcul. Ils accéderont rapidement à tous les postes administratifs, y compris dans l'armée, de plus en plus coûteuse et composite. De plus en plus d'éléments allogènes intègreront les légions romaines, et en occuperont les plus hauts grades. A la fin du IIème siècle, déjà, pas moins de la moitié des sénateurs et des chevaliers est issue de notables "barbares" romanisés. De la fin du IIIème siècle jusqu'à la chute de Rome, en 476, les recrues d'origine étrangère finiront par représenter la moitié des effectifs de l'armée romaine. Une armée qui pèse de plus en plus lourd sur les finances de l'empire, qui doivent supporter le paiement de soldes conséquentes afin d'assurer la loyauté d'unités entières, toujours promptes à se mutiner, voire à faire sécession. 

[5] : En l'an 212 de l'ère chrétienne, l'empereur Caracalla, par un édit, accorde systématiquement la citoyenneté romaine à tout habitant libre de l'Empire romain. Une décision lourde de conséquences qui, sous couvert d'intégration et même d'assimilation, fonctionnera comme une véritable pompe aspirante, contribuera fortement à la désagrégation de l'identité romaine originelle, et finira par annihiler l'autorité et la puissance de Rome en intégrant de plus en plus d'éléments étrangers, jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir politique et militaire. Dans la quasi-totalité des pays de l'Union Européenne, c'est le "droit du sol" qui prévaut. Un dogme juridique qui octroie automatiquement la nationalité d'un pays à quiconque nait sur son sol, ce qui revient à dire qu'un cheval est une vache s'il est né dans une étable, pour reprendre un bon mot. Au nom de ce sacro-saint principe droits-de-l'hommiste, les "nationalités" de papier se multiplient, sans même parler des phénomènes d'octroi de doubles nationalités, de "régularisations" en catimini de contingents de clandestins qualifiés par la novlangue de bois de "sans-papiers", ni de la submersion inédite que subissent à l'heure actuelle les frontières du Vieux Continent, sous la pression colossale d'un flot ininterrompu de prétendus "migrants", venus qui de Syrie ou d'Irak, qui du Pakistan, ou de divers pays d'Afrique subsaharienne.

[6] : L'an 370 marque pour l'Empire romain le début d'une vaste crise migratoire, qui ne fera que s'amplifier et le fragiliser jusqu'à sa chute . Les Goths, poussés par les Huns qui envahissent leurs territoires, se ruent en masse sur les frontières de l'empire, afin de s'y réfugier. Littéralement submergées par cet afflux subit, les autorités romaines, prises au dépourvu, peinent à l'endiguer. Devant le fait accompli, l'empereur Valens se résigne bon gré mal à "accueillir" cette vague de "réfugiés", songeant néanmoins à utiliser ces Goths contre les Perses. Leurs armes leur sont donc laissées à cet effet. En 376, ils sont des dizaines de milliers, peut-être une centaine de milliers, nombre considérable pour l'époque, qui se pressent aux portes de l'empire. Une fois de plus, ce dernier cède. Mais ces "réfugiés" Goths pourtant romanisés en apparence, devenus nombreux, ne tardent pas à se soulever contre l'autorité impériale. En 378, ils infligent une cuisante défaite militaire aux légions romaines à Andrinople, en Turquie actuelle.  C'est ainsi que dès 382, les Goths, s'imposant de plus en plus, obtenaient de l'empire un traité reconnaissant et garantissant leur autonomie. Le ver était dans le fruit, et cette capitulation romaine face à ce qu'il faut bien nommer une invasion migratoire allait par la suite fonctionner comme une véritable pompe aspirante, incitant toujours et encore plus de groupes de populations barbares à se ruer sur le juteux gâteau romain. Le limes ne suffit plus à contenir l'élément étranger à l'extérieur des frontières, et le caractère cosmopolite de l'institution impériale ne peut que s'en accroître. Le processus de dissolution étant enclenché, l'empire ne sera dès lors plus jamais le même, et ne s'en relèvera finalement pas.

[7] : A mesure que la crise majeure qu'il traverse s'éternise et s'amplifie, l'Empire romain, surtout à partir de la fin du IVème siècle, se voit contraint de renoncer à son autorité sur un nombre sans cesse croissant d'enclaves , contrôlées sur son territoire par des groupes barbares divers et variés. Au Vème siècle, la situation économique et militaire devient si critique que ce sont des provinces et des colonies entières dont il doit se retirer, faute de moyens militaires suffisants pour en assurer le contrôle. C'est ainsi que nombre de territoires de l'Empire romain, tantôt conquis par les armes, tantôt abandonnés par nécessité, tombent aux mains des envahisseurs, et  l'affaiblissent toujours davantage.


[8] : Les Skires étaient un peuple germanique originaire des rivages de la mer Baltique.

[9] : "La race est la nation, et la nation est la race" par Troy Southgate, novembre 2015. Texte en ligne : http://national-anarchisme.hautetfort.com/archive/2015/12...

[10] : "Camarade, ne te trompe pas d'ennemi" par Robert Dun, In "L'HOMME LIBRE, fils de la Terre" , Juin 1995. Texte en ligne : http://etoilenoire.hautetfort.com/archive/2015/11/24/cama...






 

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14/12/2015

YULE et Solstice d'hiver : aux origines cachées de Noël

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JUL (ou YULE), le Solstice d'Hiver consacré à Wotan/Odin, arrive à grands pas. C'est ce Solstice d'Hiver païen qui fut naguère détourné par l'Eglise chrétienne pour en faire Noël, en le décalant simplement au 24-25 décembre, date à laquelle s'achevaient les Saturnales de la Rome antique, et où l'on célébra aussi à partir d'une certaine époque Sol Invictus, le Soleil Invaincu, de même que, plus marginalement, la naissance du Dieu Mithra, lui-même divinité solaire.

Cette tradition ancestrale remonte donc bien au-delà du christianisme, en dépit des idées reçues. Les rites et festivités liés au Solstice d'Hiver, qu'ils se rattachent à l'antique  tradition romaine ou aux racines germano-nordiques de la célébration, honorent tous la renaissance progressive de la lumière et de la vie, à partir du point le plus obscur de l'année. La période du solstice d'hiver, comprise approximativement entre le 21 et le 25 décembre, est en effet celle où la nuit est la plus longue, et le jour le plus court. Il s'agit donc de célébrer le réveil annoncé de la nature et de la vie, dans le mouvement cyclique des alternances entre la mort et la vie, la rotation éternelle du cycle des saisons, symbolisée notamment par la roue solaire.

A vrai dire, le nom même de Noël est une altération d'une autre désignation de cette fête païenne : la Neue Helle, autrement dit la "Nouvelle Clarté". Elle marque donc le début, à partir du Solstice d'Hiver, d'un lent processus de renouveau de la lumière, des forces de la vie et de la Nature endormies, le soleil commençant très progressivement à briller chaque jour un peu plus longtemps à compter de cette date. Certains auteurs, tels que le très estimable Alain de Benoist dans son ouvrage Fêter Noël, ont pour leur part proposé une autre étymologie du nom français Noël, en le faisant dériver du latin natalis, et en l'apparentant donc à l'italien Natale et au provençal Nadal, qui désignent explicitement la "Nativité". Cette théorie linguistique apparait néanmoins pour le peu hasardeuse, pour ne pas dire douteuse, et ne résiste guère à la comparaison avec celle qui fait dériver le mot de la Neue Helle, nettement plus plausible et convaincante.

C'est dans cette même optique de célébration de l'espoir de la renaissance que se sont popularisées via les traditions germano-nordique comme romaine les décorations à base de branches et de feuilles de houx, de sapin, ces plantes qui demeuraient toujours vertes et qui incarnaient donc le renouveau à venir. Les couronnes de l'Avent, constituées de branches vertes tressées en forme de cercle, participent de la même symbolique, représentant la plante qui reste verte associée au cercle du cycle des saisons et des renaissances, véritable forme simplifiée de la roue solaire, en l'honneur du soleil invaincu et renaissant.

Procède aussi bien entendu du même symbolisme païen l'arbre de Noël, tradition évidemment héritée des anciens usages germaniques et nordiques, tout comme celle de la bûche, qui se rapporte aux anciennes célébrations du Solstice d'Hiver, par rapprochement entre le feu et le soleil à renaître. Le sapin, en sus d'être toujours vert et d'incarner les principes de vie et de renaissance, s'apparente aussi à l'Irminsul des anciens Germains continentaux, ainsi qu'à l'Yggdrasil des anciens Scandinaves. Il est arbre de vie et axis mundi, axe du monde qui soutient et relie les divers plans de l'univers.
Le sapin de Noël se fait ainsi image de l'arbre cosmique, et s'inscrit donc dans une représentation du sacré dont le sens échappe aujourd'hui au plus grand nombre.

Quant à la figure mythique du Père Noël, si chère à l'imaginaire enfantin, elle est en fait issue d'un subtil mélange entre trois  personnages mythologiques : le dieu Wotan/Odin, la déesse Freyja, deux divinités pourvoyeuses symbolisant l'abondance et la fertilité, et le Saint Nicolas chrétien, lui -même constituant une figure pourvoyeuse d'origine païenne.

Noël ne constitue pas une célébration d'essence chrétienne. Dans les premiers siècles de l'Eglise, la Nativité fut tour à tour fixée au 6 janvier, date de l'Epiphanie grecque à Alexandrie, puis au 13 janvier, au 2 avril, au 20 avril, au 28 mars, au  21 mai, au 18 novembre... Aujourd'hui encore, certaines églises chrétiennes, notamment celles d'Orient comme celles d'Arménie et de Syrie, rejettent le dogme dominant. Ce n'est en effet que tardivement, à la fin du IIIème siècle de l'ère chrétienne, que l'on fixa la date de naissance mythique du Christ au 25 décembre, coïncidant avec la fin des Saturnales romaines, que l'Eglise s'était employée à éradiquer sans véritablement y parvenir. Comme à son habitude, elle procéda donc plutôt à une récupération en règle de la période festive, en prenant un soin tout particulier à en détourner et à en dénaturer le sens originel. L'ensemble de cette période fut dès lors désignée comme l'Avent, précédant la fête de Noël proprement dite.

Enfin, on notera aussi cet objet symbolique qu'est la Tour de Jul (Yule), un chandelier de Noël caractéristique de la tradition païenne germano-nordique, et dont on peut voir une photo en tête du présent article. Réalisé en terre cuite, en argile ou en céramique, il comprend quatre faces ajourées ornées de coeurs, de roues solaires et de symboles runiques. Ont y fait se consumer deux bougies, l'une à son sommet, et l'autre à l'intérieur. Les origines de cet objet rituel remontent au Haut Moyen-Âge, et son usage était encore courant dans les campagnes allemandes et scandinaves du XIXème siècle.


Avec quelques jours d'avance, chers amis lecteurs et lectrices, je vous souhaite donc une excellente célébration de Yule/Noël. Le soleil et la vie vont renaître, et c'est ce renouveau cyclique que nous allons fêter, loin des excès et des outrances du consumérisme à tout crin. Que la Nouvelle Clarté vous accompagne et vous illumine sur la voie qui fut jadis suivie par vos ancêtres.

Hans CANY

paganisme,identité & racines
Wotan / Odin chevauchant dans les airs son destrier à huit pattes Sleipnir,
suivi de ses deux corbeaux Hugin et Munin (Pensée et Mémoire).
Il est à l'origine de la figure moderne du Père Noël.


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Pour approfondir le sujet, je vous recommande tout particulièrement la lecture des deux ouvrages suivant
:


"FÊTER NOËL", par Alain de Benoist

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Un petit ouvrage très complet d'Alain de Benoist, qui expose de façon détaillée les racines ancestrales de Noël, et qui passe en revue tous les aspects de sa célébration. Essentiel.
 
 
 
"B.A.-BA PERE NOËL", par Arnaud d'Apremont

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04/12/2015

Que Noël soit devenu une « fête du consumérisme » est une abjection

Entretien avec Alain de Benoist, réalisé par Nicolas Gauthier

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Au risque de se répéter en filant la métaphore horticole à propos des fameuses « racines chrétiennes » de l’Europe, ne serait-il pas plus opportun d’évoquer des racines païennes, un tronc chrétien et des branches judéo-musulmanes ?

Alain de Benoist : Plus que fameuses, les « racines chrétiennes » de l’Europe me paraissent surtout fumeuses. Si les mots ont un sens, les racines sont ce qui plonge au plus profond, ce qui touche à l’origine. Or, sans même remonter au néolithique, ou plus haut, il est évident que les racines de l’Europe renvoient à l’Antiquité préchrétienne, en l’occurrence aux cultures gréco-romaines, celto-germaniques et balto-slaves qui sont attestées des siècles, et parfois des millénaires, avant la naissance du Christ. Les poèmes homériques, composés avant même que la Bible ne fût écrite, ne feraient-ils pas partie de nos racines ? Pas plus que les présocratiques, la République romaine, la religion celtique ou les constructions mégalithiques de Stonehenge et de Newgrange ? Soyons sérieux un instant. Nul ne peut nier le rôle du christianisme dans l’histoire de l’Europe, mais parler de « racines chrétiennes » est une autre histoire. Sur le plan spirituel, les racines de l’Europe, ce sont les religions de l’Antiquité. Faire comme si les cultures de l’Antiquité préchrétienne n’avaient pas existé revient tout simplement à amputer la mémoire européenne de sa longue durée.

Cela dit, votre métaphore horticole me laisse un peu sceptique. Elle évoque une histoire strictement linéaire qui ne me paraît pas correspondre à la réalité. Si l’on veut faire apparaître la pluralité dialectique des éléments ayant contribué à l’histoire de l’Europe, je crois plus fructueux de conjuguer approche synchronique et approche diachronique.

Jadis fête païenne, puis fête de la Nativité pour les catholiques, Noël est aujourd’hui devenu surtout une fête du consumérisme. Peut-on résumer les choses comme cela ?

Alain de Benoist : Comme chacun le sait, ou devrait le savoir, les Évangiles (qu’ils soient canoniques ou apocryphes) sont totalement muets sur la date de naissance de celui que ses contemporains appelaient Ieschoua ben Miriam, et que nous connaissons sous le nom de Jésus. Vers 245, Origène déclarera d’ailleurs « inconvenant » qu’on s’occupe d’une telle question. Ce n’est en fait qu’à partir du IIe ou du IIIe siècle que l’on se mit en devoir de fixer une date pour la naissance de Jésus. On produisit alors des affirmations totalement contradictoires. Le De Pascha Computus, longtemps attribué à Cyprien de Carthage, se prononça pour le 28 mars, tandis que les communautés chrétiennes d’Orient en tenaient pour le 6 janvier, date correspondant chez les Grecs à l’Épiphanie de Dionysos. En Occident, la date du 25 décembre s’est probablement imposée pour contrecarrer l’influence du culte de Mithra, dont on célébrait ce jour-là la renaissance annuelle, peu après les Saturnales romaines. C’était également le jour où, sous l’Empire, on commémorait la fête de Sol Invictus, le « Soleil invaincu ». La première mention latine du 25 décembre comme fête de la Nativité remonte à l’an 354, la célébration proprement dite semblant avoir été instituée sous Honorius, qui régna en Occident de 395 à 423. Noël ne deviendra toutefois une fête d’obligation qu’au concile d’Agde, en 506. Justinien, en 529, en fit un jour férié.

Que Noël soit aujourd’hui devenu une « fête du consumérisme » est évidemment une abjection. L’un des contributeurs de Boulevard Voltaire en a profité, dans une chronique récente, pour mettre en cause « quelque dieu païen de la consommation ». Je serais bien curieux de savoir à quelle divinité il faisait allusion. Dans quel texte sacré du paganisme aurait-il d’ailleurs pu trouver un éloge de la « consommation » ? Dans le Hávamál ? Les Mabinogion ? L’Atharva-Véda ? L’Iliade ou l’Odyssée ? L’ancienne théologie romaine ? La vérité est que la « consommation », au sens que nous donnons à ce terme, est constamment condamnée dans le paganisme antique. Voyez le mythe de Midas, le mythe de Gullveig, la « malédiction de l’or » dans la religion germanique. La consommation marchande relève de cette démesure que les Grecs appelaient hybris – et aussi de cette chrématistique que dénonce Aristote en des termes dénués de toute équivoque. Elle relève enfin du domaine de la production et de la reproduction que les Anciens considéraient comme clairement subordonné à ceux de la guerre et de la souveraineté politique et spirituelle (la « troisième fonction » dans le schéma dumézilien de l’idéologie tripartite des Indo-Européens).

Vous avez vous-même publié un livre intitulé Fêter noël. légendes et traditions, qui a connu depuis 1982 deux éditions successives. Entre renouveau païen et naissance du Christ, autre forme de renouvellement, quel sens donner aujourd’hui à cette célébration ?

Alain de Benoist : En Europe, depuis des millénaires, les hommes se sont réunis autour du feu au moment du solstice d’hiver, durant cette période où règnent le froid, l’obscurité et la nuit, pour aider le soleil à reprendre sa course et dire leur confiance dans le retour de la vie. Le sapin de Noël, cet arbre qui reste toujours vert, en est le symbole le plus connu. Quel que soit le sens que l’on donne à ce moment de l’année – les « Douze nuits » qui vont de la Sainte-Lucie des Suédois à Noël ou de Noël au 6 janvier, date de l’ancienne Épiphanie –, qu’il s’agisse de fêter la nativité du Christ ou de célébrer l’éternel enchaînement des saisons, il est toujours question d’une renaissance. À Rome, la déesse du solstice d’hiver était Diva Angerona, que l’on représentait la bouche bandée ou scellée, un doigt sur les lèvres pour commander le silence. Moment de fête joyeuse et de chants émouvants, Noël devrait être en effet également un moment de gravité, de silence et de recueillement. Dans le monde où nous vivons, où la valeur marchande s’est imposée à toutes les autres, on peut même faire de sa célébration un acte de foi : c’est au plus noir de la nuit, lorsque tout paraît froid, triste et glacé, qu’il faut se convaincre que la lumière reviendra.

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Originellement publié sur Boulevard Voltaire, 2013 E.V.
Source : http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/que-noel-soit-deve...

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17/07/2015

Robert DUN : l'esprit libre qui en dérangeait plus d'un

Bref portrait d'un vieux camarade disparu que j'ai eu personnellement l'honneur de connaître, et dont la seule évocation du pseudonyme, malgré le temps qui passe, continue de faire grincer bien des dents chez certains esprits étroits et quelque peu formatés... Même si je ne partageais guère ses vues racialistes, nous nous rejoignions en revanche sur  la majeure partie des idées qu'il exposait dans ses textes. L'influence majeure exercée par ses écrits sur mon propre cheminement intellectuel, ainsi que sur le développement de mon éveil idéologico-politique, est indéniable. Si la source d'inspiration que constituait pour moi l'ensemble de ses réflexions est loin d'être la seule, je me devais donc de rendre hommage à sa mémoire, en rappelant tout simplement qui fut l'un de ceux qui contribuèrent, dès l'aube des années 1990,
à faire de moi ce que je suis aujourd'hui.


Hans CANY


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Robert Dun, de son vrai nom Maurice Martin (13 février 1920 - 8 mars 2002), était un écrivain français né à Marseille, autodidacte, adepte du nationalisme paneuropéen et du néo-paganisme.

 

 

 

Admirateur de Nietzsche, il a écrit de nombreux livres traitant de sujets aussi divers que la philosophie, la religion, la mythologie, la sociologie, la psychologie, la politique, l'économie et l'écologie.

Durant sa jeunesse, il fut militant communiste, puis anarchiste, volontaire dans les Brigades internationales, avant de changer de bord et de rejoindre la Brigade Frankreich, puis la Division SS Charlemagne.


Il s’engage dans la Waffen-SS en 1943, combat en Galicie au sein du peloton de pionniers. Il demandera à passer aux unités spéciales d’Otto Skorzeny. De fait, il sera un des rares français à avoir participé à la contre-offensive des Ardennes au sein d’un kampfgruppe Skorzeny.

 

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Au centre, Maurice Martin, à la caserne de Clignancourt, octobre 1943.

 

À son retour en France, il sera condamné en 1948 à Lyon, à un an de prison. Concernant cette période, il reniera par la suite le culte du chef du national-socialisme, sans jamais se départir pour autant de son racialisme :
« Alors, gardez bien votre conscience de Français, d’Européens, de Blancs et soyez si vous le pouvez une partie de notre race, de notre sang, de notre âme, qui continuerait à vivre quand tout croulera autour de nous ».

 

Il devient précurseur de l’écologie en France avec sa revue ‘’L’Or vert’’.
Il a participé à diverses revues en dénonçant les « dérives » des sociétés modernes, leur matérialisme qu'il juge aliénant et destructeur. Auteur prolifique, il a défendu dans ses écrits le ré-enracinement des individus et des sociétés en s'inspirant du néopaganisme, de l'écologie, des mythes et des traditions.

Vers la fin de sa vie, il se  rapprocha sensiblement de la mouvance anarchiste individualiste gravitant autour de L'Homme libre (revue philosophique et intellectuelle publiée par Marcel Renoulet) et de l'AOA (Alliance Ouvrière Anarchiste, animée notamment par Raymond Beaulaton).

 Son engagement intellectuel s'est toujours doublé d'actions  de communication (conférences, lettres, lectures, etc.), particulièrement en direction des jeunes.

Robert Dun collabora à de nombreuses publications : L’Homme libre, Argad, L’Ile verte, Vouloir, Le Partisan européen, Altaïr, Le Devenir européen, Le Courrier du Continent, Militant, Réfléchir et agir, L'Anarchie (bulletin de l'AOA)

 Auteur prolifique, il a défendu dans ses écrits le ré-enracinement  des individus et des sociétés en s’inspirant de l’écologie, des mythes et des traditions.

Il meurt le 8 mars 2002. 
 

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QUELQUES EXTRAITS : 

 

" À la différence des masses, nous les libertaires nous ne pensons pas par référence. Nous reconnaissons une chose comme vraie ou comme fausse sur la base de nos propres analyses, non parce que l'Évangile, le Coran ou Karl Marx sont pour ou contre. "

Robert Dun, in "L' Anarchie, Journal de l'Ordre", bulletin de l'AOA, Alliance Ouvrière Anarchiste (Septembre 1995)



« Nous ne pouvons rien espérer des autres. Il nous faut opérer une révolution culturelle radicale ou périr. Nous connaîtrons sans doute une longue et terrible période, faite à la fois de tyrannie et d’anarchie. Toute notion élitiste ne peut manquer de soulever une tempête de hurlements. Aujourd’hui, il est dangereux d’être distingué, de ne pas avoir l’air canaille, ou au moins vulgaire et stupide. Des dizaines de jeunes gens et de jeunes filles ont déjà été victimes d’agressions, de viols, d’assassinats parce que leur simple aspect déplaisait à la canaille.

 

Tout être noble et énergique est aujourd’hui menacé, toute pensée élevée réduite au silence. Les Européens conscients doivent se le dire et en tirer les conséquences : ILS SONT DÉJÀ ACCULES A LA CLANDESTINITÉ. Ils ne survivront et ne pourront ressurgir un jour, sans doute seulement à travers leurs descendants, qu’à condition d’adapter très habilement leur comportement aux réalités actuelles. La survie européenne a trois exigences :

 

1) Une conscience parfaitement claire de nos valeurs spécifiques et intimes.

 

2) Une volonté acharnée et infatigable de transmettre l’héritage par le sang et la culture.

 

3) Une prudence de serpent, une subtilité vigilante.

 

Mon viatique sera une phrase de Jules Romains, expurgée dans la dernière édition de son poème : « Homme blanc, souviens-toi de toi-même; ressaisis ta lignée dans l’écheveau des peuples vils ». »

 

Robert Dun, Les catacombes de la libre pensée.

 

 

‘’J'entends déjà la foule des fanatiques goguenards me crier :
« Vous êtes mal placé pour critiquer l’hitlérisme après avoir été volontaire dans les Waffen SS ».
Mes réponses seront simples. A la différence de ceux qui ne savent que rabâcher les inepties des haines millénaires et de la manipulation médiatique mondialement orchestrée, je sais aujourd’hui de quoi je parle, ayant connu le mouvement hitlérien de l’intérieur et m’étant donné la peine d’en étudier toute la littérature théorique. Si j’ai, à 20 ans, opté pour le combat du côté allemand, c’est parce que j’avais déjà perçu dans le camp opposé trop de haines viles, de mensonges, d’hypocrisies bourgeoises, de calomnies. Mais j’ai toujours déploré la guerre avec la Russie, si étrange que cela puisse paraître, et j’étais loin d’être le seul dans ce cas parmi ceux qui portaient l’uniforme feldgrau. Comme la plupart des volontaires français, je me suis rallié à un type humain plutôt qu’à une idéologie.

 

Pour tous ceux qui souffraient profondément de la veulerie de leur siècle, de son nihilisme, de sa niaiserie, le guerrier allemand avec son regard droit, sa démarche ferme et tranquille, son calme, son amabilité sans bavardage fut ressenti comme un refuge, comme un espoir. Je ne fus nullement étonné de découvrir un jour la vieille devise : « Am deutschen Wesen wird die Welt genesen. » (Le monde guérira par la personnalité allemande). »

 

Robert Dun, Les catacombes de la libre pensée

 

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O
uvrage de Robert Dun paru en mai 2000, en réponse au livre anti-païen
"Vers une France païenne ?" de l'archevêque Hippolyte Simon.
Il m'avait fait l'honneur de me le dédicacer. 
H.C.

 

 

 

 

 

02/07/2015

Gaulois contre Romains : pour en finir avec le mythe de la "Pax romana"

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Afin d'en finir une bonne fois pour toutes avec le mythe ô combien galvaudé de la prétendue "Pax romana", la lecture d'un ouvrage fort bien documenté de Joël Schmidt, paru en 2004, pourra s'avérer des plus édifiantes et des plus profitables, même aux personnes les plus sceptiques et/ou les plus conditionnées dans le cadre d'un sujet historique de plus en plus controversé. Le titre de l'ouvrage en question, pour être des plus sobres, n'en est pas moins particulièrement éloquent : "LES GAULOIS CONTRE LES ROMAINS : LA GUERRE DE 1000 ANS". Au fil des pages de ce livre captivant, l'auteur s'emploie méthodiquement à démonter la fable éculée d'une période "de paix et de prospérité" qui, cinq cents ans durant, aurait suivi l'invasion romaine de la Gaule à partir de son accomplissement en l'an 52 avant l'ère chrétienne, pour ne s'achever que dans la tourmente des "Invasions barbares" et de la chute de l'Empire, en l'an 476 de l'ère vulgaire. Références précises et vérifiables à l'appui, Joël Schmidt expose ici avec brio le déroulement d'événements aussi bien ignorés du grand public que volontairement passés sous silence par l'historiographie officielle.

Si les données archéologiques témoignent indiscutablement du fait que les centres urbains des Gaules, pour la plupart fondés par l'Occupant à partir d'oppida gaulois préexistants, furent profondément marqués par l'empreinte romaine, si ces mêmes données archéologiques attestent l'existence d'une indéniable "fusion" civilisationnelle, et même d'un syncrétisme religieux assimilant une grande partie du panthéon celtique local au panthéon romain, elles ne doivent pas pour autant occulter le fait que ces quelques siècles de domination latine n'entraînèrent en aucune façon la disparition totale de l'identité et des particularismes culturels des autochtones, pas plus qu'ils ne mirent un point final au velléités de ces derniers de recouvrer leur indépendance perdue. N'en déplaise aux adeptes inconditionnels de la romanité et de l'héritage civilisationnel gréco-latin, l'irrédentisme gaulois n'est pas, tant s'en faut, qu'une plaisante invention inhérente aux bandes dessinées d'Astérix et Obélix, mais correspond bel et bien à une réalité historique.

La vérité est que les cinq siècles que dura la soi-disant "Pax romana", loin de correspondre au cliché idyllique d'une période de stabilité et de "progrès" civilisationnel sans précédent, loin d'asseoir la supériorité définitive des fondements de la civilisation romaine sur l'identité culturelle rudimentaire, forcément primitive et grossière, de prétendus "barbares", furent sans cesse émaillés d'actes de rébellion, d'insurrections et de soulèvements armés qui, jusqu'au bout, n'eurent de cesse de mettre à mal l'autorité de l'Empire sur les diverses régions placées sous son joug. Non seulement ces actes d'insoumission et de révolte se succédèrent à un rythme effréné durant toute la période d'occupation, mais de surcroit, les différents peuples gaulois essayèrent toujours, dès les premiers signes d'affaiblissement de l'autorité impériale apparus au cours du IIIème siècle de l'ère chrétienne, de faire purement et simplement sécession avec l'Empire, afin de recouvrer leur souveraineté perdue. C'est ainsi que l'on vit même se produire, au cours des derniers siècles de l'Empire moribond, des initiatives plus ou moins éphémères émanant d' "empereurs gaulois" qui, s'ils se refusèrent toujours à rompre avec les valeurs romaines, n'acceptèrent pas, de facto, de prêter allégeance à l'autorité centrale, et entendirent ainsi, au-delà de leurs ambitions personnelles, affranchir leurs peuples respectifs de la tutelle de Rome.

Pour conclure au mieux cette brève présentation du remarquable ouvrage de Joël Schmidt, voici à présent une reproduction du résumé figurant en quatrième de couverture :



"Sur le conflit qui oppose les Gaulois aux Romains, on ne connaît généralement que l'épisode de la conquête des Gaules racontée par César et qui se déroula pendant huit ans au milieu du 1er siècle av. J. -C. Or, c'est dès 390 av. J. -C. que le Gaulois Brennus et ses troupes occupèrent durablement Rome et prononcèrent l'humiliant " Vae victis ", " Malheur aux vaincus ". La prise de Rome fut la cause d'un traumatisme irréductible, sans cesse rappelé par tous les historiens de Rome, notamment par le plus grand d'entre eux, Cicéron. A partir de cet événement majeur, se succédèrent les péripéties d'une lutte inexpiable au cours de laquelle les Gaulois, rêvant toujours de réoccuper Rome, s'allièrent par les armes et la diplomatie à tous les adversaires des Romains : Carthaginois avec Hannibal, Grecs avec le roi Persée, Germains ou Barbares lors des grands invasions des IIe et IIIe siècles de notre ère.
L'auteur démontre également que la prétendue romanisation de la Gaule, thème sans cesse rabâché par les historiens, fut un leurre ou tout au moins une légende : en réalité, il y eut sans cesse des révoltes gauloises contre l'Empire romain. Pendant dix siècles, liberté et indépendance furent les mots d'ordre constants des chefs gaulois. Si les Gaulois furent toujours vaincus parce qu'ils opposaient leur masse aux tactiques éprouvées des légionnaires romains, ils ne renoncèrent jamais à harceler par tous les moyens possibles l'occupant romain, jusqu'à la chute de Rome au Ve siècle de notre ère."


Enfin, pour approfondir la question, on pourra également lire avec profit la non moins remarquable étude de Maurice Bouvier-Ajam publiée pour la première fois au début de l'année 2000, et consacrée précisément  au phénomène des "empereurs gaulois" au cours de la seconde moitié du IIIème siècle de notre ère, entre l'an 260 et 274. Quatrième de couverture :

"260 après J.-C : l'Empire romain est en crise. L'époque où la grandeur de Rome s'affirmait de l'Angleterre au désert de Judée est révolue. Les incursions barbares se font de plus en plus fréquentes, le pouvoir impérial risque de vaciller. Coupées de l'Italie par l'invasion des Alamans, les provinces gauloises et les légions stationnées sur le Rhin proclament empereur un noble d'origine gallo-romaine, Postumus. Ce général s'empare du pouvoir et installe sa capitale à Trèves, il domine alors les Gaules, l'Espagne et la Bretagne. Pendant quinze ans, Postumus et ses successeurs, Victorinus (268- 270) et Tetricus (270 -274), se comporteront en souverains légitimes, refusant toutefois de rompre avec les valeurs romaines. Ils revêtiront les pouvoirs et titres des empereurs, frappant monnaie, organisant la vie civile, assurant la protection du pays. Toléré un temps parce qu'il protégeait l'Italie des peuplades germaniques, l'Empire gaulois représentait un véritable défi à l'autorité de Rome. Aurélien, symbole de la restauration du pouvoir impérial autoritaire, vint à bout de cette sécession en 274. L'Empire gaulois avait cessé d'exister. Fortement influencée par les auteurs latins, l'Histoire présenta souvent la Gaule comme une simple province romaine. C'était faire abstraction de l'esprit de résistance révélé par cet épisode trop souvent absent de nos manuel. Le rapport de force étant défavorable à l'Empire gaulois, ce dernier fut anéanti. Il mit pourtant en évidence la fragilité de l'Etat romain, annonçant sa chute prochaine. "

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Même s'il convient bien évidemment, dans un souci d'honnêteté intellectuelle, d'établir une certaine distinction entre ce qui relève d'une part des multiples révoltes gauloises, empreintes d'un esprit profondément celtique, et d'autre part des expériences sécessionnistes opérées sous l'égide d' "empereurs gaulois" successifs, plus ou moins romanisés, le même souci d'honnêteté intellectuelle impose également la déduction suivante : loin d'avoir disparu corps et âme en se fondant dans le creuset civilisationnel dit gallo-romain, le sentiment identitaire gaulois, d'essence celtique continentale, a non seulement survécu -au moins en partie- à la conquête romaine, mais s'est de surcroit maintenu plus ou moins ouvertement pendant toute la période qu'aura duré l'occupation des Gaules. Et plus encore, il parvint même à survivre à la désintégration de l'Empire romain d'Occident en l'an 476 de l'ère chrétienne, alors même que ladite civilisation gallo-romaine avait commencé, dès le IIIème siècle, à intégrer en son sein un nombre conséquent d'éléments ethno-culturels germaniques, portés jusqu'à elle par diverses vagues de peuplement venues d'outre-Rhin.

La prise en compte des faits historiques brièvement évoqués dans le cadre du présent article -et développés dans celui des deux études qui y sont présentées- nous invite donc à l'abandon d'un certain nombre d'idées reçues. Au premier rang de ces idées reçues figure le fait que l'histoire de l'espace territorial qui allait par la suite devenir la France, comme beaucoup plus tard le royaume de Belgique actuel, ne saurait commencer avec la conquête romaine. D'autre part, les divers peuples constituant l'actuel "Hexagone" ne sont aucunement dépositaires d'un héritage ethno-culturel et civilisationnel qui ne serait que d'essence romaine, et donc latine. Toute l'histoire de l'opposition multiséculaire entre Gaulois et Romains, entre monde celtique et monde latin, le démontre de façon on ne peut plus claire. A ce titre, même en ne se bornant qu'au domaine linguistique, la bonne foi la plus élémentaire devrait obliger tout un chacun à admettre une évidence des plus criantes : si, de par sa structure générale, il convient certes de classer le français parmi les langues dites romanes, cette langue française, issue de la fusion de langues d'Oc et de langues d'Oïl, elles-mêmes comprenant de nombreux apports germaniques et celtiques continentaux, est incontestablement la moins latine de toutes les langues romanes. 

Même s'il convient bien entendu d'écarter l'excès inverse, qui consisterait à nier purement et simplement tout apport romain/latin dans la substance de l'actuelle identité française, force est d'y reconnaître également la présence tout aussi persistante qu'importante d'un vieux fond celtique continental (gaulois). Ce sont précisément ces trois éléments constitutifs, celtique/gaulois, latin/romain, puis germanique, qui en constituent les piliers fondamentaux et qui, par là-même, en font toute la spécificité. Faire fi d'une partie ou de l'autre de cet héritage triple, ce n'est ni plus ni moins qu'un déni de réalité, sur fond de parti pris et d'amnésie plus ou moins volontaire. 

Monde celtique et monde latin, s'ils peuvent dans une certaine mesure fusionner, voire se compléter, n'en constituent pas moins deux pôles diamétralement opposés de l'indo-européanité . Le paradoxe, la singularité de la civilisation dite gallo-romaine (et belgo-romaine), c'est d'être parvenu à faire une synthèse de ces deux pôles opposés, tout en demeurant fondamentalement elle-même, en ne reniant jamais totalement son vieux fond gaulois, et tout en l'enrichissant, par la suite, d'une part non-négligeable de germanité. Mais c'est aussi parce que les Celtes des Gaules, les Gaulois et autres Celto-Germains comme les Belges, ne succombèrent jamais totalement à l'assimilation et à l'acculturation romaines qu'ils purent, au final, préserver un héritage ancestral qui reste en grande partie le nôtre.

Hans CANY
2 juillet 2015 E.V.


 

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19/06/2015

Ce qu'est mon (néo)paganisme

Lorsqu'est abordée la question de mes convictions "religieuses", le fait que je me définisse comme une sorte d'agnostique de sensibilité néopaïenne, me référant entre autres à diverses traditions anciennes, se heurte la plupart du temps à un solide mur d'incompréhension, lorsqu'il ne suscite pas instantanément d'irrationnels réflexes de défiance, voire d'hostilité ouverte. Réflexes nés au mieux de l'ignorance, ou au pire d'amalgames abusifs, de raccourcis douteux, ou de mauvaises interprétations. Aussi, il m'apparait aujourd'hui nécessaire de reprendre la plume, afin de résumer en quelques lignes les fondements de "mon" paganisme.

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En guise d'introduction

Avant toute chose, il m'apparait indispensable de préciser que le terme de religion, même s'il dérive du latin religare signifiant relier (au Divin), est inapproprié en ce qui me concerne. Je lui préfère -et de loin- la notion de spiritualité. Le terme de religion évoque la notion d'église (ecclesia), de clergé organisé et/ou hiérarchisé, de corpus liturgique, cultuel et théologique clairement défini et délimité. Cela peut même, chez les religions dites "révélées", se manifester par l'affirmation de dogmes et autres carcans théologiques plus ou moins rigides. Autant de valeurs qui, d'où qu'elles proviennent, me sont fondamentalement étrangères.

Mes trois traditions païennes historiques de prédilection, celles avec lesquelles je me perçois le plus d'affinités conceptuelles et mentales, sont la tradition celtique (celtisme/druidisme), la tradition germano-scandinave (wotanisme/odinisme/asatru), et la tradition indienne (védisme/hindouisme). Pour autant, adepte d'un certain syncrétisme et toujours soucieux de ne point rétrécir mes horizons, je me refuse à m'enfermer exclusivement dans le cadre limité d'une seule d'entre elles, tout comme je me refuse à ne considèrer que l'une d'elles comme étant dépositaire de la Vérité ultime. En ce sens, je suis agnostique. Plus précisément, un agnostique de sensibilité (néo)païenne. De la sorte, et par exemple, n'étant que fort peu prédisposé à m'accommoder de structures de type clérical, je me réclamerai toujours plus volontiers du celtisme que du druidisme, du moins si ce dernier correspond bien à un sacerdoce structuré.

Pour l'immense majorité des personnes ne se reconnaissant dans le discours d'aucune religion particulière (athées, agnostiques, apostats), et à fortiori pour les personnes se trouvant sous l'emprise mentale de l'une des grandes religions monothéistes établies, le terme de "paganisme" apparait baigné d'une aura de mystère. Il évoque irrésistiblement le règne généralisé de la superstition la plus primitive, et l'obscurité d'époques lointaines, barbares, ignorantes, aux moeurs brutales... Le concept de polythéisme, quant à lui, demeure le plus souvent totalement incompris dans ses fondements-mêmes. Tel est le funeste résultat d'une campagne multiséculaire d'acculturation, de récupération, et de dénigrement systématique orchestrée par les institutions éclésiastiques toutes puissantes, et qui aura pour effet de rendre les foules profondément et durablement amnésiques quant à leur propre passé. Il convient donc aujourd'hui de résister, de contrer le plus fermement du monde le processus de désinformation, d'intoxication et d'abrutissement des masses savamment orchestré depuis des siècles par les adeptes des Religions du Désert, véritable hydre à trois têtes incarnant l'Ennemi millénaire. Ces institutions religieuses, soucieuses de préserver à tout prix leur monopole hégémonique, d'entretenir leur légitimité autoproclamée, et de maintenir intact le contrôle spirituel exercé sur leurs ouailles, ont en effet tout intérêt à entretenir le mensonge et la confusion au sujet des courants religieux et spirituels qui les précédèrent, et qu'elles réduisirent systématiquement au silence par les voies du feu, du sang, du fer, de la terreur, des massacres de masse et des persécutions.
L'heure est venue, aujourd'hui, de rétablir la vérité. Et de la redécouvrir...

Les bases de la conception païenne du divin se retrouvent peu ou prou chez toutes les formes de paganisme historique, du celtisme/druidisme au wotanisme/odinisme, de la religion gréco-romaine à la religion de l'Egypte antique, de celle des anciens Slaves à celle des peuples précolombiens, en passant par les multiples chamanismes d'Asie, d'Afrique, d'Amérique, d'Europe du Nord et de l'Est etc. Elles se retrouvent aussi dans une grande religion du monde très vivace aujourd'hui encore, et étroitement apparentée aux paganismes occidentaux puisqu'elle est une branche issue du même tronc civilisationnel commun, l'indo-européisme. Cette grande religion actuelle, c'est l'hindouisme, issu du védisme archaïque. Il est le cousin germain des paganismes de l'Europe antique. Enfin, ces bases de la conception païenne du divin se retrouvent aussi chez d'autres courants néopaïens d'émergence plus récente, comme par exemple les diverses obédiences de la Wicca, la Hedge Witchcraft (sorte de dissidence wiccane individuelle), ou encore les néo-animismes et autres néo-chamanismes divers.

Je m'attacherai ici à résumer en toute humilité les grandes lignes de "mon" propre néopaganisme, sans perdre de vue le fait qu'une large part des principes ci-dessous exposés s'appliquent également aux autres formes de paganisme, moyennant juste certaines variations ou adaptations, au gré de panthéons, de dialectes, de vocabulaires voire de socles civilisationnels plus ou moins différents. Au delà de ça, je tiens à souligner le fait que je n'entends décrire que ma propre conception, toute personnelle, du paganisme, laquelle ne sera sans aucun doute pas partagée par d'autres personnes. Je ne parlerai donc ici qu'en mon nom propre, et n'ai nulle prétention de m'exprimer au nom de tous les païens et païennes, néo ou pas.

Il est temps, à présent, d'entrer dans le vif du sujet.

 

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Polythéisme ou panthéisme ?

Dès lors qu'est évoquée la notion de polythéisme, s'impose à l'esprit conditionné du profane tout un ensemble d'idées reçues et plus ou moins simplistes, dépeignant volontiers le vil païen idolâtre comme l'adorateur exalté d'une ribambelle sans fin de divinités aux noms bizarres, aux épopées improbables, et aux attributions abracadabrantes. Le polythéiste est alors perçu comme une sorte de superstitieux, croyant dur comme fer à l'existence concrète et individuelle de chaque divinité...imaginaire. Si la croyance stricto sensu en des divinités multiples et individualisées a pu être autrefois le lot du petit peuple, à l'éveil spirituel limité, il n'en fut pas nécessairement de même pour les castes de prêtres, d'initiés divers, ni pour les adeptes de certains "cultes à Mystères", tels par exemple les fameux Mystères d'Eleusis de la Grèce antique.

En ce qui me concerne, s'agissant de la nature intrinsèque du polythéisme, il serait sans doute littérairement plus approprié d'employer le terme de panthéisme. Qu'est-ce donc que le panthéisme, me demanderez-vous ?

Le panthéisme est une conception spirituelle identifiant "Dieu" -ou plutôt le Principe divin ultime- au Monde. Non pas au seul monde terrestre, mais à l'Univers tout entier, dans le mystère insondable de l'infiniment grand et de l'infiniment petit. Contrairement à l'enseignement dispensé par les monolâtries modernes (judaïsme-christianisme-islam), "Dieu", le Principe divin, n'est pas extérieur ni étranger à notre monde. Il n'en est pas davantage le créateur, puisqu'il est ce monde. Il est la Nature. Il est l'Incréé. Il n'est ni bon, ni mauvais. Ni masculin, ni féminin. Ni Un, ni multiple. Il est...tout ceci à la fois !

Il réside en chaque être, en chaque élément, en chaque chose. Chaque être vivant, animal (humain compris) ou végétal, et sans doute même chaque être minéral, renferme une parcelle du divin. Tout vibre, tout vit. Chaque être est habité par cette étincelle, cette parcelle du Principe divin qui lui prête vie. Ce principe, c'est celui de l'Un en Tout et du Tout en Un. En somme, il n'est pas aisé, à l'échelle de l'entendement humain, de décrire très précisément ce qu' "Il" est. En revanche, il est beaucoup plus facile d'établir ce qu'il n'est pas. Et en l'occurrence, compte tenu de ce qui précède, il ne saurait être conçu à l'image de l'Homme. Et réciproquement.

Les paganismes sont généralement des polythéismes, entendons par-là qu'ils honorent un grand nombre de divinités distinctes. A titre personnel, je considère simplement que chaque divinité incarne, symbolise une des énergies constituant notre monde, à laquelle s'ajoutent des attributions spécifiques. De là découle d'ailleurs la divinisation ancienne des forces créatrices et destructrices, complémentaires et indissociables, de Mère Nature. Ainsi, les peuples païens antiques plaçaient sous le patronage de dieux et de déesses de toutes sortes des phénomènes et des éléments aussi divers que le Soleil, la Terre-Mère, la fécondité et la vie, la mer, les montagnes, les forêts, les cours d'eau, les fontaines, le monde souterrain, le tonnerre et la foudre, le monde animal, le feu... Même si, dans la pratique, certaines divinités revêtaient en fait un caractère plus ou moins polyvalent au niveau de leurs attributions, certaines pouvant même s'avérer, dans quelques cas, plus ou moins...interchangeables.

A mon sens, chacune de ces divinités n'est en réalité qu'une hypostase, une émanation, l'incarnation symbolique d'une manifestation spécifique de l'Incréé, du Principe divin. Je ne crois pas en l'existence des dieux et des déesses en tant qu'entités réelles et indépendantes. Partant, je ne crois pas non plus au formes anthropomorphes sous lesquelles ces divinités sont parfois représentées, formes toutes symboliques, et dont l'aspect extérieur, qui relève du volet exotérique, ne doit pas faire oublier la signification profonde, d'ordre ésotérique. Qu'on se rassure de suite, je ne suis pas de ceux qui s'attendent à tomber nez à nez avec Cernunnos en personne, un beau jour, au détour d'un bois !

Non, pour moi, les dieux et les déesses, réels en tant que concepts, n'ont pas d'existence matérielle, ni même individuelle, propre. Ils et elles sont parties intégrantes du grand Tout, du Principe divin ultime, de l'Incréé. Appelons comme il nous plaira ce qui, de toute façon, dépasse les capacités d'entendement de l'esprit humain. Il fut sans doute désigné jadis, en des temps fabuleusement reculés, comme "Celui-qui-ne-peut-être-nommé". Plus tard, ce sont sans doute des initiés médiévaux, dépositaires secrets de fragments de l'ancienne tradition celtique, qui en perpétuèrent la notion en le dissimulant sous l'énigmatique figure symbolique -christianisée- du Graal. Ce fameux Graal qui s'apparente de façon si troublante au chaudron d'immortalité du Dagda chez les Celtes irlandais, ou de Dagodeos chez les Celtes gaulois. Un chaudron d'immortalité dont procède le début et la fin de toute vie, de façon cyclique, ainsi que semble bien le corroborer une représentation figurant sur le célèbre chaudron de Gundestrup.

Le polythéisme bien compris n'exclut pas le panthéisme, loin s'en faut. Le Principe divin, l'Incréé, place une parcelle de Lui-même en tout être. Il est donc présent partout, à commencer par en nous-même, et en tout ce qui vit, d'une façon ou d'une autre. On peut donc légitimement parler ici de panthéisme. Et l'on pourrait même aller jusqu'à parler de monisme, puisque le Principe divin dont tout émane ne constitue au final qu'une seule et même entité, à la fois une et multiple.

 

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Quel Principe divin ?


Autant mes dispositions innées me conduisent tout naturellement à concevoir l'existence -pour moi évidente- d'une force suprême mais mal définie, que je désigne comme l'Incréé ou comme le Principe divin, autant mon esprit se refuse catégoriquement à admettre les schémas anthropocentriques et anthropomorphiques, lesquels ont, j'ai la faiblesse d'en être convaincu, quelque chose de pathétiquement puéril. Si divinité suprême il y a bien, la raison la plus élémentaire m'empêche de croire une seule seconde que l'entité en question puisse s'apparenter de près ou de loin à l'humanité, ni même qu'elle puisse être accessible à la prière humaine. Du reste, au nom de quoi une semblable entité devrait-elle se préoccuper des petites péripéties de l'espèce humaine ? Au nom de quoi devrait-elle se préoccuper de millions -ou de milliards- d'états d'âme exprimés individuellement ?

L'anthropomorphisme consiste à attribuer des caractères humains à ce qui n'est fondamentalement pas humain. L'anthropocentrisme est l'idée reçue, présomptueuse entre toute, selon laquelle l'espèce humaine constituerait l'alpha et l'omega de toute chose, elle place l'être humain au centre de l'univers et au sommet de la Création. Les deux concepts, on le voit, sont pleinement identifiables ici.

Je ne crois donc pas à l'utilité ni à l'efficacité de la prière adressée "aux dieux", pas même si elle s'adresse directement à l'Incréé. Libre à chacun, à chacune, d'être d'opinion différente. Mais en ce qui me concerne, je reste convaincu que chaque individu reste seul maître suprême de sa vie et de sa destinée, et qu'aucun déterminisme divin n'entre ici en ligne de compte. La meilleure façon d'honorer l'Incréé, c'est tout simplement d'avoir pleinement conscience de son omniprésence, de sa puissance de création et de destruction, et de ses diverses manifestations à travers la Nature et l'Univers tout entier.
Mais aussi en respectant -et en préservant voire protégeant au besoin- ce qui en procède.

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Cycle des incarnations, loi karmique universelle, et métempsycose

Un autre des grands axes fondamentaux de "mon" paganisme repose sur le principe de la réincarnation ou métempsycose, s'inscrivant dans un cycle d'existences successives, ces dernières conditionnées par l'accumulation de bon et de mauvais "karma", et pouvant potentiellement être vécues sur des plans très divers.

D'aucuns m'objecteront que la doctrine karmique, issue de l'hindouisme puis de son hérésie bouddhique, serait d'essence foncièrement orientale, et serait donc absolument étrangère aux doctrines spirituelles européennes. A ceux-ci je répondrai que rien n'est moins sûr. De nombreux indices permettent de présumer l'existence de semblables conceptions chez au moins une partie des druides celtes, lesquels auraient influencés en ce sens les pythagoriciens grecs. A moins que ce ne soit l'inverse. La question est controversée. Or, il est bien établi que Pythagore et ses disciples professaient, eux, la doctrine de la métempsycose et des cycles de vie, tout comme ils adhéraient à la vision des cycles cosmiques régissant le temps. La scène figurant sur le chaudron de Gundestrup, mentionnée plus haut, de même que l'interprétation -elle aussi controversée il est vrai- de certaines bribes de tradition celtique qui nous sont parvenues via des retranscriptions irlandaises et galloises, tout ceci peut raisonnablement laisser supposer que ce concept était en réalité très présent -sinon fondamental- dans le corpus de croyances des anciens Européens. Du moins, pour une partie d'entre eux. Ajoutons à cela qu'en se basant notamment sur les mêmes sources littéraires irlandaises et galloises, ainsi que sur les mythologies comparées, certains auteurs croient même déceler la trace plus ou moins cachée de la notion de karma dans la tradition celtique. Ce "karma" bon ou mauvais, s'accumulant en fonction des actes et du degré d'éveil spirituel de chacun, aurait ainsi, chez les druides, été désigné sous un nom spécifique : la baga.

 
Le philosophe grec Anaxagore avait en son temps formulé cette phrase : "Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau" . Il fut beaucoup plus tard repris par Lavoisier, auquel on doit la fameuse maxime selon laquelle, dans la nature, "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme".
Ma conviction personnelle est que non seulement le physique et l'organique se recyclent naturellement, mais aussi l'inorganique, l'impalpable, l'immatériel.

Selon moi, nous sommes formés de trois composants étroitement liés les uns aux autres, et non parfaitement séparés, contrairement à ce que professent les Religions du Livre. Ces trois composant sont le corps physique, siège de notre incarnation présente, l'esprit, qui conditionne notamment la mémoire, les réflexes, les émotions, ainsi qu'une partie de la personnalité, et enfin l'âme ("anatmon" en celtique continental ancien), siège de l'intelligence, parcelle à part entière du Principe divin, et émanation du souffle de vie cosmique. Après la mort, ma conviction intime est que l'esprit comme l'âme se séparent et quittent immédiatement le corps, ou n'y demeurent qu'un bref moment. L'âme demeure ensuite pendant un laps de temps plus ou moins prolongé "en transit", dans une sorte de monde ou de dimension intermédiaire. Puis elle poursuit un cycle de réincarnations, conditionnées par l'expérience des vies successives, et au terme duquel, parvenue à un certain degré de pureté, elle retourne se fondre dans l'Incréé dont elle est issue, ce que les bouddhistes et les hindous désignent sous le nom de Nirvana.

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Une spiritualité ancienne en des temps nouveaux

Enfin, "mon" néopaganisme, quoique volontiers enraciné, ne se veut pas passéiste ni réactionnaire, mais bien au contraire moderniste, voire progressiste. A mon sens, il importe par-dessus tout de savoir faire preuve de discernement, en opérant une distinction saine et indispensable entre ce qui porte clairement la marque de son temps d'une part, et ce qui conserve une valeur intemporelle d'autre part, c'est-à-dire l'essentiel. Privilégions toujours le vieux fond stable et éternel, par rapport à la forme instable, datée, et fluctuante dans le temps.

Mon (néo)paganisme ne consiste pas à adorer des cendres, mais à préserver et à raviver la flamme. Ma quête spirituelle ne s'oriente pas dans l'espoir d'une quelconque résurrection, mais dans celui d'une renaissance salutaire, en phase avec notre époque. Les structures anciennes, sociales comme sacerdotales, appartient à un lointain passé, tout aussi mythique que révolu. Il serait vain de vouloir ressusciter des branches mortes depuis si longtemps, au risques, d'ailleurs, de n'arriver qu'à les singer piteusement. De même, certaines pratiques d'un autre temps, définitivement marquées du sceau de la barbarie, comme par exemple la pratique des sacrifices sanglants, sont non seulement à proscrire absolument, mais aussi à dénoncer et à combattre avec la plus vive détermination. Quelle que soit la voie spirituelle que l'on décide d'emprunter, l'élévation et l'évolution du genre humain ne pourront se faire qu'à ce prix.

 

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Quelles célébrations ?

Les principales activités cultuelles de la plupart des courants néopaïens européens consistent en la célébration des solstices et des équinoxes, portes d'entrée des saisons, et surtout de quatre autres grandes fêtes qui graduent le cycle annuel. Celles-ci sont notamment la fête celtique irlando-britannique de Samhain, célébrée aussi en Gaule continentale sous le nom de Samonios, aux alentours du 31 octobre, marquant le début de la nouvelle année celtique, et étant le moment de l'année où le monde des morts et celui des vivants s'interpénètrent et interagissent. Une tradition perpétuée de manière plus ou moins déformée par Halloween, et que l'Eglise chrétienne aura récupérée pour en faire la "Toussaint", suivie de la "Fête des Morts". Imbolc, fête des Lustrations, qui se célèbre aux alentours du 2 février, est annonciatrice de la fin prochaine des rigueurs hivernales. Beltaine (chez les Celtes), ou la Nuit de Walpugis (chez les Germains), à la veille du 1er mai, célèbre pleinement le printemps et la nature renaissante. Lugnasad, aux alentours du 1er août, célèbre l'été à son zénith, ainsi que les moissons.

A cela s'ajoutent d'autres célébrations, notamment issues de la tradition germanique. Par exemple Yule (ou Jul), correspondant au solstice d'hiver, que les chrétiens ont récupéré pour en faire Noël en décalant simplement la date de quelques jours. Ou encore Ostara, fête printanière correspondant peu ou prou à la Pâque chrétienne, et célébrée aux alentours du 21 mars. Et la liste est loin d'être exhaustive. Comme on le voit, les célébrations diverses qui jalonnent le cycle annuel peuvent être nombreuses !

 

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Nous voici donc à présent parvenus au terme de ce rapide survol de mes convictions dans le domaine métaphysique et spirituel, en espérant que sa lecture vous aura permis de vous faire une idée plus précise de ce qu'est -comme de ce que n'est pas- mon propre néopaganisme. D'aucuns m'accuseront peut-être de n'avoir formulé ici que des affirmations péremptoires, entrecoupées de pures spéculations. Fort bien. Mais n'est-ce pas là le lot de toute conviction religieuse ou spirituelle, quelle qu'elle soit ? Tout système de croyance, par définition, ne s'appuie-t-il pas sur la simple base d'une intime conviction ? Après tout, quoi qu'en diront mes détracteurs, mes croyances personnelles valent bien celles des autres...ou leurs incroyances ! Et ce, d'autant plus que je n'ai, en ce qui me concerne absolument aucune velléité de prosélytisme. Je n'ai, dans ce registre, pas davantage de leçons à recevoir qu'à donner. Que les dieux m'en préservent.

En guise de conclusion, on retiendra donc qu'à mes yeux, mon propre paganisme, celui que je me suis bâti en esprit libre et indépendant, constitue l'expression d'une spiritualité de la Nature, doublée d'une philosophie de la Vie.

Hans CANY
4 juillet 2014 E.V.

 

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18/06/2015

A lire : PRESENCE GERMANIQUE EN FRANCE

Lorsque l'on avance machinalement que les Allemands sont nos "cousins germains", selon une formule bien convenue et quelque peu galvaudée, on ne croit pas si bien dire... Il est en effet fondamental de prendre conscience du fait que dans l' Hexagone actuel, ce ne sont pas moins de 40% environ de la population de souche qui ont des origines franchement germaniques. Et que ce chiffre monte même jusqu'à 70% pour les régions situées au nord de la Loire, ce fleuve constituant à plus d'un titre une frontière ethno-culturelle depuis plus de 1500 ans. Cela représente donc à peu près 15 à 18 millions d'individus. Ce qui est à la fois beaucoup et peu, sur une population globale de 60 millions. D'autant plus que la grande majorité de ces 15 à 18 millions d'individus est complètement amnésique et acculturée...

La proportion la plus importante de personnes ayant plus ou moins de racines germaniques se retrouve bien entendu dans les régions situées au nord de la Seine, ainsi qu'au nord-est et à l'est de la France. Mais il est tout à fait simpliste, réducteur et même erroné de croire que les Germains de l'Hexagone se limitent aux Alsaciens, aux Lorrains et aux Flamands. La part de germanité de la France, loin de se limiter à ces seuls secteurs géographiques, est en réalité beaucoup plus importante que cela.
C'est ce fait ethnique et historique méconnu que l'auteur, Hubert Kohler, s'est attaché à analyser tout au long d'un ouvrage convaincant et fort bien documenté.

Hans CANY

 

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PRESENCE GERMANIQUE EN FRANCE
Auteur: Hubert Kohler
Editions: L'Aencre
Pages: 287



A l'heure où la France s'engage dans la construction européenne, de nombreux Français s'interrogent quant à l'avenir et à l'identité de leur pays. Trop longtemps, de la diversité des apports constitutifs du peuple français, des thèses diverses et sectaires n'ont voulu retenir que l'élément latin ou celtique, négligeant le fait que le nom même de France est celui d'un conquérant germanique. Au-delà du symbole, et sans parti pris, l'auteur est allé rechercher, grâce aux données modernes de la toponymie, de l'hématologie et de l'anthropologie, quelle était la part réelle des Francs et des autres groupes germaniques dans la substance française.

 

Une lecture vivement recommandée !

 

 

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21/05/2015

7 bonnes raisons de boycotter "McDo"

 

identité & racines,ecologie,libération animale,végétarisme

7 BONNES RAISONS
DE NE PAS MANGER
DANS UN MAC DONALD'S

 

 

1. Mac Donald's contribue à la dégradation de notre environnement écologique

 L'élevage intensif des bovins destinés à finir en hamburgers chez Mac Donald's est un des principaux facteurs de la déforestation au Brésil, au Costa Rica, au Salvador, au Nicaragua et au Honduras. Tuer la forêt d'Amérique latine, c'est détruire la principale source d'oxygène de la planète.

 

 

2. Mac Donald's contribue à la dégradation de notre environnement culturel

 Vendant des produits US, conçus par et pour des yankees, les Mac Donald's participent à l'agression américaine contre la culture européenne et celle des autres continents, et constituent le symbole même de la colonisation culturelle de nos pays.

 

 

3. Mac Donald's perpétue l'exploitation, la souffrance et le massacre des animaux

 Par leurs menus basés sur la viande, par les habitudes alimentaires qu'ils entretiennent de la sorte, et par le biais des élevages intensifs que leur approvisionnement nécessite, les McDos sont responsables du martyre permanent et de l'ignoble tuerie de centaines de millions d'animaux.

 

 

4. Mac Donald's détruit notre santé

 La nourriture proposée par les McDonald's est riche en graisses, sucres et produits animaux; par contre, elle est pauvre en fibres, vitamines et sels minéraux. Une telle nourriture est de nature à favoriser les cancers du sein et des intestins, ainsi que les maladies cardio-vasculaires.

 

 

5. Mac Donald's ment

 Aux USA, dans les années 1990, McDonald's a été condamné en justice pour publicité mensongère. A cette occasion, l' Attorney General du Texas a déclaré : "La nourriture des Mac Donald's n'a aucun intérêt nutritionnel. Le but et le résultat de la campagne publicitaire actuelle est de tromper les consommateurs en leur faisant croire le contraire".

A quand une jurisprudence similaire en Europe ?

 

 

6. Mac Donald's exploite

 McDonald's emploie environ 500 000 personnes (principalement des jeunes femmes et des étudiants), dont près de 80% à temps partiel. L'ambiance et les conditions de travail sont tels que le turn-over (roulement de personnel) annuel est de 60% (mais carrément de 300% aux USA !!). En Grande Bretagne, Mac Donald's se vante de n'employer aucun travailleur syndiqué. A San Francisco, Mac Donald's utilisait des détecteurs de mensonges lors des entretiens d'embauche pour savoir si les nouveaux recrutés avaient ou non une appartenance syndicale, ou une sympathie pour les syndicats.

 

 

7. Mac Donald's manipule

 5% du budget de Mac Donald's est consacré à la publicité. Celle-ci vise principalement les enfants, car ils sont les plus facilement influençables. Et comment refuser à ceux-ci de les accompagner dans le fast-food que la télévision leur fait prendre pour un lieu de rêve ?... Résultat, chaque minute, 13000 personnes mangent sur la planète un hamburger identique...

 

 

 Ce qui est décrit ci-dessus est aussi vrai pour les autres chaînes de fast-food (Quick, Wimpy, Burger King etc). Elles constituent un des pires symboles du capitalisme libéral triomphant : l'exploitation maximum des travailleurs, des animaux et des consommateurs, l'uniformisation des produits et la dégradation de la qualité de vie.
Boycotter les fast-foods, c'est bien.
Mais changer de vie, c'est encore mieux !

 

identité & racines,ecologie,libération animale,végétarisme

 

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QUE SE CACHE-T-IL
DERRIERE MC DONALD'S ?

 

Mac Donald's et Burger King sont deux des nombreuses multinationales américaines qui utilisent des poisons mortels pour détruire de vastes étendues de forêt tropicale en Amérique latine, pour les transformer en immenses paturages pour le bétail. Double avantage, puisque cela leur permet par la même occasion de piller de précieuses réserves de bois pour fabriquer les emballages de leurs hamburgers. Il leur faut plus de 1000 km² de forêt par an pour s'approvisionner en papier. La forêt tropicale, épargnée par la civilisation pendant des centaines de millions d'années, abrite environ la moitié de toutes les formes de vie présentes sur la planète, et produit une partie essentielle de nos besoins en oxygène.

 

Le menu de Mac Donald's est basé sur la viande. Ils vendent des millions de "hamburgers" chaque jour, dans une bonne cinquantaine de pays. Cela implique l'abattage quotidien massif d'animaux. Vous savez, ceux qui sont mis au monde et nourris tout spécialement pour finir entre deux tranches de pain... Certains d'entre eux, principalement les poulets, les vaches et les cochons, passent leurs tristes vies dans les conditions épouvantables de l'élevage intensif. Ils n'ont accès ni à l'air pur, ni à la lumière du soleil, et ne sont pas non plus libres de leurs mouvements. Leur fin est atroce, et les méthodes de mise à mort dans les abattoirs, contrairement à ce que cherche à vous faire croire la propagande des lobbies "viandistes", sont sanguinaires et barbares. Les bovins et les porcs deviennent fous en s'apercevant que leurs congénères sont battus, saignés et électrocutés avant de finir en steaks hachés.

 

Certains pays du Tiers-Monde exportent la plus grande partie de leurs récoltes pour nourrir les animaux "d'élevage" des pays industrialisés, c'est-à-dire pour engraisser les animaux dont la viande sert à confectionner les hamburgers. Sur 40 pays parmi les plus pauvres du globe, 36 exportent de la nourriture aux Etats-Unis. Des millions d'acres des meilleures terres de ces pays pauvres sont aussi employés à notre profit (thé, tabac, café...), alors qu'ils ne disposent pour leurs propres populations que de très faibles ressources. Mac donald's et les autres chaînes de fast-food sont directement impliqués dans cet impérialisme économique.

 

En Amérique latine, les animaux "d'élevage" consomment donc de grandes quantités de grain, dans le seul but de produire de la viande à hamburgers. Ces animaux consomment 10 fois plus de céréales et de soja qu'un être humain. Pour produire 1 seule calorie de "viande de boeuf", il faut 100 calories de grain. Pour 145 millions de tonnes de grain et de soja utilisées dans le cadre de ces élevages intensifs, seules 21 millions de tonnes de viande et de sous-produits animaux sont ainsi obtenues. La perte s'élève donc à 124 millions de tonnes par an, soit une "valeur" de 20 milliards de dollars US !

 

La viande est responsable de 70% des intoxications alimentaires. Quand un animal est abattu, la viande peut notamment être contaminée par la fiente ou l'urine, ce qui cause évidemment des infections bactérielles. Pour prévenir ces risques, les "fermiers" injectent régulièrement aux animaux des doses d'antibiotiques. A ceci s'ajoutent des hormones, et des résidus de pesticides dans la nourriture qu'ils ingèrent.

 

Un boeuf abattu = 1500 repas.

Les céréales ayant servi à nourrir ce boeuf = 18 000 repas.

Vous avez certes peut-être le choix de manger ou de ne pas manger de viande. Mais dites vous bien que le morceau de cadavre, dans votre assiette, n'en a lui pas eu le choix ! La solution la plus radicale, la plus logique et la plus souhaitable, c'est tout simplement d' ARRÊTER DE MANGER DE LA VIANDE.

 

Ces critiques sont bien sûr aussi valables pour toutes les autres chaînes de fast-food : Burger king, quick, Wimpy, etc...

Toutes cachent leurs hallucinantes saloperies par de la poudre aux yeux, et en incitant le populo à faire des "sorties en famille", au cours desquelles les enfants découvrent le plaisir de "s'amuser" en mangeant n'importe quoi. Ces multinationales constituent un des pires exemples de l'industrie capitaliste. Ne perdez surtout pas de vue qu'elles ne sont motivées que par le profit, et qu'elles ne jurent que par leur propre gigantisme et donc par le développement mondial de la "culture" fast-foodienne. Cette mentalité matérialiste et mercantile affecte aujourd'hui chaque instant de notre vie. Ces multinationales n'ont rien de "plaisant" ni de "sympa" : elles n'ambitionnent que de dominer le marché mondial, et ne laissent absolument aucune place au véritable, à l'authentique.

 

BOYCOTTEZ LES FAST-FOODS, REFUSEZ A TOUT PRIX DE VOUS Y LAISSER ENTRAÎNER PAR VOS PROCHES OU VOS AMIS, ET AIDEZ-LES PLUTÔT A PRENDRE CONSCIENCE DE TOUT CECI !

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01/02/2015

INTERVIEW : Hans CANY et le national-anarchisme

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Entretien exclusif avec Hans CANY, animateur de l' Alliance Nationale-Anarchiste, le 15 mars 2014.


Propos recueillis par Betty Monde

 


Bonjour, Hans CANY. Vous êtes donc un des fondateurs d'origine du courant national-anarchiste ?


HC : Oui, j'ai contribué au lancement de cette mouvance à partir de la fin des années 1990 e.v., simultanément avec Troy Southgate au Royaume Uni, et Peter Töpfer en Allemagne. Töpfer est aujourd'hui hors course, car il s'est réorienté dans d'autres domaines. Troy Southgate et moi-même sommes aujourd'hui deux des trois fondateurs encore en piste.


Associer le national à l'anarchisme, n'est-ce pas quelque peu paradoxal ? Certains parlent d'oxymore...

HC : Ceux qui dénient le national-anarchisme sur cette base font totalement fausse route. L'idée nationale est bel et bien présente chez de grandes références de l'anarchisme, de Proudhon à Bakounine, en passant par Gustav Landauer ou même Nestor Makhno. Ceux qui font l'impasse sur cette réalité, soit ignorent les faits, dans le meilleur des cas, soient feignent de les ignorer, car cela heurte trop leurs dogmes idéologiques. Des anarchistes bakouninistes américains, au début des années 1990 e.v., sans encore utiliser le terme, étaient en quelque sorte des précurseurs, des proto-NA. Il faut bien comprendre que les nationaux-anarchistes ne sont en aucun cas des nationalistes, dans le sens où il rejettent totalement l'Etat-Nation. La nation n'est pas l'Etat. Une nation réelle, pour les nationaux-anarchistes, c'est fondé sur l'ancestralité et les particularismes culturels, ainsi et surtout que sur l'association libre et volontaire des peuples et des individus qui les composent. Ils peuvent choisir de se constituer en nations non-étatiques, sur la base d'affinités, que celles-ci soient d'ordre ethno-linguistique, philosophique, religieux, ou de quelque autre nature. De là vient notre fédéralisme intégral, interne comme externe. Le conditionnement idéologique gauchistoïde a fait de tels ravages en s'imposant partout que les mots "nation", "frontière", "souveraineté", "patrie" sont vilipendés, et voués aux gémonies par les chiens de garde du dogme. Leur viendrait-il à l'idée de s'en prendre aux Amérindiens, sous prétexte qu'ils se définissent en nation cheyenne, nation navajo, nation hopi, nation apache, nation mohicane, nation sioux etc ?? Et qu'attendent-ils donc pour remettre en question le nom de leur Confédération Nationale du Travail, tant que nous y sommes ??... Allons, soyons sérieux. L'idée nationale et l'idée anarchiste n'ont rien d'incompatible, et le national-anarchisme est loin d'être un oxymore, n'en déplaise aux endoctrinés de service.
La meilleure preuve en est que nous sommes là.



Vous parlez de bakouninistes américains. Qui étaient-ils ?


HC : Il s'agissait du Raven's Banner Collective, basé en Floride, et avec les membres duquel j'ai beaucoup correspondu et échangé, entre le début et le milieu des années 1990 e.v. Ceux-ci, avec aussi la publication britannique Alternative Green de feu Richard Hunt, m'ont beaucoup influencé, et c'est surtout à partir des idées qu'il développaient que j'ai commencé à élaborer ce qui allait devenir aujourd'hui ma propre vision du national-anarchisme. Le Raven's Banner Collective prônait l'autodétermination des peuples, les souverainetés nationales, les groupes d'affinités, l'anti-impérialisme, la démocratie directe, l'écologisme radical, l'autogestion. Alternative Green développait de son côté un écologisme radical, anarchiste, et enraciné. Tout ceci a beaucoup contribué à établir les fondations du mouvement national-anarchiste tel qu'il se présente actuellement.


Où vous situez-vous, au sein de la grande famille libertaire ?


HC : Je ne me hasarderais pas à qualifier cela de grande famille, à proprement parler. Certes, il y a les tenants de l'approche gauchiste de l'anarchisme qui font plus ou moins front contre les prétendus "confusionnistes" que nous sommes. Mais les confusionnistes ce sont eux, puisqu'ils cherchent par tous les moyens à faire taire tout ce qui sort des clous de leurs dogmes idéologiques, et qu'ils dissimulent au public l'existence d'une autre approche de l'anarchisme. Ni de gauche ni de droite, celle-ci. En outre, ils sont eux-mêmes morcelés en de multiples chapelles rivales qui s'entredéchirent. Ceci dit, ces gens ont raison de dire que nous ne sommes pas du même monde, et encore moins de la même famille... Nous n'avons que peu en commun. Les nationaux-anarchistes n'ont aucune velléité de s'infiltrer chez eux, qu'ils soient tranquilles. Et qu'ils laissent donc en paix leurs dissidents, au lieu de chercher à persécuter le premier brin d'herbe qui dépasse. De toute façon, le national-anarchisme, celui que je conçois, ne se situe ni à droite, ni à gauche du Système. Il se situe en dehors et en face. J'ajoute enfin que nous répugnons de plus  en plus à nous qualifier de "libertaires". Le mot libertaire est souvent utilisé comme synonyme d'anarchiste, mais c'est un tort. Les libertaires font un véritable dogme  de la liberté sans entraves, ce qui  est la porte ouverte à toutes les dérives, y compris libérales. Les anarchistes, eux, refusent certes l'état et l'autorité hiérarchique, mais restent conscients de la nécessité de certains garde-fous.


Les nationaux-anarchistes sont parfois décrits comme racistes, crypto-fascistes voire néonazis. Comment vous justifiez-vous, par rapport à tout cela ?

HC : Tout d'abord, il est pour le moins aberrant de devoir sans cesse se justifier face aux accusations calomnieuses de quelques excités fanatisés. Je suis totalement opposé à la haine raciale, au racisme. Ce n'est pas parce qu'on s'oppose à l'immigration massive, arme du Capital comme le disait Marx, ni parce qu'on s'oppose à l'idéologie du métissage généralisé, qui vise à transformer tous les peuples en consommateurs-clones indiférenciés, que l'on fait profession de racisme. Ces allégations sont d'une rare stupidité, et constituent un travestissement de la vérité qu'il faut dénoncer sans relâche. Les nationaux-anarchistes entendent préserver la diversité du genre humain, richesse irremplaçable qui disparaîtrait à tout jamais en cas de grand mélange généralisé et incontrôlé. Si nous controns l'idéologie dominante du métissage, c'est parce que cette tendance constitue un danger pour cette diversité. Mais le libre choix doit être laissé à chacun. A aucun moment il ne nous viendrait à l'idée de rejeter une personne métisse, d'origines mêlées, ou en couple dit mixte. En la matière, nous exposons, nous proposons, mais nous n'imposons rien. En outre, nous avons des camarades de toutes origines et de toutes ethnies, et parfois de remarquables amis. L'internationalisme consiste à mon sens en une solidarité internationale entre tous les peuples en lutte pour leur émancipation, et non en une espèce de mondialisme négateur de toutes frontières et de toutes identités nationales.
Concernant les sempiternelles accusations de néonazisme et de crypto-fascisme, qui valent chacune un bon point Godwin, on démonte sans problème toute leur ineptie en pointant deux point fondamentaux. Tout d'abord, le fascisme repose sur le culte de la hiérarchie, de l'autorité et de l'Etat. Le national-anarchisme combat la hiérarchie, est anti-autoritaire et anti-étatique. Et enfin, le nazisme n'ayant été rien d'autre qu'une variété raciste et racialiste du fascisme, le national-anarchisme, qui n'est pas raciste mais ethno-différentialiste, ne peut davantage être qualifié de nazi que de crypto-fasciste. Tout ceci n'est pourtant pas bien sorcier à capter. Après, bien sûr, les pires aveugles sont toujours ceux qui se refusent à voir...


Que répondez-vous à ceux qui assimilent votre antisionisme à de l'antisémitisme ?

HC : Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec ce terrorisme intellectuel qui consiste à assimiler systématiquement toute opposition au sionisme à de l'antisémitisme. Ceci est une vaste escroquerie. Le sionisme, c'est le nationalisme juif pro-israélien. L'antisionisme se place donc en opposition au sionisme sur le plan politique. L'antijudaïsme, lui, concerne la religion. Et l'antisémitisme -terme impropre puisque les Arabes sont eux aussi sémites- est la haine et le rejet du juif d'un point de vue "racial". Il n'y a donc objectivement aucun lien entre opposition politique à une doctrine et à une entité, opposition religieuse, et racisme.
Il y a même de nombreux juifs antisionistes, et ceux-ci ne sont pas les moins radicaux. Ceux qui prétendent le contraire mentent, et le savent très bien au fond d'eux-mêmes. Les nationaux-anarchistes ne sont pas antisémites. Ils se réfèrent même, entre autres, à Gustav Landauer, anarchiste juif allemand assassiné en 1919 par les forces réactionnaires. Les mensonges, les calomnies et la diffamation doivent cesser.



Certains vous reprochent aussi votre soutien à Kadhafi et à son oeuvre...


HC : La grande majorité de ceux qui croient imbécilement m'asséner un élément à charge en pointant cela sont généralement de grands ignorants, qui ne savent même pas de quoi ils parlent. Là encore, plus de 40 ans de propagande médiatique visant à diaboliser Kadhafi et "son régime" ont fait de sérieux ravages. Surtout sur les esprit faibles et les plus manipulables. J'en ai même vu qui en sont encore à confondre Kadhafi avec l'islamisme, alors que ce sont précisément les rats islamistes d'Al Qaïda et assimilés, soutenus par les criminels impérialistes de l'OTAN, qui ont tué la Jamahiriya libyenne ! Un comble !! Sans commentaires... Qu'ils passent outre leurs consternants préjugés, et qu'ils se donnent donc la peine de découvrir ce que sont vraiment les principes de la Troisième Théorie Universelle, du Socialisme vert. Ils auront ainsi la surprise de voir que tout repose sur la Démocratie directe, le socialisme non-marxiste, l'anti-impérialisme, l'abolition du salariat, la gratuité de nombreuses choses, le progressime sociétal etc. Tout ceci est parfaitement exposé dans le Livre vert de Mouammar Kadhafi, que je conseille très vivement. S'il y avait un pays dont le système se rapprochait le plus du socialisme libertaire, c'était bien la Jamahiriya libyenne. Du reste, Mouammar Kadhafi lui-même a plusieurs fois cité Proudhon, Bakounine et Kropotkine parmi ses propres influences. Ce n'est pas pour rien, et le Livre vert s'en ressent. Que l'on cesse donc de gober les mensonges des criminels impérialistes de 2011. Honte à ceux qui les ont approuvés ou qui sont restés indifférents.


Vous vous manifestez aussi dans les domaines de l'Ecologie profonde et de la défense des animaux. Ce combat est-il pour vous secondaire, par rapport à vos autres objectifs ?

HC : Pas du tout, tout est complémentaire. Pour les nationaux-anarchistes, la libération humaine, la libération animale et la libération de la Terre forment un tout indissociable. Ainsi que le proclamaient les camarades du Raven's Banner Collective en 1992 e.v., la consciente écologique, une conscience qui nous dit "Earth First !" -Terre d'abord- , doit être présente au coeur de toutes les transformations révolutionnaires de la société. Il en va de même pour la cause de nos frères animaux. Pour paraphraser Bakounine, je dirais que je ne deviens vraiment libre qu'avec la liberté des autres. L'industrie de la viande, l'élevage, la vivisection, la chasse, la pêche, la corrida, les cirques et les zoos menacent l'animal, être sensible, au même titre que la pollution, l'urbanisation outrancière et la surexploitation avide de leurs ressources menacent l'environnement et la Terre Mère. De surcroit, la monstrueuse exploitation des animaux a un impact catastrophique sur le plan environnemental et sanitaire, et donc aussi sur les humains. Tout est lié.


On vous classifie comme régionalistes, aussi.

HC : Ce terme de régionalisme est impropre. Il renvoie à la notion de "région", de "province" dépendante d'un état central. Nous ne sommes pas non plus forcément indépendantistes, lorsque cela suppose l'instauration d'un nouvel Etat-Nation. Le terme le plus approprié concernant les nationaux-anarchistes est celui d'autonomistes. Autonomisme bien plus radical que le désuet régionalisme, mais sans l'étatisme qui démange certains nationalistes indépendantistes. La doctrine nationale-anarchiste prône l'éclatement des Etats-Nations actuels, pour en faire de multiples régions autonomes, fédérées entre elles par affinités, et pouvant se regrouper au sein de grandes confédérations, ou fédérations de fédérations, à l'échelle d'un Etat actuel voire même continentale, par exemple. Et même ces régions autonomes fédérées pourraient être amenées à se doter elles-mêmes de structures fédérales, à tous niveaux. Ceci pour garantir une autonomie maximale à tout un chacun.
C'est en cela que nous sommes des fédéralistes intégraux, car partisans du fédéralisme externe et interne. D'où notre soutien global à beaucoup de luttes de libération nationale et sociale, non seulement au sein du prétendu Hexagone, mais aussi dans le monde entier.


Vous allez voter, aux prochaines élections ?

HC : Jamais de la vie, que les dieux m'en préservent ! Je ne signerai pas de chèque en blanc à des escrocs qui cherchent juste à être califes à la place du calife, et qui usurpent la souveraineté populaire en se drapant pudiquement sous les plis d'une fausse "démocratie".
La démocratie, la vraie, n'a strictement rien à voir avec cette sinistre mascarade des élections et de la fausse alternance. Ce système a trop vécu, et a suffisamment abusé les masses. Son temps est fini, comme doit se terminer l'ère des gouvernements et des Etats-Nations. Place à une démocratie réelle, par les peuples et pour les peuples.


Vous prônez la démocratie directe ?

HC : Oui, tout à fait. La pseudo-"démocratie" parlementaire indirecte, dite "représentative", n'est qu'une grossière falsification de la Démocratie authentique, mot qui a été complètement dépouillé de sa signification originelle. Le régime actuel n'est en aucun cas une démocratie. On pourrait même dire que c'en est tout l'inverse. Il s'agit en réalité d'une oligarchie, dans laquelle seul un petit nombre exerce le pouvoir et maintient son contrôle. Les nationaux-anarchistes prônent la Démocratie directe, réelle, avec contôle populaire et révocation éventuelle des mandatés. De nombreuses pistes sont à étudier et à retenir dans ce sens. Il y a déjà la première des trois parties du Livre vert de Mouammar Kadhafi, qui est consacrée à cette question de la démocratie directe et de son organisation, ce qui est fait avec brio. On pourra aussi se référer avec profit à la démocratie athénienne, aux exemples suisse et vénézuélien, à des expériences historiques diverses, telles que la Commune de Budapest en 1956, les anarchistes de Catalogne durant la guerre civile espagnole, l'expérience des makhnovistes en Ukraine etc. Et on peut aussi se tourner vers les initiatives citoyennes en ce sens qui fleurissent un peu partout en Hexagonie et en Europe depuis quelques années. On pensera, par exemple et entre autres, à la mouvance pour une démocratie réelle qui gravite autour d'Etienne Chouard.


Quelle est la position nationale-anarchiste par rapport au révisionnisme historique ?

HC : Cette question reste à la libre appréciation de chacun, les opinions sur le sujet pouvant être diverses et variées, en fonction des individus. L'Alliance Nationale-Anarchiste n'a en tout cas pas vocation à s'engager dans le militantisme pour la cause des historiens révisionnistes et de leurs travaux. Néanmoins, elle prend clairement position pour la liberté de recherche, d'expression et de publication/diffusion pour les révisionnistes, et pour l'ouverture de libres débats publics. Elle appelle de ses voeux l'abrogation de la loi scélérate et liberticide dite loi Fabius-Gayssot.


Vous impliquez-vous dans des actions dites de terrain ? Prônez-vous l'action violente ?

HC : A titre personnel, pas du tout. Les milices supplétives du Système, ces idiots utiles de l'ordre bourgeois que sont les gauchistes et autres "antifas", ont trop profondément gangréné les mouvements sociaux et militants dans leur ensemble pour qu'il soit opportun de se faire de quelconques illusions à ce niveau. Du moins, dans l'état actuel des choses. De toute façon, je doute de la compétence et du degré de conscience politique de la classe ouvrière, et je ne crois pas aux vertus de la révolution violente. En bon proudhonnien qui se respecte, j'aspire à une révolution "en douceur", au moyen de réformes radicales et graduelles. Et avant toute chose, c'est la révolution des esprits qui doit tout d'abord porter ses fruits. Nous condamnons fermement les violences et les dégradations commises par des hordes gauchistes et "antifas" décérébrées, récemment.


Merci pour cet entretien. Pour terminer, quel est l'état actuel de la mouvance nationale-anarchiste ? Vos attentes sont-elles satisfaites ?

HC: La section anglophone, le National-Anarchist Movement (N-A.M.) animée par Troy Southgate, est à ce jour la section la plus développée et qui a le plus vaste impact à l'échelon mondial. L'Alliance Nationale-Anarchiste enregistre une progression de plus en plus nette de son audience, à mesure que s'effondrent les murs du mensonge et de la calomnie. Des sections existent aux USA, en Espagne, en Catalogne, en Italie, au Portugal, en Pologne, en Russie, en Hongrie, au Canada, au Brésil, en Australie...et j'en oublie sans doute. Le courant national-anarchiste est en pleine expansion internationale, actuellement. Notre message est finalement passé et bien passé. Nos adversaires et nos ennemis de tous bords devront dorénavant -et de plus en plus- compter avec cette force d'avenir que nous incarnons.

 

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11/12/2014

Vous avez dit Noël ? Joyeux Solstice ! Bonne fête de YULE !

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JUL (ou YULE), le Solstice d'Hiver consacré à Wotan/Odin, arrive à grands pas. C'est ce Solstice d'Hiver païen qui a été détourné par l'Eglise chrétienne pour en faire Noël, en le décalant simplement au 24-25 décembre. Cette tradition ancestrale remonte donc bien au-dela du christianisme, en dépit des idées reçues... Détrompez vous !
De toute façon, même le nom de Noël est une altération d'une autre désignation de cette fête païenne : la Neue Helle, autrement dit la "Nouvelle Clarté". Elle marque le début, à partir du Solstice d'Hiver, d'un lent processus de renouveau de la lumière, des forces de la vie et de la Nature endormies, le soleil commençant très progressivement à briller chaque jour un peu plus longtemps à compter de cette date.

Quant à la figure mythique du Père Noël, si chère à l'imaginaire enfantin, elle est en fait issue d'un subtil mélange entre trois  personnages mythologiques : le dieu Wotan/Odin, la déesse Freyja, deux divinités pourvoyeuses symbolisant l'abondance et la fertilité, et le Saint Nicolas chrétien, lui aussi constituant une figure pourvoyeuse.


Avec quelques jours d'avance, chers amis lecteurs et lectrices, je vous souhaite donc une excellente célébration de Yule/Noël.

Hans CANY

 

 

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19/09/2014

Référendum écossais : droits des peuples et farce "démocratique"

55% de suffrages en faveur du "Non" à l'indépendance écossaise se sont donc exprimés...

Ce qui signifie que 45%, soit près de la moitié des votants, se voient imposer la poursuite d'un régime qu'ils rejettent. Si on ajoute à cela les non-inscrits et les abstentionnistes, il est clair que c'est plus de la moitié des Ecossais qui n'a pas dit "Non". Mais pourtant, c'est bien ce "Non" qui est pris en compte. L'imposture de ce système de dupes, qui ne laisse aucune place à la volonté des "minorités" (aussi importantes que puissent être ces "minorités") , qui ne prévoit aucun compromis alternatif susceptible de satisfaire tant les uns que les autres, apparait au grand jour : sous un vernis "démocratique", ils s'agit en réalité d'un système dictatorial.

Il est grand temps, aujourd'hui, de remettre en question les fondements mêmes de la prétendue loi de la "majorité", et de faire entendre d'autres voix : celles qui exigent l'instauration d'une démocratie réelle, directe, et celles qui revendiquent le droit fondamental à l'autodétermination, le droit des peuples et des nations à disposer vraiment d'eux-mêmes.

Certes, dans le cadre des fausses "démocraties" actuelles, le référendum reste un aménagement souhaitable, faute de mieux, hélas beaucoup trop rarement appliqué. Mais la triste affaire écossaise vient aujourd'hui douloureusement nous rappeler que cette formule référendaire n'a rien d'une solution idéale. Elle connait ses limites, et elle peut mener aux mêmes iniquités que celles qu'on peut observer lors de tout scrutin.

Leur vieux système est verrouillé. Il n'est rien -ou si peu- à en attendre.
 Nos regards doivent se projeter au-delà.

Hans CANY
 

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11/07/2014

KRONOS, blog de l'archéologie hérétique

Venez découvrir KRONOS, blog consacré à l'archéologie mystérieuse au sens large, et plus ou moins dans le même état d'esprit général que la revue belge KADATH, fondée en 1973, ou que la publication française ATLANTIS, avec son impressionnante longévité (depuis 1926). KRONOS est également ouvert à tout ce qui s'inscrit dans la démarche de chercheurs-auteurs indépendants et dissidents, comme entre autres Peter Kolosimo, Erich Von Däniken , Graham Hancock, Denis Saurat, etc. Mais divers articles concernant tout simplement l'archéologie et l'histoire antique, protohistorique et préhistorique officielle au sens large  y sont aussi les bienvenus, comme pistes de réflexion et sources d'informations.

KRONOS, le blog, c'est ici :

http://kronos-archeo.blogspot.fr


Retrouvez aussi  KRONOS sur son groupe Facebook :

https://www.facebook.com/groups/kronos.archeo/

 

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Redécoupage territorial : de qui se moque-t-on ?

Le 4 juillet 2014, le soi-disant Sénat a -fort heureusement- rejeté le scandaleux plan de redécoupage régional voulu par Hollande, Valls et consorts. Un moment de répit passager, qui n'est peut-être en fait qu'un recul destiné à mieux sauter par la suite... Les hommes et les femmes aux racines profondes, qui conçoivent des identités solides relevant de leurs patries charnelles, les nations réelles, se doivent à présent de ne pas baisser la garde.


Voici l'inique plan de redécoupage administratif que ces crapules cherchaient originellement à imposer :

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La Bretagne même pas réunifiée, contrairement à ce qu'on pouvait légitimement espérer il y a peu... La Picardie arbitrairement rattachée à Champagne-Ardennes (Sur quelles bases historiques et culturelles ?!?). Une fusion avec le "Nord-Pas de ...Calais", comme prévue initialement, eut été moins aberrante)... Etc etc.  DE QUI SE MOQUE-T-ON ?!?

Voici à présent une proposition alternative, infiniment plus cohérente que le scandaleux et inacceptable "redécoupage régional" que veut imposer le gouvernement hexagon. Ainsi, au moins,  le redécoupage en question serait-il plus juste, plus équilibré, et donc beaucoup plus acceptable :

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 Puisse cette dernière formule être finalement retenue, en lieu et place de l'ignoble projet initial.Même si on peut déplorer quelques imperfections. La Lorraine, par exemple, serait davantage de nature à fusionner avec l'Alsace qu'avec la région Champagne-Ardenne, entre autres.

Les jacobinards de tous poils, de gauche comme de droite, nient les particularismes ethno-culturels et l'héritage géographico-historique inhérents aux  prétendues "régions". Il semble donc que nous soyons encore loin, hélas, du respect du droit élémentaire des peuples à l'autodétermination, ou même de l'instauration d'un simple système fédéral préservant l'actuelle intégrité de l'Hexagonie.  La résistance est longue, la résistance est rude. Il s'agit de rester vigilants. On ne doit attendre des gouvernements qu'ils servent les intérêts des peuples ni aujourd'hui, ni demain. Les peuples doivent agir et lutter d'eux-mêmes, sans relâche, pour reconquérir et leurs droits, et leur émancipation, tant sociale que nationale.

Hans CANY

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30/05/2014

Les anciens Belges : Des Celtes pas comme les autres

 

On a trop souvent tendance à l'ignorer, mais le petit royaume dit "de Belgique" actuel, qui n'est somme toute que de création relativement récente (1830), ne représente en fait que la moitié du territoire de la Belgique réelle.

La Belgique originelle, ou Gaule Belgique, c'est en réalité tout l'espace compris entre la Seine (et la Marne) au sud, et le Rhin au nord-est. Elle est, à tous points de vue, un espace de transition entre les mondes celtique et germanique.

 

Cette carte restitue fidèlement l'intégralité de cette Belgique originelle, et permet en outre d'y localiser l'implantation des différents peuples belges :

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La Gaule Belgique 

(Précisions : sur cette carte, le "Belgium" est le nom de la province sud-ouest de la Belgique, correspondant en gros aux département de l'Oise et de la Somme de la Picardie actuelle. Au sud-est, le nom de "Germani" n'est pas à confondre avec la Germanie située au-delà du Rhin : il s'agit juste d'un nom de peuple.)

 

 

Germains celtisés et Celtes germanisés

 

Voyons à présent ce qu'écrit Jules César à propos des Belges dans ses fameux Commentaires sur la Guerre des Gaules :

 

"La plupart des Belges sont issus des Germains ; ils avaient autrefois passé le Rhin, et s'étaient fixés en ces lieux à cause de la fertilité du sol, après en avoir chassé les habitants gaulois."

 

En outre, il précise :

 

"Toute la Gaule est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes, et dans la nôtre, Gaulois. Ces nations diffèrent entre elles par le langage, les institutions et les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les Belges sont les plus braves de tous ces peuples, parce qu'ils restent tout à fait étrangers à la politesse et à la civilisation de la province romaine, et que les marchands, allant rarement chez eux, ne leur portent point ce qui contribue à énerver le courage : d'ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux."

 

Comme César l'avait bien noté, il est donc manifeste que la Belgique constitue une zone spécifique depuis la plus haute antiquité, dont l'identité ethno-culturelle est celto-germanique, donc ni totalement celtique ni totalement germanique, mais les deux à la fois. Les peuples belges étaient donc constitués de Germains celtisés et de Celtes germanisés, les deux composantes étant chez eux si étroitement imbriquées qu'il est souvent difficile de les distinguer l'une de l'autre...

 

Les sources se rapportant spécifiquement à ces peuples germano-celtiques de la Gaule Belgique sont hélas assez rares.Néanmoins, il est tout à fait légitime de supposer chez eux un étroit syncrétisme non seulement sur les plans culturel, artistique, sociétal etc, mais aussi dans le domaine spirituel, où le Paganisme celtique s'est très certainement mêlé au Paganisme germanique, donnant ainsi naissance à une Tradition religieuse spécifique. Nous avons donc là un exemple tout à fait exceptionnel de symbiose entre germanité et celticité.

 

Un ensemble de peuples qui a profondément marqué la région

 

Au delà de l'image  fort sympathique  mais caricaturale -et souvent anachronique- qu'évoque dans l'esprit du grand public la fameuse bande dessinée "Astérix chez les Belges" , il faut bien se figurer que ces derniers représentent un ensemble de peuples fondateurs ayant marqué de façon indélébile l'ensemble des territoires qui constituent aujourd'hui tant le Royaume de Belgique que la France septentrionale,  du nord de la Seine jusqu'à l'ouest du Rhin. 

Parmi les peuples belges les plus marquants de l'actuel "nord de la France", Picardie et Nord-Pas de Calais, citons notamment, les Bellovaques, dont le nom a donné celui de Beauvais, leur ancien oppidum, les Ambiens (Amiens), les Suessions (Soissons), ou encore les Atrébates, qui ont donné leur nom à Arras (en flamand Atrecht), et qui sont même peut-être à l'origine du nom de l'Artois (à vérifier). Pour l'actuel Royaume de Belgique, on songera bien entendu aux célèbres Nerviens et Ménapiens, auxquels sont parfois identifiés respectivement, de façon quelque peu hâtive, les actuels Wallons et Flamands. Mais on pourrait tout aussi bien mentionner d'autres peuplades majeures telles que les Eburons, dont le territoire se situait dans l'actuelle province de Liège, ou encore les prestigieux Aduatuque, établis dans ce qui est aujourd'hui l'Ardenne.

Enfin, au niveau des grandes figures historiques signalons entre autres les chefs belges Ambiorix, roi des Eburons, Catuvolcos (dont le nom signifie "Loup de Guerre"), ainsi que le chef bellovaque Correos (ou Correus dans sa forme latinisée, voire Korreos, véritable "Vercingétorix belge" qui a donné beaucoup de fil à retordre aux envahisseurs romains, en poursuivant une résistance acharnée après la défaite d'Alésia, à la tête d'une coalition de peuples belges. Ce Correos a particulièrement marqué César, qui y fait allusion à plusieurs reprises dans sa "Guerre des Gaules".

 

Fameuse représentation des derniers instants de Correos, tenant tête aux Romains :

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La mort de Corréus (Correos/Korreos), gravure de D. Maillart, XIXème siècle

 
Cette brève présentation aura peut-être -du moins convient-il de l'espérer- su éveiller l'intérêt du lecteur ou de la lectrice pour les traces historiques, archéologiques, ethnologiques, linguistiques et toponymiques léguées par l'ensemble de ces peuples, qui ont tant contribué à forger un certain nombre de particularismes encore observables de nos jours, et qui ont ainsi grandement contribué à donner au Royaume de Belgique et à la France du nord et du nord-est une identité ethno-culturelle spécifique, tout à fait distincte du monde gaulois pris dans son ensemble.

 

Pour quelques précisions complémentaires, vous pourrez par exemple consulter la fiche Wikipedia relative aux anciens Belges : http://fr.wikipedia.org/wiki/Belges

Voir aussi la liste des peuples de la Gaule Belgique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_de_la_Gaul...

 Les livres et autres sources littéraires spécifiquement consacrés aux anciens Belges constituent hélas une denrée rare dans le contexte actuel, surtout lorsqu'il est question d'ouvrages de vulgarisation à destination du grand public. Néanmoins, et de façon bien entendu non exhaustive, signalons entre autres le livre d'Eugène Warmenbol "La Belgique gauloise : Mythes et archéologies", paru en 2010 aux Editions Racine. Et enfin, si d'aventure vous êtes de passage un de ces jours dans la jolie Province de Luxembourg, au cœur de l'Ardenne belge, ne manquez pas de faire un détour par la commune de Libramont-Chevigny, qui abrite un remarquable et fort sympathique petit Musée des Celtes ( http://www.museedesceltes.be ), dont je vous recommande chaudement la visite.

Hans CANY



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03/04/2014

Le National-Anarchisme : un oxymore ?

 

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Notre conception du mot «Nation» ne se rapporte absolument pas à une quelconque entité étatique (nous rejetons et combattons évidemment l' «Etat-Nation»), mais se rapporte à une entité FACTUELLE, à une collectivité naturelle et organique d'individus, qui se regroupent volontairement sur la base d'affinités communes (ethniques, culturelles, linguistiques, idéologiques, philosophiques...), et constituent ainsi une NATION à part entière, au sens profond, réel et noble du terme. En quoi une telle conception de la Nation serait-elle donc soi-disant «incompatible» avec l'idée anarchiste, n'en déplaise à certains ?...

Refusez de croire les calomnies et les contre-vérités que certaines crapules déversent sans relâche sur notre dos, et donnez vous donc plutôt la peine de lire ce qui suit, pour découvrir ce que nous sommes réellement !

L'idée d'anarchisme « patriotique » ou « national » n'a rien d'une invention nouvelle.

Pour ne mentionner que quelques exemples historiques parmi d'autres, Proudhon et Bakounine affichaient une conscience nationale/ « identitaire » très marquée. Ce fut également le cas de Louis-Auguste Blanqui. Ce dernier, même s'il n'était pas anarchiste au sens strict du terme, se réclamait malgré tout d'un socialisme révolutionnaire dont certains aspects sont étroitement apparentés au socialisme libertaire, et il est aussi le père de la fameuse formule « Ni Dieu ni Maître », si chère aux  anarchistes athées. Le théoricien anarchiste allemand Gustav Landauer (1870-1919), qui était de tendance individualiste (Nietzsche/Max Stirner), n'hésitait pas lui non plus à affirmer son « nationalisme ». Il proclamait : "Les différenciations nationales sont des facteurs de première importance pour les réalisations à venir de l'humanité, pour ceux qui savent distinguer de l'abominable violence étatique le fait vigoureux, beau, et pacifique de la Nation." Par le terme de "nation", Landauer comme Bakounine se référait à une entité organique, factuelle, et non pas à une entité politique. Et comme Bakounine, il se positionnait en faveur de l'autonomie de tous les peuples, dans un contexte libertaire et anti-impérialiste. En Ukraine, pendant la révolution russe, Nestor Makhno a lui aussi brillamment incarné cette tendance pendant la légendaire épopée de la « Makhnovtchina » (1918-1921). L'anarchisme qu'il prônait savait faire la distinction entre les notions de patrie et d' Etat ("Etat-Nation"). Makhno et ses partisans étaient d'authentiques patriotes ukrainiens qui combattaient pour la Liberté, à la fois contre les tyrannies tsariste, bolchevique, et étatique. Leur combat revêtait aussi la dimension d'une lutte de libération nationale, et était empreinte d'un sentiment identitaire très prononcé. Le tout, bien sûr, sous les plis du drapeau noir. Beaucoup d' "anars" contemporains feraient mieux de s'inspirer de leur souvenir, au lieu de verser dans un "antipatriotisme" et un "internationalisme" marxistoïde bête et méchant, qui fait au final le jeu du libéralisme apatride, et donc du Système dominant... Et au lieu de rejeter systématiquement le "passé" sous le seul prétexte qu'il s'agit du passé ! La confusion savamment entretenue dont fait aujourd'hui l'objet le terme de "nation", systématiquement assimilé au concept d'"Etat-Nation", doit désormais être dénoncée.

Les Nationaux-Anarchistes ont pour but la création de communautés décentralisées, indépendantes de toute entité étatique, et reposant sur l'association libre et volontaire d'individus se regroupant sur la base de leurs affinités (ethniques, culturelles, philosophiques...). Rejetant toute forme de pouvoir imposé, ils lui opposent la notion de Souveraineté, en vertu de laquelle les individus librement associés peuvent occuper leur propre territoire précisément délimité, et y vivre selon leurs propres choix, coutumes et principes. Ces espaces peuvent ainsi être régis de façon très différente les uns des autres, offrant à chacun un vaste éventail de possibilités en fonction de ses choix et aspirations, ainsi qu'une alternative véritable à la dictature de la majorité improprement nommée «démocratie» au sein des Etats-Nations. De surcroit, ces communautés autonomes peuvent éventuellement choisir de s'associer entre elles sur la base de leurs propres affinités et se fédérer, pouvant même aller jusqu'à s'associer plus largement sous la forme de confédérations (fédérations de fédérations), respectant et préservant l'autonomie de chaque composante, à tous niveaux. Il s'agit là d'une alternative véritable à tous les dogmes idéologiques de «droite» comme de «gauche», que ceux-ci se veuillent «modérés» ou «extrêmes». Une alternative qui respecte à la fois la liberté de l'individu, la liberté des collectivités volontaires d'individus, et la grande diversité du genre humain, richesse inestimable qu'il convient de préserver de toute uniformisation d'essence totalitaire.

Au delà des clivages systémiques ineptes de la gauche et de la droite, le National-Anarchisme est à présent implanté dans de nombreux pays du monde. Le développement de notre mouvance est à présent inexorable, rien ne parviendra à le stopper. Et les manigances de ceux qui cherchent à la discréditer sur la base de sophismes fallacieux resteront pitoyablement vaines.

Hans CANY

Pour en savoir plus, visitez et suivez régulièrement le blog officiel de
l'Alliance Nationale-Anarchiste :
http://national-anarchisme.hautetfort.com


Qu'est-ce que le NATIONAL-ANARCHISME ? par Farkasember

 

12/12/2013

Bretagne : Bonnets rouges, oui. Mais encore ?...

 

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C'était à prévoir. Il aura donc suffi que le gouvernement hexagon "suspende" provisoirement la mise en application de la très contestée "Ecotaxe", et qu'il jette, tel un os à ronger,  un prétendu "pacte d'avenir" au molosse breton, pour que celui-ci accepte de reprendre le collier, et retourne docilement à sa niche. Le mouvement de masse surmédiatisé des "bonnets rouges" ne fait plus la une de l'actualité. Il a fait long feu, il s'essouffle. Oubliée, la Fronde populaire. Terminées, les manifestations de masse et les destructions de portiques. Déjà passés de mode, les incendies de radars routiers, expression d'une révolte légitime contre le racket institutionnalisé par l'Etat français. Et, même s'il convenait de ne se faire aucune illusion quant à cet énième feu de paille, force est de faire un amer constat.

Ce  triste constat, c'est que les masses populaires bretonnes restent profondément chloroformées. Le conditionnement colonial, l'amnésie programmée, l'abrutissement social et l'aliénation culturelle ont fait d'effroyables ravages. Le peuple breton, dans sa majorité, n'a encore qu'une conscience nationale fort limitée, ce qui le confine en quasi permanence à la myopie. Il ne consent à se soulever, périodiquement et de façon éphémère, que dans un cadre toujours bien délimité. Et surtout  sans jamais sortir de l'ornière imposée par la République jacobine. S'il se révolte sporadiquement, en brave peuple prolétaire, ce sera toujours sur la base de motivations d'ordre économique, et ceci dans un cadre plus ou moins corporatiste. Ici, ce sera contre le matraquage fiscal. Là, pour la sauvegarde du sacro-saint emploi dans la "région". Etc.

Jamais il ne fait preuve d'une vision plus large, d'une analyse et d'une compréhension plus globales des causes qui sont directement ou indirectement à l'origine des effets contre lesquels il s'insurge. Alors bien sûr, ici ou là, on pourra se réjouir d'entendre quelques individus, visiblement un peu plus lucides que la masse indifférenciée de leurs compatriotes, dénoncer le "centralisme parisien". Faute de mieux, c'est là le signe qu'au moins, tout ne semble pas irrémédiablement perdu. Les braises de Breizh sont là, toujours rougeoyantes. Aux esprits les plus éveillés -que nous voulons heureusement croire de plus en plus nombreux- de les entretenir comme il se doit, et de faire en sorte qu'à terme, la flamme éternelle de la Nation bretonne rejaillisse pleinement.


Les nationaux-anarchistes, bien qu'évidemment solidaires des mouvements de protestation populaires anti-fiscaux, insistent vigoureusement sur le fait que ce type de protestation ne saurait se suffire en soi.
Les nationaux-anarchistes, de toutes nations et de toutes régions, encouragent le peuple breton à reprendre pleinement conscience de lui-même, et à réaliser que les seules solutions d'avenir valables pour sa nation colonisée sont à rechercher du côté de ce que l'Occupant lui a toujours présenté mensongèrement comme des options soi-disant "irréalistes" et "extrémistes". Ces solutions passent au minimum par le régionalisme, et au mieux par l'autonomisme, voire par l'indépendance pure et simple. Mais dans tous les cas -et surtout- dans un contexte fédéral intégral, interne comme externe. Il ne faut en aucun cas reproduire les tares de l'Etat-Nation jacobin. Ensemble, sans faiblesse et avec détermination, luttons pour une Bretagne libre, fédérale, fédérée et autonome.

Hans CANY
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09/11/2013

Citoyen du Monde ? Moi ?!? Jamais de la vie !

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Je suis l'antithèse du gauchiste cosmopolite et apatride qui se veut "citoyen du Monde". Je suis Européen, de racines multiples : picardes et artésiennes/flamandes (donc quasi-belges), espagnoles, et en prime, Breton de cœur et d'adoption. De surcroit, je suis très ouvert au monde entier, me passionne volontiers pour les pays et les cultures de toutes latitudes, et suis précisément tout le contraire d'un patriotard chauvin comme d'un ethnocentriste étriqué. Je suis loin d'être racialiste, et j'exècre le racisme, tout comme j'abhorre la xénophobie. Suis-je pour autant un adepte du grand mélange et de la disparition des frontières ? Que nenni ! Que les dieux m'en préservent ! La diversité, culturelle comme génétique, n'a justement de sens et d'intérêt que si les identités et les différences sont conservées. Il n'y a rien de pire que l'uniformisation au moyen d'un grand mélange incontrôlé. Les "citoyens du Monde" et autres négateurs des frontières sont bien les idiots utiles du mondialisme libéral.
 
Hans CANY

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07/11/2013

Sur le principe du Front de libération et de l’offensive stratégique en démocratie

 

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S’inspirer de la guerre révolutionnaire sera utile, à l’avenir, pour l’avant garde nationale bretonne si elle veut vaincre. Et plus exactement d’en retenir quelques grands principes, déclinés d’une façon nouvelle, afin de correspondre aux conditions imposées par un état parlementaire garantissant, a minima en France, les libertés fondamentales démocratiques.

Le principe de la guerre révolutionnaire, et surtout du type maoïste, c’est sa dimension politique. Mao démontre qu’on ne gagne pas une guerre sur le plan conventionnel, mais sur le plan politique. Aussi, les masses doivent-elles acquises à la cause révolutionnaire, asséchant de facto le vivier de ressources humaines de l’ennemi. Et ainsi de suite jusqu’à la victoire. Sa stratégie s’est avérée juste puisqu’il a écrasé un ennemi largement plus puissant que lui, en l’occurrence la Chine nationaliste du Kuomintang.

Le principe développé par le Nord Vietnam contre les USA n’est pas de vaincre les Etats-Unis militairement. Pour le général Giap, cet objectif est impossible en raison du déséquilibre des forces. Le but stratégique est d’utiliser la supériorité du moral du camp communiste, encadré idéologiquement, sur le moral de la démocratie américaine, en l’espèce son opinion publique, ouverte et non encadrée. Il s’agit, littéralement, d’assécher le vivier du soutien à la guerre en usant le moral adverse jusqu’à le faire céder.

Ces deux exemples démontrent que dans les guérillas, du faible au fort, c’est bien le moral qui est la clef de tout. Celui qui perd une guerre est celui qui ne veut plus la mener.

Nous avons d’autres exemples de guérilla qui ont échoué, car elle n’avait pas compris la nature de leur adversaire démocratique. C’est le cas de l’IRA notamment. L’IRA en pratiquant une violence de haute intensité contre une démocratie apaisée, ne pouvait que détourner d’elle une opinion moyenne rétive à cette violence. Or une démocratie, même impérialiste, ne peut capituler devant la violence terroriste. Pire, cette violence légitime même l’ennemi démocratique dans ses buts de guerre sous couvert de maintien de l’ordre, “de l’état de droit”.

La guérilla politique de type maoïste, face à un état parlementariste ouvert, doit être amendée. Elle doit conserver ses quatre fronts : politique, culturel, socio-économique et militaire.

L’organisation des Fronts

Le front militaire

Son aspect militaire doit simplement opter pour une violence d’une très faible intensité. Sa force réside dans l’endurance et non dans la puissance. Ne recherchant pas l’escalade, sa violence s’exercera par des moyens ne visant que des cibles matérielles impopulaires. Les cibles liées à la fiscalité occupante sont prioritaires. La violence spectaculaire doit être proscrite. Des actions telles que des occupations ou actions coups de poing de même nature y sont adjointes. C’est ce que l’on pourrait nommer une “chouannerie médiatique“. Le but n’est pas de détruire les forces ennemies ou ses instruments, mais de retourner l’opinion publique afin qu’elle soutienne le camp révolutionnaire et assécher ainsi les soutiens de l’ennemi.

Ce front militaire n’use d’aucune arme ni de violence physique envers les personnes car on affronte pas une démocratie en usant de la violence contre les individus. Car pour une démocratie l’individu est au centre du système de valeurs. Ce serait donc lui donner des raisons de mobiliser son opinion publique. Or il s’agit précisément d’obtenir l’inverse : saper la volonté de se battre de l’ennemi. Donc sa démobilisation.

La règle du Front militaire est la très faible intensité, mais la régularité de ses actions. Ainsi, le Front militaire réalise une catharsis, une vengeance symbolique applaudie en secret par les masses, qui changent ainsi progressivement de camp politique. Le but d’une armée est de défendre le peuple. Pour devenir l’armée légitime du peuple, le Front militaire doit défendre la justice pour le peuple. C’est ce qu’il fait en détruisant les cibles fiscales ou symboles de l’injustice. Car le but est la conquête du coeur des masses.

Le front culturel

Le front culturel lui subvertit les représentations collectives établies par l’ennemi. Il change progressivement le cadre de compréhension du monde, de la société, des valeurs. Mais surtout, il oeuvre à créer deux camps : celui de la révolution et celui de l’ennemi. Il s’attarde plus spécialement à bâtir un “nous” en en délimitant le périmètre. Il s’agit donc de tous les aspects pouvant différencier : histoire, langue, drapeaux, modes de vie, critiques sociales, médiats affirmant un point de vue spécifique, etc.

Pour ce qui concerne les Bretons, cette guerre culturelle est pour l’essentiel gagnée. Mais le camp du “nous” breton doit désormais s’opposer à celui de l’ennemi, l’Etat Français. Car le but est d’encadrer les masses.

Le Front économique

La bourgeoisie nationale, dans le cadre la lutte de libération, doit se nationaliser avant d’aider à la nationalisation des masses. Pour cela un fossé indépassable doit exister entre la bourgeoisie bretonne, puisque nous traitons de ce cas, et la bourgeoisie française.

Ce n’est plus un obstacle : la bourgeoisie française, largement acquise au capitalisme d’état, ne survit que par le cannibalisme exercé contre les bourgeoisies périphériques non incluses dans le système de domination. C’est notamment par l’instrument de l’impôt que cette bourgeoisie d’état survit. La bourgeoisie bretonne commence à prendre conscience qu’elle est en danger si elle ne rompt pas avec le système qui la détruit progressivement. Par la lutte anti-fiscale menée contre l’Etat central, la bourgeoisie prépare sa rencontre avec la classe laborieuse nationale, elle aussi victime du fiscalisme de l’ennemi, incarné par l’Etat Français.

Une fois conscientisée, la bourgeoisie nationale ou des fractions d’entre elle appuie le front politique dans sa lutte pour la conquête de l’Etat mais aussi pour nationaliser les ouvriers et salariés qui sont sous son influence ou les consommateurs qui achètent ses produits. Car le but est d’unifier les masses.

Le Front politique

Le Front politique est le front de toutes les organisations politiques à proprement parler. Elles théorisent la lutte de libération, les modalités de sa mise en oeuvre, et la conquête effective de l’Etat. Cela peut passer par des élections ou autre. Le Front politique peut agir sur le terrain électoral ou tout au contraire préférer “l’insurrection médiatique” permanente en s’engouffrant dans toutes les crises potentielles pour les présenter au public selon son idéologie et en déterminer l’évolution et la conclusion. Car le but est de conquérir l’esprit des masses.

L’offensive stratégique et la convergence des Fronts

La guérilla procède selon le principe de l’escalade. Elle frappe toujours là où l’ennemi est faible. Elle joue de sa mobilité contre un ennemi en charge de garder la totalité d’un territoire. L’ennemi affronte une contradiction interne insurmontable. La guérilla en frappant là où on l’ennemi ne l’attend pas, le contraint à se déplacer sans cesse, sans aucun résultat à la clef. Sa puissance ne lui est d’aucune utilité.

D’opérations limitées à quelques escarmouches, la guérilla monte en puissance en montant des offensives locales, puis régionales et enfin globales. A mesure qu’elle frappe, la guérilla se renforce en conquérant les masses, affaiblissant son ennemi. Dans la phase finale, la guerilla use de la guerre conventionnelle et achève l’ennemi lors d’une offensive générale qu’il a déjà gagné.

Car on ne mène de bataille que si l’on est certain de la gagner.

Naturellement, face à une démocratie, il n’est pas question d’user de moyens militaires. Mais c’est le principe de coordination des Fronts, de montée en puissance stratégique et de mobilité qui doit être retenue.

Les quatre fronts, politique, culturel, économique et militaire doivent agir ensemble et créer une dynamique, avec à chaque fois un objectif clair et défini.

C’est ce qui s’est passé en région Bretagne ces dernières semaines, quoique de manière spontanée. Par une convergence fortuite et conjoncturelle, ces quatre fronts se sont rencontrés et ont ainsi créé une crise pour l’Etat occupant.

Le Front politique, incarné par une vitrine d’élus et d’éléments syndiqués, représente l’intérêt national. Le front économique soutient l’action. Le front culturel quant à lui a préparé le terrain des représentations et appuie moralement les acteurs. Le front militaire mène des actions coups de poing pour retourner l’opinion publique, briser la volonté de se battre de l’ennemi et occuper le terrain médiatique grâce à des actions éclairs.

Lorsque ces quatre fronts convergent, ils sont en situation de faire reculer l’Etat Français car ils ont alors acquis une dimension stratégique et non plus tactique, désordonnée.

Cette convergence des fronts est virtuellement invincible. Il suffit que les fronts demeurent unis et se coordonnent pour des actions toujours plus larges, passant de l’escarmouche à l’offensive stratégique globale.

Une feuille de route tactique

L’Etat Occupant ne légitime son action que par les élections, le consentement des masses à sa domination. Naturellement, ce consentement est obtenu par l’usage d’une propagande permanente et la détention des moyens de l’état et l’encadrement de la société. Aussi doit-on voir chaque élection comme une offensive stratégique en soi contre la nation bretonne.

Une fois l’élection passée et la victoire obtenue pour l’Etat Central, le voilà en situation de vainqueur. Il passe immédiatement de l’offensive – l’élection est un mouvement – à la défensive, qui est la gestion des affaires courantes.

C’est à ce moment là, entre les grandes élections, que les offensives stratégiques du camp national breton, appelons-le ainsi, doivent être déclenchées. Elles visent à discréditer le pouvoir occupant, à ruiner sa légitimité et à accroître toujours plus le périmètre national au sein des masses bretonnes. Les quatre fronts, à cette occasion, se coordonnent et frappent. Fragilisant ainsi le pouvoir colonial, le Front politique exploite les élections suivantes, profitant du discrédit induit par l’offensive stratégique des quatre fronts.

Progressivement, la légitimité induite par l’élection passe des représentants de l’Etat Occupant à ceux du Front de libération.

Le but stratégique est la séparation irréversible entre les masses bretonnes et l’Etat Français dans ce qui est une lutte de libération. Pour cela, la recherche du conflit doit être permanente. Il faut pour cela pousser, systématiquement, l’Etat Français à la répression et au durcissement.

Aussi dans le cadre d’un front de libération, qui n’a pas cependant besoin d’être formalisé mais qui doit exister en pratique, les divergences entre groupes sont dépassées par l’antagonisme grandissant avec l’ennemi. le Front de libération nourrit ainsi sa propre cohésion, se renforçant de fait, tandis qu’il accroit le fossé entre les masses bretonnes et l’ennemi, renforçant sa position stratégique et affaiblissant son adversaire.

L’ennemi, pour casser la dynamique du front, doit alors briser le moral de celui-ci en le privant d’une partie du soutien des masses. Il cherchera pour cela à diviser les quatre front en suscitant entre eux des divisions, mais aussi entre le front et le peuple. C’est ce qu’ont fait les syndicats et partis français impérialistes en suscitant une contre manifestation et un barrage médiatique.

Cela ne doit pas impressionner : tant que les quatre fronts demeurent unis et coordonnés et qu’ils frappent ensemble, l’Etat impérialiste ne peut que reculer. L’intensité croissante des offensives stratégiques menées par les quatre fronts aboutissent à une succession de défaites, incarnées par une cession de portion de pouvoirs toujours plus grande, jusqu’à la capitulation complète.

La victoire est obtenue par la destruction du moral de l’ennemi, son refus de poursuivre la guerre.

Observations

Notre observation sur la situation bretonne nous fait dire une seule chose : il nous manque encore un Front politique très large afin d’exploiter électoralement les victoires obtenues lors des offensives stratégiques que nous avons détaillées. Car l’intégration des fronts économique, culturel et militaire semble acquise.

La lutte contre l’Etat Français passe par la lutte anti-fiscale. C’est d’autant plus aisé que le parti de gouvernement français est fiscaliste par essence. C’est aussi celui qui gouverne la région Bretagne.

Les conditions objectives pour le développement du séparatisme et son amorce qu’est l’autonomisme sont réunies et vont perdurer avec la faillite de l’Etat Providence. Les forces centrifuges ne peuvent que se développer.

Convergence et unité offrent au camp autonomiste-indépendantiste des perspectives très réelles de développement à court, moyen et long terme. C’est un phénomène nouveau car pour la première fois, c’est la totalité du Peuple Breton qui peut se reconnaître dans la lutte, n’ayant que de moins en moins de choses à attendre de la part de l’Etat colonial.

 

 

Source : site BREIZ ATAO : http://breizatao.com/?p=15977%20

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21/08/2013

L'Alliance Nationale-Anarchiste se dote d'un blog officiel

L' Alliance Nationale-Anarchiste (A.N-A), section francophone autonome du Mouvement National-Anarchiste mondial, annonce la naissance de son site/blog officiel. Il s'agit là de la toute première initiative consistant à offrir une tribune spécifique au courant national-anarchiste de langue française, dans le cadre d'une approche sérieuse et cohérente, bien loin des contre-vérités, des calomnies, des approximations et des déviances véhiculées par les uns comme par les autres.

Vous pouvez donc dès à présent découvrir ce qu'est véritablement le national-anarchisme en vous rendant ici :
http://national-anarchisme.hautetfort.com


En outre, vous pourrez également retrouver l'Alliance Nationale-Anarchiste sur Facebook grâce à cette page officielle, dont vous pourrez suivre l'actualité en cliquant sur "J'aime" : http://www.facebook.com/alliancenationaleanarchiste

 

Bonnes visites, et bonnes lectures.

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14/08/2013

Le "berceau de l'Humanité" est-il vraiment l'Afrique ?...

C'est devenu un véritable lieu commun, une "évidence" régulièrement reprise par tout un chacun dès lors qu'une discussion se rapporte peu ou prou à ce sujet : l'homme moderne serait venu d'Afrique, et nous serions tous des "descendants d'Africains", le continent noir étant la matrice originelle de l'ensemble du genre humain.

Pour ma part, je ne crois pas au "berceau" unique de l'espèce humaine. Ils ont été multiples, comme tendent à le démontrer de plus en plus les dernières découvertes paléontologiques. Que l'on soit tous issus d'une variété particulière de singes anthropoïdes qui se serait dispersée aux quatre coins du monde, ce n'est ma foi pas impossible, quoique ça reste à démontrer. Après tout, ces singes anthropoïdes peuvent tout aussi bien être apparus dans des foyers différents de façon plus ou moins simultanée. Dans tous les cas, ceci dit, ce n'est alors pas une affaire de race mais d'espèce commune. Cette histoire de berceau unique en Afrique orientale n'est somme toute qu'une hypothèse. Elle ne doit pas être prise comme une vérité incontestable, qui ne serait jamais susceptible d'être déboulonnée. Elle ne repose que sur quelques restes d'hominidés. En outre, les hominidés en question ne sont pas des humains proprement dits, du genre Homo, mais des singes anthropoïdes tels que l'australopithèque "Lucy", par exemple. Nuance...

Des découvertes récentes d'ossements fabuleusement anciens en Asie (centrale et orientale) démontrent en tout cas que l'apparition de l'Homme dans ces contrées s'est produite bien avant ce qu'on admettait jusqu'alors sur la base de la théorie "out of Africa". De quoi remettre en question bien des "certitudes" (ou dogmes ?)...Le plus ancien homme moderne (Homo sapiens, donc) d'Europe découvert à ce jour en Crimée, en 2011, est daté de 32000 ans. Ce n'est probablement pas le plus ancien Européen, on trouvera sans doute plus ancien. Quant à l'Asie du Sud-Est (Laos), on y a découvert en 2012 des restes d'Homme moderne datés de...63000 ans. Plus fort encore, l'Homme de Zhirendong, dont les restes datés de 100 000 ans ont été exhumés dans le sud de la Chine, est incontestablement un homme moderne. Lorsqu'on songe au fait que, selon la théorie du "Out of Africa", l'Homme moderne, Homo Sapiens Sapiens, serait sorti d'Afrique pour coloniser le monde voici 70 000 à 90 000 ans, le paradoxe -pour ne pas dire l'impossibilité manifeste- saute aux yeux.  Il est évident, compte tenu de ces éléments nouveaux, que l'Europe comme l'Asie ont été peuplées d'Homo Sapiens bien avant la date admise jusque là. Et ceci n'est probablement qu'un début, nous ne sommes peut-être pas au bout de nos surprises...

L'hypothèse "Out of Africa" ne change rien, de toute façon. Quand bien même il s'avèrerait exact que l'ancêtre commun des diverses variantes de l'espèce humaine serait apparu en Afrique, en Patagonie méridionale ou à Vladivostok, la chose ne revêt pas la moindre importance si on la considère du strict point de vue de l'évolution, laquelle n'est autre qu'un processus dynamique de différentiation. La génétique démontre que nous avons tous, à un moment où à un autre de notre histoire évolutive, eu une origine commune à toutes les variantes de l'espèce humaine. Tout comme elle démontre aussi que nous avons tous une origine commune avec toutes les autres formes de vie existant ou ayant existé sur notre planète, si l'on veut remonter plus loin encore. Il n'en demeure pas moins que c'est bel et bien le processus de différentiation, via l'évolution, qui est à l'origine des variations, tant au sein des espèces (races, ethnies) qu'entre les espèces elles-mêmes. Le dogme de l'origine africaine de l'Homme moderne, tel qu'il est martelé par les tenants du scientifiquement et politiquement correct, revêt en réalité une dimension racialiste et suprémaciste, puisqu'en postulant que nous serions tous des "descendants d'Africains", on sous-entend dès lors que les Africains subsahéliens n'auraient que peu ou pas évolué. Ils seraient donc fondamentalement des arriérés, des retardés n'ayant pratiquement pas connu d'évolution depuis les origines, contrairement au reste de l'Humanité... La vérité est tout simplement que non, les Africains ne sont pas nos "parents" : ils sont juste nos "cousins". D'autant plus qu'il n'existe pas qu'un seul type de population africaine subsaharienne, mais bien au contraire une multitude d'ethnies distinctes.

La vérité est aussi que la théorie du prétendu "Out of Africa" n'est qu'une fable, abondamment relayée par les tenants du politiquement correct. Ils en ont fait un véritable dogme, pour des raisons d'ordre idéologique.

En guise d'appendice, je vous invite à prendre connaissance des articles  ci-dessous reproduits, et qui montrent en quoi les récentes découvertes paléontologiques effectuées en Europe et en Asie bouleversent littéralement les "certitudes" et les datations officiellement retenues jusqu'à une date récente.

 

Hans CANY



 

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Découverte des plus anciens Hommes modernes du Sud-Est de l'Europe

 

Publié le mercredi 12 octobre 2011 · Mis à jour le lundi 25 février 2013

 

Avec Stéphane Péan, préhistorien, Muséum national d’Histoire naturelle, et Sandrine Prat, CNRS

 

 

Le Salon noir, France Culture, le mercredi de 14h30 à 15h  Par Vincent Charpentier Émission du 31 août 2011Des restes humains découverts en Crimée (Ukraine) viennent d’être datés de 32 000 ans par une équipe de chercheurs européens. Parures en ivoire de mammouth, coquillages perforés, outils, antilopes saïga, renards et lièvres sont présents dans cet abri sous roche de Buran-Kaya, mais surtout, morceaux de crâne, dents, vertèbre, phalanges humaines, appartenant à 5 individus (un enfant, deux adolescents et deux adultes). Ceux-ci auraient été victimes d’un cannibalisme rituel, du moins envisagent aujourd’hui les chercheurs. Quoiqu’il en soit, ses découvertes sont les plus anciens témoignages directs de la présence de notre espèce, l’Homme moderne -Homo sapiens- au sud-est de l'Europe. Ils attestent l'hypothèse d'une colonisation du continent, par les premiers Hommes modernes.

 

 

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Les racines de l'homme sont-elles vraiment africaines ?

 

Sciences et Avenir – Numéro de décembre 2010 (p 27)

 

 

Des scientifiques chinois et américains viennent de dater les restes de l’homme de Zhirendong dans le sud de la Chine : ils auraient au moins 100 000 ans. Cette datation repousse la date de la présence des hommes modernes en Chine de près de 60 000 ans.

 

 

Elle bouscule aussi le scénario de “l’Out of Africa“, selon lequel nos ancêtres Homo sapiens sapiens seraient sortis d’Afrique il y a environ 70 000 à 90 000 ans pour conquérir peu à peu le monde. L’homo sapiens archaïque de Zhirendong étant antérieur, il ne pourrait pas en être issu. De quoi remettre en question l’origine exclusivement africaine de l’homme moderne.

 

Zhirendong_PNAS.jpg

 

 

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