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18/10/2017

HALLOWEEN / SAMHAIN / SAMONIOS, expression de la Tradition païenne d'Europe

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hans cany,identité & racines

A en croire les plus virulents détracteurs d'Halloween, cette fête mercantile et d'origine états-unienne n'aurait strictement rien à faire chez nous autres, Européens sans ascendance anglo-saxonne.
Au mieux, elle se voit réduite à une dérisoire festivité enfantine au cours de laquelle des marmots grimés font du porte à porte pour quémander des bonbons, à une simple soirée déguisée sur fond d'imagerie macabre, d'un goût plus que douteux. Au pire, on dénonce en elle une méprisable manifestation de l'impérialisme culturel yankee, voire même l'expression d'une inquiétante recrudescence de subversion satanique, dont le but caché mais évident serait d'annihiler et de remplacer notre traditionnelle et très chrétienne Toussaint...


Compte tenu de l'ineptie des fantasmes ambiants et de la confusion régnante, à l'attention des Hilotes et des Béotiens, et afin de rappeler à tout un chacun ce qu'il en est véritablement, une brève mise au point s'impose donc.

 

HALLOWEEN : qu'est-ce donc, au juste ? Il convient en tout premier lieu de faire justice d'une certaine idée reçue.
Nonobstant un préjugé hélas fort répandu, il ne s'agit nullement d'une fête carnavalesque américaine, ni d'une mascarade commerciale de création récente.

Ce sont en réalité les migrants originaires des îles britanniques (Anglais, mais surtout Irlandais, Gallois et Ecossais) qui l'ont exportée aux USA entre le XVIIème et le XIXème siècles, et c'est donc par cette voie qu'elle nous revient aujourd'hui en Europe continentale.

C'est dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, mais aussi pendant une bonne dizaine de jours avant et après cette date, qu'était célébrée dans une grande partie de l'Europe une fête païenne majeure baptisée Hallowe'en dans la Tradition germano-celtique du monde anglo-saxon, et correspondant à la Samain/Samhain des Celtes. Contrairement à une croyance tenace, cette fête n'est pas non plus que l'apanage de l'Irlande et de la Grande Bretagne, puisqu'elle était également célébrée chez les Celtes continentaux et notamment en Gaule, sous le nom de Samonios.

Halloween/Sam(h)ain/Samonios, correspond originellement aux festivités qui marquaient la célébration du nouvel an celtique. Halloween est également l'héritière d'une fête équivalente dans la tradition germano-nordique, et c'est en ce sens qu'elle constitue un des nombreux points de convergence entre les deux mondes culturels et civilisationnels que sont le monde germanique d'une part, et le monde celtique d'autre part, étroitement apparentés à plus d'un titre.

Cette célébration marque le passage de la partie lumineuse du cycle des saisons à sa partie sombre, partie sombre qui inaugure donc une nouvelle année. Le passage inverse, de la partie obscure à la partie lumineuse, est célébré quant à lui dans la nuit du 30 avril au 1er mai : c'est alors la fête de Cetsamhain/Beltaine dans la Tradition celtique, ou "Nuit de Walpurgis"/Ostara dans la Tradition germanique, qui est en fait l'exacte réplique d'Halloween/Sam(h)ain/samonios, avec les mêmes implications, mais bien évidemment "inversées".

Célébration de l'entrée dans la période la plus sombre de l'année et de la mort symbolique de la Nature, Halloween/Samain, tout comme Beltaine/Walpurgis, constitue une nuit "hors du temps", peuplée de forces obscures et au cours de laquelle le monde des morts et de l'au-delà interfère avec celui des vivants. Elle est marquée par l'errance de forces impalpables, de créatures ténébreuses et inquiétantes, au premier rang desquelles les sorcier(e)s maléfiques, les spectres, les revenants , les loups-garous, et autres monstres.

Elle est donc aussi la fête des morts et des esprits désincarnés, le Jour des Morts proprement dit se célébrant le 1er novembre, devenu la "Toussaint" sous l'effet de la christianisation. L'Eglise chrétienne a tenté de récupérer cette tradition païenne de la Fête des Morts en la décalant officiellement au 2 novembre, mais les gens continuent de se rendre dans les cimetières le 1er, et non le 2 novembre. Ceci illustre de façon limpide la persistance d'une tradition plurimillénaire fortement enracinée dans l'héritage ancestral européen.

 A toutes celles et tous ceux qui se soucient de rétablir le lien avec leurs véritables racines spirituelles ancestrales, je souhaite donc une excellente célébration de cette nuit exceptionnelle. Il serait infiniment regrettable de la condamner  à  l'oubli, comme de l'abandonner définitivement, vidée de son contenu véritable, aux seules récupérations profanes et commerciales. Halloween est aujourd'hui de retour sur le sol de la vieille Europe. Nous ne devons pas bouder ce grand retour d'une part importante de nous-mêmes, mais bien au contraire nous en réjouir.

Hans CANY

 

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Pour en savoir plus à ce sujet, je vous recommande vivement la lecture
du remarquable "B.A.-BA HALLOWEEN" de Jean-Paul Ronecker
(Editions Pardès)

Une étude magistrale et captivante, fort bien documentée
tout en restant accessible à toutes et à tous.

hans cany,paganisme,identité & racines

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08/10/2017

NIETZSCHE CONTRE LE TRAVAIL

« Les Américains aspirent à l’or ; et leur frénésie de travail – le vrai vice du Nouveau Monde – Nietzsche_3.jpgcommence déjà à ensauvager la vieille Europe en y décimant d’étrange sorte la pensée.

On a maintenant honte du repos ; on éprouverait presque un remords à méditer. On pense montre en main, tout de même qu’on déjeune, un œil sur le courrier de la Bourse ; on vit constamment comme le monsieur qui a peur de "rater quelque chose".

"Mieux vaut agir que ne rien faire", voilà encore un de ces principes chargés à balle qui risquent de porter le coup de grâce à toute culture supérieure, à toute suprématie du goût. Cette frénésie de travail sonne le glas de toute forme ; pis, elle enterre le sentiment même de cette forme, le sens mélodique du mouvement ; on devient aveugle et sourd à toutes les harmonies. […]

On manque de temps, on manque de force à consacrer à la cérémonie, aux détours de la courtoisie, à l'esprit de conversation, et au loisir d'une façon générale. Car la vie, devenue chasse au gain, oblige l’esprit à s’épuiser sans trêve au jeu de dissimuler, de duper, ou de prévenir l’adversaire ; la véritable vertu consiste maintenant à faire une chose plus vite qu’un autre. [...] Si l'on trouve encore du plaisir à la société et aux arts, c'est un plaisir du genre de ceux que peuvent se tailler des esclaves tués de travail [...] Chaque jour, le travail accapare davantage la bonne conscience à son profit : le goût de la joie s'appelle déjà "besoin de repos"; il commence à rougir de lui-même [...].

Eh bien autrefois, c'était le contraire : c'était le travail qui donnait des remords. Un homme bien né cachait le sien, si la misère le contraignait à en faire un.
»


Friedrich Nietzsche
(Le gai savoir, 1882, traduction d'Alexandre Vialatte)

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02/09/2017

Abattages rituels et sacrifices sanglants, au degré zéro de l'élévation spirituelle

 Alors que j'affiche très volontiers, au nom de la liberté de conscience la plus élémentaire, une large ouverture d'esprit en matière de spiritualité, on me demande parfois quelle est ma position au sujet de l'abattage rituel et des sacrifices animaux effectués dans le cadre de telle ou telle pratique religieuse. Par ce court texte, j'entends donc apporter une réponse parfaitement claire à cette épineuse question, laquelle donne aujourd'hui lieu à de fort houleuses controverses.

**********

 
 Il va sans dire que ma condamnation de ce type de "rites" barbares, d'où qu'ils viennent, est absolument sans appel, et ce quelle que soit la religion dont se réclament ceux qui s'y adonnent, fussent-ils musulmans, juifs, païens ou de quelque autre confession que ce soit. Ces crimes abjects doivent être partout abolis. Je suis et resterai toujours absolument intraitable sur ce point.
Je précise d'emblée que cette condamnation de principe s'applique non seulement à l'abattage "rituel" des animaux dits "de boucherie", acte ignoble entre tous, mais aussi aux divers sacrifices sanglants effectués à l'occasion de quelconques cérémonies.

 Au risque assumé de m'attirer l'ire de ceux qui, de plus ou moins bonne foi, approuvent ou tolèrent de semblables agissements au nom d'une prétendue défense de la diversité ou de la liberté de culte, j'oserai même ajouter sans le moindre complexe qu'à mes yeux, la pratique du sacrifice animal ou humain relève de surcroit d'une conception spirituelle de très bas étage, qui confine à la superstition et à la bêtise pure et simple.

 Bien sûr, le principe de l'acte repose sur une notion simpliste qu'il est pour le moins aisé de décrypter. Il s'agit tout bonnement de renvoyer le souffle de vie ou l'âme de la victime sacrificielle vers la source créatrice dont il ou elle est issu(e), dans l'espoir de susciter l'attention de la divinité et de s'attirer ses bonnes grâces. Il n'en demeure pas moins que ce raisonnement puéril et d'une naïveté confondante, aussi amoral soit-il, ne fait en réalité que servir de prétexte et de couverture à la commission de ce qu'il convient objectivement de désigner pour ce qu'ils sont : des meurtres.

  Au nom de quoi Dieu -ou une quelconque autre entité divine-, pourvoyeur de vie et parfois même "tout Amour", pourrait-Il être ravi que l'on ôte ainsi la vie et/ou l'âme qu'Il est censé avoir insufflé à l'une de Ses créatures, et qu'on la lui renvoie par le truchement d'un acte violent et anti-naturel ? C'est fondamentalement absurde et philosophiquement immoral, plutôt qu'amoral. Et ce, d'autant plus si la victime du sacrifice n'est pas consentante !

 Chez de nombreux païens de toutes traditions, y compris chez la grande majorité des adeptes de l'hindouisme, les sacrifices ont depuis longtemps pris la forme d'offrandes végétales et de nourriture. Faudrait-il donc déplorer cette évolution liturgique ? Assurément non, bien au contraire.

 Du point de vue qui est le mien, les musulmans ou juifs qui égorgent des moutons, comme les simili païens qui, à notre époque, s'adonnent ou voudraient s'adonner à des pratiques anachroniques du même ordre, ne sont que de fieffés spécimens d'imbéciles conditionnés qui se rendent coupables, de façon plus ou moins consciente, de crimes.

 Tous les peuples, toutes les cultures et toutes les religions ont, à un moment ou un autre de leur existence, pratiqué le sacrifice humain et/ou animal. Mais arrive toujours un moment où il faut savoir faire preuve de discernement, en opérant une distinction entre ce qui est essentiel et conserve une valeur intemporelle d'une part, et ce qui porte clairement la marque de son temps et des moeurs qui y sont liées d'autre part. L'ancienneté -toute relative- d'une pratique n'est en aucun cas le gage de sa légitimité et de sa moralité, très loin s'en faut.

 Le divin ne se trouve pas hors de nous, mais en nous. Il est non seulement le souffle de vie, mais aussi l'esprit, et ce que nous nommons quasi-instinctivement l'âme, sans même parfois pouvoir définir précisément cette dernière. L'esprit et l'âme appartiennent à tout ce qui peut penser, à des degrés divers. Mais le souffle de vie, lui aussi parcelle du divin, réside en tout ce qui vit. Même en ce qui ne peut ni penser ni souffrir au sens animal du terme. Ce sont l'esprit et l'âme qui permettent de percevoir les sensations physiques et mentales : la douleur, la souffrance, le bien-être et les émotions, heureuses ou non.

 Tous  les animaux, même les plus "primitifs" et les plus "insignifiants", sont au moins pourvus d'un esprit et d'une conscience perceptive, lesquels en font des êtres sensibles, capables de se mouvoir et d'agir en fonction de leurs besoins, d'adapter leur comportement en fonction des circonstances, de ressentir la douleur ou le bien-être, la peine ou la joie, la peur ou la quiétude, en percevant ces sensations basiques exactement de la même manière que le font les êtres humains. L'espèce humaine, du reste, ne fait jamais que relever du règne animal, exactement au même titre que tant d'autres espèces qu'elle tend à qualifier, de façon bien présomptueuse, d' "inférieures".

 C'est donc pourquoi, à mon sens, toute conception spirituelle un tant soit peu élaborée se doit non seulement de tenir compte de toute vie, mais aussi et surtout de toute vie sensible, à sa juste valeur. Tout ce qui va dans le sens d'une évolution positive et d'une véritable élévation des consciences ne peut que rejeter catégoriquement ce qui devrait apparaître aux yeux de tous comme des pratiques odieuses issues d'autres temps, et dont la seule évocation ne peut qu'inspirer le plus profond dégoût.

Hans Cany

 

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06:25 Publié dans Cause animale et végétarisme, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

29/07/2017

Panthéon celtique : le dieu LUG, proche du Wotan germanique

 

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LUG, ou LUGH, appelé LLEU chez les Gallois, est, avec le Dagda, le plus grand dieu du panthéon celtique irlandais. Il occupait aussi la plus haute place dans le panthéon des Celtes des Gaules, où il était honoré sous le nom continental de LUGOS. Les nombreuses traces qu'il a laissées dans la toponymie attestent de son importance, les plus célèbres étant notamment la ville de Lyon (Lugdunum : forteresse de Lugos, et "capitale des Gaules" à l'époque gallo-romaine), ou encore Laon, Loudun, Leyde et Leipzig, qui sont tous des "Lugdunum"). Citons aussi le cas du temple dit de Mercure, au sommet du Puy de Dôme, un sanctuaire dédié à Lugos s'y trouvait originellement, qui fut par la suite aménagé en temple de Mercure-Lugos à l'époque gallo-romaine.
 
Les Romains l'identifièrent à leur Mercure, et de fait, Lugos est aussi le protecteur des voyageurs. Inventeur de tous les arts, il est un dieu hors fonction, polyvalent, car il est le Multiple Artisan. Il incarne la puissance du rayonnement solaire en tant que pourvoyeur de vie et de lumière. On retrouve d'ailleurs la racine "Lu" dans le mot "lumière" français, tout comme dans le mot "luz" espagnol, voire dans le "light" anglais et le "Licht" allemand, ce qui laisse présager une très ancienne racine indo-européene.
 
Il est le porteur de lumière génératrice de vie et induisant la clarté, mais n'en incarne pas pour autant les forces curatives. La dimension guérisseuse et physiquement régénératrice de la lumière est incarnée quant à elle par une autre divinité solaire bien connue, Bel ou Belenos. Lug/Lugos, pour sa part, est la lumière personnifiée. 
 
C'est également une divinité guerrière, qui présente de troublantes analogies avec le Wotan/Odin du panthéon germano-nordique : comme ce dernier, il est borgne, est porteur d'une lance magique, et est accompagné de corbeaux, animaux sacrés semblables à Huginn et Muninn qui font partie de ses attributs. Il est même généralement accompagné de deux loups, tels Geri et Freki. Les similitudes entre traditions celtique et germanique sont ici si criantes qu'il y a lieu de s'interroger au sujet d'une filiation spirituelle et culturelle.
 
Lug / Lugos est honoré dans le cadre d'une fête majeure du calendrier celtique, Lugnasad (ou Lughnasadh), qui se célèbre aux alentours du 1er août.
 
Hans CANY
31 juillet 2015 E.V.
 

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04:20 Publié dans Histoire, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : identité & racines, paganisme, religions, hans cany |  Facebook | | |

06/08/2016

Islam et terrorisme : à propos d'amalgames [par Jean-Claude Bourret]

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Une mise au point très pertinente, à lire attentivement et en intégralité.



Terrorisme : attention aux amalgames : l'islam n'est pas en cause !

Non ! Aussi surprenant que cela puisse paraître, dans la série d'attentats qui ensanglante beaucoup de pays, y compris ceux ou les attentats suicides sont quasi quotidiens, l'islam n'a rien à voir, pour une raison simple que bien peu mettent en avant : l'islam, n'existe pas.

Les "islams"...oui.

Donc, il est bien difficile d'imputer à 'l'islam", ces actes désespérés, témoignages d'une foi totale et rudimentaire (sans réflexion).

Les plus informés parlent de l'islam "salafiste", sans d'ailleurs qu'une explication soit donnée à ce terme, qui est confondu sommairement avec le qualificatif "extrémiste"

Il y a plusieurs évidences, pour ceux qui étudient l'islam, comme pour les musulmans avertis :

1- la loi d'Allah est supérieure à la loi des hommes, donc aux lois de la république.

2-Réduire l'islam aux exactions d'une poignée de déracinés de notre civilisation, souvent issus des quartiers ou ils ont vécu d'expédients, notamment de traffic de drogues, est totalement indigne...et faux.

3- Une grande majorité des musulmans, pratiquent un islam paisible...tout simplement parce que,  comme les autres croyants, ils ne connaissent pratiquement rien de leur religion : Comment a-t-elle été créée...? Qui a écrit le Coran ? Quand ? Pourquoi y-a-t-il des contradictions dans le Coran ? Pourquoi des sourates démentent-elles d'autres sourates ? Pourquoi les hadiths ont-ils été si nombreux au IXème siècle ? Pourquoi a-t-il fallu "faire le ménage" et passer de plus d'un million de hadiths à moins de sept mille ? etc.)

4- L'islam salafiste , dont on parle beaucoup pour en affubler les kamikazes, se présente comme l'islam le plus pur, celui du VIIème siècle. Il s'agit pour le musulman salafiste "d'imiter" la vie de Mahomet, lors de sa vie réelle, et d'exclure toute interprétation ultérieure, par les savants de l'islam.

5- Le salafisme, et c'est un point essentiel, condamne tout croyant qui utiliserait son cerveau pour avancer dans le chemin de la connaissance. Les salafistes condamnent évidemment tout ce qui s'apparente à la civilisation occidentale, à la liberté des femmes, totalement contraire à la sourate IV verset 47 ou 38 selon les traductions.

6- Le salafisme est enseigné par l'école coranique la plus sectaire (école hanbalite) qui s'appuie uniquement sur les 114 sourates du Coran et sur la sunna, prélude au wahhabisme.(Arabie et Qatar)

7-La salafisme lui même est divisé en trois courants (cheikhite...réveil islamique (Al sahwa al islamiya...et le salafisme jihadiste) , mais le courant majoritaire est le salafisme cheikhite (ou quiétiste)

8- Ce courant majoritaire prone d'éviter toute vie sociale, tout engagement politique (à l'inverse des frères musulmans)...Ce n'est pas dans cette branche de l'islam que l'on trouve le terrorisme et les candidats au suicide, mais dans la troisième branche du salafisme (de salaf : les pieux prédécesseurs) : le salafisme jihadiste.

9-C'est donc cette troisième branche du salafisme qui recrute les terroristes, via le web, ou dans les mosquées salafistes. La philosophie du salafisme jihadiste est simple : tout musulman a l'obligation de combattre à mort les infidèles (les non musulmans) qui oppriment l'islam par des lois civiles (démocratie) alors que seule la parole d'Allah dans le Coran et la sunna doivent guider le vrai musulman, soumis à la volonté d'Allah.

10- Nous ne sommes sortis, ni de l'auberge, ni de la mosquée salafiste...Il y a encore , hélas, un travail de culture et de connaissance, qui prendra plus d'un siècle, avant que les musulmans jihadistes ne comprennent qu'ils sont dans une erreur immense et facilement vérifiable...à la condition d'utiliser ce qu'Allah a mis entre nos deux oreilles...

Ainsi, accuser les musulmans en général ou l'islam en particulier, est une erreur due à notre propre inculture, et à la nécessité, pour les médias, de faire simple.


Jean-Claude Bourret
6 août 2016


22:08 Publié dans Politique, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géopolitique et politique internationale, religions |  Facebook | | |

28/07/2016

Alain de Benoist : « Les islamophobes sont les idiots utiles de l’islamisme radical »

Un court entretien avec Alain de Benoist, originellement publié sur Boulevard Voltaire en janvier 2015, en pleine vague d'hystérie collective suite à la fameuse affaire des attentats parisiens. De fort pertinentes réflexions sur lesquelles nombre de ceux que j'appelle les "nationalistes casher", à savoir certains "islamophobes" qui, aveuglés par une haine sans nuances de tout ce qui est musulman, en viennent parfois à professer un philosionisme des plus ineptes, seraient bien inspirés de méditer.

Hans CANY

 

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Près de quatre millions de personnes qui défilent, après les attentats, pour un journal qui vendait péniblement à 30.000 exemplaires, c’est en soi un événement. Grand moment de communion nationale ou psychose collective ?

Alain de Benoist : Les manifestations auraient eu du sens si elles s’étaient bornées à exprimer de façon solennelle le refus du terrorisme par le peuple français. Organisées par le gouvernement et les partis politiques, elles se sont transformées en une immense vague d’identification victimaire symbolisée par le slogan « Je suis Charlie », promu de manière orwellienne nouveau mot d’ordre « républicain ». Dès lors, il ne s’agissait plus tant de condamner des attentats et des assassinats que de s’identifier aux « valeurs » de Charlie Hebdo, c’est-à-dire à la culture du blasphème et de la dérision.

Durant la manifestation et les jours qui ont suivi, dans une France plongée en état d’apesanteur et noyée dans la moraline, on aura tout vu. Les cloches de Notre-Dame de Paris sonnant le glas pour les bouffeurs de curé. L’« union nationale » sans le Front national. La « liberté d’expression » réduite au droit au blasphème et s’arrêtant à Dieudonné. Celle des caricaturistes dépendant de la personne visée (Mahomet en train de sodomiser un porc : tellement drôle ! Christiane Taubira en guenon : intolérable !). Des bataillons de chefs d’État (deux fois le G20 !) chantant les louanges d’un titre dont ils n’avaient jamais entendu parler huit jours plus tôt. Des millions de zombies se ruant dans les kiosques pour acheter, tel le dernier smartphone, un journal qu’ils n’avaient jamais eu la curiosité d’ouvrir depuis vingt ans. Le badge « Je suis Charlie » succédant au ruban pour le SIDA et à la petite main de « Touche pas à mon pote ». Spectacle surréaliste ! Tout le monde il est gentil, tout le monde il est Charlie, dans le grand hospice occidental transformé en bisounurserie. Les rédacteurs de Charlie Hebdo, qui se voulaient tout sauf « consensuels », auraient été les premiers stupéfaits de se voir ainsi canonisés. Quant aux djihadistes, ils ont dû bien rigoler : un défilé des moutons n’a jamais impressionné les loups.

 

Ces cortèges peuvent-ils être mis sur le même plan que le défilé gaulliste sur les Champs-Élysées en 1968, les marches contre Jean-Marie Le Pen en 2002 ou la déferlante de la Manif pour tous ?

Alain de Benoist : Je ne le crois pas. Pour Valls et Hollande, la manifestation avait au moins six objectifs : marginaliser le Front national et neutraliser l’UMP (qui est évidemment tombée dans le panneau la tête la première) au nom de l’« union sacrée », solidariser les Français autour d’une classe politique gouvernementale discréditée, justifier l’engagement de la France dans une nouvelle guerre d’Irak où elle n’a rien à faire, mettre en place un espace policier européen où l’on sait d’avance que ce ne sont pas seulement les islamistes qui seront surveillés (Manuel Valls affirmant sans rire que les « mesures exceptionnelles » qu’il s’apprête à prendre ne seront pas des mesures d’exception !), faire croire que le terrorisme auquel nous sommes aujourd’hui confrontés a plus à voir avec le Proche-Orient qu’avec l’immigration et la situation des banlieues, enfin persuader l’opinion que, « face au terrorisme », la France, fidèle vassale du califat américain, ne peut qu’être solidaire de pays occidentaux qui n’ont jamais cessé d’encourager l’islamisme, tout en noyant leurs erreurs et leurs crimes derrière le rideau de fumée du « choc des civilisations » (Poutine n’avait bien sûr pas été invité !). Force est de reconnaître que tous ces objectifs ont été atteints.

J’ai eu le tort, dans un entretien précédent, de parler de réactions spontanées. Celles auxquelles ont eu droit les journalistes de Charlie Hebdo – mais non le malheureux otage français Hervé Gourdel décapité en Algérie trois mois plus tôt – ont en réalité été mises en forme par les injonctions sociales et médiatiques, la grande fabrique postmoderne des affects et des émotions. Il faudrait un livre entier pour analyser dans le détail ce coup de maître qui a permis, en l’espace de quelques heures, de récupérer la colère populaire au bénéfice d’une adhésion « républicaine » à l’idéologie dominante et d’une « union nationale » avant tout destinée à redresser la courbe de popularité du chef de l’État. La classe politique gouvernementale apparaît ainsi comme la principale bénéficiaire de la légitime émotion soulevée par les attentats.

 

On a enregistré ces derniers jours une recrudescence des actes antimusulmans (attaques contre des mosquées, etc.). Cela vous surprend ?

Alain de  Benoist : Cela me surprend d’autant moins que les attentats sont faits pour ça : stimuler une islamophobie que les terroristes djihadistes considèrent comme un « vecteur de radicalité » privilégié. Les terroristes islamistes adorent les islamophobes. Ils souhaitent qu’il y en ait toujours plus. Ils savent que plus les musulmans se sentiront rejetés par les non-musulmans, plus ils pourront espérer les convaincre et les radicaliser. Les djihadistes assurent qu’ils représentent le « véritable islam », les islamophobes leur donnent raison en disant qu’il n’y a pas de différence entre l’islam et l’islamisme. Que les premiers commettent des attentats alors que les seconds verraient plutôt sans déplaisir se multiplier les pogroms contre ceux qui « rejettent le mode de vie occidental » (le sympathique mode de vie mondialisé de la consommation soumise) n’y change rien. Les islamophobes sont les idiots utiles de l’islamisme radical.

À l’époque de la guerre d’Algérie, que je sache, on ne faisait pas grief aux harkis d’être musulmans, et l’on ne s’étonnait pas non plus qu’il y ait des mosquées dans les départements français d’Alger, d’Oran et de Constantine. Pour ma part, je ne ferai pas aux terroristes islamistes le cadeau de devenir islamophobe. Et je ne fantasmerai pas non plus sur la « France musulmane » comme Drumont fantasmait sur La France juive (1885), en associant mécaniquement islam et terreur comme d’autres associaient naguère les Juifs et l’argent.

 

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Source : http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/les-islamophobes-s...

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18/04/2016

BELTAINE / CETSAMHAIN / Nuit de Walpurgis

 

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C'est dans la nuit du 30 avril au 1er mai qu'est célébrée dans une grande partie de l'Europe une fête païenne majeure baptisée "Nuit de Walpurgis" dans la Tradition germanique, et correspondant à la Beltaine des Celtes.
Infiniment plus méconnue qu'Halloween/Samhain (car beaucoup moins vulgarisée, médiatisée, et "rentabilisée"), Walpurgis/Beltaine en constitue l'exacte réplique, la seconde marquant le passage de la partie sombre de l'année à la partie lumineuse, inversement à la première. Elle porte d'ailleurs aussi le nom de Cetsamhain, ce qui traduit bien la correspondance entre ces deux points essentiels de l'année celtique.

Fête du retour de la lumière et du renouveau de la Nature, elle n'en constitue pas moins également une nuit "hors du temps", peuplée de forces obscures et au cours de laquelle le monde des morts et de l'au-delà interfère avec celui des vivants. Tout comme Halloween, elle est marquée par l'errance de forces impalpables, de créatures ténébreuses et inquiétantes, au premier rang desquelles les sorcier(e)s maléfiques, les revenants et autres loups-garous. Le thème du loup-garou est d'ailleurs spécifiquement associé à la nuit de Walpurgis dans l'ancienne Tradition germanique.

On s'y réunit aussi autour de grands brasiers conjurant les ténèbres et saluant le retour du Soleil régénérateur, les fameux "Feux de Beltaine", qui sont l'occasion de moultes réjouissances et libations en l'honneur des forces vives de la Terre-Mère. Soleil et Terre-Mère respectivement symbolisés par le Dieu Bel/Belenos -d'où le nom de Beltaine-, et par l'antique déesse préceltique Maïa, d'où le nom du mois de Mai.

A toutes celles et tous ceux qui se soucient de rétablir le lien avec leurs véritables racines spirituelles ancestrales, je souhaite donc une excellente célébration de cette nuit exceptionnelle, qu'il serait fort dommage de laisser dans l'oubli !

Hans CANY

 


 

 

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14/12/2015

YULE et Solstice d'hiver : aux origines cachées de Noël

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JUL (ou YULE), le Solstice d'Hiver consacré à Wotan/Odin, arrive à grands pas. C'est ce Solstice d'Hiver païen qui fut naguère détourné par l'Eglise chrétienne pour en faire Noël, en le décalant simplement au 24-25 décembre, date à laquelle s'achevaient les Saturnales de la Rome antique, et où l'on célébra aussi à partir d'une certaine époque Sol Invictus, le Soleil Invaincu, de même que, plus marginalement, la naissance du Dieu Mithra, lui-même divinité solaire.

Cette tradition ancestrale remonte donc bien au-delà du christianisme, en dépit des idées reçues. Les rites et festivités liés au Solstice d'Hiver, qu'ils se rattachent à l'antique  tradition romaine ou aux racines germano-nordiques de la célébration, honorent tous la renaissance progressive de la lumière et de la vie, à partir du point le plus obscur de l'année. La période du solstice d'hiver, comprise approximativement entre le 21 et le 25 décembre, est en effet celle où la nuit est la plus longue, et le jour le plus court. Il s'agit donc de célébrer le réveil annoncé de la nature et de la vie, dans le mouvement cyclique des alternances entre la mort et la vie, la rotation éternelle du cycle des saisons, symbolisée notamment par la roue solaire.

A vrai dire, le nom même de Noël est une altération d'une autre désignation de cette fête païenne : la Neue Helle, autrement dit la "Nouvelle Clarté". Elle marque donc le début, à partir du Solstice d'Hiver, d'un lent processus de renouveau de la lumière, des forces de la vie et de la Nature endormies, le soleil commençant très progressivement à briller chaque jour un peu plus longtemps à compter de cette date. Certains auteurs, tels que le très estimable Alain de Benoist dans son ouvrage Fêter Noël, ont pour leur part proposé une autre étymologie du nom français Noël, en le faisant dériver du latin natalis, et en l'apparentant donc à l'italien Natale et au provençal Nadal, qui désignent explicitement la "Nativité". Cette théorie linguistique apparait néanmoins pour le peu hasardeuse, pour ne pas dire douteuse, et ne résiste guère à la comparaison avec celle qui fait dériver le mot de la Neue Helle, nettement plus plausible et convaincante.

C'est dans cette même optique de célébration de l'espoir de la renaissance que se sont popularisées via les traditions germano-nordique comme romaine les décorations à base de branches et de feuilles de houx, de sapin, ces plantes qui demeuraient toujours vertes et qui incarnaient donc le renouveau à venir. Les couronnes de l'Avent, constituées de branches vertes tressées en forme de cercle, participent de la même symbolique, représentant la plante qui reste verte associée au cercle du cycle des saisons et des renaissances, véritable forme simplifiée de la roue solaire, en l'honneur du soleil invaincu et renaissant.

Procède aussi bien entendu du même symbolisme païen l'arbre de Noël, tradition évidemment héritée des anciens usages germaniques et nordiques, tout comme celle de la bûche, qui se rapporte aux anciennes célébrations du Solstice d'Hiver, par rapprochement entre le feu et le soleil à renaître. Le sapin, en sus d'être toujours vert et d'incarner les principes de vie et de renaissance, s'apparente aussi à l'Irminsul des anciens Germains continentaux, ainsi qu'à l'Yggdrasil des anciens Scandinaves. Il est arbre de vie et axis mundi, axe du monde qui soutient et relie les divers plans de l'univers.
Le sapin de Noël se fait ainsi image de l'arbre cosmique, et s'inscrit donc dans une représentation du sacré dont le sens échappe aujourd'hui au plus grand nombre.

Quant à la figure mythique du Père Noël, si chère à l'imaginaire enfantin, elle est en fait issue d'un subtil mélange entre trois  personnages mythologiques : le dieu Wotan/Odin, la déesse Freyja, deux divinités pourvoyeuses symbolisant l'abondance et la fertilité, et le Saint Nicolas chrétien, lui -même constituant une figure pourvoyeuse d'origine païenne.

Noël ne constitue pas une célébration d'essence chrétienne. Dans les premiers siècles de l'Eglise, la Nativité fut tour à tour fixée au 6 janvier, date de l'Epiphanie grecque à Alexandrie, puis au 13 janvier, au 2 avril, au 20 avril, au 28 mars, au  21 mai, au 18 novembre... Aujourd'hui encore, certaines églises chrétiennes, notamment celles d'Orient comme celles d'Arménie et de Syrie, rejettent le dogme dominant. Ce n'est en effet que tardivement, à la fin du IIIème siècle de l'ère chrétienne, que l'on fixa la date de naissance mythique du Christ au 25 décembre, coïncidant avec la fin des Saturnales romaines, que l'Eglise s'était employée à éradiquer sans véritablement y parvenir. Comme à son habitude, elle procéda donc plutôt à une récupération en règle de la période festive, en prenant un soin tout particulier à en détourner et à en dénaturer le sens originel. L'ensemble de cette période fut dès lors désignée comme l'Avent, précédant la fête de Noël proprement dite.

Enfin, on notera aussi cet objet symbolique qu'est la Tour de Jul (Yule), un chandelier de Noël caractéristique de la tradition païenne germano-nordique, et dont on peut voir une photo en tête du présent article. Réalisé en terre cuite, en argile ou en céramique, il comprend quatre faces ajourées ornées de coeurs, de roues solaires et de symboles runiques. Ont y fait se consumer deux bougies, l'une à son sommet, et l'autre à l'intérieur. Les origines de cet objet rituel remontent au Haut Moyen-Âge, et son usage était encore courant dans les campagnes allemandes et scandinaves du XIXème siècle.


Avec quelques jours d'avance, chers amis lecteurs et lectrices, je vous souhaite donc une excellente célébration de Yule/Noël. Le soleil et la vie vont renaître, et c'est ce renouveau cyclique que nous allons fêter, loin des excès et des outrances du consumérisme à tout crin. Que la Nouvelle Clarté vous accompagne et vous illumine sur la voie qui fut jadis suivie par vos ancêtres.

Hans CANY

paganisme,identité & racines
Wotan / Odin chevauchant dans les airs son destrier à huit pattes Sleipnir,
suivi de ses deux corbeaux Hugin et Munin (Pensée et Mémoire).
Il est à l'origine de la figure moderne du Père Noël.


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Pour approfondir le sujet, je vous recommande tout particulièrement la lecture des deux ouvrages suivant
:


"FÊTER NOËL", par Alain de Benoist

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Un petit ouvrage très complet d'Alain de Benoist, qui expose de façon détaillée les racines ancestrales de Noël, et qui passe en revue tous les aspects de sa célébration. Essentiel.
 
 
 
"B.A.-BA PERE NOËL", par Arnaud d'Apremont

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04/12/2015

Que Noël soit devenu une « fête du consumérisme » est une abjection

Entretien avec Alain de Benoist, réalisé par Nicolas Gauthier

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Au risque de se répéter en filant la métaphore horticole à propos des fameuses « racines chrétiennes » de l’Europe, ne serait-il pas plus opportun d’évoquer des racines païennes, un tronc chrétien et des branches judéo-musulmanes ?

Alain de Benoist : Plus que fameuses, les « racines chrétiennes » de l’Europe me paraissent surtout fumeuses. Si les mots ont un sens, les racines sont ce qui plonge au plus profond, ce qui touche à l’origine. Or, sans même remonter au néolithique, ou plus haut, il est évident que les racines de l’Europe renvoient à l’Antiquité préchrétienne, en l’occurrence aux cultures gréco-romaines, celto-germaniques et balto-slaves qui sont attestées des siècles, et parfois des millénaires, avant la naissance du Christ. Les poèmes homériques, composés avant même que la Bible ne fût écrite, ne feraient-ils pas partie de nos racines ? Pas plus que les présocratiques, la République romaine, la religion celtique ou les constructions mégalithiques de Stonehenge et de Newgrange ? Soyons sérieux un instant. Nul ne peut nier le rôle du christianisme dans l’histoire de l’Europe, mais parler de « racines chrétiennes » est une autre histoire. Sur le plan spirituel, les racines de l’Europe, ce sont les religions de l’Antiquité. Faire comme si les cultures de l’Antiquité préchrétienne n’avaient pas existé revient tout simplement à amputer la mémoire européenne de sa longue durée.

Cela dit, votre métaphore horticole me laisse un peu sceptique. Elle évoque une histoire strictement linéaire qui ne me paraît pas correspondre à la réalité. Si l’on veut faire apparaître la pluralité dialectique des éléments ayant contribué à l’histoire de l’Europe, je crois plus fructueux de conjuguer approche synchronique et approche diachronique.

Jadis fête païenne, puis fête de la Nativité pour les catholiques, Noël est aujourd’hui devenu surtout une fête du consumérisme. Peut-on résumer les choses comme cela ?

Alain de Benoist : Comme chacun le sait, ou devrait le savoir, les Évangiles (qu’ils soient canoniques ou apocryphes) sont totalement muets sur la date de naissance de celui que ses contemporains appelaient Ieschoua ben Miriam, et que nous connaissons sous le nom de Jésus. Vers 245, Origène déclarera d’ailleurs « inconvenant » qu’on s’occupe d’une telle question. Ce n’est en fait qu’à partir du IIe ou du IIIe siècle que l’on se mit en devoir de fixer une date pour la naissance de Jésus. On produisit alors des affirmations totalement contradictoires. Le De Pascha Computus, longtemps attribué à Cyprien de Carthage, se prononça pour le 28 mars, tandis que les communautés chrétiennes d’Orient en tenaient pour le 6 janvier, date correspondant chez les Grecs à l’Épiphanie de Dionysos. En Occident, la date du 25 décembre s’est probablement imposée pour contrecarrer l’influence du culte de Mithra, dont on célébrait ce jour-là la renaissance annuelle, peu après les Saturnales romaines. C’était également le jour où, sous l’Empire, on commémorait la fête de Sol Invictus, le « Soleil invaincu ». La première mention latine du 25 décembre comme fête de la Nativité remonte à l’an 354, la célébration proprement dite semblant avoir été instituée sous Honorius, qui régna en Occident de 395 à 423. Noël ne deviendra toutefois une fête d’obligation qu’au concile d’Agde, en 506. Justinien, en 529, en fit un jour férié.

Que Noël soit aujourd’hui devenu une « fête du consumérisme » est évidemment une abjection. L’un des contributeurs de Boulevard Voltaire en a profité, dans une chronique récente, pour mettre en cause « quelque dieu païen de la consommation ». Je serais bien curieux de savoir à quelle divinité il faisait allusion. Dans quel texte sacré du paganisme aurait-il d’ailleurs pu trouver un éloge de la « consommation » ? Dans le Hávamál ? Les Mabinogion ? L’Atharva-Véda ? L’Iliade ou l’Odyssée ? L’ancienne théologie romaine ? La vérité est que la « consommation », au sens que nous donnons à ce terme, est constamment condamnée dans le paganisme antique. Voyez le mythe de Midas, le mythe de Gullveig, la « malédiction de l’or » dans la religion germanique. La consommation marchande relève de cette démesure que les Grecs appelaient hybris – et aussi de cette chrématistique que dénonce Aristote en des termes dénués de toute équivoque. Elle relève enfin du domaine de la production et de la reproduction que les Anciens considéraient comme clairement subordonné à ceux de la guerre et de la souveraineté politique et spirituelle (la « troisième fonction » dans le schéma dumézilien de l’idéologie tripartite des Indo-Européens).

Vous avez vous-même publié un livre intitulé Fêter noël. légendes et traditions, qui a connu depuis 1982 deux éditions successives. Entre renouveau païen et naissance du Christ, autre forme de renouvellement, quel sens donner aujourd’hui à cette célébration ?

Alain de Benoist : En Europe, depuis des millénaires, les hommes se sont réunis autour du feu au moment du solstice d’hiver, durant cette période où règnent le froid, l’obscurité et la nuit, pour aider le soleil à reprendre sa course et dire leur confiance dans le retour de la vie. Le sapin de Noël, cet arbre qui reste toujours vert, en est le symbole le plus connu. Quel que soit le sens que l’on donne à ce moment de l’année – les « Douze nuits » qui vont de la Sainte-Lucie des Suédois à Noël ou de Noël au 6 janvier, date de l’ancienne Épiphanie –, qu’il s’agisse de fêter la nativité du Christ ou de célébrer l’éternel enchaînement des saisons, il est toujours question d’une renaissance. À Rome, la déesse du solstice d’hiver était Diva Angerona, que l’on représentait la bouche bandée ou scellée, un doigt sur les lèvres pour commander le silence. Moment de fête joyeuse et de chants émouvants, Noël devrait être en effet également un moment de gravité, de silence et de recueillement. Dans le monde où nous vivons, où la valeur marchande s’est imposée à toutes les autres, on peut même faire de sa célébration un acte de foi : c’est au plus noir de la nuit, lorsque tout paraît froid, triste et glacé, qu’il faut se convaincre que la lumière reviendra.

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Originellement publié sur Boulevard Voltaire, 2013 E.V.
Source : http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/que-noel-soit-deve...

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22/08/2015

C.G. JUNG : Le tempérament solitaire

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"Enfant, je me sentais solitaire, et je le suis encore aujourd’hui, car je sais et dois mentionner des choses que les autres, à ce qu’il semble, ne connaissent pas ou ne veulent pas connaître. La solitude ne naît point de ce que l’on n’est pas entouré d’êtres, mais bien plus de ce que l’on ne peut leur communiquer les choses qui vous paraissent importantes, ou de ce que l’on trouve valables des pensées qui semblent improbables aux autres. Ma solitude commença avec l’expérience vécue de mes rêves précoces et atteignit son apogée à l’époque où je me confrontais avec l’inconscient. Quand un homme en sait plus long que les autres, il devient solitaire. Mais la solitude n’est pas nécessairement en opposition à la communauté, car nul ne ressent plus profondément la communauté que le solitaire ; et la communauté ne fleurit que là où chacun se rappelle sa nature et ne s’identifie pas aux autres.

Il est important que nous ayons un secret, et l’intuition de quelque chose d’inconnaissable. Ce mystère emplit la vie d’une nuance d’impersonnel, d’un "numinosum". Qui n’a pas fait l’expérience de cela a manqué quelque chose d’important. L’homme doit sentir qu’il vit dans un monde qui, à un certain point de vue, est mystérieux, qu’il s’y passe des choses, dont on peut faire l’expérience – bien qu’elles demeurent inexplicables, et non seulement des choses qui se déroulent dans les limites de l’attendu. L’inattendu et l’inhabituel font partie de ce monde. Ce n’est qu’alors que la vie est entière. Pour moi, le monde, dès le début, était infiniment grand et insaisissable."

Carl Gustav Jung
( "Ma vie : Souvenirs, rêves et pensées")

 

 

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11/08/2015

L'âge sombre en cours : le Kali Yuga

 

hans cany,paganisme,religions

Alors que l'eschatologie monothéiste, tenante d'une conception linéaire du temps, annonce la fin des temps marquée par une grande Révélation (Apocalypse) suivie d'un Jugement dernier, d'autres traditions mystiques et spirituelles adhèrent à une conception cyclique fort différente, selon laquelle le monde s'achemine non pas vers la fin des fin des temps mais vers la fin d'un cycle, dont l'achèvement marquera le début d'un nouveau cycle cosmique.

Aujourd'hui, seuls ceux qui sont un tant soit peu familiarisés avec la doctrine cyclique des quatre âges du monde savent que celle-ci est fondamentale non seulement dans les traditions védique et hindoue, mais également dans d'autres branches de la famille civilisationnelle indo-européenne, notamment chez les Grecs anciens, avec les âges d'or, d'argent, de bronze, et de fer (ou d'airain). Ces dernières dénominations sont d'ailleurs aussi employées dans la cosmogonie hindoue, ce qui témoigne d'une évidente filiation aux racines très profondes. On retrouve des conceptions cycliques analogues en Perse antique, au Tibet (cinq âges pour la tradition tibétaine). Les cosmogonies et calendriers maya et aztèque sont eux aussi à dimension cyclique, et on retrouve également des notions analogues chez ces peuples précolombiens.

Mais cet âge aux connotations sinistres, qu'est-il au juste ?

Nous vivons présentement la phase déclinante -mais qui s'intensifie au fur et à mesure qu'il décline- de l'Âge noir, le Kali Yuga ( en sankrit कलियुग ), Âge de Kali ou Âge de Fer, dernier cycle du Mahayuga, le grand cycle cosmique des quatre âges du monde. Ce sont des temps obscurs, une ère de valeurs inversées et de mensonge généralisé, où le règne du matériel , de la quantité, de l'ignorance et des fausses valeurs exerce le poids sans cesse grandissant de sa tyrannie.

Le Kali Yuga, selon le Mahābhārata ( महाभारत ), a débuté en 3102 avant lère chrétienne, et lorsqu'il s'achèvera, quelque chose ou quelqu'un que les textes védiques et hindous personnifient en Kalkî ( कल्कि ), dernier avatar de Vishnu d'après le brahmanisme, viendra anéantir les puissances négatives. La fin du Kali Yuga conduira au Pralaya, la dissolution, et marquera le commencement d'un nouveau Mahayuga, grand cycle constitué lui aussi de quatre ères cycliques.

 
Hans CANY

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Kalkî, ultime avatar de Vishnu,
combat les forces obscures à l'issue du Kali Yuga.

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19/06/2015

Ce qu'est mon (néo)paganisme

Lorsqu'est abordée la question de mes convictions "religieuses", le fait que je me définisse comme une sorte d'agnostique de sensibilité néopaïenne, me référant entre autres à diverses traditions anciennes, se heurte la plupart du temps à un solide mur d'incompréhension, lorsqu'il ne suscite pas instantanément d'irrationnels réflexes de défiance, voire d'hostilité ouverte. Réflexes nés au mieux de l'ignorance, ou au pire d'amalgames abusifs, de raccourcis douteux, ou de mauvaises interprétations. Aussi, il m'apparait aujourd'hui nécessaire de reprendre la plume, afin de résumer en quelques lignes les fondements de "mon" paganisme.

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En guise d'introduction

Avant toute chose, il m'apparait indispensable de préciser que le terme de religion, même s'il dérive du latin religare signifiant relier (au Divin), est inapproprié en ce qui me concerne. Je lui préfère -et de loin- la notion de spiritualité. Le terme de religion évoque la notion d'église (ecclesia), de clergé organisé et/ou hiérarchisé, de corpus liturgique, cultuel et théologique clairement défini et délimité. Cela peut même, chez les religions dites "révélées", se manifester par l'affirmation de dogmes et autres carcans théologiques plus ou moins rigides. Autant de valeurs qui, d'où qu'elles proviennent, me sont fondamentalement étrangères.

Mes trois traditions païennes historiques de prédilection, celles avec lesquelles je me perçois le plus d'affinités conceptuelles et mentales, sont la tradition celtique (celtisme/druidisme), la tradition germano-scandinave (wotanisme/odinisme/asatru), et la tradition indienne (védisme/hindouisme). Pour autant, adepte d'un certain syncrétisme et toujours soucieux de ne point rétrécir mes horizons, je me refuse à m'enfermer exclusivement dans le cadre limité d'une seule d'entre elles, tout comme je me refuse à ne considèrer que l'une d'elles comme étant dépositaire de la Vérité ultime. En ce sens, je suis agnostique. Plus précisément, un agnostique de sensibilité (néo)païenne. De la sorte, et par exemple, n'étant que fort peu prédisposé à m'accommoder de structures de type clérical, je me réclamerai toujours plus volontiers du celtisme que du druidisme, du moins si ce dernier correspond bien à un sacerdoce structuré.

Pour l'immense majorité des personnes ne se reconnaissant dans le discours d'aucune religion particulière (athées, agnostiques, apostats), et à fortiori pour les personnes se trouvant sous l'emprise mentale de l'une des grandes religions monothéistes établies, le terme de "paganisme" apparait baigné d'une aura de mystère. Il évoque irrésistiblement le règne généralisé de la superstition la plus primitive, et l'obscurité d'époques lointaines, barbares, ignorantes, aux moeurs brutales... Le concept de polythéisme, quant à lui, demeure le plus souvent totalement incompris dans ses fondements-mêmes. Tel est le funeste résultat d'une campagne multiséculaire d'acculturation, de récupération, et de dénigrement systématique orchestrée par les institutions éclésiastiques toutes puissantes, et qui aura pour effet de rendre les foules profondément et durablement amnésiques quant à leur propre passé. Il convient donc aujourd'hui de résister, de contrer le plus fermement du monde le processus de désinformation, d'intoxication et d'abrutissement des masses savamment orchestré depuis des siècles par les adeptes des Religions du Désert, véritable hydre à trois têtes incarnant l'Ennemi millénaire. Ces institutions religieuses, soucieuses de préserver à tout prix leur monopole hégémonique, d'entretenir leur légitimité autoproclamée, et de maintenir intact le contrôle spirituel exercé sur leurs ouailles, ont en effet tout intérêt à entretenir le mensonge et la confusion au sujet des courants religieux et spirituels qui les précédèrent, et qu'elles réduisirent systématiquement au silence par les voies du feu, du sang, du fer, de la terreur, des massacres de masse et des persécutions.
L'heure est venue, aujourd'hui, de rétablir la vérité. Et de la redécouvrir...

Les bases de la conception païenne du divin se retrouvent peu ou prou chez toutes les formes de paganisme historique, du celtisme/druidisme au wotanisme/odinisme, de la religion gréco-romaine à la religion de l'Egypte antique, de celle des anciens Slaves à celle des peuples précolombiens, en passant par les multiples chamanismes d'Asie, d'Afrique, d'Amérique, d'Europe du Nord et de l'Est etc. Elles se retrouvent aussi dans une grande religion du monde très vivace aujourd'hui encore, et étroitement apparentée aux paganismes occidentaux puisqu'elle est une branche issue du même tronc civilisationnel commun, l'indo-européisme. Cette grande religion actuelle, c'est l'hindouisme, issu du védisme archaïque. Il est le cousin germain des paganismes de l'Europe antique. Enfin, ces bases de la conception païenne du divin se retrouvent aussi chez d'autres courants néopaïens d'émergence plus récente, comme par exemple les diverses obédiences de la Wicca, la Hedge Witchcraft (sorte de dissidence wiccane individuelle), ou encore les néo-animismes et autres néo-chamanismes divers.

Je m'attacherai ici à résumer en toute humilité les grandes lignes de "mon" propre néopaganisme, sans perdre de vue le fait qu'une large part des principes ci-dessous exposés s'appliquent également aux autres formes de paganisme, moyennant juste certaines variations ou adaptations, au gré de panthéons, de dialectes, de vocabulaires voire de socles civilisationnels plus ou moins différents. Au delà de ça, je tiens à souligner le fait que je n'entends décrire que ma propre conception, toute personnelle, du paganisme, laquelle ne sera sans aucun doute pas partagée par d'autres personnes. Je ne parlerai donc ici qu'en mon nom propre, et n'ai nulle prétention de m'exprimer au nom de tous les païens et païennes, néo ou pas.

Il est temps, à présent, d'entrer dans le vif du sujet.

 

hans cany,identité & racines,paganisme

 

Polythéisme ou panthéisme ?

Dès lors qu'est évoquée la notion de polythéisme, s'impose à l'esprit conditionné du profane tout un ensemble d'idées reçues et plus ou moins simplistes, dépeignant volontiers le vil païen idolâtre comme l'adorateur exalté d'une ribambelle sans fin de divinités aux noms bizarres, aux épopées improbables, et aux attributions abracadabrantes. Le polythéiste est alors perçu comme une sorte de superstitieux, croyant dur comme fer à l'existence concrète et individuelle de chaque divinité...imaginaire. Si la croyance stricto sensu en des divinités multiples et individualisées a pu être autrefois le lot du petit peuple, à l'éveil spirituel limité, il n'en fut pas nécessairement de même pour les castes de prêtres, d'initiés divers, ni pour les adeptes de certains "cultes à Mystères", tels par exemple les fameux Mystères d'Eleusis de la Grèce antique.

En ce qui me concerne, s'agissant de la nature intrinsèque du polythéisme, il serait sans doute littérairement plus approprié d'employer le terme de panthéisme. Qu'est-ce donc que le panthéisme, me demanderez-vous ?

Le panthéisme est une conception spirituelle identifiant "Dieu" -ou plutôt le Principe divin ultime- au Monde. Non pas au seul monde terrestre, mais à l'Univers tout entier, dans le mystère insondable de l'infiniment grand et de l'infiniment petit. Contrairement à l'enseignement dispensé par les monolâtries modernes (judaïsme-christianisme-islam), "Dieu", le Principe divin, n'est pas extérieur ni étranger à notre monde. Il n'en est pas davantage le créateur, puisqu'il est ce monde. Il est la Nature. Il est l'Incréé. Il n'est ni bon, ni mauvais. Ni masculin, ni féminin. Ni Un, ni multiple. Il est...tout ceci à la fois !

Il réside en chaque être, en chaque élément, en chaque chose. Chaque être vivant, animal (humain compris) ou végétal, et sans doute même chaque être minéral, renferme une parcelle du divin. Tout vibre, tout vit. Chaque être est habité par cette étincelle, cette parcelle du Principe divin qui lui prête vie. Ce principe, c'est celui de l'Un en Tout et du Tout en Un. En somme, il n'est pas aisé, à l'échelle de l'entendement humain, de décrire très précisément ce qu' "Il" est. En revanche, il est beaucoup plus facile d'établir ce qu'il n'est pas. Et en l'occurrence, compte tenu de ce qui précède, il ne saurait être conçu à l'image de l'Homme. Et réciproquement.

Les paganismes sont généralement des polythéismes, entendons par-là qu'ils honorent un grand nombre de divinités distinctes. A titre personnel, je considère simplement que chaque divinité incarne, symbolise une des énergies constituant notre monde, à laquelle s'ajoutent des attributions spécifiques. De là découle d'ailleurs la divinisation ancienne des forces créatrices et destructrices, complémentaires et indissociables, de Mère Nature. Ainsi, les peuples païens antiques plaçaient sous le patronage de dieux et de déesses de toutes sortes des phénomènes et des éléments aussi divers que le Soleil, la Terre-Mère, la fécondité et la vie, la mer, les montagnes, les forêts, les cours d'eau, les fontaines, le monde souterrain, le tonnerre et la foudre, le monde animal, le feu... Même si, dans la pratique, certaines divinités revêtaient en fait un caractère plus ou moins polyvalent au niveau de leurs attributions, certaines pouvant même s'avérer, dans quelques cas, plus ou moins...interchangeables.

A mon sens, chacune de ces divinités n'est en réalité qu'une hypostase, une émanation, l'incarnation symbolique d'une manifestation spécifique de l'Incréé, du Principe divin. Je ne crois pas en l'existence des dieux et des déesses en tant qu'entités réelles et indépendantes. Partant, je ne crois pas non plus au formes anthropomorphes sous lesquelles ces divinités sont parfois représentées, formes toutes symboliques, et dont l'aspect extérieur, qui relève du volet exotérique, ne doit pas faire oublier la signification profonde, d'ordre ésotérique. Qu'on se rassure de suite, je ne suis pas de ceux qui s'attendent à tomber nez à nez avec Cernunnos en personne, un beau jour, au détour d'un bois !

Non, pour moi, les dieux et les déesses, réels en tant que concepts, n'ont pas d'existence matérielle, ni même individuelle, propre. Ils et elles sont parties intégrantes du grand Tout, du Principe divin ultime, de l'Incréé. Appelons comme il nous plaira ce qui, de toute façon, dépasse les capacités d'entendement de l'esprit humain. Il fut sans doute désigné jadis, en des temps fabuleusement reculés, comme "Celui-qui-ne-peut-être-nommé". Plus tard, ce sont sans doute des initiés médiévaux, dépositaires secrets de fragments de l'ancienne tradition celtique, qui en perpétuèrent la notion en le dissimulant sous l'énigmatique figure symbolique -christianisée- du Graal. Ce fameux Graal qui s'apparente de façon si troublante au chaudron d'immortalité du Dagda chez les Celtes irlandais, ou de Dagodeos chez les Celtes gaulois. Un chaudron d'immortalité dont procède le début et la fin de toute vie, de façon cyclique, ainsi que semble bien le corroborer une représentation figurant sur le célèbre chaudron de Gundestrup.

Le polythéisme bien compris n'exclut pas le panthéisme, loin s'en faut. Le Principe divin, l'Incréé, place une parcelle de Lui-même en tout être. Il est donc présent partout, à commencer par en nous-même, et en tout ce qui vit, d'une façon ou d'une autre. On peut donc légitimement parler ici de panthéisme. Et l'on pourrait même aller jusqu'à parler de monisme, puisque le Principe divin dont tout émane ne constitue au final qu'une seule et même entité, à la fois une et multiple.

 

hans cany,identité & racines,paganisme

 
Quel Principe divin ?


Autant mes dispositions innées me conduisent tout naturellement à concevoir l'existence -pour moi évidente- d'une force suprême mais mal définie, que je désigne comme l'Incréé ou comme le Principe divin, autant mon esprit se refuse catégoriquement à admettre les schémas anthropocentriques et anthropomorphiques, lesquels ont, j'ai la faiblesse d'en être convaincu, quelque chose de pathétiquement puéril. Si divinité suprême il y a bien, la raison la plus élémentaire m'empêche de croire une seule seconde que l'entité en question puisse s'apparenter de près ou de loin à l'humanité, ni même qu'elle puisse être accessible à la prière humaine. Du reste, au nom de quoi une semblable entité devrait-elle se préoccuper des petites péripéties de l'espèce humaine ? Au nom de quoi devrait-elle se préoccuper de millions -ou de milliards- d'états d'âme exprimés individuellement ?

L'anthropomorphisme consiste à attribuer des caractères humains à ce qui n'est fondamentalement pas humain. L'anthropocentrisme est l'idée reçue, présomptueuse entre toute, selon laquelle l'espèce humaine constituerait l'alpha et l'omega de toute chose, elle place l'être humain au centre de l'univers et au sommet de la Création. Les deux concepts, on le voit, sont pleinement identifiables ici.

Je ne crois donc pas à l'utilité ni à l'efficacité de la prière adressée "aux dieux", pas même si elle s'adresse directement à l'Incréé. Libre à chacun, à chacune, d'être d'opinion différente. Mais en ce qui me concerne, je reste convaincu que chaque individu reste seul maître suprême de sa vie et de sa destinée, et qu'aucun déterminisme divin n'entre ici en ligne de compte. La meilleure façon d'honorer l'Incréé, c'est tout simplement d'avoir pleinement conscience de son omniprésence, de sa puissance de création et de destruction, et de ses diverses manifestations à travers la Nature et l'Univers tout entier.
Mais aussi en respectant -et en préservant voire protégeant au besoin- ce qui en procède.

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Cycle des incarnations, loi karmique universelle, et métempsycose

Un autre des grands axes fondamentaux de "mon" paganisme repose sur le principe de la réincarnation ou métempsycose, s'inscrivant dans un cycle d'existences successives, ces dernières conditionnées par l'accumulation de bon et de mauvais "karma", et pouvant potentiellement être vécues sur des plans très divers.

D'aucuns m'objecteront que la doctrine karmique, issue de l'hindouisme puis de son hérésie bouddhique, serait d'essence foncièrement orientale, et serait donc absolument étrangère aux doctrines spirituelles européennes. A ceux-ci je répondrai que rien n'est moins sûr. De nombreux indices permettent de présumer l'existence de semblables conceptions chez au moins une partie des druides celtes, lesquels auraient influencés en ce sens les pythagoriciens grecs. A moins que ce ne soit l'inverse. La question est controversée. Or, il est bien établi que Pythagore et ses disciples professaient, eux, la doctrine de la métempsycose et des cycles de vie, tout comme ils adhéraient à la vision des cycles cosmiques régissant le temps. La scène figurant sur le chaudron de Gundestrup, mentionnée plus haut, de même que l'interprétation -elle aussi controversée il est vrai- de certaines bribes de tradition celtique qui nous sont parvenues via des retranscriptions irlandaises et galloises, tout ceci peut raisonnablement laisser supposer que ce concept était en réalité très présent -sinon fondamental- dans le corpus de croyances des anciens Européens. Du moins, pour une partie d'entre eux. Ajoutons à cela qu'en se basant notamment sur les mêmes sources littéraires irlandaises et galloises, ainsi que sur les mythologies comparées, certains auteurs croient même déceler la trace plus ou moins cachée de la notion de karma dans la tradition celtique. Ce "karma" bon ou mauvais, s'accumulant en fonction des actes et du degré d'éveil spirituel de chacun, aurait ainsi, chez les druides, été désigné sous un nom spécifique : la baga.

 
Le philosophe grec Anaxagore avait en son temps formulé cette phrase : "Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau" . Il fut beaucoup plus tard repris par Lavoisier, auquel on doit la fameuse maxime selon laquelle, dans la nature, "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme".
Ma conviction personnelle est que non seulement le physique et l'organique se recyclent naturellement, mais aussi l'inorganique, l'impalpable, l'immatériel.

Selon moi, nous sommes formés de trois composants étroitement liés les uns aux autres, et non parfaitement séparés, contrairement à ce que professent les Religions du Livre. Ces trois composant sont le corps physique, siège de notre incarnation présente, l'esprit, qui conditionne notamment la mémoire, les réflexes, les émotions, ainsi qu'une partie de la personnalité, et enfin l'âme ("anatmon" en celtique continental ancien), siège de l'intelligence, parcelle à part entière du Principe divin, et émanation du souffle de vie cosmique. Après la mort, ma conviction intime est que l'esprit comme l'âme se séparent et quittent immédiatement le corps, ou n'y demeurent qu'un bref moment. L'âme demeure ensuite pendant un laps de temps plus ou moins prolongé "en transit", dans une sorte de monde ou de dimension intermédiaire. Puis elle poursuit un cycle de réincarnations, conditionnées par l'expérience des vies successives, et au terme duquel, parvenue à un certain degré de pureté, elle retourne se fondre dans l'Incréé dont elle est issue, ce que les bouddhistes et les hindous désignent sous le nom de Nirvana.

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Une spiritualité ancienne en des temps nouveaux

Enfin, "mon" néopaganisme, quoique volontiers enraciné, ne se veut pas passéiste ni réactionnaire, mais bien au contraire moderniste, voire progressiste. A mon sens, il importe par-dessus tout de savoir faire preuve de discernement, en opérant une distinction saine et indispensable entre ce qui porte clairement la marque de son temps d'une part, et ce qui conserve une valeur intemporelle d'autre part, c'est-à-dire l'essentiel. Privilégions toujours le vieux fond stable et éternel, par rapport à la forme instable, datée, et fluctuante dans le temps.

Mon (néo)paganisme ne consiste pas à adorer des cendres, mais à préserver et à raviver la flamme. Ma quête spirituelle ne s'oriente pas dans l'espoir d'une quelconque résurrection, mais dans celui d'une renaissance salutaire, en phase avec notre époque. Les structures anciennes, sociales comme sacerdotales, appartient à un lointain passé, tout aussi mythique que révolu. Il serait vain de vouloir ressusciter des branches mortes depuis si longtemps, au risques, d'ailleurs, de n'arriver qu'à les singer piteusement. De même, certaines pratiques d'un autre temps, définitivement marquées du sceau de la barbarie, comme par exemple la pratique des sacrifices sanglants, sont non seulement à proscrire absolument, mais aussi à dénoncer et à combattre avec la plus vive détermination. Quelle que soit la voie spirituelle que l'on décide d'emprunter, l'élévation et l'évolution du genre humain ne pourront se faire qu'à ce prix.

 

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Quelles célébrations ?

Les principales activités cultuelles de la plupart des courants néopaïens européens consistent en la célébration des solstices et des équinoxes, portes d'entrée des saisons, et surtout de quatre autres grandes fêtes qui graduent le cycle annuel. Celles-ci sont notamment la fête celtique irlando-britannique de Samhain, célébrée aussi en Gaule continentale sous le nom de Samonios, aux alentours du 31 octobre, marquant le début de la nouvelle année celtique, et étant le moment de l'année où le monde des morts et celui des vivants s'interpénètrent et interagissent. Une tradition perpétuée de manière plus ou moins déformée par Halloween, et que l'Eglise chrétienne aura récupérée pour en faire la "Toussaint", suivie de la "Fête des Morts". Imbolc, fête des Lustrations, qui se célèbre aux alentours du 2 février, est annonciatrice de la fin prochaine des rigueurs hivernales. Beltaine (chez les Celtes), ou la Nuit de Walpugis (chez les Germains), à la veille du 1er mai, célèbre pleinement le printemps et la nature renaissante. Lugnasad, aux alentours du 1er août, célèbre l'été à son zénith, ainsi que les moissons.

A cela s'ajoutent d'autres célébrations, notamment issues de la tradition germanique. Par exemple Yule (ou Jul), correspondant au solstice d'hiver, que les chrétiens ont récupéré pour en faire Noël en décalant simplement la date de quelques jours. Ou encore Ostara, fête printanière correspondant peu ou prou à la Pâque chrétienne, et célébrée aux alentours du 21 mars. Et la liste est loin d'être exhaustive. Comme on le voit, les célébrations diverses qui jalonnent le cycle annuel peuvent être nombreuses !

 

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Nous voici donc à présent parvenus au terme de ce rapide survol de mes convictions dans le domaine métaphysique et spirituel, en espérant que sa lecture vous aura permis de vous faire une idée plus précise de ce qu'est -comme de ce que n'est pas- mon propre néopaganisme. D'aucuns m'accuseront peut-être de n'avoir formulé ici que des affirmations péremptoires, entrecoupées de pures spéculations. Fort bien. Mais n'est-ce pas là le lot de toute conviction religieuse ou spirituelle, quelle qu'elle soit ? Tout système de croyance, par définition, ne s'appuie-t-il pas sur la simple base d'une intime conviction ? Après tout, quoi qu'en diront mes détracteurs, mes croyances personnelles valent bien celles des autres...ou leurs incroyances ! Et ce, d'autant plus que je n'ai, en ce qui me concerne absolument aucune velléité de prosélytisme. Je n'ai, dans ce registre, pas davantage de leçons à recevoir qu'à donner. Que les dieux m'en préservent.

En guise de conclusion, on retiendra donc qu'à mes yeux, mon propre paganisme, celui que je me suis bâti en esprit libre et indépendant, constitue l'expression d'une spiritualité de la Nature, doublée d'une philosophie de la Vie.

Hans CANY
4 juillet 2014 E.V.

 

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28/04/2015

CAUSE ANIMALE : L'écrasante responsabilité des croyances anthropocentrées

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Dans ce très intéressant texte, Savitri Devi souligne l'accablante responsabilité des croyances anthropocentrées (judaisme-christianisme-islam et "humanisme") dans la genèse des mentalités permettant la maltraitance animale à vaste échelle.


Rappel salutaire de quelques vérités que d'aucuns ignorent, ou n'aiment pas voir ni entendre dire...

 

 

 

 

 

LES CROYANCES ANTHROPOCENTREES :

Elles placent l'Homme au centre et au dessus de tout

Par Savitri Devi

 

Selon les croyances religieuses que nous avons qualifiées «d'anthropocentrées», l'homme, seul créé «à l'image de Dieu», est l'enfant chéri de Dieu, peut-être même son seul enfant sur cette Terre. Le Père des Cieux des Evangiles chrétiens aime les moineaux, sans aucun doute. Mais il aime l'homme infiniment plus. Il aime les lys aussi; il les a faits plus beaux que «Salomon dans toute sa gloire»; cependant, l'homme est le principal objet de sa sollicitude, non eux. Parmi tous les êtres vivants qui sont nés dans le monde visible, seul l'homme est supposé posséder une âme immortelle. Lui seul a été créé pour l'éternité. Ce monde éphémère a été créé pour qu'il puisse en jouir et s'en nourrir pendant sa courte vie sur Terre, et les autres créatures -- aussi bien les quadrupèdes que les oiseaux -- ont été désignées pour lui servir de nourriture.

Et ce n'est pas tout. Un schéma complet de Salut a été établi pour lui par Dieu lui-même, pour que l'homme puisse tout de même atteindre la béatitude éternelle en dépit de ses péchés. Dieu a inspiré les prophètes pour appeler l'humanité rebelle à la repentance et pour lui montrer le chemin de la vertu. Et selon la croyance chrétienne, il a même envoyé son Fils unique pour souffrir et pour mourir, pour que son sang puisse devenir la rançon de tous les pécheurs qui mettent leur foi en lui. Toute la splendeur du monde matériel; toute la beauté, la force et l'amour des millions de bêtes, d'oiseaux, de poissons, d'arbres et de végétaux; la majesté des montagnes revêtues de neige, la beauté des vagues incessantes, tout cela et plus encore, ne vaut pas, aux yeux de Dieu, l'âme immortelle d'un humain imbécile -- ainsi parlent les Evangiles. C'est pourquoi la chasse aux tigres et aux cerfs, le massacre de doux agneaux innocents, si heureux de vivre, la dissection de jolis cochons d'Inde ou de chiens intelligents, ne sont pas des «péchés» selon les religions anthropocentrées, pas même si elles entraînent la souffrance la plus terrible. Mais l'euthanasie sans douleur appliquée à des idiots humains inutiles est un «crime». Comment pourrait-il en être autrement? Ils ont deux jambes, pas de queue, et une âme immortelle. Si dégénérés qu'ils puissent être, ils sont des hommes.

Je ne peux pas m'empêcher de me rappeler la réponse d'un étudiant en médecine français, membre de la «Fédération chrétienne des étudiants», à qui j'avais demandé, vingt-cinq ans plus tôt, comment il pouvait concilier ses aspirations religieuses avec son soutien à la vivisection. «Quel conflit peut-il y avoir entre les deux?», dit-il; «le Christ n'est pas mort pour les cochons d'Inde et les chiens». Je ne sais pas ce que le Christ aurait réellement dit sur ce sujet. Le fait demeure que, du point de vue du christianisme historique, le garçon avait raison. Et sa réponse est suffisante pour nous dégoûter pour toujours de toutes les croyances anthropocentrées.

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Les croyances anthropocentrées ne possèdent même pas ce minimum de cohérence interne qui oblige parfois à reconnaître une certaine force dans un mauvais système de pensée. Ceux qui croient en elles et qui parviennent à ne pas être trop irrémédiablement irrationnels, tentent de justifier leur point de vue en disant que l'homme, en tant qu'espèce, est supérieur aux bêtes non douées de parole. Il peut parler, et elles ne peuvent pas. Cela est certain. Il peut parler, et en conséquence il peut définir et déduire, et passer d'une déduction à une autre. Il peut transmettre à d'autres gens les conclusions de son raisonnement et les résultats de son expérience. Il devient plus conscient de ses propres pensées en les exprimant. En un mot, il peut faire tout ce qui est possible seulement par l'usage d'un système conventionnel de sons symboliques, qu'il appelle langage, et que les animaux et les oiseaux ne possèdent pas. Son être est élevé au-dessus des nécessités immédiates de la vie quotidienne, et son esprit le rend capable d'évolution, en utilisant ce système.

Chacun reconnaîtra que cela est vrai dans une large mesure, cependant tous ne verront pas nécessairement quel rapport il peut y avoir entre cet avantage humain de la parole et l'exploitation par l'homme des animaux non doués de parole. Il est plus difficile de comprendre la place privilégiée que des religions comme le judaïsme, le christianisme et l'islam donnent à l'homme, lorsqu'on se rappelle que les livres sacrés de ces trois fameuses religions admettent l'existence de créatures célestes beaucoup plus belles et plus intelligentes que lui, en particulier les anges -- des créatures qui n'ont pas besoin d'attendre le jour de la résurrection pour acquérir un corps «glorieux», mais qui sont, d'ores et déjà, dans leur corps de lumière, libérés de la maladie, de la déchéance et de la mort. Eux, et non les maladroits fils d'Adam, auraient dû être les seuls à pouvoir disposer à leur gré de la nature et de l'homme, car il semblerait, selon ce qu'on peut trouver sur eux dans les Saintes Ecritures, que les anges sont autant supérieurs aux hommes que les hommes les plus brillants peuvent prétendre être supérieurs aux animaux, et même plus.

Cependant, il semble que Dieu aime l'homme avant tout. Tous les humains pécheurs peuvent être sauvés par sa grâce; alors que ces pauvres anges qui autrefois, à l'aube des temps, se rebellèrent contre leur Créateur sous la direction de Lucifer, n'ont pas d'autre alternative que de rester damnés pour toujours. Aucun Rédempteur ne fut jamais envoyé pour payer la rançon de leurs péchés. Aucun espoir de Salut ne leur fut jamais donné. Aucune repentance de leur part, semble-t-il, ne leur serait utile. Pourquoi? Dieu seul le sait. Ils ne sont pas des hommes, ils ne sont pas les enfants chéris de Dieu. C'est la seule explication qu'on peut donner, s'il en existe une pour l'étrange justice et les goûts bizarres du vieux Père Jéhovah. Ils ne sont pas des hommes. Aussi intelligents et beaux qu'ils puissent être, et pleins de potentialités infinies pour le bien comme pour le mal, si on leur donnait seulement une chance, ils ne valent apparemment pas, aux yeux de Dieu, l'ivrogne repenti qui pleurniche bruyamment à la fin d'un meeting de l'Armée du Salut. Les desseins de Dieu ne peuvent être discutés. Mais alors, ne nous dites pas que son amour pour l'homme est «justifié» par la supériorité de l'homme, et que le droit qu'il donna à l'espèce choisie d'exploiter les autres créatures plus faibles est fondé sur une base raisonnable. Il ne l'est pas. Car s'il l'était, il y aurait eu, au Paradis, une place pour les anges déchus et repentis, et au moins autant de joie pour l'un d'entre eux que pour les âmes de dix mille ivrognes du quartier Est de Londres.

La vraie raison pour cette insistance continuelle sur le bien-être de l'homme seul, dans ce monde et dans l'autre, semble résider dans l'incapacité de Dieu à transcender une certaine partialité puérile -- nous parlons, bien sûr, du Dieu personnalisé des religions anthropocentrées enracinées dans le judaïsme, et non de cette Puissance impersonnelle qui se trouve derrière toute existence, en laquelle nous croyons. Le Dieu des chrétiens, le Dieu de l'islam, et le Dieu de la plupart de ces libres penseurs qui ne sont pas des athées complets, n'est jamais parvenu à se débarrasser complètement des habitudes qu'il avait autrefois lorsqu'il n'était que le dieu protecteur de quelques tribus de nomades du désert, esclaves dans le pays des Pharaons. Il a été capable de s'élever du rang d'un dieu national à celui d'un Dieu de toute l'humanité. Mais c'est tout. Son amour semble avoir été dépensé pendant sa transformation de «Peuple Elu» d'Israël en Espèce Elue de l'humanité. Il n'avait pas en lui le désir d'étendre ses sentiments paternels encore au-delà de ces étroites limites. Il ne lui est jamais apparu combien elles étaient étroites en fait et combien irrationnelles, combien médiocres, combien trop-humaine était cette préférence infantile pour l'homme, chez un Dieu qui est supposé avoir créé la Voie Lactée.

Les dieux nationaux assoiffés de sang de l'antiquité moyen-orientale -- autrefois ses rivaux, à présent tous morts -- étaient plus cohérents dans leurs limitations. Ils limitaient leur domaine à une cité, ou tout au plus à un pays, et dans les cas d'urgence ils acceptaient -- certains disent, réclamaient -- des victimes humaines aussi bien que des offrandes de chair animale. C'étaient des dieux sinistres, pour la plupart. Mais il y avait quelque chose de franc et de rassurant dans leurs limitations mêmes. Avec eux, on savait où on allait. On n'était pas emmené en leur nom par des prophètes et des saints qui nous montraient le chemin menant tout droit à l'amour universel, pour ensuite vous abandonner au milieu du chemin. Les prophètes de Jéhovah pouvaient appeler «abominations» ces religions archaïques, mais elles étaient cohérentes. Jéhovah lui-même était ainsi, aussi longtemps qu'il resta le simple dieu tribal des Juifs.

Mais lorsque plus tard les Juifs proclamèrent qu'il était le Dieu de toute l'humanité; lorsqu'il se glissa à l'intérieur du christianisme en tant que Père des Cieux et Première Personne de la Sainte Trinité; et à l'intérieur de l'islam en tant que Dieu Unique révélé à l'humanité par l'intermédiaire de son dernier et définitif porte-parole, le Prophète Mahomet; et finalement, lorsqu'il inspira l'idéologie des humanistes théistes -- et même athées -- en tant qu'inévitable reliquat d'une tradition lente à mourir, alors sa conception devint de plus en plus irrationnelle. Il y eut de moins en moins de raisons pour qu'il limite sa sollicitude à l'humanité. Cependant il s'arrêta là. Il y eut de plus en plus de raisons pour qu'il se développe comme un véritable Dieu Universel de toute la Vie. Cependant il n'évolua pas ainsi. Il ne put pas se débarrasser de sa vieille tendance à choisir une fraction de sa création et à la bénir avec une bénédiction spéciale, à l'exclusion de tout le reste. Cette fraction du Grand Univers avait autrefois été le peuple juif. Ce fut dès lors l'espèce humaine -- une amélioration insignifiante, si on la considère d'un point de vue astronomique (c'est-à-dire depuis ce que nous pouvons imaginer comme étant la seule véritable divinité).

Les grandes religions du monde à l'ouest de l'Inde restèrent anthropocentrées, semble-t-il, parce qu'elles ne purent jamais se libérer entièrement de la marque de leur origine tribale particulière, parmi les fils d'Abraham. Les Juifs ne furent jamais un peuple qui pût être accusé de donner aux animaux une trop grande place dans sa vie et dans ses pensées quotidiennes. Le Christ, qui vint «pour accomplir» la loi et les prophéties juives (pas pour introduire dans le monde une manière de penser différente, plus rationnelle, et réellement meilleure), ne semble jamais s'être beaucoup tracassé à propos des créatures non douées de parole. Nous parlons, bien sûr, du Christ tel qu'il nous est présenté dans les Evangiles chrétiens. Ce Christ -- nous n'avons pas de raison particulière de rechercher si un autre, plus «vrai», vécut jamais -- n'accomplit jamais un miracle, n'intervint même jamais d'une manière naturelle, en faveur d'un animal, contrairement à son contemporain, Apollonios de Tyane, pour ne pas parler de nombreux Maîtres anciens et illustres, comme le Bouddha. Il ne parla jamais de l'amour de Dieu pour les animaux, sauf pour affirmer qu'Il aimait les êtres humains a fortiori beaucoup plus. Il ne mentionna jamais, ni ne sous-entendit les devoirs de l'homme envers eux, bien qu'il n'oublia pas de mentionner d'autres devoirs, et de les souligner.

Si les Evangiles doivent être pris comme ils sont écrits, alors les rapports du Christ avec les créatures non-humaines consistent, en une occasion, à envoyer quelques esprits mauvais dans un troupeau de cochons afin qu'ils ne puissent pas tourmenter plus longtemps un homme [Luc, 8.32, 33], et une autre fois, de faire en sorte que ses disciples, qui comme chacun sait, étaient pour la plupart des pêcheurs de profession, attrapent une quantité incroyable de poissons dans leurs filets [Luc, 5. 4-11]. Dans les deux cas son intention était évidemment de favoriser les êtres humains, aux dépens des créatures animales, cochons ou poissons. Quant aux plantes, il est vrai qu'il admira les lys dans les prés; mais il n'est pas moins vrai qu'il maudit un figuier pour ne pas avoir donné de figues hors de saison et le fit dépérir, pour que ses disciples puissent comprendre la puissance de la foi et de la prière [Marc, 11. 12-14 et 20-23]. Les chrétiens fervents, Anglais ou Allemands, qui aiment les animaux et les arbres, peuvent rétorquer que personne ne sait exactement tout ce que Jésus a réellement dit, et que les Evangiles contiennent le récit de seulement quelques-uns de ses innombrables miracles. Cela se peut. Mais comme il n'existe aucun récit de sa vie excepté l'Evangile, nous devons nous contenter de ce qui y est révélé. De plus, le christianisme en tant que développement historique est centré autour de la personne du Christ tel que les Evangiles le décrivent. Et comme Norman Douglas l'a bien remarqué [How About Europe? Chatto & Windus, Londres 1930, p. 242], cela reste un fait que le léger progrès accompli pendant les années récentes dans les pays du nord-ouest de l'Europe et en Amérique, en faveur d'une attitude bienveillante envers les animaux, a été réalisé malgré le christianisme, et non grâce à lui.

Dire, comme certains le font, que chaque mot des Evangiles chrétiens a un sens ésotérique, et que «cochons» et «poissons» et le «figuier stérile» servent à désigner autre chose que de véritables créatures vivantes, n'améliorerait guère les choses. Il resterait vrai que la bienveillance envers les animaux ne figure pas dans l'enseignement de Jésus tel qu'il nous est parvenu, alors que d'autres vertus, en particulier la bienveillance envers les humains, sont hautement recommandées. Et le développement du christianisme historique resterait, dans tous ses détails, tel que nous le connaissons. 

 

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Que les gens dont le regard sur le monde est conditionné par la tradition biblique doivent insister fortement sur la place spéciale de l'homme dans la manifestation de la Vie; qu'ils devraient insister sur les souffrances de l'homme, et sur la nécessité du bonheur de l'homme, apparemment sans accorder davantage qu'une pensée aux autres créatures vivantes, on peut le comprendre. Ils suivent les enseignements du Livre, auquel ils ajoutent parfois quelques écrits secondaires basés sur lui. On ne peut pas attendre d'eux qu'ils aillent au-delà de ce qui est prescrit dans le Livre ou dans ces écritures ultérieures.

Mais il y a en Occident, et même depuis le Moyen-Age, un nombre de plus en plus grand de gens qui osent vivre sans obéir totalement au Livre; qui rejettent ouvertement toute révélation divine comme improbable, et qui voient dans leur conscience la seule source de leurs jugements moraux et leur seul guide dans le domaine moral. Il est remarquable que ces gens, libérés des chaînes de toute religion établie, conservent encore le regard de leurs pères au sujet de la relation de l'homme avec les animaux et avec la nature vivante en général. La Libre Pensée, qui s'est pourtant détournée de toutes les métaphysiques anthropocentrées, qui a pourtant remplacé les conceptions anthropocentrées de l'Univers par une vision magnifique d'ordre et de beauté à une échelle cosmique -- une vision scientifique, plus inspirante que tout ce que la spéculation religieuse a jamais inventé, et dans laquelle l'homme n'est qu'un détail négligeable -- la Libre Pensée, disons-nous, a entièrement omis de rejeter les échelles de valeurs anthropocentrées, également dépassées, puisque héritées de ces religions qui sont sorties du judaïsme. Les Fils du Rationalisme Grec, comme le montre leur attitude intellectuelle, les Occidentaux qui se vantent de ne plus être chrétiens -- et les quelques jeunes hommes avancés de Turquie et de Perse, et du reste du Proche et du Moyen-Orient, qui se vantent de ne plus être des musulmans orthodoxes -- demeurent, au regard de leur échelle de valeurs morales, les fils d'une tradition religieuse profondément enracinée qui vient d'aussi loin que les plus vieux fragments des Ecritures juives: la tradition selon laquelle l'homme, créé à l'image de Dieu, est le seul être vivant né pour l'éternité, et a une valeur totalement hors de proportion avec celle de chacune des autres espèces animales.

Il est vrai que pendant ces dernières années, il y eut en Occident -- non, il y a, car rien de ce qui est en harmonie avec les Lois de la Vie ne peut jamais être complètement supprimé -- une école de pensée non-chrétienne (on peut même dire anti-chrétienne) et d'une portée dépassant de loin le cadre de la politique, qui dénonça courageusement cette tradition erronée d'un autre âge, et qui établit une échelle de valeurs différente et des règles de comportement différentes. Elle accepta le principe des droits des animaux, et plaça un bel animal au-dessus d'un homme dégénéré. Elle remplaça le faux idéal de la «fraternité humaine» par le seul vrai idéal de l'humanité naturellement hiérarchisée, harmonieusement intégrée dans le Royaume de la Vie, lui aussi naturellement hiérarchisé, et comme corollaire logique de cela, elle prôna audacieusement le retour à la mystique du nationalisme authentique enraciné dans une saine conscience raciale, et la résurrection des vieux dieux nationaux de la fertilité et de la bataille (ou l'exaltation de leurs équivalents philosophiques) qu'un «penseur» grec et quelques-uns des prophètes juifs eux- mêmes avaient déjà écartés -- pour parler poliment: «transcendés» -- au temps de l'Antiquité décadente. Et ses valeurs raciales, solidement fondées sur le roc de la réalité divine, et intelligemment défendues, en comparaison avec celles de l'anthropo-centrisme traditionnel, héritées du christianisme, sont, et ne peuvent que demeurer, quel qu'ait été le destin matériel de leur grand Représentant et du régime qu'il créa, les seules valeurs indépassables du monde contemporain et futur. Mais c'est un «crime», pour l'époque actuelle, de les mentionner, sans parler de les soutenir ouvertement -- ainsi que toutes leurs récentes applications.

Les idéologies opposées, plus en accord avec les tendances générales de la Libre Pensée moderne héritée de la Renaissance, ont rompu seulement en apparence avec les croyances anthropocentrées. En fait, nos socialistes internationaux et nos communistes, tout en poussant Dieu et le surnaturel en dehors de leur champ de vision, sont plus semblables aux chrétiens que les Eglises chrétiennes ne l'ont jamais été. Celui qui a dit: «aime ton prochain comme toi-même» n'a pas de disciples plus sincères et plus parfaits de nos jours, que ces zélotes dont la préoccupation première est de donner à chaque être humain une vie confortable et toutes les possibilités de développement, par l'exploitation intensive et systématique de la totalité des ressources du monde matériel, animé et inanimé, pour le bien-être de l'homme. Le communisme, cette nouvelle religion -- car c'est une sorte de religion -- exaltant l'homme ordinaire, cette philosophie des droits de l'humanité en tant qu'espèce privilégiée, est l'aboutissement naturel et logique du véritable christianisme. C'est la doctrine chrétienne du travail et de l'amour pour son prochain, libérée du poids écrasant de la théologie chrétienne. C'est le véritable christianisme, moins le clergé -- que le Christ méprisait complètement -- et moins toutes les croyances de l'Eglise concernant l'âme humaine et toute la mythologie de la Bible -- que le Christ aurait sûrement apprécié beaucoup moins qu'un simple élan spontané du cœur vers l'humanité souffrante. Le Christ, s'il revenait, ne se sentirait probablement nulle part autant «chez lui» que dans les pays qui ont fait de l'amour de l'homme ordinaire l'âme de leur système politique.

Et ce n'est pas tout. Même la théologie chrétienne ne restera peut-être pas toujours aussi inutile que le pensent souvent nos amis communistes. Il se pourrait, un jour, qu'ils en viennent eux-mêmes à l'utiliser. Et si jamais ils le font, qui les en blâmera sinon ces chrétiens de nom qui ont oublié le caractère parfaitement «prolétarien» de leur Maître et de ses premiers disciples? Le mythe du Dieu de l'humanité s'incarnant dans le fils du charpentier de Nazareth peut bien être interprété comme un symbole préfigurant la déification de la majorité travailleuse des hommes de notre époque -- des «masses», de l'homme en général.

En d'autres mots, le rejet de la croyance au surnaturel, et la venue d'un regard scientifique sur le monde matériel, n'ont pas le moins du monde élargi le regard moral des Occidentaux. Et à moins qu'ils ne soient des racialistes cohérents, adorateurs de la Vie hiérarchisée, ceux qui aujourd'hui proclament ouvertement que la civilisation peut bien exister sans son arrière-plan traditionnel chrétien (ou musulman) s'en tiennent à une échelle de valeurs qui procède, soit d'un amour encore plus étroit que celui qui est prêché au nom du Christ ou de l'islam (par l'amour d'un simple individu ou de sa famille), soit tout au plus du même amour -- pas d'un amour plus élargi; pas d'un amour véritablement universel.

La moralité «généreuse» dérivée de la Libre Pensée moderne n'est pas meilleure que celle qui est basée sur les antiques croyances anthropocentrées, qui ont leur origine dans la tradition juive. C'est une moralité -- comme la vieille moralité chinoise, partout où le vrai bouddhisme et le vrai taoïsme ne l'ont pas modifiée -- centrée sur la «dignité de tous les hommes» et sur la société humaine en tant que référence suprême, la seule réalité que l'individu doit respecter et pour laquelle il doit vivre; une moralité qui ignore tout de l'affiliation de l'homme avec le reste de la nature vivante, et qui regarde les créatures sensibles comme n'ayant aucune valeur excepté dans le sens où elles peuvent être exploitées par l'homme pour le but plus «élevé» de sa santé, de son confort, de son habillement, de son amusement, etc. La croyance morale du Libre Penseur d'aujourd'hui est une croyance anthropocentrée -- non moins que celle de Descartes et de Malebranche, et plus tard, des idéalistes de la Révolution Française, et finalement d'Auguste Comte.

Nous croyons qu'il existe une manière différente de voir les choses -- une manière différente, en comparaison avec laquelle cette vision anthropocentrée semble aussi infantile, médiocre et barbare que peut sembler l'être la philosophie d'une tribu anthropophage, quand on la compare à celle des Saints chrétiens, ou même à celle des plus sincères idéologues du socialisme ou du communisme international moderne.

 Savitri Devi

 

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Trad. Arjuna. Le texte qui précède est extrait du premier chapitre du livre de Savitri Devi: Impeachment of Man (Calcutta, 1959). Le livre fut écrit en 1945-46. La plus récente édition peut être commandée à Noontide Press.

13:46 Publié dans Cause animale et végétarisme, Politique, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : paganisme, ecologie, religions |  Facebook | | |

24/02/2015

24 Février : Jour du Souvenir païen

 

Le 24 février 391, l'empereur Théodose promulguait un édit interdisant les croyances et pratiques "païennes"
sous peine de mort.

aujourd'hui, ce jour est pour les païens, un jour hommage envers les victimes des intégrismes et de l'intolérance religieux.

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20/01/2015

De la nécessaire distinction entre laïcs et laïcards


Je vois régulièrement, ça et là, des gens qui pestent plus ou moins violemment contre "les laïcards" et leurs méfaits, réels ou fantasmés. Bien souvent, derrière ce terme, c'est en réalité la notion même de laïcité qui est vilipendée sans la moindre nuance, comme si les diverses théocraties et autres religions institutionnalisées lui étaient forcément préférables. Je réfute avec force ce raccourci fallacieux, et potentiellement très dangereux, car porteur de germes liberticides.

A mon sens, il est en effet absolument nécessaire de faire une distinction lucide entre ce qu'on appelle les "laïcards" d'une part, et la laïcité d'autre part. Les laïcards, ce sont des "laïcs" zélés, excessifs et aux visées totalitaires, qui s'acharnent systématiquement sur tout ce qui peut évoquer, de près ou de loin, une croyance, une spiritualité ou une religion. Ce sont par exemple ceux que l'on a surnommés les "bouffeurs de curés", en France. Bref, ce sont eux aussi des intégristes, à leur façon.

La laïcité, en revanche, c'est tout simplement le principe de neutralité de la sphère publique en matière religieuse. Ce n'est pas l'anti-religion, mais juste le principe de séparation entre le temporel et le spirituel, en reléguant la religion à la sphère privée. Et en reconnaissant à chacun le droit de croire ou de ne pas croire en ce qu'il veut. La laïcité, c'est la justice, l'équité, la liberté pour tous. Et c'est ce qui préserve des conflits religieux. J'y suis personnellement très attaché. Mais cela ne fait pas de moi un laïcard pour autant.

Hans CANY

 

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11/12/2014

Vous avez dit Noël ? Joyeux Solstice ! Bonne fête de YULE !

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JUL (ou YULE), le Solstice d'Hiver consacré à Wotan/Odin, arrive à grands pas. C'est ce Solstice d'Hiver païen qui a été détourné par l'Eglise chrétienne pour en faire Noël, en le décalant simplement au 24-25 décembre. Cette tradition ancestrale remonte donc bien au-dela du christianisme, en dépit des idées reçues... Détrompez vous !
De toute façon, même le nom de Noël est une altération d'une autre désignation de cette fête païenne : la Neue Helle, autrement dit la "Nouvelle Clarté". Elle marque le début, à partir du Solstice d'Hiver, d'un lent processus de renouveau de la lumière, des forces de la vie et de la Nature endormies, le soleil commençant très progressivement à briller chaque jour un peu plus longtemps à compter de cette date.

Quant à la figure mythique du Père Noël, si chère à l'imaginaire enfantin, elle est en fait issue d'un subtil mélange entre trois  personnages mythologiques : le dieu Wotan/Odin, la déesse Freyja, deux divinités pourvoyeuses symbolisant l'abondance et la fertilité, et le Saint Nicolas chrétien, lui aussi constituant une figure pourvoyeuse.


Avec quelques jours d'avance, chers amis lecteurs et lectrices, je vous souhaite donc une excellente célébration de Yule/Noël.

Hans CANY

 

 

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02/07/2014

Jésus-Christ n'a jamais existé (par Emilio Bossi)

Personnage historique ou purement mythologique ? N'en déplaise à ses thuriféraires divers et variés, comme à ses "fans" plus ou moins avoués, l'existence historique du personnage de Joshua Ben Youssef, alias Jésus fils de Joseph, alias Jésus-Christ, est loin d'être sérieusement démontrée.
Certains n'hésitent pas à la contester radicalement, et les arguments sur lesquels ils se fondent sont à priori tout à fait recevables. Et, du reste, est-il simplement permis, aujourd'hui encore, de se poser des questions ?  Doit-on croire aveuglément à la réalité de faits qu'absolument rien ne vient étayer de façon significative, et doit-on pour autant s'interdire de formuler toute objection, toute réflexion, et toute remise en question à ce sujet ?... Le B.A-BA de l'esprit scientifique, de la libre recherche, cela réside dans le fait de savoir prendre du recul, de ne jamais considérer une quelconque "vérité" comme définitivement acquise, et de toujours se réserver la possibilité de remettre en cause les "certitudes" supposément établies, au-delà du passionnel, de l'émotionnel, et des dogmes religieux. En dehors de cela, le retour de l'Inquisition n'est pas loin...
(Hans CANY)

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Emilio Bossi

Jésus-Christ n'a jamais existé

 

 
Aucun historien contemporain n’a parlé de ce personnage. L’histoire n’a conservé sur Jésus-Christ aucun document, aucun témoignage, aucune preuve qui établisse la réalité de sa personne, la vérité de son existence humaine.
 
 
 
Jésus n’a laissé aucun témoignage
 
Lui-même n’a jamais rien écrit (1) A la vérité, Socrate non plus n’a rien écrit, s’étant contenté du seul enseignement oral. Mais entre Socrate et le Christ, il y a trois différences capitales : la première est que Socrate n’enseigna rien qui ne fût rationnel, ou mieux encore, humain, tandis que le Christ, à peu de vérité humaine, mêla beaucoup de fables merveilleuses; la seconde est que Socrate apparaît dans l’histoire uniquement comme un être naturel, tandis que le Christ n’a été et n’est connu que comme un être surnaturel; la troisième est que Socrate eut pour disciples des personnages historiques qui rendent témoignage de son existence,  tels que Xénophon, Aristippe, Euclide, Phédon, Eschine et le divin Platon,  tandis que tous les prétendus disciples du Christ, il n’en est pas un qui nous soit connu autrement que par les documents suspects de l’Église, comme fut connu leur maître. Si donc, du fait que Socrate n’a rien écrit, on ne peut conclure qu’il n’ait jamais existé, la conclusion de la non-existence de Jésus s’impose, au contraire, à titre de présomption, du fait que ce dernier, vivant cinq siècles plus tard, n’a laissé aucune écriture. Il n’existe aucun témoignage écrit sur Jésus, hors des évangiles, qui sont sans autorité Il y a, du reste, mieux à dire. Non seulement le Christ n’a jamais rien écrit lui-même, mais on n’a rien écrit sur son compte. Citerez-vous la Bible ? Elle ne peut nous fournir la preuve que le Christ ait été un personnage réel (2), et même elle nous fournit force preuves contraires; au vrai, elle est d’un bout à l’autre la preuve de la non-existence de Jésus.
 
 
 
Silence étrange de tous les historiens juifs ou païens
 
En dehors de la Bible, aucun auteur profane, parmi tous ceux qui auraient été ses contemporains, ne nous a transmis à son sujet le moindre renseignement. Flavius Josèphe, Tacite, Suétone et Pline font tout juste mention du Christ. Mais les textes des deux premiers ont été interpolés et falsifiés; quant aux deux autres, ils n’ont parlé de lui qu’étymologiquement, pour désigner la superstition chrétienne qui lui avait emprunté son nom et la secte attachée à cette superstition. Ces écrivains, d’ailleurs, n’ont pas connu le Christ; ils ne se portent pas garants de son existence; ils ont écrit longtemps après la date à laquelle le Christ aurait vécu, et ils ne parlent que d’après des manifestations passagères qui attesteraient plutôt la non-existence.
 
Ernest Renan, le plus grand des historiens critiques de Jésus, qui a eu le tort de présenter sa Vie de Jésus comme une biographie, alors qu’elle n’est qu’un ingénieux roman, est pourtant obligé de remarquer le silence de l’histoire sur son héros. «Les pays grecs et romains n’entendirent pas parler de lui; son nom ne figure dans les auteurs profanes que cent ans plus tard, et encore d’une façon indirecte, à propos des mouvements séditieux provoqués par sa doctrine ou des persécutions dont ses disciples furent l’objet. Dans le sein même du judaïsme, Jésus ne fit pas une impression bien durable.
 
Philon, mort vers l’an 50, n’a aucun soupçon de lui. Josèphe, né l’an 37, en écrivant sur la fin du siècle, mentionne son exécution en quelques lignes (3), comme un événement d’une importance secondaire (4); dans l’énumération des sectes de son temps, il omet les chrétiens. Juste de Tibériade, historien contemporain de Josèphe, ne prononçait pas le nom de Jésus. La Mishna, d’un autre côté, n’offre aucune trace de l’école nouvelle; les passages des deux Gémares où le fondateur du christianisme est nommé n’ont pas été rédigés avant le quatrième siècle ou le cinquième siècle.» (5)
 
Un auteur juif, Juste de Tibériade, qui avait fait une histoire des Juifs, de Moïse à l’an 50 de l’ère chrétienne, ne prononçait même pas, au dire de Photius, le nom de Jésus. Javénal, qui poursuivit de da satire les superstitions de son temps, parle des Juifs, mais il ne s’occupe pas plus des chrétiens que s’ils n’existaient pas (6) Plutarque, né 50 ans après le Christ, historien minutieux, qui n’aurait certes pas ignoré Jésus-Christ et ses gestes, s’ils s’étaient réellement produits, n’a pas, dans ses nombreux ouvrages, un seul passage qui fasse une allusion quelconque au chef de la secte nouvelle ou à ses disciples.
 
César Cantu, pour qui la foi la plus aveugle, indigne d’un historien, est un voile épais sur les yeux, et qui en vient à tenir pour faits historiques les plus absurdes légendes du christianisme, s’avoue déconcerté par le silence de Plutarque; il dit tristement que «Plutarque demeurait attaché à sa foi aux divinités païennes comme si aucune voix encore n’avait menacé leurs autels... et que, par suite, dans tant d’ouvrages de morale qu’il écrivit, il ne voulut jamais dire un mot des chrétiens.» (7) Sénèque, qui, par ses écrits remplis de ces sentences qui donnèrent corps et vie au christianisme, fit penser qu’il avait été lui-même chrétien ou qu’il avait eu des relations avec des disciples du Christ, dans son livre sur les Superstitions, perdu ou détruit, mais que saint Augustin nous a fait connaître, ne dit pas un mot du Christ et, quand il parle des chrétiens déjà répandus en diverses parties de la terre, il ne les distingue pas des Juifs, qu’il appelle une nation abominable (Cool
 
Mais c’est surtout le silence de Philon sur Jésus qui a une importance décisive. Philon, qui avait déjà 25 ou 30 ans lorsque Jésus aurait du naître et qui mourut plusieurs années après la date à laquelle ce dernier aurait dû mourir, ne sait rien et ne dit jamais rien de Jésus-Christ. C’était un homme docte, qui s’occupa spécialement de religion et de philosophie. Il n’aurait assurément pas négligé de citer Jésus, qui était de son pays et de sa race, si Jésus avait paru sur la terre et s’il avait accompli une si grande révolution dans l’histoire de l’esprit humain. Une circonstance singulière rend encore plus significatif le silence de Philon : c’est que tout l’enseignement de Philon peut se dire chrétien, à ce point que Havet n’a pas hésité à l’appeler «un vrai père de l’Église.» Philon, en effet, s’efforça d’unir le judaïsme et l’hellénisme, en interprétant habilement les parties les moins nobles de l’Ancien Testament par la distinction du sens littéral et du sens allégorique, et en pénétrant la religion juive du mysticisme des néoplatoniciens alexandrins. C’est ainsi qu’il constitua une doctrine platonicienne du Verbe ou Logos, qui a beaucoup d’affinité avec celle du quatrième Évangile et, dans cet évangile, le Logos c’est précisément le Christ. N’est-ce pas là une circonstance révélatrice ? Philon vit dans le temps où l’on a placé l’existence du Christ; il est déjà célèbre avant que le Christ naisse; il meurt plusieurs années après le Christ; il accomplit, à l’égard du judaïsme, la même transformation, la même hellénisation, la même platonisation qui fut l’œuvre des Évangiles, et spécialement du quatrième; il parle du Logos ou du Verbe exactement comme le quatrième Évangile; et pourtant, il ne nomme pas une seule fois le Christ ! Jamais, dans aucun de ses ouvrages !
 
 
N’y a-t-il pas là la preuve que Jésus-Christ ne fut pas un personnage historique et réel, mais une création mythologique et métaphysique, à laquelle contribua plus que tous Philon lui-même, qui écrivit comme un chrétien sans rien savoir encore de ce nom de chrétien, qui parla du Verbe sans connaître le Christ, et qui enseigna une doctrine identique à celle que l’on a attribuée au Christ sans même soupçonner l’existence du Christ ? Si Philon a pu parler du Verbe et écrire comme un chrétien avant le Christ, n’est-ce pas la démonstration que le christianisme se produit sans le Christ, par les oeuvres précisément de ce même Philon, qui ne dit pas un seul mot de la personnalité humaine, de l’existence matérielle et historique de Jésus-Christ ? Non, Jésus n’a pas existé, car, s’il avait existé, Philon n’aurait pas pu ne pas parler de lui.
 
Philon, le Platon juif-alexandrin, contemporain du Christ, cite tous les événements et tous les grands personnages de son temps et de son pays, sans même oublier Pilate; il connaît et décrit avec force détails la secte des Esséniens, qui vivaient aux environs de Jérusalem et sur les rives du Jourdain; sous le règne de Caligula, il fut envoyé à Rome pour défendre les Juifs, et cela fait supposer en lui une connaissance exacte des choses et des hommes de sa nation; immanquablement, si Jésus avait réellement existé, il aurait été obligé d’en faire au moins mention. Silence de Philon - Le silence de tous les historiens ne peut s’expliquer que par la non-existence de Jésus.
 
 
 
Ce silence de tous les écrivains contemporains sur Jésus-Christ n’a pas été pris, jusqu’à présent, en considération autant qu’il conviendrait pour l’arrêt de la vérité historique (9) Même les écrivains d’esprit libre ont passé avec trop de hâte et de légèreté sur cette constatation. J. Salvador (10) explique facilement (c’est son mot) un tel silence, par ce fait que le fils de Marie ne laissa à Jérusalem que de faibles traces; Stefanoni (11), pour pouvoir l’expliquer, réduit la naissance et la vie de Jésus à de si mesquines proportions que ce n’est plus qu’un évènement très vulgaire. Ces explications sont trop inadéquates. Nous ne connaissons qu’un seul Jésus, celui des Évangiles et des Actes des Apôtres. Or, non seulement ce personnage n’aurait pas laissé à Jérusalem d’aussi «faibles traces» que le prétend Salvador; non seulement sa vie n’aurait pas été réduites aux «mesquines proportions» que suppose Stefanoni; mais, tout au contraire, la vie du Christ, à en croire la Bible, se serait déroulée avec un retentissement si extraordinaire que jamais aucune vie humaine n’en aurait eu de semblable.
 
La personnalité du Christ aurait donné lieu à des tumultes publics, à une arrestation, à un procès, à un drame judiciaire suivi d’une mort tragique; elle aurait accompli tant et de tels prodiges, et si merveilleux ¾ visite des anges, apparitions d’étoile qui marchent pour indiquer le lieu de sa naissance aux rois qui viennent d’Asie lui apporter leurs hommages, massacre des innocents dispute avec les docteurs à l’âge de douze ans, multiplication des pains, changement de l’eau en vin, guérison des malades, résurrection des morts, domination des éléments et des ténèbres, tremblement de terre à la suite de sa mort, et sa propre résurrection, tant et tant que les plus indifférents auraient été forcés de s’en émouvoir, que l’univers entier, sur l’heure, en aurait eu immanquablement connaissance, et que la curiosité des chroniqueurs, des annalistes, des historiographes n’aurait pas pu ne pas s’y intéresser.
 
Quand il s’agit d’un tel personnage et de tels événements, le silence de l’histoire est absolument inexplicable, invraisemblable, déconcertant. Et c’est ce que M. Auguste Dide a remarqué avec raison : «Une pareille ignorance, une inattention aussi dédaigneuse, déjà bien inexplicable s’il s’agissait seulement d’une manifestation historique ayant abouti à des tumultes, à des troubles violents, à une arrestation, à un drame judiciaire suivi de mort, devient (si on croit à la vérité des apologies évangéliques) tout à fait invraisemblable et stupéfiante. Car elle s’appliquerait aux faits les plus prodigieux, à des événements non seulement dignes de la curiosité et des commentaires des annalistes, mais qui devaient préoccuper l’intelligence et la conscience des spectateurs les plus indifférents et les plus distraits par nature... Et nul n’en sait rien? Pas un mot chez l’historien juif contemporain, Flavius Josèphe qui raconte les plus menus détails de l’histoire de ce temps-là; pas un mot dans Tacite, dans Suétone, dans les historiens grecs ou latins !» (12)
 
C’est pourquoi l’on ne peut moins faire que de conclure qu’un tel silence constitue une grave présomption contre l’existence historique de Jésus-Christ.
 
D’autres éléments, d’ailleurs, permettent de dire que, si l’inexistence du Christ peut seule expliquer le silence de l’histoire à l’égard de ce personnage, le silence du l’histoire à son tour démontre son inexistence. Le même silence de l’histoire se constate relativement aux apôtres. Nous n’avons, en ce qui les concerne, d’autres documents que ceux qui viennent de l’Église, qui, par là même, sont dépourvus de toute valeur probative, et qui nous les font connaître non comme des hommes naturels, mais comme des êtres surnaturels ou du moins, comme des thaumaturges, ¾ ce qui est à peu près la même chose. Les seuls faits historiques qui soient attribués aux apôtres ¾ le voyage de saint Pierre à Rome, sa dispute avec Simon le Magicien, la rencontre de saint Pierre avec Jésus et le fameux Quo vadis, Domine ? la mort de saint Pierre ¾ ne se trouvent racontés que dans les livres déclarés apocryphes par l’Église elle-même. On peut faire la même observation pour Joseph et Marie, les parents de Jésus, pour ses frères et toute sa famille. Ce sont là des circonstances qui donnent plus de signification au silence de l’histoire à l’égard de Jésus.
 
Emilio BOSSI
(Traduction en français par l’ex-Abbé défroqué Victor Charbonnel, 1926)
 

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NOTES :
 
(1) La prétendue lettre de Jésus au roi Abgar est une fraude pieuse; cela est démontré. Origène et saint Augustin la répudient nettement, et ils déclarent que le Christ n’a rien écrit. Du reste, l’Église elle-même le reconnaît, puisqu’elle n’a pas mis cette lettre au premier rang des documents canoniques, et elle aurait eu un intérêt capital à le faire si une telle pièce avait présenté quelque caractère d’authenticité. On peut dire la même chose des dernières lettres de Pilate à Tibère. (NOTE DE L’AUTEUR) ¾ Ajoutons que cette fabrication de documents par les chrétiens, ces «fraudes pieuses», prouvent le manque de documents authentiques. S’il y en avait eu de vrais, on n’aurait pas eu besoin d’en faire de faux. (NOTE DU TRADUCTEUR)
 
(2) M. Ch. Guignebert, chargé du cours d’histoire des religions à la Sorbonne, dit : «Tout le monde ou à peu près, avoue aujourd’hui que nos Évangiles ne sont pas des histoires de Jésus et de ses premiers disciples, mais seulement des biographies édifiantes, où les épisodes sont choisis et arbitrairement disposés pour encadrer des enseignements. On admet généralement que chacun des trois évangiles a eu son but particulier, en vue duquel il a organisé sa narration.» (Manuel d’Histoire ancienne du Christianisme, p. 40) Ce sont là des dispositions bien peu compatibles avec la véracité de l’historien; - et le même savant professeur dit encore : «Le christianisme rapporte son origine à Jésus-Christ. La tradition orthodoxe prétend posséder son histoire humaine dans les Évangiles, mais nous savons qu’ils ne nous ont conservé que des témoignages lointains, indirects, souvent contradictoires, toujours arbitrairement ordonnés, tout à fait étrangers au souci de la prédiction et de la vérité objective... on a pu très sérieusement se demander si tout ce que nous savons de Jésus n’était pas légendaire, si son existence même ne devait pas être rejetée parmi les mythes.» (Man. d’Hist. anc. du Christianisme, pp. 156-157.) - M. Guignebert, il est vrai, admet encore l’existence de Jésus, mais il constate que les études critiques sur les affirmations évangélistes sont d’autant plus négatives dans leurs conclusions qu’elles sont scientifiquement conduites (p. 156.) (NOTE DU TRADUCTEUR)
 
(3) Renan ici ajoute une note pour avertir que le passage de Josèphe a été altéré par une main chrétienne. Pourquoi seulement altéré ? Il a été INTERPOLE. (NOTE DE L’AUTEUR)
 
(4) Josèphe était un historien juif, né en l’an 37 (donc quatre ans après la mort prétendue de Jésus) Il a laissé un ouvrage appelé : Antiquités judaïques. Au livre XVIII, chapitre III, de ces Antiquités, on trouve le passage suivant : «Dans ce même temps naquit Jésus, homme sage, si toutefois on peut l’appeler un homme, car il accomplit des oeuvres admirables, enseignant à ceux qui l’aimaient à s’inspirer de la vérité. Non seulement il fut suivi par beaucoup de Juifs, mais aussi par les Grecs. C’était le Christ. Les principaux de notre nation l’ayant accusé devant Pilate, celui-ci le fit crucifier. Ses partisans ne l’abandonnèrent pas après sa mort. Vivant et ressuscité, il leur apparut le troisième jour, comme les saints prophètes l’avaient annoncé, pour faire mille autres choses miraculeuses. La société des chrétiens qui subsiste encore aujourd’hui a reçu de lui son nom.» ¾ Tel est le seul passage profane en faveur de Jésus. Or, est-ce là ce qu’aurait écrit un historien juif, tel que le juif Josèphe ? Non, un juif n’aurait pu tenir un pareil langage qui fait de Jésus un Dieu, et un Dieu ressuscité. C’est un chrétien qui a rédigé ce texte et qui l’a introduit, par interpolation ou intercalation, dans une copie de l’ouvrage historique de Josèphe. A l’endroit où il se trouve, ce passage interrompt brusquement la suite du récit de Josèphe. Rien ne l’appelle. On sent que c’est un morceau ajouté après coup. Perdu au milieu d’un chapitre qui raconte les amours d’une dame romaine et un châtiment infligé au peuple de Jérusalem, sans lien aucun avec le contexte; il est considéré comme la critique moderne, non seulement comme altéré, mais comme absolument interpolé. - Le seul texte d’écrivain profane que cite Renan et que l’on puisse citer est donc une pieuse fraude chrétienne. Saint Justin, Tertullien, Origène, saint Cyprien ont souvent cité l’historien Josèphe dans leurs polémiques contre les juifs et les païens. Jamais ils n’ont invoqué à leur avantage ce texte de Josèphe. C’est donc qu’il n’avait pas été intercalé dans les copies qu’avaient en mains ces défenseurs du christianisme et que la fabrication est postérieure. Bien plus, Origène dit expressément que l’historien Josèphe ne reconnaissait pas Jésus pour le Christ (Contre Celse, liv. I, p. 47.) Il n’eût pu le dire, si le passage avait été, de son temps, dans l’œuvre de Josèphe. (NOTE DU TRADUCTEUR)
 
(5) Renan, Vie de Jésus, chap. XXVIII.
 
(6) Stefanoni, Dictionnaire philosophique, au mot «Jésus».
 
(7) César Cantu, Histoire universelle, Ep. VI, 2ème partie.
 
(Cool Ernest Havet, Le Christianisme et ses Origines, t. II, chap. XIV.
 
(9) M. Stéphane Servant, dans une étude de La Revue Intellectuelle (juin 1908), à propos de l’ouvrage du Dr Binet-Sanglé sur la Folie de Jésus, a excellemment noté l’importance de ce silence des historiens sur Jésus, et, surtout en ce que concerne Philon, il dit : «Ce qui paraît tout à fait extraordinaire dans l’énigme de Jésus-Christ, c’est que pas un seul auteur contemporain, pas même un auteur juif, n’en ait dit un mot. Philon, qui vécut en même temps que lui, qui mourut après lui, qui était en relation avec Jérusalem et les pèlerins qui s’y rendaient chaque année pour Pâques, Philon qui décrit les sectes juives; Flavius Josèphe, qui s’étend sur les plus obscures parmi ces dernières, ignorent le Christ. Figurez-vous quelque catholique à la façon de l’abbé Loisy, quelque libre-penseur à la façon de Renan, entreprenant, avec le souci d’exactitude historique, un ouvrage sur les sectes actuelles de l’Église romaine en France et, supposant qu’il existât de nos jours, oubliant de mentionner précisément l’Homme-Dieu. Ajoutez à cela que, suivant l’Évangile, cet Homme-Dieu ne s’est pas glissé obscurément sur la route de l’Histoire, mais y fut accompagné d’un cortège de miracles et d’évènements inouÏs, que le massacre des Innocents, la venue des Rois Mages sont les moindres faits se rapportant à sa naissance pour laquelle le Ciel des annonciateurs et la Terre des rédempteurs furent bouleversés, et tâchez de comprendre. Hors des historiens juifs, même silence. Pas un seul contemporain de Jésus, pas un, n’en a entendu parler : il y a là quelque chose d’inouï. S’il y avait un miracle réel dans la vie réelle de cet homme, le plus miraculeux serait celui d’une pareille omission.»
 
(10) J. Salvador, Jésus-Christ et sa Doctrine, t. I, liv. II.
 
(11) Stefanoni, Dictionnaire philosophique et Histoire critique de la Superstition, vol. II, chap. I.
 
(12) Les tentatives de faire rentrer dans l’histoire, d’arracher aux brouillards de la théologie une personnalité qui, jusqu’à l’âge de trente ans, est absolument inconnue et qui, à partir de cet âge, apparaît au milieu des miracles, tantôt absurdes et tantôt ridicules, est une tentative si difficile qu’on peut, a priori, le déclarer impossible.» (Dide, La fin des religions.) Ernest Havet, dans son grand ouvrage : Le Christianisme et ses Origines, sans aller jusqu’aux conclusions de la critique actuelle sur la non-existence de Jésus, exprime ses doutes. Il dit : «Socrate est une personne réelle, et Jésus est un personnage idéal. Nous connaissons Socrate par Xénophon et Platon, qui l’ont connu; ils écrivent sur lui dans Athènes, pour les Athéniens, au milieu desquels s’est passée sa vie, et ils écrivent au lendemain de sa mort. On verra au contraire que ceux qui nous ont parlé de Jésus ne le connaissent pas et s’adressaient à des hommes qui le connaissaient encore moins; qu’ils ont écrit à plus d’un demi-siècle de distance, dans des pays qui n’étaient pas le sien, en une langue qui n’était pas la sienne. Ils n’ont écrit qu’une légende : Jésus est un personnage historique qui n’a pas d’histoire. J’ai déjà développé ailleurs cet idée et je prie qu’on me permette de me répéter : «Socrate est, comme on dit, percé à jour. Nous connaissons sa figure et son nez retroussé. Nous n’ignorons ni sa femme Xanthippe, ni l’humeur de Xanthippe. Nous le suivons à l’Agora, aux gymnases, à tables, au lit; nous assistons à ses amusements avec ses amis ou à ses disputes avec ses adversaires; nous l’accompagnons dans l’atelier d’un peintre, dans la boutique d’un marchand ou chez la belle Théodote qui pose pour un portrait. Nous l’entendons, pour ainsi dire, toutes les fois qu’il parle et aussi longtemps qu’il parle. Celui qu’on entend causer, celui qu’on voit rire, ne sera jamais un dieu. Je ne sais si Jésus a jamais ri ou causé, car c’était un homme de Lorient; mais ses biographes ne nous le diraient pas ou plutôt il n’a pas de biographie. On ne nous parle pas de son visage; son âge même n’est pas indiqué. Il n’était pas marié sans doute, il a été de ceux qui se font eunuques pour le royaume des cieux; mais on n’a pas seulement pris la peine de nous le marquer en termes exprès. On ne nous dit rien de ses habitudes et du détail de sa vie. On ne nous raconte de lui que des apparitions, on ne recueille de sa bouche que des oracles. Tout le reste demeure dans l’ombre; or, l’ombre et le mystère, c’est précisément ce qui est divin. Si on aperçoit quelque chose de ses passions ou de ses préjugés, c’est autant que ses disciples les partagent et les sanctifient; on n’entrevoit rien de ses faiblesses. En un mot, ceux qui nous racontent Socrate sont des témoins; ceux qui nous parlent de Jésus ne le connaissent pas : ils l’imaginent.»

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09/11/2013

Sami Aldeeb : "Plus je connais l'Islam, plus je m'en éloigne"

 

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Une interview pleine d’évidences et de bon sens.

Sami Aldeeb est un juriste d’origine palestinienne et de nationalité suisse. De 1980 à 2009, il a été responsable du droit arabe et musulman à l’Institut Suisse de Droit Comparé. Il dirige le Centre de droit arabe et musulman et enseigne dans différentes universités. Auteur d’un grand nombre d’ouvrages et d’articles, il a notamment publié en 2008 une édition bilingue du Coran (arabe — français) en classant les sourates par ordre chronologique.

 

 

 

Extraits textes principaux : « Il faut mettre des garde-fous en disant aux musulmans que nous ne tolérerons pas les éléments négatifs de leur texte. Je dis aux musulmans: « si vous voulez être digestes et acceptables pour la société, il y a beaucoup de choses du coran que vous devriez mettre à la poubelle. Il faut aller jusqu’à désacraliser le Coran et Mahomet. Si vous ne faites pas cela, vous serez piégés pour toujours».

Le Coran est une copie de l’Ancien Testament. On y trouve la même idéologie. Le refus de la liberté individuelle, la violence, les sanctions prévues par la Bible, vous allez les retrouver dans le Coran. C’est la même chose. On a l’avantage avec les Juifs qu’ils ne sont pas très nombreux. S’il y avait autant de Juifs que de Musulmans, on aurait probablement eu des catastrophes, comme avec les Musulmans [NDLR : on en a eu des catastrophes dues aux juifs, les deux guerres mondiales par exemple].

On a le même problème avec le judaïsme et l’islam du fait que les textes sacrés sont des textes légaux. Le Christ, lui, se foutait royalement de la loi. C’est un moralisateur pas un législateur. Le problème avec Moise et Mahomet, avec l’Ancien Testament et le Coran donc, c’est que ce sont des textes législatifs. Et si vous leur donnez une légitimité divine, vous les rendez imperméables à la société et il devient impossible de les adapter.

La solution est simple et compliquée à la fois. Il faut désacraliser les textes. Vous savez, quand vous êtes face à un serpent, ça ne sert à rien de lui couper un petit bout de la queue. Il faut lui écraser la tête. Si vous ne balayez pas le concept traditionnel de la révélation, nous sommes foutus.

 

 

 

Quelle est votre vision de l’avenir ?

 

 Elle est tout à fait pessimiste. Je pense que la génération actuelle est perdue. Elle a digéré tout le poison de l’enseignement religieux depuis des siècles. Est-ce qu’on a la possibilité d’avoir une nouvelle génération ? Il n’y en a pas la volonté.

L’islam est un problème spécifique. Il faut enseigner à nos générations : on ne traite pas avec l’islam comme on traite avec n’importe qui. Leur idéologie est tout à fait différente et ça nécessite une connaissance. En Occident, malheureusement, ils ne se sont pas préparés, et ils ne voudront pas le faire aujourd’hui face à la déferlante islamique. Toutes nos universités occidentales ont complètement fait faillite sur ce plan.

Nous sommes en train de payer la politique de l’autruche. Il n’y pas de courage chez nos politiciens et chez nos professeurs. Nos universités ne rendent aucun service au contraire. Elles aident à l’aveuglement général et mènent toute la société occidentale à sa perte.

Aucune faculté de droit suisse n’enseigne le droit musulman, aucune n’indique où est le problème. Il faut une refonte totale et préparer une nouvelle génération de juristes capable d’identifier le mal. Comment voulez-vous gérer une société avec 400.000 ou 500.000 musulmans ? (ndlr : la Suisse). Il faut quand même que vous sachiez ce qu’ils pensent, ce qui rode dans leurs têtes, ce qu’ils enseignent dans leurs mosquées…

 

 

 

Ne craignez vous pas que l’occidental finisse séduit par l’islam s’il se met à l’étudier ?

 

J’ai rencontré un grand professeur arabe d’Afrique du Nord; qui a une position importante dans son pays. Il m’a dit ‘ »Tant que les musulmans croient que le coran est la parole de Dieu, il n’y a aucun progrès possible. Je lui ai demandé : « mais c’est extraordinaire , vous l’avez écrit ou ? ». Il m’ a répondu : « Mais vous êtes dingue ou quoi, vous voulez ma mort ? »

 

 

Êtes vous en train de nous dire que l’islam règne par la terreur ?

 

Oui. Regardez la ligue arabe. En 1976 elle a adopté un projet de loi dans lequel il est écrit : « toute personne qui quitte l’islam doit être mise à mort. C’est une déclaration officielle que l’islam règne par la terreur.

Je prophétise la fin de l’islam : le problème est que c’est une religion légaliste, et c’est ce qui les perdra. La fin de l’islam, ca commencera par une nation qui dira « on en a ras-le-bol de l’islam. » Et puis une autre…

On va assister à une implosion de la société islamique, parce que les gens sont exaspérés par cette religion.

 

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11/10/2013

Aïd el-Kébir : abandonnez le sacrifice, choisissez le DON

Musulmans : Fêter l'Aïd el-Kébir, c'est bien normal, c'est votre droit le plus strict. Mais de grâce, cessez d'en faire un odieux massacre !... Rien ne vous oblige à perpétuer la "tradition" barbare du sacrifice d'un animal, absolument RIEN. Choisissez plutôt le DON.

Hans CANY

 

 

LE DON, UNE ALTERNATIVE AU SACRIFICE

 

 À une semaine de l’Aïd el-Kébir 2013, l’association L214 dévoile des images exclusives prises l’année dernière en caméra cachée à l’occasion des fêtes de l’Aïd 2012. Ces images ont été tournées dans 3 abattoirs temporaires de la région Rhône-Alpes et à l'abattoir de Valenciennes (59). La maltraitance des animaux dans des lieux pourtant agréés par les services vétérinaires y est patente : animaux dans les coffres de voiture, les pattes ficelées, tirés par les oreilles ou immobilisés de longues minutes sur le poste d’abattage, le museau au dessus du sang de leurs congénères.

À Roubaix et Tourcoing, la mairie avait mis des bennes à la disposition des habitants qui pratiquent l’abattage clandestin dans les appartements en dehors de tout cadre réglementaire.

Ces nouvelles images sont une occasion de sensibiliser la communauté musulmane à l’incompatibilité des abattages avec le respect dû aux animaux et l’inciter à choisir l’alternative du don.

« Comme le rappelle le théologien Tarik Ramadan*, en tant que musulman, il est possible de remplacer le sacrifice d’un mouton par un don à une oeuvre de charité. Chaque année, la mise à mort de centaines de milliers de moutons au moment des fêtes de l’Aïd entraîne des souffrances animales inévitables. C’est le cas dans les abattoirs agréés, pire encore lors des abattages clandestins. Nous adressons un message aux musulmans : par respect pour les animaux, choisissez l'alternative du don ! » déclare Brigitte Gothière, porte-parole de l’association L214.

Contacts presse :
Brigitte Gothière : 06 20 03 32 66
Sébastien Arsac : 06 17 42 96 84
Vidéo sur demande

 

 

 

* Tarik Ramadan : « Pendant la grande fête, il existe une sunna, un acte recommandé, qui consiste à sacrifier un mouton. C’est un acte recommandé que les habitudes nationales et familiales ont parfois transformé en obligation. Ce n’est pas le cas. C’est une recommandation. De plus, depuis bien longtemps des savants musulmans ont rappelé que l’on pouvait offrir l’équivalent du sacrifice en don d’argent ou de nourriture pour les pauvres. À l’heure où certains sacrifient leur mouton sans toujours pouvoir respecter les animaux – qui trop souvent sont maltraités et souffrent -, à l’heure du gaspillage de la viande… il est impératif de ne pas se perdre dans les pratiques traditionnelles et de revenir à l’essence du message de l’islam : se donner les moyens de respecter les animaux et de nourrir les pauvres. Il vaut mieux alors s’abstenir de sacrifier un mouton et envoyer une somme d’argent équivalente aux pauvres du monde. »

 

 

 

A (RE)LIRE AUSSI, SUR LE MÊME SUJET  :

 

ISLAM ET DROITS DES ANIMAUX : L'AÏD SANS SACRIFICE ANIMAL

 

hans cany, libération animale, religions

 

10/12/2012

Mise au point à propos du 21 décembre 2012 et d'une certaine "fin du monde"

calendrier-maya.gif

 

A l'approche de la date fatidique, la crédulité et l'ignorance des uns, tout comme l'incrédulité et la désinvolture des autres -souvent tout aussi ignorants que les premiers-, me laissent pantois. Chacun y va de ses petites spéculations chez les uns et de ses pseudo-certitudes chez les autres, certains faisant une surenchère dans le scepticisme et/ou la dérision qui masque mal le doute qu'il gardent secrètement au fond d'eux-mêmes. Et les uns et les autres de parler de choses tout aussi erronées que de "fin du monde" et autres "prophétie des Mayas"...alors que les Mayas n'ont jamais rien affirmé de tel ! La date du solstice d'hiver, le 21 décembre, marque simplement la fin d'un cycle, et l'entrée dans un cycle nouveau, une nouvelle ère. Car à l'instar de nombreuses autres civilisations païennes de par le monde, la conception du temps selon les Mayas, leur façon de le mesurer, n'est point linéaire mais cyclique. Cette fin de cycle peut éventuellement s'accompagner de bouleversements d'essence plus ou moins cataclysmiques...ou pas. En vérité, nul ne le sait vraiment, et les spéculations des uns comme des autres sont tout aussi hasardeuses que présomptueuses. En outre, il faut cesser de se focaliser sur cette fameuse date du 21 décembre, qui n'est que symbolique. Elle ne fait peut-être que marquer le début d'une période de mutation, susceptible de se prolonger plusieurs semaines, plusieurs mois... Il ne se produira probablement rien de notable, le 21. Mais par la suite ? Qui sait, au juste ? Il n'y aura pas matière à ce gausser d'une prétendue "fin du monde" qui n'aura pas eu lieu, au matin du 22 décembre. Nous n'aurons peut-être encore rien vu. Si tant est qu'il y ait quelque chose à voir, à terme. Les sceptiques professionnels, comme les scientistes et les rationalistes forcenés, en la matière, ne font pas davantage preuve de rigueur et d'objectivité que les illuminés à la petite semaine qu'ils se plaisent à railler. La seule certitude que l'on puisse avoir sans le moindre risque de se tromper, c'est que la question est loin de se limiter à ce genre d'interprétations simplistes, et qu'elle se situe bien au-delà de ce type d'enfantillages. Comme le dit l'adage, le véritable sage est celui qui sait qu'il ne sait rien...

Hans CANY

 

 

19:20 Publié dans Mystères, mythes, légendes & paranormal, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : hans cany |  Facebook | | |

24/07/2012

Islam et Droits des animaux : l'Aïd sans sacrifice animal

L'association Droits des Animaux estime qu'il est important d'aller au-delà des clichés sur l'islam, souvent assimilé à une démarche contraire aux droits des animaux.

 

Ce dépliant démontre qu'il n'en est rien : la compassion envers les animaux est très présente en islam, parfaitement compatible avec le respect des animaux pour qui veut bien connaitre cette religion.

Source : http://www.droitsdesanimaux.net/islam.php

 



CLIQUEZ SUR CHAQUE IMAGE
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ET POUR POUVOIR AINSI LIRE LE TEXTE :

 

AÏD_1.jpg

AÏD_2.jpg

09/02/2012

Sagesse amérindienne

MESSAGE DES INDIENS D'AMERIQUE
AU MONDE OCCIDENTAL

"Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout: le soleil, la lune, les arbres, le vent et les montagnes; parfois nous l'approchons par leur intermédiaire. (...) Nous croyons en l'Etre Suprême, d'une foi bien plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traité de païens... Les Indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas dans l'obscurité.

Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L'ennui avec les Blancs, c'est qu'ils n'écoutent pas ! Ils n'ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu'ils n'écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m'ont beaucoup appris: tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit."

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo),
indien Stoney (Canada)


Le destin des Indiens d'Amérique annonçait celui de l'ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la destruction de leur environnement, réduits à la misère et l'esclavage après la confiscation de leur espace et de leurs ressources.

Le message des Indiens est aussi une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de "l'Esprit qui est en toute chose"...


"Notre terre vaut mieux que de l'argent. Elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les flammes d'un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l'eau coulera, cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des hommes et des animaux. C'est pourquoi nous ne pouvons vendre cette terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu'elle ne nous appartient pas."

Chef indien Blackfeet (Pieds-Noirs)

 





Par ailleurs, les Amérindiens, contrairement à nombre d'Occidentaux aveuglés par les mensonges et la propagande médiatique, savent discerner le vrai du faux, et savent s'élever contre l'injustice :

indians_qaddafi.jpg





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04/11/2011

"EARTHLINGS" ("Terriens"), VO sous-titrée FR

En streaming.
Prenez le temps de visionner ce film en intégralité.

Indispensable et incontournable...





végétarisme,ecologie





20:05 Publié dans Cause animale et végétarisme, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : végétarisme, ecologie |  Facebook | | |

30/10/2011

HALLOWEEN / SAMHAIN, expression de la Tradition païenne d'Europe

HALLOWEEN, qu'est-ce que c'est, au juste ?
Simplement une soirée où l'on se
déguise "pour le fun" ?... Une fête pour les gosses ?... A l'intention des hilotes et des béotiens, je vais tenter de résumer à l'extrême ce qu'il en est véritablement.
Parce que pour moi, c'est important.

 

Tout d'abord non, ce n'est PAS une fête américaine, ni une fête "carnavalesque"/commerciale de création récente : ce sont les migrants des îles britanniques (anglais, mais surtout irlandais, gallois et écossais) qui l'ont exportée aux USA entre le XVIIème et le XIXème siècles, et c'est donc par cette voie qu'elle nous revient aujourd'hui en Europe continentale. C'est dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, mais aussi pendant une bonne dizaine de jours avant et après cette date, qu'est célébrée dans une grande partie de l'Europe une fête païenne majeure baptisée "Halloween" dans la Tradition germano-celtique du monde anglo-saxon, et correspondant à la Samain/Samhain des Celtes. Contrairement à une croyance tenace, cette fête n'est pas non plus que l'apanage de l'Irlande et de la Grande Bretagne, puisqu'elle était également célébrée chez les Celtes continentaux et notamment en Gaule, sous le nom de Samonios.

Halloween/Sam(h)ain/Samonios, c'est tout simplement le nouvel an celtique. Halloween est également l'héritier d'une fête équivalente dans la tradition germano-nordique, et c'est en ce sens qu'elle constitue un des nombreux points de convergence entre les deux mondes culturels et civilisationnels que sont le monde germanique d'une part, et le monde celtique d'autre part, étroitement apparentés à plus d'un titre.

Cette célébration marque le passage de la partie lumineuse du cycle des saisons à sa partie sombre, partie sombre qui inaugure donc une nouvelle année (le passage inverse, de la partie obscure à la partie lumineuse, est célébré quant à lui dans la nuit du 30 avril au 1er mai : c'est alors la fête de Cetsamhain/Beltaine dans la Tradition celtique, ou "Nuit de Walpurgis"/Ostara dans la Tradition germanique, qui est en fait l'exacte réplique d'Halloween/Sam(h)ain/samonios, avec les mêmes implications, mais bien évidemment "inversées") .

Célébration de l'entrée dans la période la plus sombre de l'année et de la mort symbolique de la Nature, Halloween/Samain, tout comme Beltaine/Walpurgis, constitue une nuit "hors du temps", peuplée de forces obscures et au cours de laquelle le monde des morts et de l'au-delà interfère avec celui des vivants. Elle est marquée par l'errance de forces impalpables, de créatures ténébreuses et inquiétantes, au premier rang desquelles les sorcier(e)s maléfiques, les spectres, les revenants , les loups-garous, et autres monstres.

Elle est donc aussi la fête des morts et des esprits désincarnés, le Jour des Morts proprement dit se célébrant le 1er novembre (==> devenu la "Toussaint" des chrétiens. L'Eglise a tenté de récupérer cette tradition païenne de la Fête des Morts en la décalant officiellement au 2 novembre, mais les gens continuent de se rendre dans les cimetières le 1er, et non le 2 novembre : ce qui démontre bien la persistance de cette tradition ancestrale).

 Bref, à toutes celles et tous ceux qui se soucient de rétablir le lien avec leurs véritables racines spirituelles ancestrales, je souhaite donc une excellente célébration de cette nuit exceptionnelle, qu'il serait fort dommage de laisser tomber dans l'oubli, ou d'abandonner, vidée de son contenu véritable, aux seules récupérations profanes et commerciales !

Hans CANY


halloweenSAMHAIN.jpg


Pour en savoir plus à ce sujet, je vous recommande vivement la lecture
du remarquable "B.A.-BA HALLOWEEN" de Jean-Paul Ronecker
(Editions Pardès)

Une étude magistrale et captivante, fort bien documentée
tout en restant accessible à toutes et à tous.

hans cany,paganisme,identité & racines

18/01/2011

Abattage rituel et sacrifices sanglants

Alors que j'affiche très volontiers ma tolérance absolue en matière de spiritualité, au nom de la liberté de conscience la plus élémentaire, on me demande parfois quelle est ma position au sujet de l'abattage rituel et des sacrifices animaux effectués dans le cadre de telle ou telle pratique religieuse.Par ce petit texte, j'entends donc apporter une réponse parfaitement claire à cette question.

 

Je suis, bien sûr, très farouchement opposé à ce genre de "rites" barbares, d'où qu'ils viennent, et quelle que soit la religion dont se réclament ceux qui s'y adonnent, fussent-ils musulmans, juifs, païens ou n'importe quoi d'autre. Ces crimes abjects doivent être abolis.Je suis et resterai toujours absolument intraitable sur ce point.Je parle non seulement de l'abattage "rituel" des animaux dits "de boucherie", acte ignoble entre tous, mais aussi des divers sacrifices effectués à l'occasion de cérémonies.

 

A mon sens, la pratique du sacrifice animal ou humain relève de surcroit d'une conception spirituelle de très bas étage, qui confine à la superstition et à la bêtise pure et simple.Bien sûr, je comprends le principe de la chose : il s'agit de renvoyer le souffle de vie ou l'âme vers sa source créatrice, dans l'espoir de susciter l'attention de la divinité et de s'attirer ses bonnes grâces.Il n'en demeure pas moins que je trouve cela non seulement criminel, mais aussi immoral et totalement stupide.

Au nom de quoi Dieu (ou une quelconque divinité), pourvoyeur de vie (et parfois "tout Amour"), pourrait-Il être ravi que l'on ôte ainsi la vie et/ou l'âme qu'Il est censé avoir donné à une de Ses créatures, et qu'on la lui renvoie de façon violente et anti-naturelle ?!? Cela ne tient pas debout, c'est absurde. Et encore plus si la victime du sacrifice n'est pas consentante !!! (Il semblerait que dans certains cas, et dans diverses traditions, certains sacrifiés humains aient été parfaitement consentants. Ce qui est alors un "moindre" mal, mais bon...)

 

Chez de nombreux païens de toutes traditions, y compris chez la grande majorité des hindous, les sacrifices ont depuis longtemps pris la forme d'offrandes végétales et de nourriture. Et c'est très bien ainsi.

 

Pour moi, les musulmans ou juifs qui égorgent des moutons, comme les simili païens qui, à notre époque, s'adonnent ou voudraient s'adonner à des choses du même tonneau, ne sont que de beaux spécimens d'imbéciles et de fieffés salopards.

 

Tous les peuples, toutes les cultures et toutes les religions ont, à un moment ou un autre de leur existence, pratiqué le sacrifice humain et/ou animal. Mais arrive toujours un moment où il faut savoir faire preuve de discernement, en opérant une distinction entre ce qui est essentiel et conserve une valeur intemporelle d'une part, et ce qui porte clairement la marque de son temps et des moeurs qui y sont liées d'autre part... L'ancienneté (relative) d'une pratique n'est en aucun cas le gage de sa légitimité et de sa moralité, très loin s'en faut.

 

Le divin ne se trouve pas hors de nous, mais en nous. Il est non seulement le souffle de vie, mais aussi l'esprit, et ce que nous nommons quasi-instinctivement l'âme, sans même parfois pouvoir définir précisément cette dernière. L'esprit et... l'âme appartiennent à tout ce qui peut penser, à des degrés divers. Mais le souffle de vie, lui aussi parcelle du divin, réside en tout ce qui vit. Même en ce qui ne peut ni penser ni souffrir au sens animal du terme. Ce sont l'esprit et l'âme qui permettent de percevoir les sensations physiques et mentales : la douleur, la souffrance, le bien-être et les émotions, heureuses ou non.

 

TOUS les animaux, même les plus "primitifs" et les plus "insignifiants", sont au moins pourvus d'un esprit, qui en fait des êtres SENSIBLES, capables de se mouvoir et d'agir en fonction de leurs besoins, d'adapter leur comportement en fonction des circonstances, etc.

 

Et c'est pourquoi, à mon sens, toute conception spirituelle un tant soit peu élevée se doit de tenir compte de toute vie, mais aussi et surtout de toute vie sensible, à sa juste valeur.


Hans CANY, le 27 juillet 2010 E.V.


 

hans cany,religions,végétarisme,libération animale,paganisme

Aux origines du LOUP-GAROU

Le terme de "loup-garou" a plongé bien des étymologistes dans la perplexité...
Cependant, je vais résumer la thèse qui, selon moi, est la plus plausible.

Tout d'abord, l'origine du mot "loup", pour sa part, ne fait guère de mystère : il s'agit d'un dérivé de l'ancien français "leu", lui-même provenant du latin "lupus" (==> nom latin du loup : canis lupus).

En revanche, c'est l'origine du mot "garou" qui parait souvent plus obscure. Pourtant, l'évidence s'impose, là aussi.
Le mot est tout simplement d'origine germanique.

L'ancienne racine germanique Wer/War (qui a donné dans l'anglais moderne "Were" et "War") semble avoir signifié "homme" à une époque reculée, non pas homme au sens commun du terme, mais homme avec une notion d'agressivité, de férocité guerrière (d'où l'anglais "War").
Dans certaines branches linguistiques germaniques, le "W" s'est muté en "G", ce qui arrive très fréquemment (pour prendre un exemple très commun, citons le prénom germanique "Wilhelm", qui a donné "Guillaume").

Ainsi, l'association des deux notions d' "homme féroce" et de "loup" a donné naissance à de multiples variantes dans les langues germaniques, pour désigner ce que nous nommons le loup-garou :

Vieux germain (dont anglo-saxon) : Warwulf et Werwulf
Allemand moderne : Werwolf
Flamand/Néerlandais moderne : Weerwolf
Anglais moderne : Werewolf
Francique : Waru-Wulf
Norrois : Varulf, puis Garwall
Vieux normand : Garwarf

Etc etc (il existe beaucoup d'autres variantes)

Or, le vieux français "garou" découle directement des termes norrois et normand de Garwall/Garwarf, dont il est une déformation, et qui signifie à lui seul "Homme-loup".

Ainsi, on peut dire que le terme français de loup-garou est un abus de langage, puisqu'il constitue en quelque sorte un pléonasme : littéralement, il signifie en effet "loup-homme loup" !

Pour l'anecdote, je ne résisterai pas au plaisir de mentionner aussi une autre petite variante linguistique, en rapport direct avec mes propres origines "nordistes".
En Picardie, le terme servant à désigner le loup-garou est "Louéroux", qui existe aussi sous la forme plus ancienne "Leuwarou".
La langue picarde, loin de n'être qu'un vulgaire patois comme on le croit trop souvent, est en fait une véritable langue, une langue d'Oïl tout comme le français à côté duquel elle s'est développée parallèlement, ce qui explique les nombreuses similitudes entre les deux idiomes.
Or, dans ce terme de "Leuwarou", vous pourrez noter que l'on retrouve non seulement "Leu" comme dans le vieux français, mais aussi "Warou", qui s'apparente évidemment à la vieille racine germanique "War/Waru/Wer", comme dans le francique "Waru-Wulf".
Ainsi, même en picard, on retrouve ce fameux pléonasme : "Leuwarou" = "Loup-Homme loup" !


Notons enfin que dans certaines langues celtiques, on trouve aussi d'assez curieuses similitudes.
Dans le vieux gallois, par exemple, "loup-garou" se dit "Guruol" ou "Guorguol", la première syllabe signifiant "homme", la seconde "loup"...

Hans CANY

 

 

Intimement liée au mythe lycanthropique, je ne peux manquer de signaler ici la thèse du "double astral", consciencieusement développée par Claude Lecouteux dans son étude universitaire "Fées, sorcières et loups-garous au Moyen-Âge" , et également abordée dans l'ouvrage d' Adam Douglas "Loup-garou, qui es-tu ?" .

Selon cette thèse, le mythe du loup-garou, d'essence chamanique, se perd véritablement dans la nuit des temps, et est intimement lié à la croyance au "Double".
D'après cette croyance très ancienne et très largement répandue, le monde onirique (celui des rêves), loin de n'être qu'une simple récréation ou divagation de l'esprit, constitue bel et bien une sorte de monde psychique parallèle, une réalité impalpable, dans une autre dimension que celle qui régit nos existences terrestres et concrètes. Dans certaines circonstances, un être humain peut, volontairement ou non, produire durant son sommeil un "double" (astral), lequel peut alors être vu au même moment en un tout autre endroit par des individus éveillés (phénomène de la bilocation). Ce "double" de la personne endormie peut soit revêtir son apparence habituelle, soit revêtir une apparence modifiée. Et ce "double" peut tout aussi bien ne se manifester que visuellement, de manière intangible et évanescente, que se matérialiser de façon plus concrète en certains cas. Ce principe de la projection d' un "double" peut ainsi apporter une explication plausible à nombre d'observation de "monstres" effectuées par des personnes sincères, ayant correctement interprété leurs visions et n'ayant souffert d'aucune forme d'hallucination.



A lire sur ce sujet précis :

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Fées, sorcières et loups-garous... Enchanteurs ou terrifiants, ces êtres mystérieux n'ont cessé de nous fasciner et demeurent encore présents dans nos récits, nos rêves et nos hantises. Mais de quelles croyances sont-ils la survivance ? Claude Lecouteux a décelé, dans les légendes germano-scandinaves et dans maints aspects de la culture européenne, une conception religieuse bien oubliée : l'âme, ou plutôt le Double, peut - sous une forme humaine ou animale - s'échapper du corps pendant le sommeil, la transe ou même le coma, puis réintégrer son enveloppe charnelle. Et si certains subissent, bien malgré eux, cet étrange voyage, d'autres, parfois accusés de sorcellerie, savent le provoquer. Etonnant archéologue de l'âme médiévale, Claude Lecouteux révèle l'origine et l'importance de la croyance au Double, et en saisit les métamorphoses à travers les siècles. Ainsi, loin d'être des fantaisies ou de vagues superstitions, fées, sorcières et loups-garous témoignent d'une vision ancienne - combattue, refoulée, mais cohérente - du monde et de l'au-delà.



SOMMAIRE :

. L'AME HORS DU CORPS
-Le voyage extatique
-Les extatiques païens
-Une singulière conception de l'âme

. LES DEGUISEMENTS DU DOUBLE
-Le double et les fées
-Double et sorcellerie
-La métamorphose, le double, le loup-garou

. VOIR LE DOUBLE
-Autoscopie
-L'ombre, le reflet, l'image



Claude Lecouteux est professeur de littérature et de civilisation du Moyen Age à l'Université de Paris IV-Sorbonne. Il a déjà publié, aux Editions Imago, Fantômes et Revenants au Moyen Age (1986), Les Nains et les Elfes au Moyen Age (1988), Démons et Génies du terroir au Moyen Age (1995), Mélusine et le Chevalier au Cygne (1997), Chasses fantastiques et Cohortes de la nuit au Moyen Age (1999), Histoire des vampires (1999), La Maison et ses Génies (2000), Le Mort aventureux (roman, 2003), Le Livre des grimoires (2002) et Le Livre des talismans et des amulettes (2005).






A lire également, cet excellent ouvrage qui traite de façon plus large des racines chamaniques du mythe lycanthropique :

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Enfin, si vous ne le connaissez pas déjà, un ouvrage de référence incontournable depuis plusieurs décennies, assez facilement trouvable à bas prix chez les bouquinistes ou sur eBay, où il apparait fréquemment :

"LOUPS-GAROUS ET VAMPIRES", de Roland Villeneuve


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HC

 

 

Un petit extrait du Satyricon de Pétrone (premier siècle de l' ère chrétienne). Il s'agit du tout premier texte littéraire faisant clairement allusion au loup-garou. Si l'on excepte bien évidemment le récit antérieur à propos de Lycaon métamorphosé en loup par Zeus, dans la mythologie grecque...
Le narrateur est un affranchi, qui relate une anecdote datant de l'époque où il était encore esclave.
Témoignage sincère rapporté par Pétrone, ou simple fantaisie littéraire, créée de toutes pièces par lui ? On ne le saura hélas jamais.




[LXII] Forte dominus Capuae exierat ad scruta scita expedienda. Nactus ego occasionem persuadeo hospitem nostrum, ut mecum ad quintum miliarium ueniat. Erat autem miles, fortis tanquam Orcus. Apoculamus nos circa gallicinia ; luna lucebat tanquam meridie. Venimus inter monimenta : homo meus coepit ad stelas facere ; sedeo ego cantabundus et stelas numero. Deinde ut respexi ad comitem, ille exuit se et omnia uestimenta secundum uiam posuit. Mihi anima in naso esse ; stabam tanquam mortuus. At ille circumminxit uestimenta sua, et subito lupus factus est. Nolite me iocari putare ; ut mentiar, nullius patrimonium tanti facio. Sed, quod coeperam dicere, postquam lupus factus est, ululare coepit et in siluas fugit. Ego primitus nesciebam ubi essem ; deinde accessi, ut uestimenta eius tollerem : illa autem lapidea facta sunt. Qui mori timore nisi ego ? Gladium tamen strinxi et in tota uia umbras cecidi, donec ad uillam amicae meae peruenirem. In laruam intraui, paene animam ebulliui, sudor mihi per bifurcum uolabat, oculi mortui ; uix unquam refectus sum. Melissa mea mirari coepit, quod tam sero ambularem, et : « Si ante, inquit, uenisses, saltem nobis adiutasses ; lupus enim uillam intrauit et omnia pecora tanquam lanius sanguinem illis misit. Nec tamen derisit, etiamsi fugit ; senius enim noster lancea collum eius traiecit. » Haec ut audiui, operire oculos amplius non potui, sed luce clara Gai nostri domum fugi tanquam copo compilatus ; et postquam ueni in illum locum, in quo lapidea uestimenta erant facta, nihil inueni nisi sanguinem. Vt uero domum ueni, iacebat miles meus in lecto tanquam bouis, et collum illius medicus curabat. Intellexi illum uersipellem esse, nec postea cum illo panem gustare potui, non si me occidisses. Viderint quid de hoc alii exopinissent ; ego si mentior, genios uestros iratos habeam. »

TRADUCTION :

[62] Par bonheur, mon maître était allé à Capoue pour liquider un lot de vieilles hardes. Saisissant l'occasion, je décide un hôte que nous avions à m'accompagner pendant cinq milles. C'était un militaire, fort comme un ogre. Nous nous débinons à la nuit, vers le chant du coq : la lune éclairait comme en plein jour. Nous arrivons entre les tombeaux ; voilà mon homme qui s'écarte du côté des stèles ; moi, je m'assieds en fredonnant un air, et je compte les stèles. Et puis, en me retournant vers mon compagnon, je le vois qui se déshabille et qui dépose tous ses habits sur le bord de la route. J'avais la mort au bout du nez ; je ne remuais pas plus qu'un cadavre. Pour lui, il se mit à pisser autour de ses vêtements, et aussitôt il se changea en loup. Ne croyez pas que je blague : je ne mentirais pas pour tout l'or du monde. Mais, pour en revenir à mon histoire, une fois changé en loup, il pousse un hurlement et s'enfuit dans les bois. Moi, tout d'abord, je ne savais où j'étais ; puis, je m'approchai pour emporter ses habits ; mais ils s'étaient changés en pierre. Si jamais homme dut mourir de frayeur, c'était bien moi. Pourtant, je tirai mon épée, et tout le long de la route j'en frappai les ombres jusqu'au moment où j'arrivai à la ferme de ma maîtresse. Quand j'entrai, j'étais pâle comme un spectre ; j'ai bien failli claquer pour de bon ; la sueur me ruisselait par l'enfourchure ; mes yeux étaient morts, j'ai bien cru ne jamais me remettre. Ma brave Mélissa s'étonna de me voir en route à pareille heure : « Si tu étais venu plus tôt, me dit-elle, au moins tu nous aurais donné un coup de main ; un loup est entré dans la ferme et toutes nos bêtes, il les a saignées comme un boucher. Mais cela lui a coûté cher, bien qu'il ait pu s'échapper : car un de nos esclaves lui a passé sa lance à travers le cou. » Quand j'ai entendu ça, il n'a plus été question pour moi de fermer l'œil, mais sitôt le jour venu, je me sauvai chez notre maître Gaïus, comme un cabaretier qu'on aurait dévalisé. Et arrivé à l'endroit où les vêtements s'étaient changés en pierre, je n'ai plus rien trouvé que du sang. Mais, quand je fus rentré chez nous, le militaire gisait dans son lit, soufflant comme un bœuf, et un médecin lui pansait son cou. J'ai compris que c'était un loup-garou ; et à partir de ce moment, on m'aurait tué plutôt que de me faire manger un bout de pain avec lui. Libre aux autres d'avoir leur opinion là-dessus : mais moi, si je mens, que tous vos Génies me confondent. »
(Alfred Ernout)
Pour preuve que le loup-garou n'a pas toujours et systématiquement été considéré comme une créature maléfique, "LES CHIENS DE DIEU", de Gaël Milin (Editions BRETAGNE, 1993) : une étude portant sur la représentation du Loup-Garou en Occident entre le XIème et le XXème siècles, et qui met tout particulièrement l'accent sur le cas breton :



Comment un même personnage (le loup-garou) peut-il être représenté, selon les documents, selon les époques, comme un bon chevalier aimé de son roi (Bisclavret, Mélion), comme un sorcier anthropophage, ayant passé un pacte avec Satan, et, comme tel, promis au bûcher (XVIe-XVIIe siècles), ou encore comme un « chien de Dieu », luttant héroïquement contre sorcières et sorciers pour récupérer les semences et assurer ainsi la prospérité et d’abondantes récoltes ?
C’est de cette interrogation qu’est né le présent ouvrage qui s’attache à décrire et analyser la réprésentation du loup-garou en Occident du Moyen-Age jusqu’à nos jours.


Cet ouvrage a été rédigé par un littéraire, médiéviste romaniste, lecteur passionné des grands collecteurs bretons du XlXe siècle (Luzel, Sébillot...), travaillant au sein du C.R.B.C., laboratoire du CNRS, fondé par un historien, spécialiste de la Civilisation de la Bretagne (Yves Le Gallo), dirigé par un directeur de recherches en ethnologie de la Bretagne (Donatien Laurent).

La représentation du loup-garou y est analysée dans un esprit pluridisciplinaire, (inspiré de l'histoire des mentalités, mais adapté à la spécificité de chaque corpus), depuis le Moyen Age (et les lais bretons) jusqu'à l'époque moderne (contes oraux, récits de croyances collectés, pour l'essentiel, en Bretagne).



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Les jours de la semaine, un héritage païen

Avez-vous déjà noté les étonnantes similitudes et correspondances symboliques entre les noms que portent les jours de la semaine dans les différentes langues européennes ?...

Au-delà des évidentes parentés entre les langues de souche germanique (comme par exemple l'anglais et l'allemand), force est de constater, à quelques exceptions près, leurs remarquables concordances sur le plan symbolique, non seulement de par les noms des planètes auxquelles chaque jour fait référence, mais également et surtout de par les divinités et leurs attributions qui y sont associées.

Pour ne prendre qu'un exemple très simple, examinons de plus près les correspondances de ces noms entre trois langues européennes bien connues, le français, l'anglais, et l'allemand :



Français : Lundi ("Jour de la Lune")

Anglais : Monday ("Jour de la Lune")

Allemand : Montag ("Jour de la Lune")



Français : Mardi ("Jour de Mars", dieu de la guerre)

Anglais : Tuesday ("Jour de Tyr", dieu de la guerre)

Allemand : Dienstag  (« jour de Thincsus »), dieu de la guerre)



Français : Mercredi ("Jour de Mercure")

Anglais : Wednesday (Wodan's Day, "Jour de Wodan" ==>correspondance Mercure-Lug-Wodan/Odin)

Allemand : Mittwoch ("Milieu de la semaine" ==> sans correspondance)



Français : Jeudi ("Jour de Jupiter", dieu de la foudre)

Anglais : Thursday ("Jour de Thor", dieu de la foudre)

Allemand : Donnerstag ("Jour de Donar/Thor", dieu de la foudre)



Français : Vendredi ("Jour de Venus", déesse de l'amour)

Anglais : Friday ("Jour de Freya", déesse de l'amour)

Allemand : Freitag ("Jour de Freya", déesse de l'amour)



Français : Samedi ("Jour de Saturne")

Anglais : Saturday ("Jour de Saturne")

Allemand : Samstag ("Jour de Saturne")



Français : Dimanche ("Dominus Dies", interprétation chrétienne tardive où le Dieu biblique remplace le Dieu Soleil)

Anglais : Sunday ("Jour du Soleil")

Allemand : Sonntag ("Jour du Soleil")




Loin d'être le fruit de coïncidences liées aux hasards de l'évolution linguistique, ce fait en apparence anodin ne l'est pas du tout, puisqu'il illustre non seulement la pérennité des symboles mythologiques païens jusqu'à l'époque actuelle , mais aussi et surtout les étroites affinités spirituelles et culturelles ayant persisté de tous temps entre les divers peuples apparentés à l'indo-européanisme (quelles que soient les branches auxquelles se rattachent leurs langues respectives : germaniques, latines, celtiques, etc).

Le patrimoine spirituel et culturel de tous les peuples européens constitue bel et bien un creuset civilisationnel commun. Et c'est à nous, Européen(ne)s modernes, dépositaires de ces traditions ancestrales, qu'il incombe de retrouver la trace d'une mémoire trop longtemps occultée. Car, pour paraphraser Nietzsche, l'avenir appartient aux peuples qui auront la plus longue mémoire...

 

Hans CANY


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Tolérance chrétienne...

Certain(e)s, par préjugé antireligieux et/ou par méconnaissance manifeste du sujet, s'imaginent allègrement que les différentes formes de spiritualité païennes ne sont que des religions fonctionnant de la même façon que les trois grandes religions monothéistes officielles, prétendant chacune détenir «la vérité» seule et unique, imposer leurs vues de façon universelle au nom de dogmes figés et centralisés, ne tolérant ni l'incroyance, ni l'existence d'autres croyances, etc etc. En réalité, rien n'est plus inexact, et ce sont bien au contraire les païens qui, victimes de leurs propres principes fondamentaux en matière de tolérance et de liberté de conscience, ont depuis des siècles subi l'intolérance et les pires persécutions de la part des religions dites «révélées», dès lors que celles-ci ont eu les moyens d'imposer leurs diktats.

Au contraire de ces dernières, il n'existe en effet aucune velléité de prosélytisme de la part des divers courants du paganisme dont certains existent encore aujourd'hui (traditions celto-druidique, germano-nordique, greco-romaine, Wicca, shamanismes, Hindouisme, etc).
Par exemple, comme le fait remarquer avec raison le site de l'Assemblée Universelle des Druides d'Arduina (Source : http://www.druides-arduina.org/index.php ) :

"Le druidisme moderne est une Tradition philosophique inspirée du druidisme antique qui récuse toute assimilation à une quelconque religion, secte, ou idéologie politique.
Le druidisme soutient l’idée du libre choix. Il réprouve toute forme d’intolérance et d’exclusivité culturelle ou religieuse.
Fondamentalement initiatique, la Tradition druidique évite le prosélytisme ostentatoire et ne cherche pas à convertir."



Le fait est que jamais les divers paganismes n'ont cherché à imposer leur foi à d'autres peuples (Croisades, missionnaires, guerres "saintes"...), ni n'ont persécuté les hérétiques ou les incroyants au sein de leurs propres peuples (Inquisition, bûchers, procès religieux...).
Il est donc bien évident qu'en matière de tolérance, au moins à ce niveau, aucune comparaison n'est possible avec les 3 grandes religions "du Livre"...

Aussi, pour information et pour mémoire, je vous invite à prendre connaissance ci-dessous d'une petite liste non-exhaustive des agissements perpétrés depuis environ 2000 ans par l'Eglise chrétienne pour asseoir sa domination aux dépens des païens, tant en Europe qu'au Proche Orient, en Afrique et dans le Nouveau Monde.
Cette chronologie est forcément incomplète, ne s'attardant que sur quelques faits marquants et significatifs tout autant que symboliques. Elle ne peut bien sur pas se permettre de développer longuement chaque événement. En outre, ne sont pris en compte ici -car c'est le sujet traité- que les faits concernant directement le paganisme. Il y aurait bien sûr beaucoup à dire, aussi, sur les multiples crimes et exactions commis par l'Eglise tout au long de son histoire contre les diverses hérésies chrétiennes, contre les incroyants, ainsi que contre les tenants d'autres religions monothéistes rivales. Mais tel n'est pas le but de l'énumération qui suit. Elle a simplement pour objet de vous montrer de quelle façon, depuis la christianisation de l'Empire romain jusqu'à nos jours, cette religion « d'amour et de tolérance» n'a supplanté le paganisme qu'aux moyens de la force, de la contrainte, de l'imposition, du crime et de la terreur de masse.
Comme vous le verrez, celles-ci vont crescendo, et cette chronologie est on ne peut plus édifiante... Bonne lecture.

H.C.


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2000 ANS DE RELIGION D'AMOUR ET DE TOLERANCE CHRETIENNE : LE MARTYROLOGE DES PAÏENS



+ 323 : L'empereur romain Constantin, premier souverain ouvertement favorable aux chrétiens, ordonne la destruction du temple d'Aphrodite à Aphaca, au Liban, et du temple de Mambré en Palestine. Ces temples sont censés «profaner le lieu où est apparu Abraham»...

+ 326 : Destruction du temple d'Asclepios à Aigeai, en Cilicie.

+ 330 : Fermeture du temple de Belenos-Apollon à Bayeux, en Gaule.

+ 346 : Première interdiction des cultes païens.

+ 353 (1er aout) : Défaite du dernier prince païen, Magnence, face à Constance II.

+ 354 (1er décembre) : Interdiction sous peine de mort de faire des sacrifices dans l'enceinte de temples païens.

+ 357 : Le dernier ex-voto est consacré dans le temple d'Apollon à Rome.

+ 358 (19 décembre) : Interdiction de tous les rites utilisant des statues comme support.

+ 363 (26 juin) : Mort de l' Empereur Julien, dernier empereur romain païen , qui avait tenté de restaurer le paganisme.

+ 364 (août) : Valentinien signe le dernier édit de tolérance envers les païens.

+ 365 : Règne éphémère de Procope, dernier empereur romain païen d'Orient.

+ 367 : Malgré les protestations du Pape, le Préfet de Rome, le païen Vettius Agorius Praetextatus, fait restaurer le portique des Douze Olympiens.

+ 370 (12 mars) : Exécution de Maxime d'Ephèse (philosophe et théurge, ancien conseiller de l'Empereur Julien), ainsi que du philosophe Simonidès.

+ 371 : Début de la christianisation officielle de la Gaule par Saint Martin : début de la destruction -souvent sous la contrainte- de lieux sacrés, de temples, d'arbres, de fontaines...

+ 383 : Influencé par Saint Ambroise, l' Empereur Gratien abandonne le titre de Pontifex Maximus, et supprime les dernières subventions versées à des prêtres païens.

+ 384 : Première majorité «chrétienne» au Sénat de Rome. Multiplication des conversions opportunistes, dictées par l'intérêt mais aussi par la crainte.

+ 386 : L'intervention de l'armée est nécessaire pour détruire les temples païens de Palmyre et d'Apamée. Partout, des milices chrétiennes terrorisent l'Egypte, le Liban, la Syrie...

+ 390 : Plaidoyer païen du Préfet de Rome Symmaque, et discours «Pro templis» du dernier grand rhéteur grec Libanios, ami fidèle de Julien.

+ 391 (24 février) : Interdiction des cultes païens à Rome.

+ 391 (26 juin) : Interdiction des cultes païens en Egypte. Destructions massives, notamment celle du Sérapeion d'Alexandrie, malgré la résistance de la population et du philosophe Olympios. Répression des révoltes, fuite des fidèles...

+ 392 : Mort de Tatianos, dernier Préfet du Prétoire non chrétien.

+ 392 (15 mai) : Le roi franc Arbogast, un païen, prend le pouvoir à Rome avec l'aide de plusieurs grandes familles romaines restées fidèles à leur foi païenne, les Symmachi et les Flaviani.

+ 392 (8 novembre) : Interdiction par Théodose de tous les cultes païens, et suppression de la liberté de pensée. Ce souverain chrétien ordonne la fermeture et la destruction de tous les temples.

+ 393 : Interdiction des Jeux Olympiques.

+ 394 (5 septembre) : Défaite d'Arbogast, qui arbore des étendards frappés du portrait d'Hercule. Fin de la dernière tentative de restauration païenne, et épuration de l'aristocratie romaine par les chrétiens.

+ 398 : Porphyre (le «saint» chrétien, pas le philosophe auteur du «Contre les Chrétiens» !) fait fermer les temples de Gaza.

+ 399 : Le Préfet de Damas reçoit l'ordre de raser les temples ruraux. Début d'une vague de destructions de temples païens en Afrique du Nord, avec la bénédiction de Saint Augustin. Répression aussi des révoltes populaires qui font suite à ces destructions.

+ 402 : Destruction des derniers temples de Gaza, et nouvelle répression des révoltes suscitées par cette destruction.

+ 405 : Saccage des temples de Phénicie par des moines chrétiens.

+ 408 : Confiscation des revenus des derniers temples.

+ 408 (14 novembre) : Edit interdisant l'accès de la haute administration romaine aux non chrétiens. En Italie, le comte Générid s'oppose à son application.

+ 410 : Dernier culte druidique attesté en Gaule armoricaine.

+ 410 (24 août) : Le Wisigoth Alaric, dont les hommes sont officiellement «chrétiens», fait le siège de Rome. Le Pape refuse l'aide des païens pour protéger la ville. Après la chute et le pillage de Rome, les païens survivants sont dénoncés par leurs voisins chrétiens aux envahisseurs...

+ 415 : Assignation des prêtres païens à résidence, et confiscation de leurs biens en Afrique. Assassinat d' Hypathie, poétesse et philosophe païenne née en 370, par des moines chrétiens à l'instigation de l'évêque Cyrille d'Alexandrie. Elle est lynchée, massacrée à coups de tessons. Les morceaux de son corps déchiqueté sont exhibés dans les rues puis brûlés.

+ 416 (7 décembre) : Les païens sont exclus de l'armée, de l'administration et de la Justice.

+ 423 : Les empereurs Honorius et Théodose II promettent protection aux païens «qui se tiendront tranquilles»...


+ 431 : Le Concile d'Ephèse décide de fixer dans cette ville le lieu d'enterrement officiel de la mère de Jésus. Les nombreux temples de cette ville, voués à la déesse Artemis, et dont le rayonnement s'étend sur tout le monde antique, sont saccagés et détruits : il faut faire place aux églises !

+ 435 : La peine de mort est de nouveau promise aux païens pratiquants. Un nouvel édit ordonne la destruction des temples encore intacts.

+ 438 (31 janvier) : Confirmation de la loi prévoyant la peine de mort pour les païens.

+ 451 (4 novembre) : La peine de mort prévue pour les pratiquants est étendue au propriétaire du local où a lieu le culte.

+ 455 : pillage de Rome par Genséric.

+ 475 : Dans la plaine du Landry, à l'emplacement d'un ancien lieu de culte druidique, est construite la première abbaye chrétienne de Catulliacum dédiée à Saint Denis.

+ 476 : Fin officielle de l'Empire romain d'Occident.

+ 482/488 : Dernières révoltes païennes en Asie Mineure. Le poète païen Pampréprios est décapité en 488.

+ 485 (27 avril) : Mort du philosophe grec Proclos à Athènes. C'était le dernier grand philosophe non chrétien.

+ 486 : Chasse aux temples clandestins d'Isis en Egypte. Assassinat du dernier des grands généraux païens, Marcellinus, vainqueur des Vandales en Sicile et en Sardaigne.

+ 496 (21 décembre) : Chlodwig, plus connu sous le nom latinisé de Clovis, roi des Francs, choisit de se faire «chrétien» pour obtenir le soutien de l'Eglise. Conversion officielle obligatoire de son armée et de l'ensemble de ses sujets.

+ 515 : Christianisation totale de la région de la Mer Morte. L'Empereur Justinien rend le baptême obligatoire, et renouvelle la peine de mort prévue pour les non chrétiens.

+ 529 : Justinien ferme l'école platonicienne d'Athènes. Certains philosophes s'enfuient en Perse, où ils créent une école néo-platonicienne païenne à Harrân. Elle survivra jusqu'au Xième siècle.

+ 537 : Fermeture officielle du temple d'Isis à Philae, dans le sud de l'Egypte, après une longue série de persécutions à l'encontre des païens qui s'y étaient réfugiés.

+ 542 : Jean d'Ephèse est nommé prévôt préposé aux païens d'Asie Mineure. Il s'ensuit aussitôt une vague de persécutions anti-païennes sans précédent.

+ 550 : Christianisation totale de la Galice et de la Sardaigne.

+ 555 : Fin du culte de Baal à Baalbeck, au Liban.

+ 573 : Bataille d'Armtered près de Carlisle, en Grande Bretagne. Fin du dernier royaume païen de la région. Le druide Merlin s'enfuit en Ecosse.

+ 580 : L'empereur Tibère déclenche une nouvelle vague de persécutions anti-païennes, qui est particulièrement féroce au Liban. Des milliers de païens sont arrêtés, torturés, crucifiés. Parmi eux, le gouverneur d'Antioche, Anatolios, surpris en train de prier Zeus. C'est la première Inquisition connue.

+ 582 : L'Empereur Maurice relance les persécutions et les tortures.

+ 589 : Le Concile de Narbonne condamne l'usage de dédier le jeudi à Jupiter (jeudi = jour de Jovis, Jupiter)

+ 625 : Le Concile de Reims condamne les chrétiens qui participent aux festins des païens.

+ 743 : Le Concile de Lestines condamne les «superstitions vivaces» païennes («Sacra Iovis et Mercuri...»).

+ 772 : Charlemagne commence la christianisation forcée des Saxons. Destruction de l'arbre sacré Irminsul, dans le lieu de culte d'Eresburg.

+ 782 : Massacre de Werden, toujours à l'instigation de Charlemagne. Plus de 4500 Saxons ayant refusé d'être baptisés sont massacrés.

+ 789 : Loi interdisant les cultes rendus aux arbres, pierres et fontaines.

+ 794 : Une loi impose de couper tous les arbres sacrés.

+ 800 : Charlemagne ordonne la destruction de toutes les «pierres païennes». Beaucoup de mégalithes sont alors renversés, et parfois enterrés.

+ 850 : Christianisation des derniers villages païens du Péloponnèse, dans le sud de la Grèce.

+ 867 : Une loi capitulaire de Louis le Débonnaire est promulguée contre «Diane, les sorcières, et le retour de l'idolâtrie»...

+ 950 : Fermeture du temple païen de Carrhae, le dernier en Orient devenu entre temps terre d'Islam...

+ 966 : Christianisation forcée de la Pologne.

+ 978 : Mort de Domnal Hua, dernier roi d'Irlande ayant encore des druides à sa cour.

+ 989 : Baptême du prince Vladimir en Russie.

+ 997 : Christianisation de la Hongrie.

+ 1037 : Dernières révoltes païennes en Pologne.

+ 1047 : Le futur Guillaume le Conquérant défait une armée de Normands païens au Val des Dunes.

+ 1050 : Fermeture de l'école néo-platonicienne de Carrhae par les Turcs seldjoukides. Fin de la christianisation officielle de la Scandinavie.

+ 1230-1283 : Une série de bulles papales autorise les chevaliers teutoniques à mener croisade en Prusse et dans les Pays baltes. Ce prétexte les autorise à germaniser, christianiser et/ou exterminer les tribus borusses (vieux Prussiens) de la région.

+ 1386 : L'annexion de la Lituanie païenne par la Pologne chrétienne met fin au dernier royaume païen d'Europe.

+ 1409/1410 : La Samogitie, une province du nord-est de la Lituanie qui est restée majoritairement païenne, se révolte. Les Chevaliers teutoniques interviennent, mais sont battus à la bataille de Tannenberg par une coalition de Polonais et de Lituaniens.

+ 1452 : Mort du philosophe byzantin Georges Gémiste Pléthon, considéré par certains comme le premier des «néopaïens».

+ 1453 : Fin officielle de l'Empire romain d'Orient.

+ 1493 : Début de la christianisation forcée des Indiens d'Amérique. Point de départ d'un véritable ethnocide à très grande échelle, commençant notamment par la destruction des civilisations païennes d'Amérique du Sud (Incas) et d'Amérique Centrale (Aztèques).
En Europe, le Concile de Trente lance une nouvelle vague de christianisation des campagnes (preuve qu'elles n'étaient alors pas aussi chrétiennes qu'on tend trop souvent à le croire !), qui durera plus d'un siècle.

+ 1850 : Début des missions d'évangélisation (parfois soutenues par les armées coloniales) en Afrique et en Asie.

+ 1937 (14 mars) : Le Pape Pie XII proclame : «Notre Dieu [...] n'admet ni ne peut admettre à côté de Lui aucun autre dieu» (Encyclique «Mit brennender Sorge»).

+ 1943 : Le régime collaborationniste de Vichy, notoirement catholique et conservateur, interdit la revue néo-druidique bretonne «KAD»

+ Années 1930 et 1940 : En Allemagne, le régime hitlérien, dont certains hauts dignitaires sont chrétiens, persécute et interdit de nombreuses associations et publications néopaïennes.

+ 1988 : Ouverture d'écoles coraniques dans les derniers villages païens Kalash au Pakistan.
En matière de persécutions et de conversions plus ou moins forcées des païens, l'Islam n'a en effet jamais rien eu à envier au Christianisme...

+ 1989 : Agitation de diverses sectes chrétiennes américaines contre l'existence d'associations néopaïennes.


Etc etc.

paganisme,religions

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INKUBUS SUKKUBUS : Pagan Gothic Rock

Je vous livre ci-dessous la traduction française de passages choisis, parmi les plus significatifs, de l'interview que j'ai réalisée en 1996 avec Candia, chanteuse du groupe musical britannique INKUBUS SUKKUBUS, de sensibilité wiccane. Bonne lecture !

;-)

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Résolument païen et sensibilisé aux relations unissant l'être humain à la Terre-Mère, le groupe INKUBUS SUKKUBUS fut crée sur l'initiative de Tony McKormack, également fondateur dans les années 80 du groupe Punk Rock pré-Gothique THE SCREAMING DEAD.Celui-ci rencontra la chanteuse Candia en 1988. Se découvrant des centres d'intérêts communs, portant sur des thèmes tels que le paganisme, la Sorcellerie, et le vampirisme, Candia et Tony unirent leurs efforts pour donner naissance à INCUBUS SUCCUBUS, orthographe primitive du nom de leur nouvelle formation musicale. Dès lors, le groupe distille un rock gothique très mélodique, appuyé par une enchanteresse voix féminine. Un premier single baptisé "BELTAINE" voit bientôt le jour. Peu après, le groupe se sépare, mais Tony et Candia en assurent la continuité sous le nom de CHILDREN OF THE MOON.En décembre 1991, le batteur originel, Bob, les rejoint, ce qui conduit à la renaissance d' INCUBUS SUCCUBUS. Les concerts débutent alors et la totalité des titres de la période CHILDREN OF THE MOON sont édités sur une cassette baptisée "BELTAINE".D'autres albums suivirent: "BELLADONNA & ACONITE" (1992), réalisée plus tard sur CD en 1993, le CD "WYTCHES" (1994), et "HEARTBEAT OF THE EARTH" (1995).C'est au printemps 1995 que le groupe choisit définitivement de modifier l'orthographe de son nom, au profit D'INKUBUS SUKKUBUS.En 1996, leur notoriété va sans cesse croissante à travers toute l'Europe, et l'interview qui suit, réalisée en mai 1996 avec Candia, démontre, si besoin était, la portée du message spirituel délivré à travers leur musique.

 

 

 

VOUS ETES SOUVENT DÉCRITS EN TANT QUE GROUPE DE "PAGAN GOTHIC ROCK". ACCEPTEZ-VOUS CETTE DÉFINITION ?

 

CANDIA: Nous sommes Païens, l'état d'esprit est nettement Gothique, et le style musical est généralement rock, donc, oui, c'est une appellation honnête, et nous l'acceptons en toute tranquillité...

 

 

 

CERTAINS DE VOS TEXTES SONT TRÈS VIRULENTS A L'ENCONTRE DES EGLISES CHRÉTIENNES, EN RAISON DE LEUR INTOLÉRANCE, ET A CAUSE DE TOUTES LES EXACTIONS CRIMINELLES DONT ELLES SE SONT RENDUES COUPABLES AU COURS DE L'HISTOIRE. PEUX-TU EXPLIQUER CE CONCEPT ?

 

CANDIA: Les chansons expriment les abus de pouvoir commis par l'Eglise chrétienne, le pouvoir et la hiérarchie, et les crimes commis par l'abus de ce pouvoir. Nous pensons qu'il existe un réel besoin de rappeler aux gens les horreurs perpétrées au nom du christianisme, à l'heure où l'on nous fait constamment gober une "image positive" de l'action de l'Eglise. Il y a de tels hypocrites !... Notre discours ne vise pas l'enseignement du Christ, mais les individus corrompus qui ont déformé ses enseignements pour satisfaire leurs propres désirs.

 

 

 

QUELLES SONT VOS CONCEPTIONS PERSONNELLES DU PAGANISME ? QUEL EST VOTRE POINT DE VUE SUR DES MILIEUX TELS QUE LE NEO-DRUIDISME, ET SUR LE RENOUVEAU ACTUEL DE LA SPIRITUALITÉ PAÏENNE ?

 

CANDIA: J'ai toujours éprouvé une forte affinité à l'égard du paganisme. Lorsque j'étais enfant, j'avais des croyances que j'ai plus tard été en mesure d'identifier comme étant des croyances et idéaux païens. La spiritualité païenne est pour moi une spiritualité du rapport à la terre, de la sensibilité à notre environnement, au naturel et au surnaturel. L'esprit païen doit être un esprit ouvert, prêt à accepter toute possibilité. La magie requiert l'absence du cynisme de tous les jours, qui peut parfois être un sérieux problème ! La Witchcraft (= sorcellerie) et le druidisme sont des noms pour une forme de spiritualité qui fonctionne avec les puissances de la nature, pour reconnaître les changements des saisons, les changements à l'intérieur de nous mêmes à différents moments de l'année et de nos vies, et la magie qui réside en toute chose, à l'intérieur comme à l'extérieur. Le regain d'intérêt pour l'écologie, la spiritualité et le paranormal, sont des manifestations très positives d'un intérêt renouvelé, et moins égoïste, qui est l'essence du Paganisme.

 

 

 

ET QUELLE EST VOTRE OPINION A PROPOS DE COURANTS SPIRITUELS TELS QUE LA WICCA (EGALEMENT NOMMÉE "WITCHCRAFT"), A LAQUELLE BEAUCOUP DE GENS VOUS ASSIMILENT SOUVENT ?

 

CANDIA: Pendant un temps, Tony et moi fréquentions un coven (= groupe) wicca, à l'intérieur duquel nous avons été initiés. Malheureusement, la rigidité de la structure du groupe, ainsi que la hiérarchie qui y existait (il y a un système de "degrés et d'échelons à travers lesquels les gens fonctionnent dans la Wicca) ne correspondaient pas à notre conception et à notre pratique de la witchcraft. Nous apprécions les célébrations et les fêtes partagées avec d'autres (beaucoup d'amusement, beaucoup de boisson, des chants, des danses, et la gaieté générale !), mais le simple rapport à la Terre de la Wicca, qui est si important à mes yeux, n'était plus tellement évident. Nous sommes maintenant revenus à notre célébration individuelle, de la witchcraft (ce que beaucoup de gens nomment désormais "HEDGE WITCHCRAFT". Nous utilisons la tradition des plantes, la magie naturelle, l'absorption de vin et d'alcools, les chants, la gaieté générale,...rien ne manque !

 

 

 

PRATIQUEZ-VOUS VOUS-MÊMES UNE FORME DE "SORCELLERIE" OU DE MAGIE OPERATIVE ? SI OUI, PEUX-TU EXPLIQUER QUEL EST LE BUT QUE VOUS CHERCHEZ A ATTEINDRE A TRAVERS CE TYPE D'EXPÉRIENCES ?

 

CANDIA: Nous pratiquons la magie. Il y a la magie que l'on pratique sous la forme d'un rituel structuré à l'intérieur d'un cercle. Et il y a aussi la magie de tous les jours, que je pense être utilisée par tous le monde, sorcier(e) ou pas sorcier(e) ! Le travail avec le rituel structuré, formules et incantations, peut être très utile comme outil pour concentrer son esprit et ses énergies sur les problèmes les plus compliqués, qui sont le sujet même du travail (comme la EARTH HEALING", que beaucoup de sorcières pratiquent souvent à l'unisson les unes des autres, ou comme agir pour obtenir la guérison d'un individu atteint de maladie grave, essayer d'atteindre un certain but dans la vie: nouvel emploi, maison, etc...). La formule plus simplifiée de tous les jours consiste en des formes purement psychiques, des pensés très fortes, des "souhaits" en quelque sorte. Néanmoins, ces formes de magie peuvent être très efficaces.

 

 

 

CERTAINES PERSONNES VOUS CRITIQUENT EN PRÉTENDANT QUE VOTRE ENGAGEMENT PAÏEN NE SERAIT QUE SUPERFICIEL, ET AFFIRMENT QUE LES SORCIÈRES ET LES VAMPIRES N'AURAIENT ABSOLUMENT RIEN A VOIR AVEC L'ESPRIT DU PAGANISME. QUE REPONDEZ-VOUS A CES PERSONNES ?

 

CANDIA: La sorcellerie, ou witchcraft, est à mon sens une très pertinente forme de paganisme. Le Paganisme est un terme général recouvrant un type de spiritualité qui revêt beaucoup de formes différentes. En tant que sorcier(e)s (wicca), nous avons beaucoup de points de vue et  idéaux qu'ont également les autres païens, mais nous croyons également à l'efficacité et au pouvoir de la Magie. Nos chansons qui traitent de sujets tels que le vampirisme sont, nous l'admettons, faites pour nous faire plaisir, mais Tony et moi avons également éprouvé de l'intérêt pour ce sujet depuis notre plus jeune âge (nous étions tous deux fans avides de film d'horreur !). Et ceci est approprié à nos croyances païennes du point de vue du folklore et de la magie associés au vampirisme.

 

 

 

ETES-VOUS INTÉRESSÉS PAR LES TRAVAUX DE CERTAINS OCCULTISTES CÉLÈBRES TEL QU'ALEISTER CROWLEY, OU D'AUTRES ? ET POURQUOI ?...

 

CANDIA: Nous accordons de l'intérêt à la lecture des travaux des autres occultistes, car il est toujours bon d'élargir ses horizons ! Nous avons lu beaucoup d'écrits de Crowley, Dion Fortune, Eliphas Levi etc, et la richesse de leurs expériences nous sert d'inspiration dans nos propres pratiques. Bien que nous ne tendions pas à pratiquer la Haute Magie en tant que telle, un certain nombre des théories enseignées par ces gens peuvent être appliquées à d'autres formes de magie. Il y a tellement de choses à apprendre, et nous disposons de si peu de temps !...

 

 

 

VOS PAROLES ABORDENT EGALEMENT SOUVENT DES THÈMES ECOLOGIQUES, D'UN POINT DE VUE A LA FOIS POÉTIQUE ET SPIRITUEL. CET ENGAGEMENT EN FAVEUR DE NOTRE TERRE-MÈRE ET VOTRE ENGAGEMENT PAÏEN SONT PAR CONSÉQUENT INTERDÉPENDANTS ?

 

CANDIA: Le paganisme et l'écologie marchent main dans la main, et par conséquent, les problèmes écologiques sont abordés dans nos textes. Chacun a ses propres opinions concernant le rôle que doit jouer l'Homme dans l'environnement, et sur les responsabilités que nous devons assumer en vivant en harmonie avec la Nature, sans abuser de ses ressources.

 

 

 

CANDIA, AS-TU DES INFLUENCES PARTICULIÈRES CONCERNANT TA FAÇON DE CHANTER SI CARACTÉRISTIQUE ? AS-TU DÉJÀ CHANTE DANS D'AUTRES GROUPES AVANT INKUBUS SUKKUBUS ?

 

CANDIA: Je pense être influencée par beaucoup de choses dans ma manière de chanter, quoique je n'ai jamais pris consciemment la décision d'imiter qui que ce soit. Les divers styles de musiques que j'aime, du médiéval/classique au Pop/Goth/Punk, ont probablement un rapport avec les sons "bâtardisés" que je produis ! J'en ai eu les moyens grâce au salaire de mon premier emploi (travailler dans un musée), j'ai commencé à prendre des leçons, mais il m'a fallu attendre longtemps avant que je ne trouve le courage de faire des représentations devant les gens, car je suis horriblement timide !...J'ai été membre d'un groupe avant INKUBUS SUKKUBUS, mais nous n'avions jamais rien fait qui vaille la peine d'être mentionné.

 

 

 

QUELLES SONT LES RAISONS NUMEROLOGIQUES QUI VOUS ONT FAIT MODIFIER LE NOM DU GROUPE. "INKUBUS SUKKUBUS" REMPLAÇANT "INCUBUS SUCCUBUS" ?

 

CANDIA: Il était nécessaire, non seulement pour la promotion du groupe, mais aussi également pour assurer véritablement son suivi, que nous opérions un genre de changement radical. Nous avions passé 5 ou 6 ans du groupe avec un nom qui, numérologiquement, était chargé de travail pénible et d'échec, et je suis d'ailleurs surprise que ça ait si bien fonctionné jusqu'à ce moment !... Nous avons cherché des alternatives à l'orthographe en "s", tout en essayant de conserver le son et l'identité de l'ancien groupe, et nous en sommes arrivés finalement aux "K" !... Le nom se prononce toujours de la même façon, mais sa valeur numérologique est chargée de bonheur et de succès (accessoirement, nous avons aussi été plutôt contents lorsque les fans allemands nous ont dit que c'était plus facile à prononcer pour eux avec la nouvelle orthographe !!).

 

 

 

POUR TERMINER CETTE INTERVIEW, AS-TU QUELQUE CHOSE A RAJOUTER, ET/OU A DIRE A VOS FANS FRANÇAIS ?

CANDIA: Que le Dieu et la Déesse à l'intérieur de chacun de nous rayonne. Et à nos fans français: merci infiniment pour le soutien que vous nous avez apporté de par le passé, et continuez d'apprécier les délices de la pomme fermentée.Blessed be ! Merci pour l'interview !

 

 

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. Site officiel : http://www.inkubussukkubus.com/

. INKUBUS SUKKUBUS sur Myspace : http://www.myspace.com/inkubussukkubus

. Sur Facebook : http://www.facebook.com/pages/Inkubus-Sukkubus/1201590013...

. A voir également, interview en français de SCREAMING DEAD (pré-INKUBUS SUKKUBUS), avec Tony McKormack : http://www.wardance.net/francais/intw/cadrescreamingdead....

Candia

 

Inkubus Sukkubus

 

 

Quelques traductions de paroles :

 

 

 

"BURNING TIMES"

N'oubliez pas les temps anciens / Et souvenez vous de ces récits / Des crémations et des hurlements / Ont-ils jamais hanté vos rêves ? / Il fut un temps où la liberté est morte / C'était un temps de génocide / L'Inquisition à votre porte / L'Eglise de Rome en pleine guerre sainte / Ils brisaient des enfants sur des roues / Dans la folie de leur zèle / Dans l'ombre de leur sillage / Des innocents brûlaient sur le bûcher / Enfants, résistez au retour des Temps de Flammes / Peuple, prends garde au pouvoir de leurs mensonges / Ne vous laissez pas abuser comme ceux qui furent abusés jadis / Enfants, oh enfants, soyez libres, soyez sauvages ! /

Ils sont venus apporter la "Bonne Parole" / Pour brûler les sorcières, les païens, les juifs / Ils disaient être les brebis de leur Berger / Ils fouettaient de vieilles femmes en pleine rue / A présent, voici le retour de la marée / De la vérité qu'ils ne pouvaient cacher / Maintenant, l'âge le plus sombre est passé / La Déesse est finalement revenue !

 

 

 

"CHURCH OF MADNESS"

Voici venir les chevaliers chrétiens / Vêtus de blanc et de rouge / Venus apporter la bonne parole / Et éclairer le Monde / Voici venir le fléau de ces idiots / Aveuglés par leur foi / Voici venir l'Inquisition / Pour vous brûler sur le bûcher/

Voici venir l'Eglise de la folie / Offrant des présents de mort et de torture / Voici venir l'Eglise de la folie / De Jésus-Christ leur Seigneur /

Un nouvel Âge sombre s'instaure / C'est le rêve de Torquemada / La liberté gît, violée, écrasée, brisée / Sous la machine de guerre chrétienne / Les nations tombent les unes après les autres / Dans l'ombre de l'épée chrétienne / Par la mort, ils apportent la "loi de l'amour" / De Jésus-Christ leur Seigneur / Que le feu et la furie / Soient notre juge, soient notre jury / Voici venir l'Eglise de la folie / De Jésus-Christ leur Seigneur / Que disent-ils aux gens / De leurs anciennes croisades ? / Des femmes et des enfantsEmpalés sur les lames chrétiennes ? / "Réjouissez-vous, disent-ils / Car nous sommes "sauvés" / Et nous devons chanter la gloire de ce combat / Chantez-le à pleins poumons / Ou ils viendront vous "éclairer"...

 

 

 

"CONQUISTADORS"

A l'orée des terres sauvages / Arrivent les chrétiens / Avec la parole de leur Seigneur Dieu / Et les fléaux d'un autre monde / Pour prendre votre fierté et vous apporter la honte / Pour purifier par le fer et par le feu / Ils sont venus pour tuer et brûler / Ils sont venus pour violer la Terre / Et les natifs deviendront leurs esclaves / Ceux qui résistent périssent sous les balles et les lames / Brisé sur une croix / Se dresse leur Dieu mis au tombeau / Et toutes ses bonnes paroles / Se sont noyées dans le mensonge / Le sang est sur leurs mains / Ces hommes démoniaques venus des terres chrétiennes / Et qu'en est-il des peuples tribaux ? / Qu'en disent les chrétiens ? / Qu'ils sont pareils à des bêtes / Et que Satan est leur seigneur ! / L'Eglise chrétienne veut du sang et de l'or / Le Dieu chrétien exige le sacrifice

 

 

 

"ALL THE DEVIL'S MEN"

Tous ces hommes du Démon / Au nom du Christ ils font le mal / Tous ces hommes du Démon / Toujours fous et moyen-âgeux / Avec leurs épées et leurs fusils / Avec des mots empoisonnés à la bouche /

Entendez les enfants hurler / Pour leur enseigner les valeurs chrétiennes / Ils introduisent des monstres dans leurs rêves / Et les soumettent à la douleur et aux tourments / Avec leurs lanières et leurs fouets / Ils leur apprendront la peur et la honte /

Tous ces hommes du Démon / S'ils n'arrivent pas à vous brûler sur le bûcher/ Alors ils prendront vos enfants / Par la malveillance de leurs mensonges / Ils sont ici pour souiller / Pour détruire tout ce qui fait vos vies / Ce qu'ils font, ils le font au nom du Christ / Et nous sommes tous leurs victimes / Chaque homme, chaque femme, chaque enfant /

Tous ces hommes du Démon / Leurs dieux jumeaux sont le Christ et Satan / Avec la loi de leur côté / Ils apportent la mort et le génocide / Par l'épée et par le fouet / Ils vous briseront, ils vous prendront / Dans l'ombre de leur croix / Gisent les victimes de leurs tortures / Dans les églises et les écoles / Ils continuent de nous prendre pour des idiots /

Tous ces hommes du Démon / Tentent de reprendre leur empire agonisant / Tous ces hommes du Démon / Se raccrochant à leurs bibles tachées de sang / Leurs derniers jours sont enfin arrivés / Et ils disparaîtront dans le passé / Tous ces hommes du Démon !

21:27 Publié dans Musique, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paganisme, hans cany |  Facebook | | |

Les anciens BELGES : un peuple méconnu

 

On a trop souvent tendance à l'ignorer, mais le petit royaume dit "de Belgique" actuel, qui n'est somme toute que de création relativement récente (1830), ne représente en fait que la moitié du territoire de la Belgique réelle.

La Belgique originelle, ou Gaule Belgique, c'est en réalité tout l'espace compris entre la Seine (et la Marne) au sud, et le Rhin au nord-est. Elle est, à tous points de vue, un espace de transition entre les mondes celtique et germanique.

 

 

Cette carte restitue fidèlement l'intégralité de cette Belgique originelle, et permet en outre d'y localiser l'implantation des différents peuples belges :

 

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La Gaule Belgique

 

(Précisions : sur cette carte, le "Belgium" est le nom de la province sud-ouest de la Belgique, correspondant en gros aux département de l'Oise et de la Somme de la Picardie actuelle. Au sud-est, le nom de "Germani" n'est pas à confondre avec la Germanie située au-delà du Rhin : il s'agit juste d'un nom de peuple.)

 

 

 

Germains celtisés et Celtes germanisés

 

Voyons à présent ce qu'écrit Jules César à propos des Belges dans ses fameux Commentaires sur la Guerre des Gaules :

 

"La plupart des Belges sont issus des Germains ; ils avaient autrefois passé le Rhin, et s'étaient fixés en ces lieux à cause de la fertilité du sol, après en avoir chassé les habitants gaulois."

 

En outre, il précise :

 

"Toute la Gaule est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes, et dans la nôtre, Gaulois. Ces nations diffèrent entre elles par le langage, les institutions et les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les Belges sont les plus braves de tous ces peuples, parce qu'ils restent tout à fait étrangers à la politesse et à la civilisation de la province romaine, et que les marchands, allant rarement chez eux, ne leur portent point ce qui contribue à énerver le courage : d'ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux."

 

 

Comme César l'avait bien noté, il est donc manifeste que la Belgique constitue une zone spécifique depuis la plus haute antiquité, dont l'identité ethno-culturelle est celto-germanique, donc ni totalement celtique ni totalement germanique, mais les deux à la fois. Les peuples belges étaient donc constitués de Germains celtisés et de Celtes germanisés, les deux composantes étant chez eux si étroitement imbriquées qu'il est souvent difficile de les distinguer l'une de l'autre...

 

Les sources se rapportant spécifiquement à ces peuples germano-celtiques de la Gaule Belgique sont hélas assez rares.Néanmoins, il est tout à fait légitime de supposer chez eux un étroit syncrétisme non seulement sur les plans culturel, artistique, sociétal etc, mais aussi dans le domaine spirituel, où le Paganisme celtique s'est très certainement mêlé au Paganisme germanique, donnant ainsi naissance à une Tradition religieuse spécifique. Nous avons donc là un exemple tout à fait exceptionnel de symbiose entre germanité et celtitude.

 

 

Parmi les peuples belges les plus marquants de l'actuel "nord de la France", citons notamment les Bellovaques, dont le nom a donné celui de Beauvais, leur ancien oppidum, les Ambiens (Amiens), les Suessions (Soissons), ou encore les Atrébates, qui ont donné leur nom à Arras (en flamand Atrecht), et qui sont même peut-être à l'origine du nom de l'Artois (à vérifier).

Enfin, au niveau des grandes figures historiques signalons entre autres les chefs belges Ambiorix, Catuvolcos (dont le nom signifie "Loup de Guerre"), ainsi que le chef bellovaque Correos (ou Correus dans sa forme latinisée, voire Korreos, d'où mon pseudo ;-), véritable "Vercingétorix belge" qui a donné beaucoup de fil à retordre aux envahisseurs romains, en poursuivant une résistance acharnée après la défaite d'Alésia, à la tête d'une coalition de peuples belges. Ce Correos a particulièrement marqué César, qui y fait allusion à plusieurs reprises dans sa "Guerre des Gaules".

 

 

Fameuse représentation des derniers instants de Correos, tenant tête aux Romains :

 

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La mort de Corréus (Correos/Korreos), gravure de D. Maillart, XIXème siècle

 

 

Pour quelques précisions complémentaires, vous pourrez par exemple consulter la fiche Wikipedia relative aux anciens Belges : http://fr.wikipedia.org/wiki/Belges

Voir aussi la liste des peuples de la Gaule Belgique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_de_la_Gaul...

 

Hans CANY
16 août 2010

 

 

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