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28/07/2020

Principes du fédéralisme proudhonien

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« Constitutionnellement, l’Etat proudhonien présente donc finalement des organes de base correspondant aux groupes naturels, et des organes fédéraux correspondant aux fédérations de ces groupes et à leur émanation. Les organes de base seront territoriaux ou fonctionnels.

Les organes de base territoriaux seront constitués par les communes, les cantons, les districts, les provinces ou régions, s’auto-administrant, dotés de conseils, de gouvernement et d’administration autonomes vis-à-vis de l’autorité fédérale. C’est ainsi que Proudhon demande l’abolition de l’institution préfectorale et critique, dès la création de l’ordre, la division en départements. Il préconise la division de la France en douze régions indépendantes inspirées des anciennes provinces. (...)

Les organes de base fonctionnels sont constitués des “ateliers” et “conseils ouvriers”, des “groupes d’agriculteurs”, des “associations industrielles et agricoles”, des “syndicats”, des “services publics locaux autonomes” (comme les écoles et universités ou les tribunaux).

Les organes fédéraux ou organes centralisés sont constitués par fédération ou délégation successives à partir des organes de base.

Le pouvoir législatif central est assuré par un parlement fédéral composé, semble-t-il, d’une chambre des régions qui “comporte autant de députations qu’il y a de souverainetés provinciales” et d’une chambre des professions, issue “d’un vote des citoyens, par catégories de fonctions”. Le “pouvoir exécutif ” ou administratif est distribué conformément aux lois de l’économie et selon les critères de la comptabilité économique dont Proudhon est l’un des précurseurs. »

Jean BANCAL
(Proudhon, pluralisme et autogestion)

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19/07/2020

Les "Ch'tis" ? Connais pas.

Coup de gueule et brève mise au point
(Désolé pour ceux que ça heurtera, mais moi ça me hérisse le poil...)
 

**********************
 
 
Les "Ch'tis", ça n'existe pas. Ce sobriquet grotesque est juste né dans les tranchées de la guerre  de 1914-1918, et ne correspond donc à aucune réalité ethno-culturelle, ni historique.
 
Les populations autochtones de l'ensemble des prétendus "Hauts-de-France" (sic) se répartissent entre Picards, Flamands (devenus francophones par la force des choses), Artésiens (qui pour la plupart ne sont jamais que des Flamands "picardisés") et Hennuyers.
 
N'oublions pas que l'essentiel de la région, qui faisait partie du Comté de Flandre, n'est définitivement tombé dans l'escarcelle du royaume de France qu'au cours de la seconde moitié du XVIIème siècle (processus d'annexion s'étalant de 1659 à 1679).
 
Quant aux divers patois "ch'ti" (re-sic), ils ne sont somme toute que des dialectes plus ou moins déformés issus de la langue picarde.
 
Beaucoup de gens qui croient perpétuer une tradition régionale en baragouinant le "ch'ti" ne savent même pas que leurs propres aïeux étaient en réalité néerlandophones...
 
Personnellement, lorsqu'on me dit que j'ai en moi du sang "ch'ti"... je sors mon revolver.
 
Hans CANY
 

Picardie (dpt 60, 80 et 02) et "Nord-Pas-de-Calais" (dpt 62 et 59)NPDC-Picardie.jpg

 

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16/07/2020

LUG, du "Mercure gaulois" au "Wotan celtique"

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LUG, ou LUGH, appelé LLEU chez les Gallois, est, avec le Dagda, le plus grand dieu du panthéon celtique irlandais. Il occupait aussi la plus haute place dans le panthéon des Celtes des Gaules, où il était honoré sous le nom continental de LUGOS (variante latinisée : LUGUS). Les nombreuses traces qu'il a laissées dans la toponymie attestent de son importance, les plus célèbres étant notamment la ville de Lyon (Lugdunum : forteresse de Lugos, et "capitale des Gaules" à l'époque gallo-romaine), ou encore Laon, Loudun, Leyde et Leipzig, qui sont tous des "Lugdunum"). Citons aussi le cas du temple dit de Mercure, au sommet du Puy de Dôme, un sanctuaire dédié à Lugos s'y trouvait originellement, qui fut par la suite aménagé en temple de Mercure-Lugus à l'époque gallo-romaine.
 
Les Romains l'identifièrent à leur Mercure, et de fait, Lugos / Lugus est aussi le protecteur des voyageurs. Inventeur de tous les arts, il est un dieu hors fonction, polyvalent, car il est le Multiple Artisan. Il incarne la puissance du rayonnement solaire en tant que pourvoyeur de vie et de lumière. On retrouve d'ailleurs la racine "Lu" dans le mot "lumière" français, tout comme dans le mot "luz" espagnol, voire dans le "light" anglais et le "Licht" allemand, ce qui laisse présager une très ancienne racine indo-européene.
 
Il est le porteur de lumière génératrice de vie et induisant la clarté, mais n'en incarne pas pour autant les forces curatives. La dimension guérisseuse et physiquement régénératrice de la lumière est incarnée quant à elle par une autre divinité solaire bien connue, Bel ou Belenos. Lug/Lugos, pour sa part, est la lumière personnifiée. 
 
C'est également une divinité guerrière, qui présente de troublantes analogies avec le Wotan/Odin du panthéon germano-nordique : comme ce dernier, il est borgne, est porteur d'une lance magique, et est accompagné de corbeaux, animaux sacrés semblables à Huginn et Muninn qui font partie de ses attributs. Il est même généralement accompagné de deux loups, tels Geri et Freki. Les similitudes entre traditions celtique et germanique sont ici si criantes qu'il y a lieu de s'interroger au sujet d'une filiation spirituelle et culturelle.
 
Lug / Lugos est honoré dans le cadre d'une fête majeure du calendrier celtique, Lugnasad (ou Lughnasadh), qui se célèbre aux alentours du 1er août.
 
Hans Cany

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12/07/2020

Savitri Devi : Hellénisme et hindouisme, la grande aventure [par Jean Mabire]

 

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Le goût très moderne pour le scandale et l’étrange peut parfois transfigurer les aventures intellectuelles les plus captivantes en trompeuse pâture médiatique. C'est ainsi que le livre de Nicholas Goodrick-Clarke, Hitler’s priestess, récemment traduit en français sous l’étiquette La prêtresse d’Hitler, risque d'attirer les amateurs d’ésotérisme de pacotille en dissimulant l’itinéraire absolument passionnant de cette Grecque, née en France, qui devait découvrir aux Indes le point d'ancrage d’une singulière croyance politico-religieuse.

Personne ne connaissait cette femme, auteur d’une vingtaine de livres, où un authentique chef-d’œuvre, L’Etang aux lotus, témoignage d’une fort poétique conversion, voisinait avec un portrait fabuleux du pharaon Akhenaton, fils du soleil s’il en fut, et des pamphlets d’une rare violence publiés après la guerre en éditions semi-clandestines.

Celle qui se faisait appeler Savitri Devi et épousa le militant nationaliste hindou Asit Krishna Mukherji devait, sur la fin de sa vie, fréquenter les milieux les plus extrémistes d’Europe et d’Amérique où elle passa pour une sorte d’illuminée.

Les chemins intellectuellement et spirituellement les plus insolites comme les plus dangereux qu’elle fréquenta par passion tout autant que par devoir, ne peuvent faire oublier les longues années où elle rechercha, toujours sincère, une sorte de foi indo-européenne exaltée, dont elle fut, plus qu’une prêtresse, un véritable « gourou », à la fois oriental et « polaire ».

L’hérédité est là. Implacable. Celle qui se fera un jour appeler Savitri Devi est née le 30 septembre 1905, dans le Rhône, d’une mère originaire de Cornouaille britannique nommée Nash et d'un père moitié italien de Londres [Lombardie—ndlr] et moitié grec de Lyon, qui portait le nom de Portas. L’enfant reçoit le prénom de Maximiani, forme féminine hellénique de Maximien. En remontant fort loin dans le temps, elle pouvait se dire « nordique », Jutlandaise du côté maternel et Lombarde du côté paternel.

Elle était aussi « Barbare », influencée par les poèmes de Charles Leconte de Lisle, le dieu littéraire de sa jeunesse.

Curieusement, sa germanophilie remonte à un premier séjour en Grèce, où elle rêvait des Doriens sur les ruines de l’Acropole d'Athènes. De retour en France, elle devait acquérir la nationalité hellénique en 1928 par une démarche au consulat grec de Lyon, sa ville natale. De solides études la conduisent à un double doctorat en 1935, avec un essai critique sur son lointain compatriote Théophile Kaïris, poète et patriote, éveilleur du nationalisme hellénique, et une thèse sur La simplicité mathématique.

C’est tout à la fois une littéraire, une scientifique et surtout une passionnée aux élans fort romantiques. De son enthousiasme pour la Grèce, elle tire un engouement pour l’aventure indo-européenne qui la conduira en Inde, où elle découvre l'immense richesse d’une culture païenne pré-chrétienne.

Elle se veut désormais citoyenne de l’Âryâvarta, nom traditionnel des territoires aryens de l’Asie du Sud où elle va rechercher « les dieux et les rites voisins de ceux de la Grèce antique, de la Rome antique et de la Germanie antique, que les gens de notre race ont possédés, avec le culte du Soleil, il y a six mille ans, et auxquels des millions d’êtres vivants de toutes les races restent attachés ».

Au printemps 1932, à 27 ans, elle accomplit ce que Lanza del Vasto nommera un jour « le pèlerinage aux sources ».

Elle n’est pas une touriste mais une croyante. Elle va rapidement apprendre les langues du pays, l’hindî et le bengali, et vivre dans l’âshram de Rabîndranâth Tagore à Shantiniketan, dans le Bengale. Elle part ensuite comme professeur dans un collège non loin de Delhi, où elle enseigne l’histoire.

Maximiani Portas prend alors le nom de Savitri Devi, en l’honneur de la divinité solaire féminine.

En 1940, elle fait paraître à Calcutta son premier livre, L’Etang aux lotus, où elle raconte dans un style très lyrique sa « conversion » à l’hindouisme, à la fin des années trente. Ce livre, publié en français, est à la fois récit de voyage et longue quête spirituelle d’une jeune femme qui va désormais vivre illuminée par une foi qui ne la quittera plus jamais :

« Si j’avais à me choisir une devise, je prendrais celle-ci : Pure, dure, sûre, en d’autres termes :  inaltérable. J’exprimerais par là l’idéal des Forts, de ceux que rien n’abat, que rien ne corrompt, que rien ne fait changer ; de ceux sur qui on peut compter, parce que leur vie est ordre et fidélité, à l’unisson avec l’éternel. »

Dès la fin de 1936, elle s’est fixée à Calcutta, où elle enseigne à ses nouveaux « compatriotes » l’hindouisme, « gardien de l’héritage aryen et védique depuis des siècles, essence même de l’Inde ».

Tout naturellement, sa vision religieuse est aussi une vision politique et elle s’implique totalement dans le nationalisme hindou et notamment dans le mouvement de D.V. Savarkar. L’Inde n'est pas seulement une patrie, une future nation, c’est aussi une véritable Terre Sainte, celle des Védas, des dieux et des héros.

Elle écrit, cette fois en anglais : A Warning to the Hindus, où elle critique les influences chrétiennes et musulmanes, dans une optique à la fois païenne et anticolonialiste. Elle épouse alors Asit Krishna Mukherji, un éditeur hindou, assez anti-britannique pour s’affirmer pro-germanique.

Du combat culturel et religieux, elle passe, sous son influence, à la lutte clandestine dans le sillage du chef nationaliste Subhas Chandra Bose, qui rêve d’une armée capable de libérer les Indes, avec l’aide des Allemands et des Japonais.

Savitri Devi, devenue militante, n’en poursuit pas moins sa grande quête spirituelle. Elle se passionne alors pour le pharaon égyptien Akhenaton, époux de la reine Néfertiti et fondateur d’une religion solaire vieille de 3.300 ans.

Son penchant pour ce souverain, qu’elle nomme « fils de Dieu », se double d’un véritable culte de la Nature qui la conduit à prendre la défense des animaux dans son livre Impeachment of Man, critique radicale de l’anthropocentrisme.

Le livre paraît en 1945. Elle vient d’avoir 40 ans et décide de partir en Europe, où elle veut voir ce que devient l'Allemagne de la défaite. Elle séjourne d’abord à Londres et à Lyon. Puis elle se rend dans les ruines du IIIe Reich. Elle affirme vivre alors dans le « Kali-Yuga », l’Age de Fer, d’où repartira un nouveau cycle : Ages d’Or, d’Argent et de Bronze.

Elle défend la théorie des trois types d’Hommes : les Hommes dans le Temps, les Hommes au-dessus du Temps et les Hommes contre le Temps. Elle s’exalte de plus en plus et considère désormais Hitler comme un « avatar », une réincarnation des héros indiens de la Bhagavad Gîtâ !

Ses propos et ses brochures lui vaudront d’être emprisonnée à Werl par les autorités de la zone d’occupation britannique qui l’accusent de néo-nazisme.

Libérée en 1949, elle va désormais se partager entre l’Inde, l’Europe et l’Amérique, écrivant des pamphlets politico-religieux d’une rare violence : Defiance (1950), Gold in the Furnace (1953), Pilgrimage (1958), The Lightning and the Sun (1958).

Tandis que ses livres paraissent à Calcutta, elle parcourt le monde au hasard de ses obsessions et de ses amitiés, rencontrant, sans discernement, quelques rescapés de l’aventure hitlérienne et bon nombre de néo-nazis, souvent parmi les plus folkloriques.

Elle vit chichement de son métier d’institutrice et fera plusieurs séjours dans des asiles de vieillards indigents, alors qu’elle est devenue presque aveugle. Elle meurt chez une amie, dans un petit village anglais de l’Essex, le 22 octobre 1982, à l’âge de 77 ans.

Si le livre, assez hostile, que lui a consacré Nicholas Goodrick-Clarke la qualifie de « prêtresse d’Hitler », il aurait peut-être été plus juste de la présenter comme « prophétesse du New Age et de l’écologie profonde »…

Jean MABIRE


Publié dans la série de Jean Mabire, « Que lire ? », volume 7, 2003.

16/06/2020

LES WISIGOTHS ET LE CATHARISME [par Robert Dun]

robert dun,religions,identité & racines

robert dun,religions,identité & racines

 

La région pyrénéenne a été le théâtre d'un mélange entre Ibéro-Ligures, Celtes, Romains, Basques, Wisigoths et Arabes. Cela fait la part belle à tous ceux qui veulent attribuer des influences culturelles à l'ethnie de leur préférence.

C'est ainsi qu'en se basant sur l'allusion à « l'écriture païenne enchevêtrée », dans le Parsifal de Wolfram von Eschenbach, d'aucuns n'ont pas hésité à faire du Graal un héritage purement arabe. Or l'écriture arabe consiste essentiellement en lignes courbes, régulierement ordonnées. La seule écriture anguleuse, donnant une impression d'enchevêtrement, et de surcroît d'ordonnance variable, est l'écriture runique. Il est donc probable que Wolfram von Eschenbach fait allusion à un texte Wisigothique.

L'abus de sens contraire n'a pas manqué. Wagner a fait de Montségur le modèle de son Montsalvat. Les fondateurs des Wandervögel ont pris la même ornière et ont fait de Montségur leur Mecque vers laquelle devait pérégriner tout Wandervögel au moins une fois dans sa vie. Puis sont venues les recherches de Rosenberg et les livres d'Otto Rahn, qui ont parachevé la confusion entre culture wisigothique et catharisme.

Si je m'efforce, ici, de mettre fin à ce salmigondis, ce n'est pas par simple souci de vérité historique, mais parce que je connais l'insidieuse puissance des doctrines du désert qui, à peine chassées par la porte, rentrent à nouveau par la fenêtre.

Or, il est urgent de bien savoir qui est qui : hommes de la forêt et de la mer ne peuvent se compromettre avec aucun courant du désert, si ésotérique soit-il. Quand on confronte l'esprit wisigothique et l'esprit cathare d'une part et que l'on considère d'autre part le soutien indéniable que la noblesse wisigothique a apporté aux cathares, on ne peut manquer de rester perplexe. On semble ne plus rien comprendre du tout… Mais tout s'éclaire si l'on prend en compte l'inexpiable contentieux qui a opposé les Wisigoths à Rome.

Examinons l'histoire du peuple wisigothique ( avec des bottes de sept lieues, mais comment faire autrement dans le cadre d'un article aussi bref que celui-ci ).

Aux débuts de l'ère chrétienne, une migration de Goths quitte le Gothland suédois ; lieu classique d'essaimage qui lui valut les noms de matrice des peuples ou de forge des peuples. Ces premiers migrants s'installent de l'Ukraine à la Volga et à la Mer Caspienne et semblent s'être mêlés sans problèmes aux Scythes. Ils forment un royaume vassal de l'Empire perse, d'où premier motif d'hostilité avec Rome. En 374, les Huns franchissent la Volga sous la direction de Balamir, grand-père d'Attila. La cavalerie mongole s'enfonce comme un coin dans le royaume des Goths et le coupe en deux : les Ostrogoths ( Goths de l'Est ) sont contraints de marcher avec les Mongols. Les Wisigoths ( Goths de l'Ouest ) tentent, eux, de résister. Le Roi Ermenrich, âgé de cent-dix ans, vient d'être blessé de trois coups de poignard par un agent secret romain car Rome n'a rien de plus pressé à faire que de détruire la barrière protectrice entre son Empire et les Mongols ( Ô histoire ! Quand cesseras-tu de te repéter ? ). Ermenrich monte quand même à cheval et tombe vainement à la tête de son armée. C'est alors qu'un esclave grec chrétien propose un marché aux Wisigoths. Ils n'ont qu'à se convertir au christianisme et ils pourront ainsi demander asile à l'Empire romain, mettant ainsi la barrière du Danube entre les cavaliers mongols et eux. Ulfilas, car c'est de lui qu'il s'agit, part négocier avec l'empereur de Byzance, Valens. Ce dernier finit par accepter à condition que les Wisigoths se fassent baptiser selon le rite d'Arius. Ceux-ci acceptent sans comprendre : le Danube comme protection vaut bien une messe et même un baptême.

Les officiers romains laissent passer d'abord les femmes et les enfants, puis les hommes. Mais ceux-ci ne retrouvent pas leurs familles. On les a évacuées vers l'intérieur… Pourtant, l'horrible vérité éclate bientôt : les officiers de la frontière ont vendu environ un million et demi de femmes et d'enfants comme esclaves. Alors, c'est la révolte. Les Goths s'emparent de toute la Grèce et en 378 brûlent l'empereur Valens dans une hutte de roseaux. Très vite, ils se rendent maîtres de la Dalmatie, puis de toute l'Italie du Nord. Ils pilleront Rome mais ne s'y attarderont pas : « Plutôt mourir que vivre dans une pareille prison. », diront certains d”entre eux.

Les Mongols ont progressé le long du Danube. Ils se sont annexés, après les Ostrogoths, trois autres tribus germaniques : les Alains, les Gépides et les Marcomans. Attila a pris les rênes. Parlant parfaitement le grec et assez bien le latin, il a le titre et la solde de général romain et fait peser une menace permanente sur l'Empire qui lui paye de lourds tributs. Les Wisigoths sentent la menace s'aggraver et savent qu'ils ne peuvent accorder la moindre confiance aux Romains. Ils émigrent alors en masse dans le Sud de la Gaule. Toponymes et patronymes témoignent encore de l'importance de leur colonisation : Toulon, Toulouse, Saint-Aygulf, Le Thor ( près d'Avignon ), Valrus ( près de Béziers ), Ensérune, La Vérune (trois localités au moins de ce nom qui signifie « Waiha Runa », rune sacrée). Les patronymes débutant par BerAmelAmalAmb sont en grande majorité wisigothiques. Près de Carcassonne se trouve la montagne d'Alaric où une légende aussi tenace que gratuite situe la cachette où serait enfoui le chandelier à sept branches du temple de Salomon, pris par les troupes de Titus. Un bas-relief romain illustre cette prise du chandelier mais il est beaucoup moins certain que les Wisigoths l'aient emporté en Gaule après avoir pillé Rome.

La noblesse wisigothique témoignera d'un haut niveau culturel. C'est le gendre de l'évêque-écrivain Sidoine Apollinaire qui sera précepteur des enfants royaux à la Cour de Théodoric de Toulouse. Ce précepteur gallo-romain sera par la suite le porte-parole du général romain Aetius et convaincra les Wisigoths de se lancer dans la bataille contre Attila qui envahissait la Gaule. Les Wisigoths libéreront seuls Orléans assiégée et à Châlons-sur-Marne, ils porteront le principal du poids de la bataille. Parmi la centaine de milliers de morts qu'ils laissent sur le terrain, il y a leur roi, Théodoric.

Pour faire contrepoids à la puissance wisigothique qu'il redoute, Aetius laisse filer Attila encerclé sans espoir et qui a déjà organisé son suicide rituel par le feu. Cette politique de balance vaudra à l'Italie et à l'Allemagne du Sud environ quatre cent cinquante ans de pillages aussi réguliers que la succession des saisons de la part des Hongrois installés à demeure sur le Danube où ils se trouvent encore. Seules les victoires d'Henri l'Oiseleur et de Otton mettront fin à ces terribles incursions qui ont implanté le mythe de l'Ogre ( l'Hongre ) dans l'inconscient collectif d'Europe occidentale.

Après Châlons-sur-Marne, Rome crée la puissance franque par le mariage de Clovis et de Clotilde, héritière du royaume des Burgondes, et en faisant sentir que le réseau clérical catholique est le Dieu des batailles. Clovis en fera l'expérience lors de son affrontement avec les Alamans. Assez déculturé et par là assez souple, Clovis bénéficiera des mêmes avantages à Vouillé contre les Wisigoths qui passeront par la suite massivement en Espagne. Là, ils subiront la submersion musulmane. Trois cents nobles Wisigoths défileront la chaîne au cou dans Bagdad lors du triomphe de Mousa. Pourtant, ils continueront à former la souche de la noblesse espagnole et le plus célèbre héros de la Reconquista est Wisigoth par son nom : Rodrigue ( = Ruderich ), bien que son surnom soit musulman ( le Cid, déformation de « caïd » ).

Dans cet immense périple qui les a conduits du Gothland à l'Espagne en passant par les plaines russes, la Grèce, la Dalmatie, l'Italie du Nord, la Provence et l'Aquitaine, les Wisigoths ont laissé partout des colonies et leur sang coule encore abondamment dans les veines russes et ukrainiennes, grecques, croates, styriennes, tyroliennes, lombardes, provençales, languedociennes, catalanes et castillanes. Catalogne dérive de « Gothaland » et ToledoTolosa sont des noms wisigothiques.

Peuple considéré comme noble par les autres tribus germaniques ( à l'égal des Vandales ), noblesse d'ailleurs exprimée dans le nom Goth, qui contient les concepts de divinité, de valeur et de prêtrise, les Wisigoths n'ont pas failli à leur sang. Les villes qui portent leur griffe se distingueront bientôt par un haut niveau de culture, une civilisation paisible et la floraison des arts. Aix-en-Provence et Toulouse deviendront les hauts-lieux des Cours d'Amour et des troubadours. Quelles connaissances et quelles consécrations les Minnesänger ( chantres d'amour ) allemands allaient-ils chercher à Aix-en-Provence ? Et le Venusberg où se rend le Minnesänger Tannhäuser ne serait-il pas la Sainte-Baume ? Rappelons que le terme de Berg ne signifie pas seulement « montagne », mais aussi « mine », « caverne », « refuge » ( et c'est ce troisième sens qui a donné Burg).

On ne possède pas de document concret sur la liaison entre la Cour d'Aix et la Sainte-Baume. On n'en possédera sans doute jamais car toute trace concrète d'un culte de Vénus aurait valu le bûcher à ces sectateurs et la destruction de toute possibilité de continuation d'une tradition païenne. Mais il y a des vestiges bien significatifs. Il y a d'abord le fait que le clergé récupérateur de lieux et de cultes païens s'est servi de la consonance entre Magna Luna et Magdalena pour faire de la Sainte-Baume le lieu prétendu du tombeau de la sainte « prostituée » Marie-Madeleine. Au sommet de la montagne, au dessus de la grotte, se trouvait la colonne phallique qui a donné son nom à toute la montagne : le Saint Pilon. Lors du pélerinage « chrétien » de Mai, date qui confirme la récupération d'une fête de l'amour, les filles offrent des œufs colorés à leur élu. Et jusque dans l'entre-deux guerres se sont perpétuées des danses nudistes à la pleine lune de Mai. Il est possible qu'elles se pratiquent encore.

La légende de Maguelone ( Magna Luna ) est aussi bien transparente : sur la plage d'Agde, un aigle ( la Rome impériale catholique ) vole le collier de santal ( bois parfumé et aphrodisiaque ) de la princesse. Son prince poursuit l'aigle en bateau et est drossé par la tempête jusqu'en Égypte où une belle sultane ( Isis ) le console et lui apprend que Maguelone s'est retirée pres d'Aix-en-Provence. Il faudrait être bien obtus pour ne pas reconnaître l'avis à peine voilé que les cultes de la pleine lune ( Magna Luna ) se poursuivent près d'Aix-en-Provence.

Mais ce à quoi l'on ne pense généralement pas, c'est le tournant décisif que représente la naissance de la littérature chevaleresque et galante dans l'histoire européenne. Alors que la femme était traînée dans la boue par le dogme chrétien et par l'acharnement des inquisiteurs, elle retrouvait d'un coup la haute sacralité dont elle jouissait dans les sociétés païennes du Nord de l'Europe. Avec elle, c'est toute l'âme européenne, l'âme des humains de la mer et de la forêt qui était sauvée. Aussi n'est-il pas exagéré de dire que la noblesse wisigothique a remporté une éclatante victoire culturelle à l'époque même où Rome allait réussir son élimination de la scène politique. Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle verra son importance grandir parallèlement à la montée de la littérature galante. Et ce pèlerinage est placé sous le double signe de la coquille de Vénus ( la coquille Saint-Jacques ) et de la rune eh (ᛘ), en patte d'oie qui est le signe magique de la séduction masculine. Mais cette patte d'oie ( pedocca en dialecte ) est indéchiffrable à qui ignore les runes ; c'est à coup sûr un héritage wisigothique car les Vandales n'ont fait que passer dans la région.

Et nous pouvons maintenant aborder le cœur du mystère : comment ces Wisigoths, fidèles de Vénus, ont-ils pu soutenir le courant cathare, la pire forme du psychisme du désert, dont la doctrine se résume en trois propositions :

1 ) Notre esprit est l'œuvre de Dieu ;

2 ) Notre corps est l'œuvre du démon ;

3 ) Le péché le plus grave est la procréation.

Il y a là un énorme point d'interrogation. Les Wisigoths n'étaient sans doute pas exempts de cette naïveté typiquement germanique. D'autre part, ils avaient pu conserver quelques séquelles d'un passé où ils étaient vassaux des grands rois de Perse. Le catharisme est en effet le point culminant des manichéismes issus de Perse. Ont-ils cédé à l'exotisme sans percevoir l'énormité de la contradiction ? Ce n'est pas absolument impossible. Mais il est bien plus vraisemblable qu'ils aient soutenu le catharisme simplement par hostilité envers Rome, comme ils ont soutenu tous les courants antiromains, notamment le calvinisme. Peut-être même avaient-ils l'arrière-pensée de noyer le christianisme dans sa propre absurdité. Par son refus de la vie, le courant cathare était une arme de choix. Quoi qu'il en soit, nous disposons de deux certitudes : les Wisigoths ont sauvé la femme et l'âme européennes, créé tout le mouvement des chantres d'amour ; d'autre part, le catharisme est la forme la plus virulente des religions du désert, du manichéisme, le parfait contraire des religions païennes.

La colombe cathare avait-elle un double sens : le Saint Esprit pour les chrétiens, l'oiseau de Vénus pour les Wisigoths ? Auquel cas, cette colombe aurait murmuré aux fines oreilles : « Ne vous inquiétez pas ! Les cathares sont d'abominables fous. Mais nous nous battons contre Rome et nous jouons l'adversaire sans dangers contre l'adversaire dangereux. »

En résumé, les histoires des cathares gardiens du Graal sont de la plus grande absurdité. Le Graal est le chaudron magique où bouillonnent les forces créatrices et il a, comme les cloches, une forme d'utérus. Les chantres d'amour sont les serviteurs du Graal, mais non les cathares !

Robert Dun
(Article publié dans la revue VOULOIR, Juillet 1986)

 

 
 

 

 
 

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12/06/2020

LE FANATISME, DRAME AIGU DE CE SIECLE [par Robert Dun]

Fanatisme_1.jpg

Le fanatisme n’est pas seulement une conviction religieuse ou politique. C’est aussi un projet fort concret de domination. Les boucheries réitérées d’Algérie sont peut-être le prodrome d’une situation bientôt mondiale, de “la grande guerre civile mondiale, à la fois raciale et sociale” que j’annonçais dès le printemps 69.

Mais on se tromperait lourdement en croyant que le fanatisme est actuellement avant tout le fait de musulmans. Je viens de terminer la lecture d’une revue trimestrielle, “Savoir et Servir”, éditée par le M.J.C.F. (Mouvement des Jeunes Catholiques de France). Le numéro que j’ai eu en mains prétend justifier l’Inquisition, nie ses sanguinaires persécutions, brosse une caricature de l’Islam, justifie la colonisation espagnole de l’Amérique par un tableau des Indiens dans lequel l’ignorance le dispute à la partialité. Et ce qui est le plus effrayant est que les auteurs des articles sont probablement de bonne foi.

La notion “d’ancrage dans la loi (la Thora)” de B.H.Lévy ne vole pas plus haut.

Pourtant le peuple réagit aussi peu contre les fanatismes doctrinaux que contre les lois scélérates à prétexte antiraciste et antifasciste. Or on ne le répètera jamais assez : le plus grand danger fasciste contemporain, c’est l’antifascisme.

Pourquoi cette morne soumission du peuple ? Cette indifférence criminelle envers la cause des persécutés ? Cette non-perception, des viols réitérés du principe de liberté d’opinion et d’expression, ainsi que des dangers encourus par le peu de liberté qui nous reste ?

C’est parce que le fanatisme est ressenti comme normal et inhérent à boutes les causes religieuses et politiques. Je veux dire par-là que chacun considère comme normal de mentir, de calomnier, de violer, de persécuter, de bâillonner l’adversaire quand on ne sait pas quoi lui répondre. Cette attitude fanatique et malhonnête, seuls les communistes l’avaient adoptée avant la guerre sous la troisième République. Mais l’ensemble du peuple avait un sens bien ancré de la liberté d’opinion et d’expression, et même la dissolution des ligues fascistes par le gouvernement Léon Blum en 1936 fut mal ressentie par une importante partie de l’électorat de gauche. Cette dissolution était d’autant plus absurde que la victoire de la gauche par le vote et la grève était écrasante.

Le pas fut dangereux, et même fatal. Aujourd’hui le sens de la liberté est perdu, je me suis parfois entendu dire : “Mais n’es-tu pas aussi borné dans ta conviction nietzschéenne, que les catholiques dans la leur ?”

Absolument pas. Sans rien renier de mon enthousiasme pour Nietzsche, je reste capable de critique et de distance. Je ne partage nullement l’opinion de Nietzsche sur Bismarck. Nietzsche ne savait à peu près rien de la politique. Il était un visionnaire des grands mouvements de l’inconscient collectif, un psychologue capable de discerner les motivations inavouées eu même inconscientes dans les croyances, les idéologies, les comportements derrière les masques des bons prétextes, un homme d’un degré prodigieux de connais­sance, à coup sûr un grand prophète sans doute le plus grand de tous les temps.

Mais il n’était pas capable de jugement politique, et on pourrait lui appliquer l’image de l’albatros de Baudelaire : “… exilé sur la terre au milieu des huées, ses ailes de géant l’empêchent de marcher”.

Il a écrit des choses fort pertinentes sur les arrière‑plans du socialisme, mais il n’a pas perçu la justesse des prévisions économiques de Karl Marx, prévisions dont notre actualité apporte la preuve concrète de justesse, ceci même si les communistes actuels sont trop idiots pour en tirer des arguments et repenser le problème du socialisme.

Je ne partage nullement l’engouement de Nietzsche pour Bizet et sa Carmen. Tout en reconnaissant la justesse des positions de Nietzsche contre Wagner retombé dans le Christianisme, je pense que sa polémique a été maladroite et d’un ton indigne de lui. J’ajoute que j’ai fort peu apprécié sa musique.

Nietzsche est la plus récente et plus puissante tempête de cet “Esprit qui souffle où il veut” dont parle la Bible. Mais un, vrai nietzschéen ne le considèrera jamais comme un “Fils de Dieu infaillible et insurpassable” qu’il suffit d’imiter en tout. Le plus grand mérite de Nietzsche aura été de nous mettre en garde contre une telle dévotion, à son égard. Il reste par-là l’antifanatique modèle.

Robert Dun
Article paru dans la revue L’HOMME LIBRE fils de la terre, Mars 1998

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13/05/2020

2000 ANS DE RELIGION CHRETIENNE D'AMOUR ET DE PAIX : LE MARTYROLOGE DES PAÏENS

Devoir de mémoire…


+ 323 : L'empereur romain Constantin, premier souverain ouvertement favorable aux chrétiens, ordonne la destruction du temple d'Aphrodite à Aphaca, au Liban, et du temple de Mambré en Palestine. Ces temples sont censés «profaner le lieu où est apparu Abraham»...

+ 326 : Destruction du temple d'Asclepios à Aigeai, en Cilicie.

+ 330 : Fermeture du temple de Belenos-Apollon à Bayeux, en Gaule.

+ 346 : Première interdiction des cultes païens.

+ 353 (1er aout) : Défaite du dernier prince païen, Magnence, face à Constance II.

+ 354 (1er décembre) : Interdiction sous peine de mort de faire des sacrifices dans l'enceinte de temples païens.

+ 357 : Le dernier ex-voto est consacré dans le temple d'Apollon à Rome.

+ 358 (19 décembre) : Interdiction de tous les rites utilisant des statues comme support.

+ 363 (26 juin) : Mort de l' Empereur Julien, dernier empereur romain païen , qui avait tenté de restaurer le paganisme.

+ 364 (août) : Valentinien signe le dernier édit de tolérance envers les païens.

+ 365 : Règne éphémère de Procope, dernier empereur romain païen d'Orient.

+ 367 : Malgré les protestations du Pape, le Préfet de Rome, le païen Vettius Agorius Praetextatus, fait restaurer le portique des Douze Olympiens.

+ 370 (12 mars) : Exécution de Maxime d'Ephèse (philosophe et théurge, ancien conseiller de l'Empereur Julien), ainsi que du philosophe Simonidès.

+ 371 : Début de la christianisation officielle de la Gaule par Saint Martin : début de la destruction -souvent sous la contrainte- de lieux sacrés, de temples, d'arbres, de fontaines...

+ 383 : Influencé par Saint Ambroise, l' Empereur Gratien abandonne le titre de Pontifex Maximus, et supprime les dernières subventions versées à des prêtres païens.

+ 384 : Première majorité «chrétienne» au Sénat de Rome. Multiplication des conversions opportunistes, dictées par l'intérêt mais aussi par la crainte.

+ 386 : L'intervention de l'armée est nécessaire pour détruire les temples païens de Palmyre et d'Apamée. Partout, des milices chrétiennes terrorisent l'Egypte, le Liban, la Syrie...

+ 390 : Plaidoyer païen du Préfet de Rome Symmaque, et discours «Pro templis» du dernier grand rhéteur grec Libanios, ami fidèle de Julien. + 391 (24 février) : Interdiction des cultes païens à Rome.

+ 391 (26 juin) : Interdiction des cultes païens en Egypte. Destructions massives, notamment celle du Sérapeion d'Alexandrie, malgré la résistance de la population et du philosophe Olympios. Répression des révoltes, fuite des fidèles...

+ 392 : Mort de Tatianos, dernier Préfet du Prétoire non chrétien.

+ 392 (15 mai) : Le roi franc Arbogast, un païen, prend le pouvoir à Rome avec l'aide de plusieurs grandes familles romaines restées fidèles à leur foi païenne, les Symmachi et les Flaviani.

+ 392 (8 novembre) : Interdiction par Théodose de tous les cultes païens, et suppression de la liberté de pensée. Ce souverain chrétien ordonne la fermeture et la destruction de tous les temples.

+ 393 : Interdiction des Jeux Olympiques.

+ 394 (5 septembre) : Défaite d'Arbogast, qui arbore des étendards frappés du portrait d'Hercule. Fin de la dernière tentative de restauration païenne, et épuration de l'aristocratie romaine par les chrétiens.

+ 398 : Porphyre (le «saint» chrétien, pas le philosophe auteur du «Contre les Chrétiens» !) fait fermer les temples de Gaza.

+ 399 : Le Préfet de Damas reçoit l'ordre de raser les temples ruraux. Début d'une vague de destructions de temples païens en Afrique du Nord, avec la bénédiction de Saint Augustin. Répression aussi des révoltes populaires qui font suite à ces destructions.

+ 402 : Destruction des derniers temples de Gaza, et nouvelle répression des révoltes suscitées par cette destruction.

+ 405 : Saccage des temples de Phénicie par des moines chrétiens. + 408 : Confiscation des revenus des derniers temples.

+ 408 (14 novembre) : Edit interdisant l'accès de la haute administration romaine aux non chrétiens. En Italie, le comte Générid s'oppose à son application.

+ 410 : Dernier culte druidique attesté en Gaule armoricaine.

+ 410 (24 août) : Le Wisigoth Alaric, dont les hommes sont officiellement «chrétiens», fait le siège de Rome. Le Pape refuse l'aide des païens pour protéger la ville. Après la chute et le pillage de Rome, les païens survivants sont dénoncés par leurs voisins chrétiens aux envahisseurs...

+ 415 : Assignation des prêtres païens à résidence, et confiscation de leurs biens en Afrique. Assassinat d' Hypathie, poétesse et philosophe païenne née en 370, par des moines chrétiens à l'instigation de l'évêque Cyrille d'Alexandrie. Elle est lynchée, massacrée à coups de tessons. Les morceaux de son corps déchiqueté sont exhibés dans les rues puis brûlés.

+ 416 (7 décembre) : Les païens sont exclus de l'armée, de l'administration et de la Justice.

+ 423 : Les empereurs Honorius et Théodose II promettent protection aux païens «qui se tiendront tranquilles»...

+ 431 : Le Concile d'Ephèse décide de fixer dans cette ville le lieu d'enterrement officiel de la mère de Jésus. Les nombreux temples de cette ville, voués à la déesse Artemis, et dont le rayonnement s'étend sur tout le monde antique, sont saccagés et détruits : il faut faire place aux églises !

+ 435 : La peine de mort est de nouveau promise aux païens pratiquants. Un nouvel édit ordonne la destruction des temples encore intacts.

+ 438 (31 janvier) : Confirmation de la loi prévoyant la peine de mort pour les païens.

+ 451 (4 novembre) : La peine de mort prévue pour les pratiquants est étendue au propriétaire du local où a lieu le culte.

+ 455 : pillage de Rome par Genséric.

+ 475 : Dans la plaine du Landry, à l'emplacement d'un ancien lieu de culte druidique, est construite la première abbaye chrétienne de Catulliacum dédiée à Saint Denis.

+ 476 : Fin officielle de l'Empire romain d'Occident.

+ 482/488 : Dernières révoltes païennes en Asie Mineure. Le poète païen Pampréprios est décapité en 488.

+ 485 (27 avril) : Mort du philosophe grec Proclos à Athènes. C'était le dernier grand philosophe non chrétien.

+ 486 : Chasse aux temples clandestins d'Isis en Egypte. Assassinat du dernier des grands généraux païens, Marcellinus, vainqueur des Vandales en Sicile et en Sardaigne.

+ 496 (21 décembre) : Chlodwig, plus connu sous le nom latinisé de Clovis, roi des Francs, choisit de se faire «chrétien» pour obtenir le soutien de l'Eglise. Conversion officielle obligatoire de son armée et de l'ensemble de ses sujets.

+ 515 : Christianisation totale de la région de la Mer Morte. L'Empereur Justinien rend le baptême obligatoire, et renouvelle la peine de mort prévue pour les non chrétiens.

+ 529 : Justinien ferme l'école platonicienne d'Athènes. Certains philosophes s'enfuient en Perse, où ils créent une école néo-platonicienne païenne à Harrân. Elle survivra jusqu'au Xième siècle.

+ 537 : Fermeture officielle du temple d'Isis à Philae, dans le sud de l'Egypte, après une longue série de persécutions à l'encontre des païens qui s'y étaient réfugiés.

+ 542 : Jean d'Ephèse est nommé prévôt préposé aux païens d'Asie Mineure. Il s'ensuit aussitôt une vague de persécutions anti-païennes sans précédent.

+ 550 : Christianisation totale de la Galice et de la Sardaigne.

+ 555 : Fin du culte de Baal à Baalbeck, au Liban.

+ 573 : Bataille d'Armtered près de Carlisle, en Grande Bretagne. Fin du dernier royaume païen de la région. Le druide Merlin s'enfuit en Ecosse.

+ 580 : L'empereur Tibère déclenche une nouvelle vague de persécutions anti-païennes, qui est particulièrement féroce au Liban. Des milliers de païens sont arrêtés, torturés, crucifiés. Parmi eux, le gouverneur d'Antioche, Anatolios, surpris en train de prier Zeus. C'est la première Inquisition connue.

+ 582 : L'Empereur Maurice relance les persécutions et les tortures.

+ 589 : Le Concile de Narbonne condamne l'usage de dédier le jeudi à Jupiter (jeudi = jour de Jovis, Jupiter)

+ 625 : Le Concile de Reims condamne les chrétiens qui participent aux festins des païens.

+ 743 : Le Concile de Lestines condamne les «superstitions vivaces» païennes («Sacra Iovis et Mercuri...»).

+ 772 : Charlemagne commence la christianisation forcée des Saxons. Destruction de l'arbre sacré Irminsul, dans le lieu de culte d'Eresburg.

+ 782 : Massacre de Werden, toujours à l'instigation de Charlemagne. Plus de 4500 Saxons ayant refusé d'être baptisés sont massacrés.

+ 789 : Loi interdisant les cultes rendus aux arbres, pierres et fontaines.

+ 794 : Une loi impose de couper tous les arbres sacrés. + 800 : Charlemagne ordonne la destruction de toutes les «pierres païennes». Beaucoup de mégalithes sont alors renversés, et parfois enterrés.

+ 850 : Christianisation des derniers villages païens du Péloponnèse, dans le sud de la Grèce.

+ 867 : Une loi capitulaire de Louis le Débonnaire est promulguée contre «Diane, les sorcières, et le retour de l'idolâtrie»...

+ 950 : Fermeture du temple païen de Carrhae, le dernier en Orient devenu entre temps terre d'Islam...

+ 966 : Christianisation forcée de la Pologne.

+ 978 : Mort de Domnal Hua, dernier roi d'Irlande ayant encore des druides à sa cour.

+ 989 : Baptême du prince Vladimir en Russie.

+ 997 : Christianisation de la Hongrie. + 1037 : Dernières révoltes païennes en Pologne.

+ 1047 : Le futur Guillaume le Conquérant défait une armée de Normands païens au Val des Dunes.

+ 1050 : Fermeture de l'école néo-platonicienne de Carrhae par les Turcs seldjoukides. Fin de la christianisation officielle de la Scandinavie.

+ 1230-1283 : Une série de bulles papales autorise les chevaliers teutoniques à mener croisade en Prusse et dans les Pays baltes. Ce prétexte les autorise à germaniser, christianiser et/ou exterminer les tribus borusses (vieux Prussiens) de la région.

+ 1386 : L'annexion de la Lituanie païenne par la Pologne chrétienne met fin au dernier royaume païen d'Europe.

+ 1409/1410 : La Samogitie, une province du nord-est de la Lituanie qui est restée majoritairement païenne, se révolte. Les Chevaliers teutoniques interviennent, mais sont battus à la bataille de Tannenberg par une coalition de Polonais et de Lituaniens.

+ 1452 : Mort du philosophe byzantin Georges Gémiste Pléthon, considéré par certains comme le premier des «néopaïens».

+ 1453 : Fin officielle de l'Empire romain d'Orient.

+ 1493 : Début de la christianisation forcée des Indiens d'Amérique. Point de départ d'un véritable ethnocide à très grande échelle, commençant notamment par la destruction des civilisations païennes d'Amérique du Sud (Incas) et d'Amérique Centrale (Aztèques). En Europe, le Concile de Trente lance une nouvelle vague de christianisation des campagnes (preuve qu'elles n'étaient alors pas aussi chrétiennes qu'on tend trop souvent à le croire !), qui durera plus d'un siècle.

+ 1850 : Début des missions d'évangélisation (parfois soutenues par les armées coloniales) en Afrique et en Asie.

+ 1937 (14 mars) : Le Pape Pie XII proclame : «Notre Dieu [...] n'admet ni ne peut admettre à côté de Lui aucun autre dieu» (Encyclique «Mit brennender Sorge»).

+ 1943 : Le régime collaborationniste de Vichy, notoirement catholique et conservateur, interdit la revue néo-druidique bretonne «KAD»

+ Années 1930 et 1940 : En Allemagne, le régime hitlérien, dont certains hauts dignitaires sont chrétiens, persécute et interdit de nombreuses associations et publications néopaïennes.

+ 1989 : Agitation de diverses sectes chrétiennes américaines contre l'existence d'associations néopaïennes.

+ 1999 : Parution de "Vers une France païenne ?", ouvrage anti-païen de l'archevêque Hippolyte Simon.

Etc etc.



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27/04/2020

BELTAINE / CETSAMHAIN / Nuit de Walpurgis

 

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C'est dans la nuit du 30 avril au 1er mai qu'est célébrée dans une grande partie de l'Europe une fête païenne majeure désignée comme Nuit de Walpurgis (Walpurgisnacht) chez les Germains, et correspondant à la Beltaine des Celtes, parfois orthographiée Beltane ou Beltene.

Infiniment plus méconnue qu'Halloween/Samhain -car beaucoup moins vulgarisée, médiatisée, et "monnayée"- , Walpurgis/Beltaine en constitue l'exacte réplique, la seconde marquant le passage de la partie sombre de l'année à la partie lumineuse, inversement à la première. Elle porte d'ailleurs aussi le nom de Cetsamhain, ce qui traduit bien la correspondance entre ces deux points essentiels de l'année celtique.

Fête du retour de la lumière et du renouveau de la Nature, elle n'en constitue pas moins également une nuit "hors du temps", peuplée de forces obscures et au cours de laquelle le monde des morts et de l'au-delà interfère avec celui des vivants. Tout comme Halloween, elle est marquée par l'errance de forces impalpables, de créatures ténébreuses et inquiétantes, au premier rang desquelles les sorcier(e)s maléfiques, les revenants et autres loups-garous. Les thèmes de la sorcière et du loup-garou sont d'ailleurs spécifiquement associés à la Nuit de Walpurgis dans l'ancienne tradition germanique.

On s'y réunit aussi autour de grands brasiers conjurant les ténèbres et saluant le retour du Soleil régénérateur, les fameux "Feux de Beltaine", qui sont l'occasion de moultes réjouissances et libations en l'honneur des forces vives de la Terre-Mère. Soleil et Terre-Mère respectivement symbolisés par le dieu solaire Bel/Belenos -d'où le nom de Beltaine-, et par l'antique déesse préceltique Maïa, d'où le nom du mois de Mai.

Si le 1er mai constitue le  jour de Beltaine proprement dit, il ne faut pas oublier que la célébration  commence en réalité le 30 avril dès le crépuscule, car dans la tradition celtique, le jour nait de la nuit. De ce fait, une journée débute logiquement avec la nuit qui la précède, et c'est ainsi qu'il y a donc bel et bien concordance de date entre Beltaine et Walpurgis.

A tous ceux qui se soucient de rétablir le lien avec leurs véritables racines spirituelles ancestrales, je souhaite donc une excellente célébration de cette nuit exceptionnelle, qu'il serait fort dommage de laisser dans l'oubli !


Hans Cany

 


 

hans cany,identité & racines,paganisme

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09/04/2020

Aux origines de Pâques : OSTARA



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Etroitement associée au Printemps qu'elle incarne par extension, Ostara est une déesse germanique personnifiant les principes de l’aube, de la renaissance, du renouveau et de la fertilité. C’est en raison de cette analogie que d’aucuns n’hésitent pas à identifier Ostara à cette autre déesse de la fertilité qu’est Frigg/Frigga ou Freyja, bien que cette assimilation, loin de faire l’unanimité, reste controversée.

Ostara, la Dame de l'Aube, connaissait sa variante saxonne sous le nom d’Eostre ou Eastre, et son souvenir se retrouve entre autres de manière flagrante dans l’allemand moderne Ostern et l’anglais moderne Easter, désignant tous deux Pâques. Il est d’ailleurs à noter que le lièvre -ou le lapin- et les oeufs, attributs de la déesse symbolisant la vie et la fertilité, font aujourd’hui partie de l’imagerie traditionnelle liée à Pâques, soulignant ainsi les racines préchrétiennes méconnues de cette très ancienne célébration printanière européenne.

Quoique la célébration qui lui est consacrée tende à se confondre avec celle de l'Equinoxe de Printemps (21 mars), la date de la fête d'Ostara proprement dite se basait sans doute à l'origine sur le premier dimanche suivant la pleine lune après l'Equinoxe, car c'est ce critère que semble avoir retenu et repris l'Eglise chrétienne, pour fixer chaque année la date de Pâques.

Mais à moins de se limiter au cadre étroit de dogmes rigides et figés pour l'éternité, rien ne s'oppose à ce qu'aujourd'hui, Eostre/Ostara soit honorée en deux occasions. Ainsi, le caractère solaire de l'Equinoxe et l'aspect lunaire de la déesse se complètent et s'équilibrent de manière optimale.

Frères et soeurs d’Europe, faisons donc honneur à l’héritage sacré de nos ancêtres, et renouons avec les origines et la signification réelles de "Pâques", fête de la renaissance et du renouveau de Mère Nature.

Hans Cany

 
 

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30/11/2019

YULE et Solstice d'hiver : aux origines cachées de Noël

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JUL (ou YULE), le Solstice d'Hiver consacré à Wotan/Odin, arrive à grands pas. C'est ce Solstice d'Hiver païen qui fut naguère détourné par l'Eglise chrétienne pour en faire Noël, en le décalant simplement au 24-25 décembre, date à laquelle s'achevaient les Saturnales de la Rome antique, et où l'on célébra aussi à partir d'une certaine époque Sol Invictus, le Soleil Invaincu, de même que, plus marginalement, la naissance du Dieu Mithra, lui-même divinité solaire.

Dans les premiers siècles de l'Eglise, la Nativité fut tour à tour fixée au 6 janvier, date de l'Epiphanie grecque à Alexandrie, puis au 13 janvier, au 2 avril, au 20 avril, au 28 mars, au  21 mai, au 18 novembre... Aujourd'hui encore, certaines églises chrétiennes, notamment celles d'Orient comme celles d'Arménie et de Syrie, rejettent le dogme dominant. Ce n'est en effet que tardivement, à la fin du IIIème siècle de l'ère chrétienne, que l'on fixa la date de naissance mythique du Christ au 25 décembre, coïncidant avec la fin des Saturnales romaines, que l'Eglise s'était employée à éradiquer sans véritablement y parvenir. Comme à son habitude, elle procéda donc plutôt à une récupération en règle de la période festive, en prenant un soin tout particulier à en détourner et à en dénaturer le sens originel. L'ensemble de cette période fut dès lors désignée comme l'Avent, précédant la fête de Noël proprement dite.
 
En dépit des idées reçues, cette tradition ancestrale remonte donc bien au-delà du christianisme, et à l'origine, Noël ne constitue pas une célébration d'essence chrétienne. Les rites et festivités liés au Solstice d'Hiver, qu'ils se rattachent à l'antique  tradition romaine ou aux racines germano-nordiques de la célébration, honorent tous la renaissance progressive de la lumière et de la vie, à partir du point le plus obscur de l'année. La période du solstice d'hiver, comprise approximativement entre le 21 et le 25 décembre, est en effet celle où la nuit est la plus longue, et le jour le plus court. Il s'agit donc de célébrer le réveil annoncé de la nature et de la vie, dans le mouvement cyclique des alternances entre la mort et la vie, la rotation éternelle du cycle des saisons, symbolisée notamment par la roue solaire.
 
A vrai dire, le nom même de Noël est une altération d'une autre désignation de cette fête païenne : la Neue Helle, autrement dit la "Nouvelle Clarté". Elle marque le début, à partir du Solstice d'Hiver, d'un lent processus de renouveau de la lumière, des forces de la vie et de la Nature endormies, le soleil commençant très progressivement à briller chaque jour un peu plus longtemps à compter de cette date. Certains auteurs, tels que le très estimable Alain de Benoist dans son ouvrage Fêter Noël, ont pour leur part proposé une autre étymologie du nom français Noël, en le faisant dériver du latin natalis, et en l'apparentant donc à l'italien Natale et au provençal Nadal, qui désignent explicitement la "Nativité". Cette théorie linguistique apparait néanmoins pour le peu hasardeuse, pour ne pas dire douteuse, et ne résiste guère à la comparaison avec celle qui fait dériver le mot de la Neue Helle, nettement plus plausible et convaincante.
 
C'est dans cette même optique de célébration de l'espoir de la renaissance que se sont popularisées via les traditions germano-nordique comme romaine les décorations à base de branches et de feuilles de houx, de sapin, ces plantes qui demeuraient toujours vertes et qui incarnaient donc le renouveau à venir. Les couronnes de l'Avent, constituées de branches vertes tressées en forme de cercle, participent de la même symbolique, représentant la plante qui reste verte associée au cercle du cycle des saisons et des renaissances, véritable forme simplifiée de la roue solaire, en l'honneur du soleil invaincu et renaissant.
 
Procède aussi bien entendu du même symbolisme païen l'arbre de Noël, tradition évidemment héritée des anciens usages germaniques et nordiques, tout comme celle de la bûche, qui se rapporte aux anciennes célébrations du Solstice d'Hiver, par rapprochement entre le feu et le soleil à renaître. Le sapin, en sus d'être toujours vert et d'incarner les principes de vie et de renaissance, s'apparente aussi à l'Irminsul des anciens Germains continentaux, ainsi qu'à l'Yggdrasil des anciens Scandinaves. Il est arbre de vie et axis mundi, axe du monde qui soutient et relie les divers plans de l'univers. Le sapin de Noël se fait ainsi image de l'arbre cosmique, et s'inscrit donc dans une représentation du sacré dont le sens échappe aujourd'hui au plus grand nombre.
 
Quant à la figure mythique du Père Noël, si chère à l'imaginaire enfantin, est en fait issue d'un subtil mélange entre deux personnages mythologiques : le dieu germano-nordique Wotan/Odin, et le Saint Nicolas chrétien, lui-même constituant une figure pourvoyeuse d'origine païenne. Il y a d'ailleurs plus ou moins confusion ou assimilation, chez les Anglo-Saxons, entre Saint Nicolas et le Père Noël, ce dernier étant souvent désigné sous le nom de Santa Claus (littéralement… Saint Nicolas !).
 
L'auteur Arnaud d'Apremont y associe même un troisième personnage, en l'occurrence la déesse germano-nordique Freyja, elle aussi divinité pourvoyeuse symbolisant l'abondance et la fertilité. Pour lui, le Père Noël est donc une sorte d'hybride des trois.
 
Enfin, on notera aussi cet objet symbolique qu'est la Tour de Jul (Yule), un chandelier de Noël caractéristique de la tradition païenne germano-nordique, et dont on peut voir une photo en tête du présent article. Réalisé en terre cuite, en argile ou en céramique, il comprend quatre faces ajourées ornées de coeurs, de roues solaires et de symboles runiques. Ont y fait se consumer deux bougies, l'une à son sommet, et l'autre à l'intérieur. Les origines de cet objet rituel remontent au Haut Moyen-Âge, et son usage était encore courant dans les campagnes allemandes et scandinaves du XIXème siècle.
 
Avec quelques jours d'avance, chers amis lecteurs et lectrices, je vous souhaite donc une excellente célébration de Yule/Noël. Le soleil et la vie vont renaître, et c'est ce renouveau cyclique que nous allons fêter, loin des excès et des outrances du consumérisme à tout crin. Que la Nouvelle Clarté vous accompagne et vous illumine sur la voie qui fut jadis suivie par vos ancêtres.
 
Hans CANY

 

paganisme,identité & racines
Wotan / Odin chevauchant dans les airs son destrier à huit pattes Sleipnir,
suivi de ses deux corbeaux Hugin et Munin (Pensée et Mémoire).
Il est à l'origine de la figure moderne du Père Noël.


paganisme,identité & racines

 

Pour approfondir le sujet, je vous recommande tout particulièrement la lecture des deux ouvrages suivant
:


"FÊTER NOËL", par Alain de Benoist

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Un petit ouvrage très complet d'Alain de Benoist, qui expose de façon détaillée les racines ancestrales de Noël, et qui passe en revue tous les aspects de sa célébration. Essentiel.
 
 
 
"B.A.-BA PERE NOËL", par Arnaud d'Apremont

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16/08/2019

En hommage à Tolkien : la Révolution de l’imaginaire [par Georges Gondinet]

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Texte de Georges Gondinet, initialement publié dans le N°12 de la revue Totalité en 1981.

 

L’œuvre de John Ronald Reuel Tolkien a suscité, dans les pays industrialisés, un nombre remarquable d’enthousiasmes. L’importance de ces derniers n’a plus besoin, depuis longtemps, de démonstration : elle se constate. Tolkien a certainement dépassé le chiffre incroyable de cinquante millions de lecteurs dans le monde entier. Traduite en plus d’une dizaine de langues, de l’Extrême-Orient à l’Amérique latine, souvent publiée sous forme de livres de poche, son œuvre gagne un public de plus en plus étendu(1). Son cas littéraire, nous explique Marco Tarchi, « dépasse les. dimensions horizontales de la génération, impliquant enfants et adultes, et les dimensions verticales de la classe ou de la profession, touchant les étudiants, les ménagères,les professions libérales, les employés ». Cet engouement prodigieux a bien sûr été accompagné d’une commercialisation particulièrement efficace et, devons-nous ajouter, rentable. Dans un pays extrêmement apte à récupérer et soumettre aux lois du marketing et du profit les événements culturels (nous voulons évidemment parler des États-Unis), le « mythe » Tolkien a donné naissance à des calendriers, des badges, des cartes postales et même des tee-shirts(2). Comme le souligne pertinemment le critique italien Servadio, il ne manque que « les foulards de soie et les cravates Tolkien ».

Pourtant, cette utilisation mercantile d’une œuvre riche en potentialités ne doit pas laisser place au soupçon. En effet, d’une part, le contenu des livres de ce délicieux conteur a reçu, en France tout du moins (et le présent dossier de Totalité voudrait commencer à combler cette lacune), peu de commentaires véritablement attentifs et enrichissants(3). Or, seule une lecture clairvoyante et débarrassée de certains préjugés peut permettre d’appréhender le monde créé par Tolkien comme porteur d’une vision traditionnelle du monde : toute interprétation « profane » ou conformiste d’un livre aussi puissant que Le Seigneur des Anneaux relève du détournement de texte et de l’obscurantisme rationaliste(4). D’autre part, s’il n’est pas nécessaire d’être un marginal pour lire Tolkien, il faut reconnaître que l’audience du Seigneur des Anneaux ne saurait s’expliquer sans les événements de mai 1968, les désillusions profondes de certains révoltés. Incontestablement, la perte de crédibilité du marxisme-léninisme a donné de fervents lecteurs à celui que l’on a appelé « le Seigneur des Légendes ». Du reste, si le lecteur ordinaire s’amuse en prenant connaissance des aventures de Bilbon et de Frodon, seuls les rebelles et les désespérés savent y trouver la capacité d’affirmation d’un monde différent, d’un univers excluant les pseudo-valeurs de la société de consommation. Plus qu’un divertissement, ils en tirent une émotion réelle :

« Déçus par les contradictions du progrès, jeunes de droite et de gauche, anarchistes de toute couleur, contestataires, y trouvent une profonde aspiration idéale au changement, à la construction d’un monde différent. » (Marco Tarchi).

Ainsi, la condition préalable pour recevoir le message tient dans le refus radical de la réalité dans laquelle nous vivons, la volonté de s’évader de la réalité officielle. Cette remarque explique le succès spectaculaire que Tolkien rencontre au sein de la droite radicale italienne, laquelle a déjà produit des interprétations originales et provoqué un mouvement culturel fructueux(5).

« On peut même admettre que certains auteurs aient seulement voulu “faire de l’art”, et y soient parvenus, si bien que leurs productions semblent donner raison à ceux qui ne connaissent et n’admettent que le point de vue esthétique. Cela n’empêche cependant pas qu’en cherchant ainsi “à ne faire que de l’art”, et dans la mesure même où ils ont obéi à un élan spontané, c’est-à-dire à un processus imaginatif incontrôlé, ils aient aussi fait autre chose, qu’ils aient conservé ou transmis, ou fait agir, un contenu supérieur que l’œil expérimenté saura toujours reconnaître et dont certains auteurs seraient les premiers à s’étonner, s’il leur était clairement indiqué. » (Julius Evola)

Forgé jadis par Sauron de Mordor, Seigneur des Ténèbres, l’Anneau de Puissance doit lui permettre de dominer les possesseurs des autres anneaux magiques, d’imposer au monde sa loi :

« Trois Anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel,
Sept pour les Seigneurs Nains dans leurs demeures de pierre,
Neuf pour les Hommes Mortels destinés au trépas,
Un pour le Seigneur des Ténèbres sur son sombre trône
Dans le Pays de Mordor où s’étendent les Ombres
Un Anneau pour les gouverner tous, un Anneau pour les trouver,
Un Anneau pour les ramener tous et dans les ténèbres les lier
Au Pays de Mordor où s’étendent les Ombres. »

Mais l’Anneau Unique a disparu. Un Hobbit, Bilbon Sacquet, l’a retrouvé, emporté chez lui et confié à son cousin et fils adoptif Frodon. Ainsi commence l’une des œuvres les plus puissantes du siècle, Le Seigneur des Anneaux. La suite de la première partie, « La Communauté de l’Anneau », nous narre la décision que prend Frodon de quitter la Comté, sa patrie, pour faire échec à Sauron. Car si ce dernier s’empare à nouveau de l’Anneau, le règne de l’Ombre s’étendra partout à jamais. À travers des périls sans nom, menacés par les Cavaliers Noirs de Sauron, Frodon et ses compagnons parviennent, avec l’aide d’Aragorn le Rôdeur d’Eriador, à la Maison d’Elrond, à Fondcombe. Lors du grand Conseil d’Elrond, il est décidé de tenter la destruction de l’Anneau. Frodon se voit nommé Porteur de l’Anneau. Sa mission consiste à parvenir, coûte que coûte, à la Montagne de feu, en Mordor (pays de l’Ennemi), seul lieu où l’Anneau maléfique peut être anéanti. Il ne voyagera pas seul. Font partie de la Communauté de l’Anneau: Aragorn et Boromir, fils du Seigneur de Gondor, représentants les hommes ; Legolas fils du Roi des Elfes, pour les Elfes ; Gimli fils de Gloin du Mont Solitaire, pour les Nains ; Frodon avec son serviteur Samsagace et ses deux jeunes cousins Meriadoc et Peregrin, pour les Hobbits ; enfin, Gandalf le Gris(6). Mais après bien des aventures et un séjour dans le merveilleux pays elfique de la Lorien(7), la communauté est obligée de se diviser.

Notre intention n’étant pas de déflorer l’histoire du Seigneur des Anneaux mais bien plutôt d’inciter nos lecteurs à s’en délecter, nous nous contenterons de résumer, très brièvement et très imparfaitement, les deux autres volumes de cette trilogie incomparable. Ainsi la deuxième partie, « Les Deux Tours », raconte le sort de chacun des membres de la communauté après sa division jusqu’à l’arrivée de la grande Obscurité et au début de la Guerre de l’Anneau. Batailles et péripéties multiples la jalonnent. La troisième partie, intitulée « Le Retour du Roi », rapporte les stratégies opposées de Gandalf et de Sauron jusqu’à la catastrophe ultime et la fin de la grande Obscurité.

Bien entendu, seule la lecture peut faire comprendre la densité, la richesse et l’impact psychologique d’une telle œuvre. Le but du présent article n’est pas de commenter ou de résumer la trahison de Boromir, la victoire des Cavaliers de Rohan sur les immondes Orques, l’enchantement de la Forêt de Fangorn et de ses Ents ou d’autres épisodes passionnants du Seigneur des Anneaux. De même, nous ne pouvons peindre en quelques touches des personnages aussi étonnants que Gollum ou Saroumane. Nous ne pouvons pas non plus faire une lecture traditionnelle exhaustive. Limitons nous donc à quelques remarques, afin de montrer les emprunts remarquables que Tolkien a su faire aux sagas scandinaves aussi bien qu’au monde médiéval. Pour nous en tenir à quelques noms, il convient de dire que le nom de Numenor est typiquement celtique (Numenor est une île située à l’ouest de la Terre du Milieu, une sorte d’Atlantide) et que celui de Gandalf, entre autres, se retrouve dans l’Edda. L’érudition de Tolkien l’a également conduit à donner à Aragorn les caractères externes de Wotan (la chevelure noire, le manteau obscur, etc.). De même, le cheval Shadofax rappelle les deux chevaux magiques Skinfaxi et Hrimfaxi. Parmi d’autres lectures, celle des Nibelungen a dû l’inspirer pour le thème de l’anneau8. Une étude attentive du Seigneur des Anneaux enseigne combien Tolkien, en philologue averti et médiéviste chevronné, a su puiser aux meilleures sources : Beowulf, Queste du Graal, Odyssée, Chanson de Roland (on a souligné que la mort de Boromir doit beaucoup à cette dernière), etc. Bien d’autres motifs justifient une lecture traditionnelle de ce chef-d’œuvre. Qu’il nous suffise de citer encore le symbolisme de l’épée brisée(9). Tolkien a certainement eu connaissance de mythes traditionnels comme celui des « quatre âges » et les quatre races qui vivent dans la Terre du Milieu, Hommes, Nains, Elfes et Hobbits (ces derniers étant une pure invention de Tolkien), rappellent étrangement les quatre castes de l’Inde, celles du Japon shintoïste ou du Moyen Âge catholique.

Dans Le Seigneur des Anneaux, comme le constatent avec pertinence Gianfranco de Turris et Sebastiano Fusco :

« la magie, c’est-à-dire le contrôle direct des forces naturelles et surnaturelles, est chose commune ; la nature possède une vie autonome, souvent raisonnable ; les États sont tous des Monarchies ; la chevalerie et l’honneur sont l’éthique dominante; il n’est pas rare de trouver quelques mythes traditionnels, qui […] nonobstant l’intention consciente de l’auteur, peuvent être interprétés à la lumière du symbolisme : l’Ile Blanche, les Rois Thaumaturges, l’Épée Brisée, partiellement aussi le Voyage Initiatique. En outre, toute l’œuvre est fondée sur un concept on ne peut plus significatif : la rencontre entre les forces lumineuses et les forces obscures, entre le Bien (la terre de Numenor, le Véritable Occident) et le Mal (la terre de Mordor) »(10).

La lutte entre Sauron, qui veut étendre le royaume de l’Ombre et s’approprier l’Anneau qui lui confèrera la toute puissance, et les quatre races alliées, donne l’occasion à Tolkien d’appeler à une sorte de guerre sainte, de jihad. En effet, là où la quantité prévaut sur la qualité, où le droit légitime au pouvoir se distingue de la possession du pouvoir, où les êtres obéissent à leurs chefs non par libre choix mais par conformisme ou crainte, les hommes de Dieu doivent se soulever et combattre. Alors, même un Hobbit comme Frodon, habitué à une vie tranquille, sans problèmes – « home, sweet home » ! – peut recevoir une mission d’une importance fatale, qui lui demande de se dépasser, de rejeter le harnais des habitudes paisibles pour s’engager dans l’inconnu. Le vrai Moi se réveille, tue le Moi commun. Telle pourrait être l’une des leçons principales du Seigneur des Anneaux : Il faut dépasser le Hobbit qui est en nous.




FANTASTIQUE ET ALTERNATIVE AU SYSTÈME

« L’apparition des fables recommence au moment où finit l’empire de ces vérités réelles ou convenues qui prête un reste d’âme au mécanisme usé de la civilisation. Voilà ce qui a rendu le fantastique si populaire en France depuis quelques années, et ce qui en fait la seule littérature essentielle de l’âge de décadence ou de transition où nous sommes parvenus. » (Charles Nodier)

Les quelques considérations que nous avons développées précédemment nous donnent l’occasion d’élargir notre sujet et de poser les questions suivantes : pourquoi devons-nous recourir au fantastique ? Pourquoi en appeler à une révolution de l’imaginaire ?

Tout d’abord, interrogeons-nous sur la définition du fantastique. Un Lovecraft le fait reposer sur le sentiment de la peur. Un Roger Caillois estime, quant à lui, qu’il consiste en tout ce qui s’éloigne de la reproduction photographique du réel. D’autres pensent qu’une situation fantastique se crée quand des hommes habitant le monde réel se trouvent soudain placés en présence de l’inexplicable. En fait, c’est en remontant à l’étymologie que le mot « fantastique » prend tout son sens et se charge de potentialités positives. Il dérive du grec phantasia, qui a également donné, en français, fantaisie. Et il s’agit bien de fantaisie – ou d’imagination –, créativité libre, non soumise aux schémas habituels. La fantaisie – ou l’imagination – est cette aptitude à créer de nouvelles images ou à faire de nouvelles combinaisons d’images.

Cette dernière remarque n’a pas que l’innocence de l’évidence. Car il faut savoir que les sociétés actuelles, de type libéral ou marxiste, pêchent par un défaut d’imagination absolument terrifiant. Elles ont banni toute créativité supérieure et relégué les mythes au magasin d’accessoires, libéraux et communistes adoptent une pensée où nulle fantaisie n’est autorisée à prendre place. C’est dire que, dans le monde moderne, toute une partie de l’esprit humain se sent frustrée, diminuée : l’imagination. En détruisant les mythes qui structuraient les sociétés organiques et hiérarchisées et en leur substituant des caricatures vite déconsidérées, le progressisme a tendu à rejeter, en la qualifiant d’infantile, toute fantaisie, pour mieux enchaîner l’homme à une réalité empoisonnée, pour mieux faire croire que l’horizon de la société de consommation (variante libérale du progressisme) ou de la société sans classes (variante collectiviste) est indépassable.

C’est donc le premier point qu’il faut avoir en vue : le monde moderne, en banalisant ou déformant un certain nombre de mythes traditionnels, a tout simplement fermé à double tour les portes du sacré et d’une conception supérieure de la vie que seule la fantaisie peut rouvrir. Et la boulimie de science-fiction ou de fantastique dont font preuve aussi bien les citoyens des sociétés communistes (en Union soviétique, on lit certainement avec plus de voracité Vingt mille lieux sous les mers de Jules Verne que les œuvres de Lénine·ou Marx) que ceux des sociétés capitalistes démontre que l’absence de vrais mythes est durement ressentie par eux. Ils essaient d’échapper au nihilisme contemporain en se transposant dans des mondes imaginaires. L’émergence et le rôle du fantastique ont du reste très bien été perçus par Charles Nodier, l’auteur de La Fée aux miettes. Nodier affirme que dans notre monde matérialiste aux mains des banquiers, des hommes politiques, des industriels et des marchands, dans ce monde raisonnable et cupide, le fantastique apporte l’espoir, la grâce des fééries sans oublier le libre arbitre de l’esprit. Le fantastique va effectivement à l’encontre du matérialisme ; il l’annule, le contrarie. Il est l’expression « inévitable des périodes extrêmes de la vie des nations et, sans elles, je sais à peine – continue Nodier – ce qui nous resterait aujourd’hui de l’instinct moral et intellectuel de la vie de l’humanité »(11). Nous ne saurions trop insister sur cette prodigieuse vertu du fantastique : il « explore l’espace du dedans; il a partie liée avec l’imagination, l’angoisse de vivre et l’espoir du salut », nous confirme Marcel Schneider, qui ajoute que c’est « la forme que revêt le sens du mystère et du sacré dans les périodes de troubles et de mysticisme »(12). Nous voici donc devant une potentialité quasiment irrésistible : l’une des tâches du traditionalisme révolutionnaire consiste à tenter de retrouver derrière la littérature fantastique un fondement traditionnel dont elle est, au pis, une déformation appelant une correction, au mieux, une approche exigeant une intensification (nous écartons ici délibérément la science-fiction, littérature le plus souvent rationaliste et scientiste, donc inextricablement tributaire et dépendante du monde bourgeois ainsi que de l’impérialisme américain). À travers le fantastique et la fantaisie, le lecteur peut être reconduit au mythique. Nous allons même jusqu’à affirmer que le fantastique constitue la seule littérature d’apparition moderne autorisant le dépassement de notre temps et la réintégration dans un monde proprement traditionnel.

L’autre point que nous entendons soulever, en étroite corrélation avec ce que nous venons de dire, c’est l’impact de cette littérature, sur l’esprit de l’homme moderne. Car « le fantastique, qui se fonde sur l’irréalité du monde, donne à ceux qu’il choisit, un sens nouveau »(13). Ainsi, la lecture d’un livre comme Le Seigneur des Anneaux crée un terrain particulièrement favorable et fertile pour l’implantation d’une vision diverse du monde. Par sa nature d’univers fictif autosuffisant, l’univers inventé par Tolkien possède non seulement une force d’émotion importante, mais une puissance de mobilisation extraordinaire. À la fois parce qu’il est véritable – il contient en lui sa propre légitimité : « l’image fictive possède sa propre vérité » (Giordano Bruno) – et parce qu’il fait écho à des comportements que l’on peut repérer par exemple dans le monde féodal, comportements qui ont été progressivement niés jusqu’à disparaître officiellement, le monde des Hobbits, de Gandalf et d’Aragorn contient une « charge » émotive qui conduit tout droit à l’idée, d’alternative. Avec lui, il ne s’agit pas de fuir vers d’improbables mondes, mais·de renouer avec les origines de notre-culture, d’y recourir. En mettant en scène une qualité de la vie et des valeurs contraires à celles qui règnent aujourd’hui, Tolkien fait accéder l’esprit de son lecteur à une dimension alternative. Comme l’a fait remarquer Michele Martino, il crée ex novo une civilisation traditionnelle(14). Son lecteur acquiert une certaine sensibilité :

« le monde poétique de Tolkien, est un ensemble enraciné dans une profonde philosophie existentielle : celle du mythe, par opposition à l’incivilité de l’utopie. Son appel à une différente « qualité de la vie », à un rapport entre l’homme, la nature et là divinité qui fasse justice des préjugés matérialistes sans tomber dans la négation de l’autonomie du créé, ne peut échapper au lecteur : il le concerne et le porte à croire que, dans le monde de notre siècle, les forces du Seigneur Obscur se sont, encore une fois, étendues, menaçant ce dernier rempart de la liberté qui est en l’homme, et s’exprime dans sa relation avec la dimension des principes, du Sacré, de la loi divine transmise au monde »(15). (Marco Tarchi)

 

Le traditionalisme révolutionnaire pourrait prouver son efficacité en transformant l’émotion suscitée en mobilisation anti-moderne. Si les conditions du marché de l’édition permettaient de faire lire Révolte contre le monde moderne d’Evola à ceux qui viennent de finir la lecture du Seigneur des Anneaux, on serait sans doute étonné par certains résultats et certaines vocations auraient lieu de se définir. Car, n’en doutons pas, si la fantaisie – au sens où l’entendait Tolkien lui-même, sens qui combine « avec son emploi le plus ancien et le plus plein comme équivalent d’Imagination des idées dérivées d’« irréalité » (c’est-à-dire de dissemblance avec le Monde Primaire), de franchise de la domination du « fait » observé, bref du fantastique »(16) –prédispose mentalement voire familiarise avec l’alternative, le traditionalisme révolutionnaire peut seul lui donner son contenu mobilisateur(17).

De la sorte, il n’y a rien de répréhensible à ce que Tolkien ait utilisé dans son œuvre un fort manichéisme. Les temps actuels réclament, pour l’Action, une opposition radicale entre le Bien et le Mal. En opposant Gandalf, – dont la devise pourrait tenir dans une formule évolienne : « Fais en sorte que ce sur quoi tu ne peux rien ne puisse rien sur toi » – à Sauron, Tolkien s’inscrit tout à fait dans la démarche traditionnelle qui fait écrire à Evola : « […] le monde moderne et le monde traditionnel peuvent être considérés comme deux types universels, comme deux catégories a priori de la civilisation »(18). Dans le domaine de l’Action qui est le nôtre, il ne faut avoir de cesse de condamner le monde moderne comme le Mal absolu. Nous pouvons même assurer que dans l’exacte mesure où nous criminalisons le monde moderne, nous retrouvons une légitimité infaillible. L’alternative que nous proposons au système bourgeois (lequel ne doit évidemment apparaître que comme une localisation occidentale du monde moderne) a donc tout à gagner dans l’émergence de cette sensibilité diverse que crée le fantastique ou, pour mieux dire, la fantaisie. Cette dernière, en associant à l’imagination un univers parallèle, autonome, provoque un profond désir d’autre chose, d’une autre réalité – un désir qui ne peut s’assouvir pleinement qu’aux sources de la Tradition et qui ne peut se satisfaire d’une société où l’industrialisme et le rationalisme imposent leurs lois aliénantes. C’est à nous qu’il appartient d’orienter les esprits qui réclament une autre dimension de la vie, qui, finalement, croient la découvrir dans le fantastique mais seraient heureux – soulagés, même – de la savoir réalisable. Les lecteurs les plus cohérents de Tolkien éprouvent, plus que le simple désir, la volonté et l’urgence de renoncer au monde industrialisé, qui crée les hommes à l’image de Satan. Ils veulent rompre avec le monde étouffant des machines(19), redevenir des hommes à l’image de Dieu. À nous de leur montrer les hauteurs de la Tradition et la possibilité de restaurer les valeurs traditionnelles.

En attendant, souhaitons qu’en France, comme en Italie, Le Seigneur des Anneaux soit bientôt l’un des textes fondamentaux de la droite radicale.

 

 

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1. En France, pays où la féérie a perdu le pouvoir depuis 1789, Tolkien a eu du mal à percer. En 1967, trente ans après la sortie de son premier livre, Bilbo le Hobbit, le père de Frodon est encore un inconnu pour le public fronçais. Une tentative a lieu en 1969, année où Bilbo paraît enfin en traduction française. Les ans passant, Tolkien à reçu une juste consécration : le Livre de Poche a, par exemple, vendu plus. de 230 000 exemplaires depuis la première édition, en 1976, du Seigneur des Anneaux.
2. Un outre phénomène américain mérite l’attention. D’après Patricio Jaffray (« Tolkien le magicien », Livres de France n°7, mars 1980), aux élections présidentielles de 1976, les pancartes « Gandalf (= le magicien du Seigneur des Anneaux) président » côtoyaient les « Carter président ».
3. Retenons, parmi les commentateurs les plus perspicaces : Lucien Chanteloup (« Tolkien le Hobbit », Éléments n°26, printemps 1978) ; Jean-Louis Curtis (« Le Seigneur des Légendes », préface du Seigneur des Anneaux édité par J.-J. Pauvert, 1978) ; Jacques Bergier (chap. VI d’Admirations, éditions C. Bourgois, 1970).
4. Georges Steiner écrit ainsi dans Le Monde du 6 septembre 1973 : « Il ne faut pas oublier que l’épopée des Hobbits, des Orcs et de la guerre entre le Bien et le Mal, reflète, à l’échelle de l’imaginaire, les événements politiques des années 30 et 40. En lisant à ses intimes des épisodes successifs, Tolkien cherchait à apporter consolation et espoir dans des circonstances qui semblaient menacer l’existence du peuple anglais ».
5. La droite radicale italienne a beaucoup emprunté à Tolkien. Elle n’hésite pas à reprendre certains noms pour baptiser ses initiatives culturelles : Eowyn (titre de la revue des jeunes filles de droite) ; Campo « Hobbit » (nom d’une réunion estivale), etc. Deux revues ont fait paraître des dossiers consacrés à Tolkien : Dimensione cosmica (n°5-6, sept. 1979) – cette revue organise aussi un prix Tolkien de littérature fantastique – et Diorama letterario (n°16). Un essai critique a récemment été édité par les Ediziani del Cerchio (via Gambalunga, 30, Rimini (FO), 80 pages, L. 3500) : Omaggio a J.R.R. Tolkien, fantasia e tradizione, par Morio Polio. Marco Tarchi, qui a beaucoup contribué par ses interventions culturelles à foire connaître Tolkien dons les milieux de la droite radicale, prépare également un essai sur ce prestigieux auteur.
6. Gandalf rappelle Merlin et remplit un rôle sacerdotal, Aragorn incarnant le pouvoir temporel. Sur le sujet sacerdoce/royauté, voir le livre de René Guénon Autorité spirituelle et pouvoir temporel, éditions Végo, 1976.
7. Lucien Chanteloup écrit à ce propos : « Il y a incontestablement, dans Le Seigneur des Anneaux, une nostalgie de la « pureté » raciale et une constante référence à un type « nordique » original, dont la Lothlorien serait le creuset… » (Éléments, n°33).
8. L’anneau peut symboliser le savoir et la puissance (ex. : la légende dit que Salomon devait sa sagesse à un anneau). Mais on retrouve chez Platon une signification symbolique proche de cella qu’utilise Tolkien. Platon, dans La République (359), nous raconte comment Gygès découvrit un anneau d’or. Par hasard, en le portant au doigt, Gygès s’aperçoit que l’anneau a le pouvoir de le rendre invisible. C’est l’origine de sa fortune. Cette invisibilité que donne l’anneau, c’est le retrait du monde extérieur, la redécouverte des leçons essentielles du monde intérieur. Mais comme l’anneau peut conduire aux conquêtes mystiques, par sa perversion magique il peut aussi amener à des victoires criminelles et à la tyrannie. Ce qui advint pour Gygès. Cf. Dictionnaire des symbole, éditions Seghers, 1977.
9. Tolkien utilise souvent le symbolisme de l’épée. L’épée possède un double aspect : destructeur (destruction qui peut s’appliquer à l’injustice, l’ignorance et la malveillance et qui devient ainsi positive); créateur ou constructeur (elle établit ou maintient la paix). C’est aussi un symbole axial, polaire : associée à la balance, elle sépare Je bien du mal et se rapporte plus spécialement .à la justice. Elle représente encore la lumière et l’éclair : la lame brille (les Croisés parlaient de l’épée comme d’un fragment de la Croix de Lumière ; l’épée sacrée japonaise dérive de l’éclair ; en Chine, le trigramme li, qui correspond au soleil, correspond aussi à l’éclair et à l’épée). Elle est en rapport avec l’eau : la trempe de l’épée entraîne un mariage de l’eau et du feu. Dans les traditions chrétiennes, Roland, Olivier, Turpin, Charlemagne, Ganelon possèdent des épées individualisées portant un nom. Parmi d’autres, retenons Joyeuse, Durandal, Hauteclaire, Corte, Brantaine, Musaguine. Dans Le Seigneur des Anneaux, les épées des héros ont aussi des noms.
Pour de plus grands développements sur l’épée, voir
Dictionnaire des symboles.
10. G. de. Turris et S. Fuseo : « La terro sognata . », Intervento n°17, octobre-novembre 1974.
11. C. Nodier, « Du fantastique en littérature », numéro de novembre 1830 de La Revue de Paris.
12. M. Schneider, La littérature fantastique en France, Éditions Fayard, 1964.
13. Ibidem.
14. M. Martino, « Tolkien : tra fuga e speranza », Dimensione cosmica, n°5-6, septembre 1979.
15. M. Tarchi, « Il mago di Oxford », Dimensione cosmica n° 5-6.
16. J.R.R. Tolkien, « Du conte de fées » in Fäerie, U.G.E. 1978, p. 178.
17. Il est sans doute illégitime de vouloir faire du Seigneur des Anneaux un manifeste idéologique ou un traité philosophique. Néanmoins, cette méprise se révèle une felix culpa dans le sens où ce livre « offre à la contestation des valeurs de la société de consommation et de celles de la société du bien-être et du profit une justification bien plus rigoureuse que celle fournie en son temps par le désormais oublié Herbert Marcuse, nous assure Franco Cardini. Et une telle justification va dans le sens d’une véritable révolte contre le monde et la culture modernes réalisée au nom du monde et de la culture traditionnels, de ces valeurs qui en Occident ont été minées par un certain courant de la pensée humaniste et par la réforme protestante pour être ensuite entièrement oblitérés par la naissance du mythe du progrès et par la révolution industrielle et leurs corollaires, les quatre grandes révolutions socio-politiques (anglaise, américaine, française, russe). Au mythe de la perfectibilité indéfinie de l’humanité, Tolkien substitue ceux de la chute et de la progressive corruption jusqu’à la rinovatio saeculi ; à celui du contrat social et de l’autodétermination individuelle, il substitue celui de la sacralité et de l’origine divine du pouvoir; à celui de la « liberté » individuelle, ceux du respect d’un ordre entendu comme extérieur et supérieur à l’individu et du solidarisme ethnique, familial et vicinal » (« Tra miti e legende », Intervento n°30).
18. J. Evola, Révolte contre le monde moderne, Éditions de l’Homme, Montréal, 1972, p. 14.
19. Selon Frithjof Schuon, « la machine est inhumaine et antispirituelle en soi ». Elle « tue, non seulement l’âme de l’ouvrier, mais l’âme comme telle, donc aussi celle de l’exploiteur […] ». Schuon exprime une vérité fondamentale quand il écrit que « la technique ne peut naître que dans un monde sans Dieu ». (Castes et races, éditions Paul-Derain, 1957, p. 17 et p. 20).

 

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06/06/2019

6 juin 1944 : ATTENTION ! Un occupant peut en cacher un autre...

 
Si un Européen d'aujourd'hui avait la curiosité d'ouvrir un manuel d'histoire américain, il aurait la surprise d'y constater que le fameux événement survenu sur les plages de Normandie le 6 juin 1944 n'y est pas désigné sous le nom de "débarquement", ni même comme le coup d'envoi d'une prétendue "libération" du continent, mais bel et bien sous le nom fort explicite d'INVASION.

Reconnaissons à l'historiographie US le mérite, sur ce point précis, d'appeler les choses par leur nom, sans tourner autour du pot ni chercher à travestir la réalité.

En effet, il est absolument nécessaire de bien comprendre que ce n'est nullement par philanthropie, ni par attachement passionné à la prétendue "démocratie" (sic) face à la "barbarie nazie" (re-sic), que les hordes alliées anglo-saxonnes, et notamment états-uniennes, se sont ruées ce jour-là sur les côtes du Vieux continent.

Il s'agissait bel et bien, en effet, d'une invasion pure et simple, dont l'objectif avoué plus ou moins ouvertement était une véritable vassalisation, pour ne pas dire colonisation de nos contrées. Colonisation qui débuta bien entendu par une occupation militaire en bonne et due forme, laquelle se poursuit aujourd'hui encore, puisque certains pays d'Europe, privés de souveraineté véritable, hébergent toujours sur leur sol, bon gré mal gré, des bases militaires US. Occupation militaire qui se poursuit aussi, de façon indirecte mais tout aussi effective, par le biais de l'OTAN, alliance militaire supervisée par les USA, et à laquelle sont inféodés de nombreux pays d'Europe, ainsi privés de facto de leur souveraineté en matière de politique étrangère et de relations diplomatiques internationales.

De même, il est absolument nécessaire de bien saisir le fait que les armées anglo-saxonnes, perçues et présentées de façon fallacieuse comme "libératrices", ne considéraient nullement la France comme un pays allié qu'il s'agissait de libérer, mais bel et bien comme une nation ENNEMIE et vaincue, dans lequel il convenait  de se comporter comme en territoire conquis. De là les exactions en tous genres commises dans le cadre de cette prétendue "libération", allant des crimes de guerre que furent les bombardements de terreur des populations civiles, ayant carrément rayé de la carte de nombreuses métropoles hexagonales, jusqu'aux viols de masse et au pillage en règle commis notamment par les troupes US, en passant par les tortures, les procès truqués,  les exécutions sommaires, les assassinats commis en toute impunité par des "résistants" de la dernière heure, et même l'imposition d'une monnaie d'occupation sans la moindre valeur réelle.

Le Général de Gaulle lui-même, que l'on pourra difficilement suspecter d'intelligence avec l' "Ennemi", ne s'y était d'ailleurs pas trompé, lui qui refusa toujours tout net de participer à la mascarade des commémorations du 6 juin. En bute à l'hostilité avouée des Roosevelt, Churchill, Eisenhower et autres Truman, il avait su déceler très tôt les intentions réelles de ces tristes sires qui, selon ses propres termes, ont traité la France "comme un paillasson". Sans la fermeté et la vigilance du Général, dont la détermination sans faille aura au moins permis de limiter les dégâts, il y a fort à parier que la colonisation anglo-saxonne de la France, pourtant déjà conséquente, aurait atteint un stade que l'on peine à imaginer...

Néanmoins, pour le plus grand malheur des peuples de l'Hexagone, le colonialisme US a pris racines durablement sur notre sol. Si ses manifestations les plus flagrantes, comme l'occupation militaire, y ont depuis longtemps disparu, la trahison des efforts du Général par tous ses successeurs, à force de capitulations et de renoncements graduels, n'aura jamais fait que parachever la perte de souveraineté de l'Etat-Nation français. La colonisation américaine de l'Europe en général, et de la France en particulier, a aujourd'hui pris des formes d'autant plus pernicieuses qu'elles se révèlent plus subtiles, au point qu'elles ne sont que peu visibles pour les moins clairvoyants et les moins avertis d'entre nous.

Il y a en premier lieu cette vassalisation militaire qui perdure sous la forme de l'OTAN, véritable Organisation TERRORISTE de l'Atlantique Nord qui porte régulièrement la mort et la destruction aux quatre coins du globe, et dont l'alibi de départ, celui d'une réponse à la menace que représentait censément le Pacte de Varsovie, a pourtant disparu corps et âme depuis belle lurette. Et il y a aussi, par-dessus tout, ce poison mortel, ce véritable cancer de l'Europe contemporaine que représente de nos jours l'impérialisme culturel, économique  et politique des Etats-Unis d'Amérique.


Refusons en bloc de nous associer à la commémoration de l'arrivée sur notre sol des véritables ennemis de l'Europe. Refusons de commémorer ce qui fut perçu -à tort- comme une "libération" par certains, au moment même où ce tragique évènement fut perçu comme un véritable cataclysme et comme le début d'un interminable cauchemar pour des dizaines, des centaines de millions de nos compatriotes européens.

La vérité crue est que le 6 juin 1944, l'Europe, notre chère Europe, n'a nullement été "libérée" : elle a tout simplement changé d'Occupant, et nous sommes toujours, depuis lors, sous sa botte.
Maintenant que la "menace" soviétique a disparu, à quoi peuvent bien encore servir l'OTAN, et les dizaines de milliers de soldats yankees qui sont toujours présents sur le sol européen ? Au nom de quoi les politiques économiques, culturelles et diplomatiques de nos pays  sont-elles toujours inféodées aux intérêts états-uniens ?...  Le temps de l'Occupation est fini ! Hors d'Europe, l'Oncle Sam. Aujourd'hui, nous ne voulons plus subir sa tyrannie, ni sa tutelle. Contre l'Occupant, contre l'oppresseur : Résistance ! Résistance et rébellion tous azimuts !

Hans CANY

 

 

hans cany,géopolitique et politique internationale

 

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28/05/2019

L'impasse électorale, mouroir des illusions

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Game over...
Alors, STOP ou ENCORE ?

N'en déplaise aux inconditionnels de la méthode Coué, m'est avis que ceux qui persistent à miser sur l'électoralisme se bercent de vaines illusions, et ne pourront à l'avenir aller que de déconvenues en déceptions. Cela fait des années que je me tue à le dire et le répéter à qui veut bien m'entendre : le cirque électoral est trafiqué, puisque les dés en sont pipés.

Non seulement cette fausse "démocratie" parlementaire indirecte constitue fondamentalement une imposture, mais de surcroit, le Système s'est de toute façon donné les moyens de se protéger de tout ce qui est susceptible de le menacer sérieusement, et a donc prévu d'assurer sa pérennité en toutes circonstances. Peu importe la méthode qu'il emploiera pour ce faire, car pour lui, la fin justifiera toujours les moyens.

 La vérité est tout simplement que la voie des urnes est sans issue. C'est un mirage, dont la seule fonction est de canaliser et de neutraliser le mécontentement populaire. Il n'y a pas, et il n'y aura jamais de perspective de salut véritable tant que les masses persisteront à se laisser berner par des leurres, tant qu'elles s'obstineront à se fourvoyer dans ce type d' impasses.

 Puissent les prochains échecs annoncés ouvrir les yeux du plus grand nombre, de manière à ce qu'enfin, la contestation de ce régime pourri se radicalise, qu'elle revête des formes inattendues, voire inédites. Ce n'est qu'ainsi qu'elle sera véritablement en mesure de générer une vague de telle ampleur qu'elle balayera tout sur son passage.

 Rien ni personne ne saura résister à ce salvateur tsunami, dont les flots impétueux emporteront avec eux les forces des ténèbres, celles-là même qui nous maintiennent dans une sorte d'hiver et d'obscurité perpétuels depuis tant de longues décennies.

 Viendra alors poindre pour nos peuples et nos nations renaissantes l'aube nouvelle tant attendue, objet de nos plus ferventes et de nos plus légitimes espérances.

Hans Cany

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26/04/2019

Belenos, soleil celtique

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Bel / Beli / Belen / Beleni ou Belenos, connu aussi sous la forme latinisée de Belenus, est une divinité solaire du panthéon celtique. Il incarne tout particulièrement les pouvoirs bienfaisants et régénérateur du rayonnement solaire, et à ce titre, il s'agit d'un dieu guérisseur, également associé aux sources d'eau thérapeutiques.

Bien qu'il en soit complémentaire, il ne doit pas être confondu avec Lug / Lugh ou Lugos, autre dieu celtique à caractère solaire lui aussi, mais qui pour sa part incarne plutôt l'aspect dispensateur de lumière du Soleil, voire sa lumière elle-même.

Belenos correspond à Apollon chez les Gréco-Romains, et à Baldr / Balder / Baldur dans la tradition germano-nordique. On retrouve d'ailleurs dans le nom de ce dernier la racine indo-européenne bhel, qui signifie « brillant », « brûlant », « resplendissant », « éclatant ».

Comme son nom le suggère de manière explicite, c'est tout particulièrement Bel / Belenos que l'on honore à l'occasion de la fête celtique de Beltaine, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, laquelle marque la fin de la partie sombre de l'année, et le passage à la saison claire.

Le grand nombre de toponymes directement hérité de son nom témoigne de l'importance passée de son culte, comme de son caractère de divinité majeure du panthéon gaulois. Ainsi, tous les toponymes de type Beaune, fort répandus dans beaucoup de régions françaises, en procèdent.  Même chose pour les toponymes de type Bellenot, Belmont, Bligny (déformation de Beligny), Bel air, ainsi que pour tous les dérivés de ces noms. De façon générale, beaucoup de noms de lieux construits à partir du préfixe Bel ou  Belle, voire même à partir des simples racines Be ou Bl, ont de grandes chances de conserver ainsi le souvenir de l'ancien dieu.

En forêt de Brocéliande, en Bretagne, la célèbre fontaine de Barenton, qui fut jadis une fontaine thérapeutique prisée des druides locaux pour les propriétés attribuées à son eau, est elle aussi très probablement un ancien sanctuaire forestier dédié à Bel / Belenos. Barenton serait en effet une déformation de Belenton, ancien nom du lieu forgé à partir du nom Bel et du mot nemeton, signifiant sanctuaire en langue gauloise. Bel-Nemeton : "le sanctuaire de Bel".

Au large de l'illustre Mont Saint-Michel, près d'Avranche, l'îlot inhabité de Tombelaine, "Tombe-Bélen", en garde lui aussi la trace évidente. Du reste, il est très probable -sinon certain- que le Mont lui-même, qui s'est longtemps appelé Mont-Tombe avant d'être rebaptisé, soit en fait un ancien lieu de culte de Belenos. Le culte de Bel / Belen / Belenos se célébrait souvent au sommet d'éminences naturelles, et de nombreuses collines y furent ainsi consacrées.
Avec la christianisation, beaucoup furent justement re-consacrées à... l'archange Saint-Michel. En réalité, le simple fait, pour un lieu, d'être consacré à ce Saint-Michel, dont le caractère solaire est aussi très marqué,  permet tout au moins de présumer fortement que ce même lieu était naguère dédié au dieu celte, ou du moins à une divinité solaire équivalente.


Hans Cany



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22/03/2019

Pour les peuples, contre le Système !

Nous, Nationalistes Révolutionnaires, Solidaristes et Identitaires, dénonçons le Système comme l'ennemi N°1 de notre identité politique, culturelle et ethnique.



==> POLITIQUE : Le Système sous lequel nous vivons n'a de "démocratique" que le nom. En réalité, l'Etat comme le pouvoir politique sont aux mains de la finance internationale. C'est elle qui désigne et manoeuvre les pantins de Gauche et de Droite que le consommateur-citoyen a ensuite seulement le droit d' "élire", après quoi il n'a plus son mot à dire par rapport à la politique menée. Droite ou Gauche, c'est juste Coca ou Pepsi.


==> CULTURELLE : Le Système socio-économique capitaliste impose ses choix et son mode de vie : sous-culture de la "Télé-Réalité" made in USA, fast-food immondes et identiques de Paris à Tokyo, vomi idéologique des "Droits-de-l'Homme" et des préoccupations "humanitaires", idéologie du métissage, hystérie délirante du néo-féminisme, désorientation mentale via l'aberrante "théorie du genre"... Tout ceci menant au final à la destruction des peuples et de leurs identités, en sapant leurs valeurs traditionnelles et en les uniformisant d'un bout à l'autre du monde.


==> ETHNIQUE : Beaucoup d'immigrés ne sont au fond ni des coupables, ni nos ennemis. Le vrai coupable, notre véritable ennemi, c'est le Système socialo-libéral qui a créé et encouragé le phénomène migratoire. Ce système est entièrement entre les mains des cosmopolites de droite comme de gauche qui veulent faire de l'ensemble des peuples européens un conglomérat de métis sans âmes et indifférenciés, tout juste bons à produire et à consommer. C'est le but ultime du Grand Remplacement en cours... Ce sont ces mêmes cosmopolites et leurs idiots utiles de l'extrême-gauche "antifa" qui font aujourd'hui régner le terrorisme intellectuel dans les écoles, les universités et les médias, au nom d'un soi-disant "antiracisme" qui ne profite en fait même pas aux immigrés, mais bel et bien à l'ordre établi.



LE SYSTEME A RENDU CE MONDE INVIVABLE.
IL EST GRAND TEMPS DE REAGIR.

POUR RENDRE LE POUVOIR AU PEUPLE,
DEFENDRE LES CULTURES
ET
PRESERVER NOTRE IDENTITE,
UNE SEULE SOLUTION :
LA REBELLION !


identité & racines,democratie

 

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21/03/2019

Sunna, ou le Soleil au féminin

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Dans la tradition païenne germano-nordique, l'astre solaire était personnifié par une déesse nommée Sunna, ainsi que la désignent les anciennes Formules magiques de Mersebourg, découvertes en Allemagne, ou Sól, telle que la mentionne en Scandinavie le Vafþrúðnismál, troisième poème de l'Edda poétique.


Cette figure mythologique témoigne du fait que le Soleil revêt un caractère féminin et non masculin dans la culture germanique, ce dont on retrouve aujourd'hui encore la trace en langue allemande moderne : le Soleil y est en effet de genre féminin (Die Sonne), tandis que la Lune y est de genre masculin (Der Mond).

"Sonne" conserve en outre la trace étymologique évidente du nom de Sunna, de la même façon que l'anglais "Sun", le néerlandais "zon" etc, tandis que le souvenir de sa variante scandinave Sól se retrouve entre autres dans le norvégien et le suédois modernes "sol".

Hans Cany
 
 
 

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18/03/2019

Equinoxe de Printemps : Ostara & Alban Eiler

 

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La déesse Ostara

[Illustration : Alisson Fox]




C’est entre le 19 et le 22 mars qu’est célébrée la fête païenne de l’Equinoxe de Printemps, dénommée Alban Eiler [Lumière de la terre] dans la tradition celtique, et Ostara dans la tradition germano-nordique.

Cette appellation d’Ostara fait référence à la déesse germanique du même nom, personnifiant les principes de l’aube, de la renaissance, du renouveau et de la fertilité. C’est en raison de cette analogie que d’aucuns n’hésitent pas à identifier Ostara à cette autre déesse de la fertilité qu’est Frigg/Frigga ou Freyja, bien que cette assimilation, loin de faire l’unanimité, reste controversée.

Ostara, la Dame de l'Aube, connaissait sa variante saxonne sous le nom d’Eostre ou Eastre, et son souvenir se retrouve entre autres de manière flagrante dans l’allemand moderne
Ostern et l’anglais moderne Easter, désignant tous deux Pâques. Il est d’ailleurs à noter que le lièvre -ou le lapin- et les oeufs, attributs de la déesse symbolisant la vie et la fertilité, font aujourd’hui partie de l’imagerie traditionnelle liée à Pâques, soulignant ainsi les racines préchrétiennes méconnues de cette très ancienne célébration printanière européenne.

A l’instar d’Imbolc, Ostara/Alban Eiler est une fête du réveil de la Nature, au sortir de la longue et rude période de torpeur hivernale. Mais là où Imbolc (2 février), tout en représentant un moment important du cycle des saisons, ne faisait qu’annoncer les prémices de ce réveil, Ostara, Equinoxe de Printemps au cours duquel le jour dure aussi longtemps que la nuit, marque le début de  l’entrée réelle dans la partie lumineuse de l’année. Entre le 30 avril et le 1er mai, la Nuit de Walpurgis germanique, Cetsamhain ou Beltaine en terre celtique, viendra en marquer l'apothéose.

Notons enfin que, n’en déplaise à ceux qui entendent dissocier les deux fêtes, Pâques n’est en réalité que la récupération chrétienne, légèrement décalée dans le temps, de l’Equinoxe de Printemps, de la même manière que la Toussaint et le “Jour des Morts” ne sont jamais que le recyclage légèrement décalé de Samonios/Samhain, ou encore que Noël n’est qu’un travestissement christianisé, et lui aussi décalé de quelques jours, de l’antique célébration du Solstice d’Hiver. Ces velléités de dissociation apparaissent donc ineptes, puisqu’il est évident qu’il y a bel et bien identité entre Equinoxe de printemps et Ostara, les Pâques chrétiennes ne faisant qu’en perpétuer le souvenir déformé.

De toutes façons, compte tenu des incertitudes et autres zones d'ombre qui enveloppent Ostara/Eostre en général, rien ne s'oppose formellement à ce qu'aujourd'hui, il y ait fusion entre cette fête et l'Equinoxe. Du reste, les Pâques chrétiennes se célèbrent chaque année à des dates fluctuantes, en vertu d'un calcul complexe basé sur le calendrier lunaire (premier dimanche suivant la pleine lune qui elle-même suit l'Equinoxe... ). Or, rien ne permet de dire avec certitude que la date de célébration d'Ostara était fixée en fonction de ces mêmes critères. Ce ne sont là que pures spéculations, lesquelles en valent bien d'autres, après tout. Et puis, au final, quelle importance ?

Frères et soeurs d’Europe, faisons donc honneur à l’héritage sacré de nos ancêtres Celtes et Germains. Sachons apprécier comme il se doit l’exquise douceur, la beauté du renouveau de la Vie et du retour de la Lumière. Et souvenons-nous bien que sous nos cieux, les origines réelles de la fête du Printemps n'ont strictement rien à voir avec
Pessa'h (la Pâque juive), ni avec la prétendue "résurrection du Christ", et encore moins avec les cloches des églises revenant de Rome après bénédiction papale, ou autres contes à dormir debout destinés à endoctriner nos enfants.

Hans Cany

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13/03/2019

L'effondrement qui vient

 

hans cany,identité & racines,religions,robert dunIllustration : Nicholas Hiatt

 

 

Aucun empire n'est éternel, et tous finissent tôt ou tard par s'effondrer. Il en fut ainsi de l'Empire Romain d'Occident, comme plus tard du Premier et du Second Empire français, de l'empire tsariste russe, de l'empire austro-hongrois, de l'empire ottoman, du Second et du Troisième Reich allemands, des divers empires coloniaux européens, de l'empire soviétique et de sa cohorte d'Etats satellites etc. Ainsi finissent tous les empires, sans exception. Tous se voulaient bâtis pour traverser les siècles voire les millénaires, mais tous se sont écroulés comme châteaux de cartes, parfois de façon soudaine, au bout de quelques siècles ou décennies, voire de quelques années.  Ceci s'observe et se vérifie systématiquement, dès lors qu'une quelconque structure impériale se retrouve à son point maximum de puissance expansionniste. Après l'ascension vient toujours la chute. L'empire se veut intrinsèquement supranational, et ce sont ses velléités tantôt suprémacistes et hégémoniques, tantôt universalistes et intégrationnistes, qui le minent littéralement de l'intérieur et  précipitent inéluctablement sa perte.

Aujourd'hui, l'empire occidental, dominé par le poids lourd états-unien, bat de l'aile. Il se trouve à la fois pris au piège des conséquences de ses propres actes, et contrarié dans ses projets par la spectaculaire résurgence de la Russie en tant que superpuissance sur la scène internationale, mettant un terme salutaire à vingt-cinq ans de diktat unipolaire. L'Union Européenne (UE), vassale des Etats-Unis dans le cadre de l'empire occidental, se voit elle aussi menacée d'effondrement global. Tout comme l'empire romain, elle croule aujourd'hui sous le poids de ses contradictions, comme sous celui des inévitables conséquences de ses propres agissements, tant extérieurs qu'intérieurs. Et tout comme l'Empire romain, l'empire occidental, à commencer par l'UE, est en train de succomber sous les assauts conjugués d'une triple crise économique, migratoire et civilisationnelle, crise d'une ampleur sans précédent qui ne pourra in fine qu'avoir raison de lui et des pseudo-valeurs qu'il incarne. Ses principes moraux, ses dogmes économiques, son colonialisme culturel et ses prétentions universalistes, associés à un immigrationnisme et à un ethno-masochisme forcenés, ne pourront, au terme du processus mortifère en cours, que le mener là où on fini tous ses prédécesseurs.

A la suite de Paul Valery et pour reprendre sa célèbre formule, nous savons que toutes les civilisations sont mortelles. Celle qu'incarne aujourd'hui le modèle occidental n'échappe nullement à la règle. Nous le savons pareillement, l'empire romain s'est effondré pour des causes non seulement économiques, sociales et politiques, mais aussi -et peut-être avant tout- pour des raisons d'ordre ethnique. Ceci a brillamment été exposé de façon détaillée par, entre autres, l’autodidacte André Lama, dans les deux volumes de son étude magistrale intitulée Des Dieux et des Empereurs [1], et publiée pour la première fois en 1998. Cette chose que l'on peut qualifier d'empire occidental, comprenant l'UE via la nébuleuse atlantiste, est elle aussi en train de dépérir pour des raisons analogues.

 Force est de constater en effet que les similitudes entre les deux situations historiques sont pour le moins troublantes. A commencer par le contexte social. L'empire occidental comme l'empire romain ont rapidement étendu leurs territoires respectifs, avec pour principale préoccupation d'en faire de vastes blocs commerciaux, capables de rivaliser avec les grandes puissances économiques de leurs époques. L'un comme l'autre s'efforce sans relâche de déresponsabiliser ses citoyens, et surtout de les tenir à l'écart de la chose publique, chasse gardée d'une petite caste d'oligarques dont beaucoup n'ont jamais été élus. Pour ce faire, les notables, les politiciens, les sénateurs et jusqu'à l'empereur lui-même ont fort généreusement pratiqué le clientélisme à outrance, achetant littéralement la plèbe avec du pain et des jeux, les fameux Panem et Circenses, afin qu'elle se tienne tranquille et applaudisse ses tribuns sans véritablement comprendre les arcanes de leurs jeux politiques. Les pouvoirs en place, dans les divers pays de l'empire occidental -et donc de l'UE-, ne procèdent pas autrement, en gavant leurs populations de programmes TV débilitants et de propagande médiatique orwellienne, de culte du consumérisme, de footballâtrie et autres anesthésiants tous plus abrutissants les uns que les autres. Dans les deux cas, le but recherché est fondamentalement le même : réduire le citoyen ordinaire, le peuple, au silence, ou tout au moins à l'impuissance politique. Lorsque les pouvoirs en place ne peuvent plus se maintenir qu'en usant de tels subterfuges, nous pouvons avoir la certitude que nous assistons à la fin de quelque chose, à la fin d'un monde. Non pas à la fin du monde, mais à celle d'un certain monde. 

 En proie à une crise spirituelle majeure, doublée d'une pénétration culturelle étrangère de plus en plus conséquente, l'empire romain constituera un terreau idéal pour la transplantation de cultes exotiques [2], qui prospèreront en consommant la rupture avec la tradition religieuse de l'empire, et donc avec une part importante des fondements de son identité. L'activité de ces diverses sectes agira comme un puissant dissolvant de la romanité originelle, et l'une d'elle contribuera de manière décisive à l'acculturation de Rome  [3].  L'empire occidental moderne, quant à lui, est si obnubilé par l'esprit marchand et le matérialisme qu'il s'est produit en son sein une véritable désertion spirituelle, ses églises et ses temples se vidant à mesure que les mosquées se remplissent. Les pays de l'Union Européenne, notamment, connaissent bien ce phénomène. Il est le symptôme du nihilisme ambiant, de l'absence d'idéal et de foi instiguée par le consumérisme et la "réussite" matérielle érigés en valeurs sacrées toutes-puissantes par la ploutocratie libérale triomphante.

Mais les analogies ne se limitent toutefois pas à cela, tant s'en faut. Il suffit, pour s'en convaincre, d'énumérer plusieurs autres rapprochements qui parlent d'eux-mêmes.

A l'instar de l'Empire romain décadent, le moderne empire occidental, au premier rang duquel les USA et leurs vassaux de l'Union Européenne, est une structure parvenue à l'apogée de sa puissance et de son expansion, et qui amorce aujourd'hui une inéluctable spirale de déclin.

Comme l'Empire romain, les pays phares de l'Union Européenne ont, au cours des 40 dernières années, axé leur politique sur le mirage de l'insertion, de l'intégration, voire de l'assimilation, avec les résultats catastrophiques que nous connaissons à présent [4].

Comme l'Empire romain, les pays phares de l'Union Européenne bradent littéralement leur nationalité administrative, en la réduisant à une simple citoyenneté de convention qu'elle accorde à une proportion croissante d'éléments allogènes [5].
  
Comme l'Empire romain, les pays phares de l'Union Européenne ont permis, par calcul autant que par irresponsabilité,  l'accueil d'une multitude de réfugiés de guerre et autres "migrants". A peine les nouveaux venus passés plus ou moins en force, l'engrenage infernal s'est aussitôt activé, la première vague de "migrants" appelant mécaniquement la suivante, et ainsi de suite [6].

Comme l'Empire romain, l'Union Européenne doit faire face à un flux  migratoire de provenances diverses, d'ampleur inédite, avec pour corollaire tous les "effets collatéraux" qui en découlent : tensions ethniques et religieuses, émeutes communautaires, explosion de l'insécurité et des violences (agressions, viols, meurtres, destructions de biens privés et publics, terrorisme etc), multiplication des zones de non-droit où l'Etat, démissionnaire, renonce à exercer son autorité [7] etc.

Comme l'Empire romain, l'Union Européenne accueille en son sein un véritable cheval de Troie qui le perdra. Rome avait cru judicieux de fédérer les peuples "barbares" en les incorporant en masse à son armée, d'abord sous la forme de troupes auxiliaires, puis directement en les intégrant à ses légions. Ces contingents étrangers se retourneront contre elle, et ce seront eux qui, au Vème siècle, donneront le coup de grâce à l'empire qui les avait abrités. L'Union Européenne, elle, est submergée par une invasion galopante qui la perdra aussi, en raison de l'arrivée et de la présence sur son sol de dizaines de millions d'allogènes, dont certains, animés d'intentions conquérantes ou terroristes, passent d'ores et déjà à l'action. Au rythme où vont les choses, combien de temps faudra-t-il encore avant que des villages d'Europe voire des régions tout entières tombent aux mains des nouveaux barbares des années 2000 ?

L'Union Européenne, on est en droit de le redouter, n'a pour l'heure encore connu que les prémices de ce qui l'attend. Submergé de toutes parts, le monde romain, à l'aube du Vème siècle, est déjà exsangue. La suite du processus sera cataclysmique, et sonnera finalement le glas de l'Empire romain d'Occident. En 410, Rome est prise par le Wisigoth Alaric. La Ville éternelle, cœur de l'empire, est mise à sac et livrée au pillage par ses troupes quatre jours durant. Pillages, destructions, meurtres et viols s'abattent sur les Romains, qui  en resteront durablement traumatisés. Détail savoureux :  les Goths, convertis au christianisme -à l'hérésie arienne- ont eu la délicatesse d'épargner les églises, alors qu'ils mettaient la cité à feu et à sang. Miracle d'un monde qui ne se voulait plus divisé entre "civilisés" et "barbares", mais entre chrétiens et "païens".  Dès 455, le même scénario se reproduit, sous l'égide cette fois de Genséric, roi des Vandales et des Alains. Ceux-ci, surgissant par la Méditerranée de l'Afrique du Nord où le royaume vandale s'étaient implanté, apportent avec eux des hordes hétéroclites en provenance du continent africain, qui ravagent de plus belle la ville quinze jours durant. Genséric rapportera en Afrique un butin considérable, laissant derrière lui une Rome dévastée qui n'était désormais plus que l'ombre d'elle-même.

Le répit fut pourtant de courte durée, puisque la mégalopole romaine fut reprise et mise à sac à peine vingt-et-un an plus tard par les troupes d'Odoacre, un Skire [8] à la tête d'une coalition de contingents barbares de l'armée romaine qui se soulevaient contre le pouvoir impérial. Ceux-ci lui portèrent cette fois un coup fatal. Le coup de grâce fut définitivement porté à la vieille Rome chancelante lorsque Odoacre déposa le dérisoire dernier empereur, Romulus Augustule, et renvoya symboliquement les insignes impériaux à Constantinople, capitale de l'Empire romain d'Orient depuis la séparation entre celui-ci et Rome en 395. L'Empire romain d'Occident avait vécu. Les aqueducs tombèrent à sec. Les voies romaines, jadis régulièrement entretenues, ne  le furent plus. Et ce qui subsistait des monuments, profanés ou désaffectés, tomba en ruines au fil du temps. Le souvenir de ce que fut autrefois la romanité n'exista dès lors plus qu'à travers ce que les envahisseurs avaient consenti à s'attribuer. Sur les ruines encore fumantes d'un empire déchu et démantelé, se bâtit un nouveau monde fragmenté en une kyrielle de royaumes barbares rivaux aux frontières mouvantes. Plusieurs siècles d'obscurité, de violences et de désordre consécutifs à cette chute d'une civilisation tout entière allaient laisser pour longtemps l'Europe en état de choc. Celle-ci mettra, à vrai dire, de nombreux siècles à se remettre d'une crise qui aura eu raison du plus puissant des empires du continent.

 Depuis 2015, l'Union Européenne, déjà minée depuis des années par l'incursion continue d'un nombre indéterminé d'immigrés clandestins, en sus de l'immigration légale, se trouve confrontée à une crise migratoire d'une ampleur sans précédent. En conséquence de sa politique  interventionniste irresponsable menée depuis 2011 en Libye puis en Syrie, un phénomène migratoire de masse submerge littéralement ses frontières méditerranéennes et sud-orientales. Ce sont des dizaines, des centaines de milliers et même des millions de "migrants" allogènes qui affluent vers l'UE, non seulement en provenance de Syrie et d'Irak, pépinières de réfugiés et de dangereux terroristes, mais aussi de Libye, du Maghreb, du Pakistan, d'Afghanistan, et de divers pays d'Afrique subsaharienne. Il est mal aisé de faire la part entre ce qui relève des conséquences de la politique criminelle des Etats de l'UE, et  en particulier de ceux qui sont membres de l'OTAN, et ce qui relève d'un plan d'invasion migratoire concerté, correspondant à la fois aux visées des islamistes conquérants, et aux besoins plus ou moins avoués du mondialisme libéral.

L'ineffable Jacques Attali, chantre d'une gouvernance mondiale, n'a-t-il pas osé affirmer que la France avait besoin de 300 000 immigrés supplémentaires ? Les technocrates criminels de Bruxelles n'ont-ils pas entériné l'ethnocide généralisé des peuples européens autochtones, en décrétant que l'UE se devait d'accueillir plus de 15 millions de "migrants" d'ici à 2025 ? L'impact ethnique et social de cette vague migratoire inouïe, en plus de représenter un danger énorme d'infiltration d'éléments hostiles, voire terroristes, sera bien évidemment considérable sur l'ensemble du continent. Quarante années de politique immigrationniste irresponsable auront fortement érodé le vieil édifice. Quelques années d' invasion migratoire à l'échelon continental auront raison de lui, et lui porteront le coup fatal qui le feront s'effondrer. Son évolution démographique, sa composition ethnique, s'en trouvent d'ores et déjà profondément bouleversés.  Il faut s'y résigner, ou plutôt avoir le courage de faire face à une nouvelle réalité : l'Europe, du fait de la politique suicidaire menée par les dirigeants de l'UE, ne sera plus jamais l'Europe européenne qu'elle fut jadis.


L'empire occidental moderne, et notamment l'Union Européenne, connaîtra-t-il le funeste sort du défunt Empire romain ? Seul l'avenir nous le dira, même si les signes les plus alarmants se trouvent à présent réunis pour nous permettre raisonnablement d'envisager le pire. Bien sûr, depuis le Vème siècle, les temps ont changé. Mais là où, à l'exception notable des Huns, les "barbares" Wisigoths, Ostrogoths, Francs, Burgondes, Vandales, Suèves et autres Bretons appartenaient tous, malgré tout, au même creuset civilisationnel indo-européen que les Romains, les populations extra-européennes qui s'installent massivement sur notre sol à la faveur du grand chambardement actuel relèvent quant à elles de socles ethno-culturels et religieux fondamentalement  différents de ceux qui prévalent dans les "pays d'accueil". Ce hiatus est à la source de complications supplémentaires, qui en font donc en fait un facteur aggravant.

Ainsi que l'avait déjà perçu Robert Dun voici déjà près de trente ans, nous n'avons rien à attendre ni à espérer de la part des criminels devenus fous qui prétendent nous gouverner. Tel un virus né à l'aube des années 2000 dans la poussière des tours jumelles de New York, le poison d'un islam rétrograde et plus conquérant que jamais, dopé par les succès de ces nouveaux barbares que sont les fondamentalistes avec leur cortège d'indicibles atrocités, étend à présent son ombre menaçante sur le monde entier. Notre vieille terre d'Europe n'est elle-même plus épargnée par cette gangrène, et ce d'autant moins que ce sont précisément ceux qui ont œuvré à sa naissance et à son développement qui y tiennent les rênes du pouvoir. Il ne sert donc évidemment à rien de s'en remettre à la bonne volonté, toujours feinte, de ces traitres patentés. Ceux-ci poursuivent en réalité des buts diamétralement opposés aux intérêts des peuples du Vieux Continent. 

Quelle peut donc être l'attitude à adopter en ces temps de crise aiguë, nous qui, en tant qu'autochtones européens, perpétuons de par notre sang l'esprit et l'héritage de nos ancêtres non seulement gréco-latins, mais aussi Germains, Celtes, Slaves et autres ? Ainsi que l'a récemment pointé Troy Southgate dans le cadre d'un article [9], trois possibilités se présentent à première vue. La première est de céder aux sirènes du fatalisme ambiant, en se résignant à l'invasion migratoire par défaitisme ou au nom de la mondialisation, et donc en acceptant l'idée d'une mort lente de nos ethnies, dans un grand magma de métissage généralisé. La seconde consiste à s'opposer physiquement à l'invasion, en se préparant concrètement à des années de retranchement et de guerre civile interethnique. La troisième consiste à faire confiance aux partis politiques qui entendent s'opposer à l'immigration et aux gouvernances suicidaires qui prévalent dans nos pays. A l'instar de Troy Southgate, je considère pour ma part qu'aucune de ces trois voies n'est de nature à nous mener vers une solution pacifique. Car dans le premier cas, c'est du suicide pur et simple. Dans le second cas, le risque est gros de perdre la vie dans un conflit inepte, au sein duquel les hommes libres n'ont de toute façon pas leur place. Et dans le troisième cas, les chances de réussite s'annoncent bien minces pour les fils et filles d'Europe, tant le système politique apparait aujourd'hui verrouillé de toutes parts...

L'effondrement des valeurs occidentales est en cours, et avec lui celui des institutions politiques et financières qui en sont l'émanation concrète. Dans cette phase de déclin accéléré, notre continent connaît de profonds bouleversements. Que nous le voulions ou non, nous devons accepter de voir la réalité en face, et cette réalité est que l'Europe, en tant que zone territoriale, n'est déjà plus peuplée uniquement d'Européens. Nous finissons par nous sentir étrangers dans des zones de plus en plus nombreuses de nos propres pays, de nos propres villes, et la tendance générale, qui est à la crispation de plus en plus vive des communautarismes, promet d'aller crescendo. Peut-être devrions-nous reprendre à notre compte, dans notre plus vital intérêt, ce communautarisme ambiant. Lui seul nous permettra sans doute de faire front à l'adversité, en remettant à l'honneur ciment identitaire commun, tout en assurant la pérennité de nos peuples en tant qu'entités organiques. Nous pouvons le faire en devenant, pour reprendre l'expression de Robert Dun, des missionnaires, c'est-à-dire en nous faisant les dépositaires d'un héritage culturel, biologique, spirituel et moral dont il nous incombe de transmettre et de perpétuer la flamme, quoi qu'il advienne. Car l'Europe n'a de sens et n'existe que là où se trouvent des Européens, pleinement conscients d'eux-mêmes et de leurs racines, de leurs identités.

La civilisation occidentale mourante, fondée sur les valeurs matérielles du cosmopolitisme, du consumérisme et du profit, ne vaut pas la peine que nous nous battions pour elle, ni que nous en sauvegardions les bases. Le conflit de civilisations en cours ne doit pas nous entraîner dans sa déferlante d'hystérie collective, pas plus que l'empire occidental ne doit nous entraîner dans sa chute, et il est dans notre intérêt d'éviter le combat autant que possible.  Comme l'a préconisé Robert Dun sous forme d'un cri d'alerte [10] nous mettant en garde contre le chaos qui s'annonce, il importe en effet de ne nous battre qu'en cas d'absolue nécessité, uniquement pour nous défendre si nous sommes personnellement agressés.

A l'heure où, tels Néron, les psychopathes et les criminels qui gouvernent l'Occident se contentent de regarder Rome brûler tout en jouant de la lyre, l'essentiel est bien sûr avant toute chose de survivre, mais aussi de demeurer nous-mêmes et de faire honneur à l'esprit de résistance opiniâtre qui fut celui de nos lointains aïeux. Car ce n'est qu'en sachant d'où l'on vient que l'on peut véritablement choisir où l'on va. 

L'heure tourne. Certains commencent déjà à essayer de se regrouper au sein de petites collectivités soudées, formées en fonction des liens affinitaires entre celles et ceux qui les composent, et fédérées, par alliances, à d'autres collectivités analogues, avec pour objectif de former ainsi une puissante chaîne de solidarités inter-communautaires. L'entraide ferait alors la force, jetant les bases d'une nouvelle conception de  l'européanité, et l'Europe existerait ainsi partout où se trouveraient des Européens.  De la sorte,  nous serions en mesure de faire front et de survivre à la longue nuit qui s'annonce, sans jamais cesser d'espérer et d'attendre le retour inévitable du soleil triomphant, qui se produira tôt ou tard. Cette option survivaliste serait-elle donc au final la plus pertinente ?

Qui peut dire ce qu'il adviendra au terme de la crise internationale actuelle ? Qui sait si l'Occident connaîtra un répit in extremis, ou si sa chute est véritablement imminente ? La seule certitude est qu'il finira par sombrer, et que nous sommes aujourd'hui, bon gré mal gré, témoins de sa lente agonie. Nous ne savons pas, à vrai dire, si nous connaîtrons ou non l'aboutissement de ce processus de dépérissement. Et quand bien même, si nous y survivons, qui sait si nous vivrons suffisamment longtemps pour connaître le retour de la lumière ? Qu'importe, l'essentiel étant de garder une foi inébranlable, et d'œuvrer sans relâche, à tous niveaux pour anticiper et favoriser ce retour.  

Le sort de l'empire occidental ne sera probablement guère différent, à court ou moyen terme, de celui de l'Empire romain d'Occident. D'autant plus que nous ne devons pas écarter la menace d'une nouvelle crise financière imminente, laquelle pourrait bien précipiter sa chute. Qui vivra verra, comme dit l'adage.  Mais tant que nous ne confondrons pas l'Europe multimillénaire avec l'Union qui se prétend européenne, tant que nous ne lierons pas le destin de la première au sort de la seconde, nous resterons les héritiers et les gardiens d'une force plurimillénaire qui, demain comme hier, finira inévitablement par triompher des ténèbres et de l'adversité. 

Haut les cœurs. Nous vivons la fin d'un âge sombre, mais le jour nait du plus profond de la nuit. Apollon, Bélénos et Balder reviendront, et cette fois, ce sera pour toujours.

 

Hans CANY






NOTES :

[1] : "Des Dieux et des Empereurs - Mélanges romains" par André Lama, Tomes I et II, 1998 et 2003, édité par la Société des écrivains. Réédité en 2010 par les éditions Dualpha, en un seul volume intitulé "Causes ethniques de la chute de l'empire romain".

[2] : Peuple superstitieux et soucieux de ne pas s'attirer les foudres éventuelles des divinités honorées par d'autres populations, les Romains se sont toujours montrés tolérants et pragmatiques en matière de croyances, allant jusqu'à pratiquer le syncrétisme en intégrant des divinités étrangères à leur propre panthéon. Dans un contexte de plus en plus généralisé de confusion ethnique, de perte des repères et de grand déracinement spirituel, les cultes allogènes d'importation exotique, tels que ceux de Mithra, d'Isis et autre Cybèle trouvèrent un terreau fertile dans lequel prospérer, et participèrent eux aussi à la dissolution de la romanité telle qu'elle avait été conçue jusqu'alors.

 [3] : Le moins que je puisse faire ici est de mentionner le travail de sape effectué  par la subversion chrétienne avec la volonté délibérée de mettre à bas l'empire, en le minant de l'intérieur. Le christianisme, implanté à Rome à partir du IIème siècle, est une secte d'importation proche-orientale, issue d'une hérésie du judaïsme. Elle ne cache pas sa franche hostilité à l'empire païen et à ses institutions. Persécutée pendant un temps, non pas du fait de ses conceptions religieuses, mais en tant que groupe séditieux représentant un danger pour l'ordre public, la secte chrétienne contribuera néanmoins à diffuser chez les classes les plus modestes de la population un messianisme "révélé" aux forts accents universalistes. Elle exercera progressivement une influence intellectuelle et politique telle qu'elle finira par gagner les cercles de pouvoir, et même par  s'imposer à partir de 380, date de l'adoption officielle du christianisme en tant que religion d'Etat. Dès lors, le monde ne se concevait plus comme une opposition entre "civilisés" et "barbares", mais entre chrétiens et "païens", ouvrant la porte à un universalisme qui allait in fine mener Rome à sa perte. Après avoir lui-même pratiqué le colonialisme culturel à outrance, l'empire se voyait à son tour colonisé moralement et spirituellement par une secte professant une doctrine monothéiste étrangère à sa tradition religieuse. Le bouleversement fut si profond qu'aujourd'hui encore, la quasi-totalité des nations d'Europe reste marquée par cette acculturation initiale.

[4] : L'expansion de l'Empire romain s'est fondée sur l'intégration de plus en plus poussée des étrangers.  Ceux-ci, d'origines diverses, sont souvent pétris de romanité, les uns par choix, les autres par nécessité ou calcul. Ils accéderont rapidement à tous les postes administratifs, y compris dans l'armée, de plus en plus coûteuse et composite. De plus en plus d'éléments allogènes intègreront les légions romaines, et en occuperont les plus hauts grades. A la fin du IIème siècle, déjà, pas moins de la moitié des sénateurs et des chevaliers est issue de notables "barbares" romanisés. De la fin du IIIème siècle jusqu'à la chute de Rome, en 476, les recrues d'origine étrangère finiront par représenter la moitié des effectifs de l'armée romaine. Une armée qui pèse de plus en plus lourd sur les finances de l'empire, qui doivent supporter le paiement de soldes conséquentes afin d'assurer la loyauté d'unités entières, toujours promptes à se mutiner, voire à faire sécession. 

[5] : En l'an 212 de l'ère chrétienne, l'empereur Caracalla, par un édit, accorde systématiquement la citoyenneté romaine à tout habitant libre de l'Empire romain. Une décision lourde de conséquences qui, sous couvert d'intégration et même d'assimilation, fonctionnera comme une véritable pompe aspirante, contribuera fortement à la désagrégation de l'identité romaine originelle, et finira par annihiler l'autorité et la puissance de Rome en intégrant de plus en plus d'éléments étrangers, jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir politique et militaire. Dans la quasi-totalité des pays de l'Union Européenne, c'est le "droit du sol" qui prévaut. Un dogme juridique qui octroie automatiquement la nationalité d'un pays à quiconque nait sur son sol, ce qui revient à dire qu'un cheval est une vache s'il est né dans une étable, pour reprendre un bon mot. Au nom de ce sacro-saint principe droits-de-l'hommiste, les "nationalités" de papier se multiplient, sans même parler des phénomènes d'octroi de doubles nationalités, de "régularisations" en catimini de contingents de clandestins qualifiés par la novlangue de bois de "sans-papiers", ni de la submersion inédite que subissent à l'heure actuelle les frontières du Vieux Continent, sous la pression colossale d'un flot ininterrompu de prétendus "migrants", venus qui de Syrie ou d'Irak, qui du Pakistan, ou de divers pays d'Afrique subsaharienne.

[6] : L'an 370 marque pour l'Empire romain le début d'une vaste crise migratoire, qui ne fera que s'amplifier et le fragiliser jusqu'à sa chute . Les Goths, poussés par les Huns qui envahissent leurs territoires, se ruent en masse sur les frontières de l'empire, afin de s'y réfugier. Littéralement submergées par cet afflux subit, les autorités romaines, prises au dépourvu, peinent à l'endiguer. Devant le fait accompli, l'empereur Valens se résigne bon gré mal à "accueillir" cette vague de "réfugiés", songeant néanmoins à utiliser ces Goths contre les Perses. Leurs armes leur sont donc laissées à cet effet. En 376, ils sont des dizaines de milliers, peut-être une centaine de milliers, nombre considérable pour l'époque, qui se pressent aux portes de l'empire. Une fois de plus, ce dernier cède. Mais ces "réfugiés" Goths pourtant romanisés en apparence, devenus nombreux, ne tardent pas à se soulever contre l'autorité impériale. En 378, ils infligent une cuisante défaite militaire aux légions romaines à Andrinople, en Turquie actuelle.  C'est ainsi que dès 382, les Goths, s'imposant de plus en plus, obtenaient de l'empire un traité reconnaissant et garantissant leur autonomie. Le ver était dans le fruit, et cette capitulation romaine face à ce qu'il faut bien nommer une invasion migratoire allait par la suite fonctionner comme une véritable pompe aspirante, incitant toujours et encore plus de groupes de populations barbares à se ruer sur le juteux gâteau romain. Le limes ne suffit plus à contenir l'élément étranger à l'extérieur des frontières, et le caractère cosmopolite de l'institution impériale ne peut que s'en accroître. Le processus de dissolution étant enclenché, l'empire ne sera dès lors plus jamais le même, et ne s'en relèvera finalement pas.

[7] : A mesure que la crise majeure qu'il traverse s'éternise et s'amplifie, l'Empire romain, surtout à partir de la fin du IVème siècle, se voit contraint de renoncer à son autorité sur un nombre sans cesse croissant d'enclaves , contrôlées sur son territoire par des groupes barbares divers et variés. Au Vème siècle, la situation économique et militaire devient si critique que ce sont des provinces et des colonies entières dont il doit se retirer, faute de moyens militaires suffisants pour en assurer le contrôle. C'est ainsi que nombre de territoires de l'Empire romain, tantôt conquis par les armes, tantôt abandonnés par nécessité, tombent aux mains des envahisseurs, et  l'affaiblissent toujours davantage.


[8] : Les Skires étaient un peuple germanique originaire des rivages de la mer Baltique.

[9] : "La race est la nation, et la nation est la race" par Troy Southgate, novembre 2015. Texte en ligne : http://national-anarchisme.hautetfort.com/archive/2015/12...

[10] : "Camarade, ne te trompe pas d'ennemi" par Robert Dun, In "L'HOMME LIBRE, fils de la Terre" , Juin 1995. Texte en ligne : http://etoilenoire.hautetfort.com/archive/2015/11/24/cama...






 

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Ce qu'est le Solidarisme

Le Solidarisme est une option politico-idéologique se démarquant à la fois du capitalisme et du marxisme, et incarnant ainsi une troisième voie alternative.


Ne se positionnant ni à gauche ni à droite du Système établi, il lui fait face et n'entend pas simplement en réformer ou en aménager les institutions. Son objectif est au contraire de modifier en profondeur et à tous niveaux ce vieux régime en pleine déliquescence et de le remplacer, de manière à rebâtir sur ses décombres les fondations d'une société plus juste, conforme aux intérêts réels du Peuple et de la Nation.



Comme son nom le suggère, le Solidarisme repose avant tout sur la notion de solidarité, de principe comme en actes :

-Solidarité avec les membres de notre propre communauté, lorsque ceux-ci le méritent.

-Solidarité avec d'autres peuples et nations qui mènent une lutte analogue à la nôtre, pour leur propre libération.


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Les principes fondamentaux du solidarisme peuvent être résumés en trois points essentiels :


. L'affirmation d'une CONSCIENCE NATIONALE ET IDENTITAIRE marquée, la défense de l'indépendance et de la souveraineté de nos pays et de nos identités ethno-culturelles. Nous voulons rester nous-mêmes et redevenir maîtres chez nous, au nom du droit élémentaire de chaque peuple à disposer de lui-même, sur sa propre terre. Notre rejet de l'invasion induite par une immigration massive et incontrôlée ne procède pas d'une peur irrationnelle de "l'autre", ni d' une haine xénophobe irréfléchie. Il relève tout simplement du refus de la submersion démographique, de la volonté de conserver nos spécificités et nos valeurs  propres, ainsi que  de l'instinct de survie et de conservation le plus naturel. Au-delà du cadre strictement national, nous sommes aussi pleinement conscients de notre appartenance à un creuset civilisationnel plus vaste, englobant de nombreux autres peuples et nations auxquels nous sommes apparentés : le continent européen (qu'il convient par ailleurs de ne pas confondre avec cette institution d'essence dictatoriale qu'est l'U.E.).


. L'expression d'une CONSCIENCE SOCIALE développée, la défense des intérêts du peuple et des travailleurs face aux abus du capitalisme libéral et des puissances financières cosmopolites. Le prétendu "socialisme" a aujourd'hui trahi le peuple en abandonnant le terrain réel des luttes sociales, et en recentrant son discours sur des "combats" sociétaux d'arrière-garde : immigrationnisme forcené, préférence étrangère, mise en avant des minorités sexuelles, négation de la famille, pseudo-féminisme de bazar etc. Il est temps de retrouver le sens d'un socialisme réel, non pas d'essence gauchiste, mais dans le cadre d'une véritable recherche de justice sociale, et sur la base d'une simple formule de bon sens : les nôtres avant les autres.



. Une ligne A LA FOIS CONSERVATRICE ET NOVATRICE, conciliant tradition et modernité. Si nous aspirons à de nécessaires transformations politiques et sociales, nous n'entendons pas négliger pour autant la préservation de l'héritage de nos aïeux, pas plus que l'intégrité de celui que nous lèguerons aux générations futures. En ce sens, nous accordons une importance toute particulière non seulement à la sauvegarde du patrimoine historique, architectural, culturel, artistique et traditionnel, fondement de notre identité, mais aussi à celle du patrimoine naturel et environnemental, ni l'un ni l'autre ne devant se voir sacrifié sur l'autel du profit.



Les couleurs emblématiques du solidarisme sont le rouge associé au noir, le rouge symbolisant l'idée sociale, le noir représentant l'idée nationale.

Le Trident solidariste, symbole de la tripartition fonctionnelle indo-européenne, peut quant à lui être interprété de différentes manières, toutes équivalentes au demeurant. Il représente en effet l'alliance des trois forces vives de la Nation : producteurs, combattants, et intellectuels. Ou bien encore : ouvriers, paysans et intellectuels. (etc)


En résumé, le solidarisme représente donc pour l’ensemble des peuples du Vieux Continent un espoir nouveau. Il s’agit d’une alternative réelle, viable et inédite, la seule qui soit aujourd’hui à même de leur assurer une véritable émancipation tant sociale que nationale, et de redonner toute la place qui lui revient à notre chère patrie commune : la grande Europe.



Hans Cany
 

 

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12/03/2019

Le Vatican : un puissant dissolvant [Par Alfred Rosenberg]

 

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La puissance de l'église romaine repose sur la reconnaissance du pape, par les catholiques, comme représentant de Dieu. Toutes les actions, tous les dogmes du Vatican et de ses serviteurs servirent, et servent encore, à propager ce mythe et à l'entretenir. Le mythe de la « représentation de Dieu » ne pouvait admettre une race ou une nation comme valeur suprême, mais seulement la grandeur de l'amour et de l'humilité de ses partisans vis-à-vis du pape, « représentant de Dieu ».

En échange de cette soumission, on promettait le bonheur éternel. La négation de la personnalité, forme suprême d'éducation raciale, se trouve donc dans l'essence du mythe romain (syro-judéo-alpin), ce qui implique purement et simplement pour eux l'infériorité de la notion de peuple. Race, peuple, personnalité sont des instruments entre les mains du représentant du dieu chrétien servant à asseoir sa puissance universelle. C'est pourquoi Rome n'élabore, nécessairement, aucune politique organique de l'espace, mais seulement un centre et une diaspora, une communauté des croyants. Ainsi, un pape conscient de son devoir vis-à-vis du mythe ne cherche qu'à renforcer réciproquement la diaspora par le centre, et élever le prestige du centre par des succès dans la diaspora.

Comme État universel des croyants, Rome n'a pas de territoire, c'est-à-dire qu'il ne réclame celui-ci qu'en tant que symbole du « droit » à la souveraineté terrestre. Il est donc ici aussi libéré de toutes les manifestations de la volonté concernant l'espace, le sang et le sol. Comme le vrai juif ne distingue que les « purs » et les « impurs », le musulman, les « croyants » et les « incroyants », Rome ne connaît que les catholiques (identiques, selon elle, aux chrétiens) et les non-catholiques (païens). En conformité avec son idéal, le Vatican ne peut donc juger les luttes religieuses, nationales ou sociales, les conflits dynastiques ou économiques, que d'un seul point de vue : est-ce que la destruction d'une religion non catholique, d'une nation, d'une classe, etc. promet un accroissement de puissance pour la totalité des catholiques, sans considérer qu'il s'agisse de Blancs, de Noirs ou de Jaunes ? Si tel est le cas, il faut faire pénétrer chez les croyants la volonté de combattre.

Les agents de Rome ont défendu le système de la monarchie absolue quand cela était considéré comme utile ou lorsque la pression du monde exigeait une concession. Puis, ils ont soutenu, sans aucune gêne, après un changement de l'opinion mondiale au XVIIIe siècle, l'idée de souveraineté du peuple. Ils étaient alternativement pour le trône et l'autel, mais aussi pour la république et la bourse, en fonction de l'attitude qui rapprochait du pouvoir. Ils étaient chauvins à l'extrême, et ailleurs, ils prêchaient que le pacifisme était le vrai message chrétien lorsque le peuple ou la classe concernés devaient être brisés, écrasés. Pour cela, il n'était nullement nécessaire que les instruments du Vatican, nonces, cardinaux, évêques, etc., fussent des menteurs et des escrocs conscients ; ils pouvaient même, au contraire, être des individus irréprochables. Mais le Vatican veillait, après l'examen sérieux d'un postulant à une place, que, par exemple, vienne à Paris un nonce qui pouvait déclarer, en totale union avec l'Institut catholique, « que combattre la France était combattre Dieu ». Il veillait à l'avancement du Belge fanatique, Mercier qui excitait ses compatriotes catholiques à la résistance contre les « barbares » prussiens protestants. Il contrôlait aussi que les hauts postes en Allemagne fussent occupés par des pacifistes. Ainsi, il advint, par exemple, qu'un jésuite prêcha, au nom du Christ, la haine et encore la haine, tandis qu'un membre du même ordre, dans un autre pays, la rejette comme non-chrétienne et exige humilité et soumission.

Peu importe, la somme de perfidie qu'on a pu constater : l'orientation de tout ce qui se fait à Rome suit un axe logique, exempt de scrupules sentimentaux. Car il n'y a pas plus de « christianisme », qu'il n'y a d'« économie » ou de « politique » comme référence en soi. Tout n'est que moyen pour rallier au mythe de la « représentation de Dieu sur terre », de nouvelles âmes en fonction de leur attitude propre. La nature des mots d'ordre du moment est exclusivement une question de stratégie ; le mythe central détermine le reste. Sa victoire totale signifierait qu'une caste de prêtres régnerait sur une masse de milliards d'hommes sans race, sans volonté, sur une communauté organisée selon des principes communistes, et on considérerait son existence comme un don divin accordé par l'entremise du tout-puissant sorcier. C'est à peu près, ce que les jésuites ont tenté de réaliser autrefois au Paraguay. Des millions d'êtres servent encore aujourd'hui, sans le savoir et sans comprendre, ce système sans race et sans personnalité, parce que tous sont répartis dans le cadre d'une nation, d'un espace ou d'une classe. Et si par hasard la chance leur sourit, ils l'attribuent à la grande bienveillance du Vatican : c'est à cela que doivent s'employer les nonces de l'endroit en suggérant cette fictive intervention de l'église romaine. 


Alfred Rosenberg
(Extrait du Mythe du XXème Siècle, livre troisième, chap. Mythe et Type)

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08/03/2019

Qu'est-ce que le national-anarchisme ?

La lecture attentive du texte de présentation suivant vous permettra de découvrir et de comprendre ce qu'est le national-anarchisme.

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Le national-anarchisme est une idée méta-anarchiste
et méta-nationaliste qui transcende l'anarchisme comme le nationalisme conventionnels.


Pourquoi méta ?
Méta est un préfixe qui provient du grec μετά (meta), et signifiant après, au-delà de. Il exprime donc, tout à la fois, la réflexion, le changement, la succession, le fait d'aller au-delà.


Le national-anarchisme transcende l'anarchisme conventionnel, puisque contrairement aux diverses écoles gauchistes se réclamant de l'anarchisme, il ne rejette pas les idées de nations et de frontières, et ne se veut ni apatride, ni "citoyen du monde". Une nation, selon les nationaux-anarchistes, est un groupe humain dont les membres s'associent de façon libre et volontaire selon différents critères qu'ils estiment  pertinents, lesquels peuvent être d'ordre biologique, culturel ou autres. L'idée de nation est donc ici clairement distincte et séparée de celle d'Etat, celui-ci ne constituant qu'une abstraction politique, juridique et  administrative sans lien concret avec la nation ou patrie organique. Cette conception de la nation en tant que collectivité naturelle d'êtres humains librement associés n'a toutefois rien d'une invention récente. Elle a en effet été développée de longue date au sein même des milieux anarchistes, sur la base des groupes affinitaires (ou groupes d'affinités), comme du droit inaliénable pour chaque peuple de s'autodéterminer et de préserver son identité.


Le national-anarchisme transcende le nationalisme conventionnel, puisqu'il s'oppose au centralisme étatique uniformisant , et qu'il tend vers un fédéralisme intégral, interne comme externe. D'une part, un fédéralisme interne qui, en favorisant le localisme et par le biais du principe de subsidiarité, assure une autonomie substantielle à chaque composante spécifique (région, province etc) de la nation. D'autre part, un fédéralisme externe permettant à la nation de s'insérer dans un ensemble fédéral voire confédéral plus vaste, en s'associant librement à d'autres nations sur des bases affinitaires (d'ordre ethnique, civilisationnel, culturel ou autre). Le national-anarchisme rejette le centralisme du nationalisme conventionnel qui prône l'unité forcée à l'échelon national , souvent sur la base de mythes fondateurs fallacieux, tout comme il rejette  le mondialisme qui n'est que l'aboutissement, à l'échelon mondial, de cette même logique de l'unité forcée.

La logique coercitive de l'unité forcée et du centralisme étatique mène inévitablement à l'assimilation, à l'uniformisation ou au « nettoyage ethnique », lesquels ne sont jamais que trois formes d'ethnocide. Elle constitue donc la négation de la diversité bio-culturelle humaine. Les nationaux-anarchistes soutiennent par conséquent l'ethnopluralisme (ou ethno-différentialisme), bien qu'ils ne considèrent pas tous le facteur biologique comme primordial et déterminant.

Les nationaux-anarchistes ne s'accordent pas nécessairement entre eux sur ce que doit être la méthode d'organisation idéale d'un groupe humain. En la matière, chaque communauté, chaque nation reste entièrement libre d'adopter le système politique qui lui semble le plus approprié. Certains nationaux-anarchistes se réclament des principes de la démocratie directe (d'inspiration athénienne, helvétique ou autre) ou de l'autogestion en matière d'organisation de la production et de l'économie, tandis que d'autres auront d'autres références, préfèreront suivre d'autres voies, voire expérimenter de nouvelles formules totalement inédites. C'est pourquoi le national-anarchisme, en sus d'être un «méta-anarchisme», se veut aussi un courant pragmatique et protéiforme, dont les applications concrètes peuvent se décliner de façons très diverses.



En complément des deux idées-forces mentionnées au début du présent texte, il est néanmoins possible d'identifier deux autres orientations essentielles qui font plus ou moins consensus au sein de la mouvance.

La première de ces orientations est commune à l'ensemble des anarchistes dignes de ce nom, puisqu'elle réside dans le refus du principe hiérarchique, et tout particulièrement dans le rejet des hiérarchies imposées par une autorité elle-même imposée, sur la base de critères plus ou moins subjectifs et arbitraires. L'anarchiste authentique ne pourra éventuellement reconnaître comme légitime que l'autorité choisie, fondée sur des compétences ou des connaissances  faisant objectivement autorité dans un domaine spécifique, et n'acceptera de se conformer à une quelconque discipline que dans la mesure du libre consentement. Pour paraphraser Robert Dun, qui avait su exprimer ce principe élémentaire en une formule concise, l'anarchiste [est un] homme d'ordre social consenti, respectueux des autres, mais qui refuse toute loi ne correspondant pas à sa loi intérieure et à sa raison.


La seconde de ces orientations réside dans le refus du dogme libéral-libertaire de la liberté absolue. Les termes d'anarchiste et de libertaire sont souvent perçus à tort comme synonymes, alors qu'il conviendrait pourtant de les distinguer. Les libéraux, dans les domaine économique comme sociétal, ont en commun avec les libertaires d'ériger la liberté en véritable dogme. Dogme de la liberté absolue d' "entreprendre" (donc de réaliser des profits de façon illimitée) pour les uns, dogme de la liberté absolue d'agir en tous lieux comme bon leur semble pour les autres, dogme d'une liberté absolue de circulation des biens comme des personnes pour tous. En conséquence de quoi libertaires et libéraux se rejoignent objectivement dans leurs velléités d'abolir les frontières et d'annihiler les identités et souverainetés nationales, perçues comme autant d'obstacles à l'exercice de ces prétendues "libertés". A contre-courant de ce dogme libéral-libertaire, le national-anarchiste est partisan, sans la moindre réserve ni aucun complexe, de restreindre la liberté de l'autre de lui causer du tort. La liberté n'est pas centrale à l'anarchisme, et l'anarchisme est antithétique avec la liberté absolue : la loi du plus fort n'est jamais qu'une hiérarchie de la force.

L'idéologie gauchiste dite "libertaire" n'est que l'aboutissement d'une confusion opérée entre le socialisme et la gauche, via le libéralisme. Lesdits "libertaires",  qui se prétendent anarchistes -alors qu'ils ne sont bien souvent que des marxistes qui s'ignorent- , ceux qui relèvent de ce que l'on appelle communément "l'extrême-gauche", ont dévié de l'anarchisme originel tel que prôné par Proudhon ou Bakounine, en incorporant dans leur pensée des poncifs libéraux. Par exemple, en prônant la polygamie, l'hypersexualisation et l'aberrante "théorie du genre", lesquels ne sont autres que des dogmes idéologiques inhérents au libéralisme sociétal.


La liberté, ce n'est pas le droit de faire tout et n'importe quoi de manière illimitée et inconditionnelle. La liberté réelle, authentique, réside dans la possibilité de refuser et d'exclure de qui nous apparaît nuisible, contraire à nos intérêts et/ou à notre philosophie de vie. Certains crieront dès lors à la discrimination. Les nationaux-anarchistes leur rétorqueront en toute sérénité que le droit à ladite discrimination devrait précisément figurer au premier plan des droits humains les plus fondamentaux, puisque discriminer, c'est choisir. En conséquence de quoi nous revendiquons ce droit élémentaire, au nom du principe non moins élémentaire de la liberté de choix.



CONCLUSION


Notre conviction est que toutes les nations, tous les peuples et les cultures, tous les groupes ethniques ont le droit absolu de se préserver tels qu'ils sont et de s'autodéterminer.

Par conséquent, les nationaux-anarchistes ont pour but la création de communautés nationales décentralisées, au fonctionnement reposant sur l'association libre et volontaire d'individus se regroupant sur la base de leurs affinités organiques (ethno-culturelles, linguistiques), philosophiques et/ou spirituelles. Ils affirment avec force le principe de souveraineté nationale et populaire, en vertu duquel des individus librement associés en nations peuvent occuper leur propre territoire précisément délimité, et y vivre conformément à leurs propres choix, coutumes et principes. Ces espaces peuvent ainsi être régis de façon très différente les uns des autres, offrant à chacun un vaste éventail de possibilités en fonction de ses choix et aspirations, ainsi qu'une alternative véritable à la dictature de la majorité improprement nommée «démocratie» au sein des Etats-Nations contemporains. De surcroit, ces nations ou communautés autonomes peuvent éventuellement choisir de s'associer entre elles sur des bases affinitaires et se fédérer, pouvant même aller jusqu'à s'associer plus largement sous la forme de confédérations (fédérations de fédérations), respectant et préservant l'autonomie de chaque composante. Il s'agit là d'une alternative véritable à tous les dogmes centralistes de «droite» comme de «gauche». Une alternative qui respecte à la fois la liberté de l'individu, la liberté des collectivités volontaires d'individus, et la grande diversité du genre humain, richesse inestimable qu'il convient de préserver de toute uniformisation d'essence totalitaire.



Hans Cany


 

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Ligue Nationale-Anarchiste :

national-anarchisme.hautetfort.com



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28/02/2019

Mon CV militant [Hans Cany]


23mars2014.jpg
Mon parcours politique,
en quelques dates.



1984-1988

. Période prosoviétique. Adhésion à la Jeunesse Communiste (section jeunes du PCF) de 1986 à 1988.
. Soutien à la Jamahiriya libyenne et au colonel Kadhafi à partir de 1986.
. Rapprochement avec la tendance marxiste-léniniste pro-albanaise à partir de 1987-1988.



1989
. Découverte de la mouvance communiste libertaire et de l'anarcho-syndicalisme.
. Premières expériences militantes dans les milieux anarchistes.
. Fin 1989 : début de l' "excommunication" par les gauchistes, sous prétexte de dérives "fascisantes", voire "nazifiantes" [sic]... Mise à l'index immédiate par le microcosme "antifasciste" naissant, sur fond de calomnies et de délation publique, notamment par voie de presse (fanzines et feuilles d' "info" politiques ou politisés).



1990
. Affiliation à l'Alliance Ouvrière Anarchiste (AOA), scission "hérétique" de la FA et de la CNT, fondée en 1956.


1992-1993

. Découverte du Raven's Banner Collective, collectif anarchiste californien au discours fondé sur le droit à l'autodétermination.
. Rapprochement avec la mouvance anarcho-écologiste identitaire incarnée au Royaume-Uni par Richard Hunt (Alternative Green).



1994-1996
. Adhésion et militantisme au sein du mouvement Nouvelle Résistance (NR), scission du mouvement tercériste, solidariste et nationaliste révolutionnaire Troisième Voie.
. Animation d'une tendance socialiste libertaire au sein de NR.
. Implication dans le cadre des pôles écologiste (Résistance Verte), syndicaliste (Résistance Ouvrière) et régionaliste/autonomiste/fédéraliste liés à NR.



1997-1998
. Affiliation à l'Union des Cercles Résistance



1999-2001
. Adhésion à Unité Radicale (UR)



2000
. Contribution, indépendamment mais parallèlement aux actions similaires de Troy Southgate (Grande Bretagne) et de Peter Töpfer (Allemagne), au lancement et au développement d'un courant de pensée national-anarchiste.



2002
. Militantisme pour le MNR de Bruno Mégret puis pour le Front National de Jean-Marie le Pen, dans le cadre de la campagne électorale présidentielle.



2004
. Premières vraies initiatives de création d'un courant national-anarchiste francophone, via internet.


2005-2007
. Rapprochement avec les milieux nationalistes bretons (Adsav) et flamands (Vlaams Belang).



2009-2010
. Tentative avortée de réactivation de l'AOA.



Fin 2010-2011
. Adhésion au Front National (FN).



2011-2014
. Engagement soutenu pour la défense de la Jamahiriya libyenne et des principes de la Troisième Théorie Universelle.



2013- présent
. Fondation et animation de l'Alliance Nationale-Anarchiste (ANA), devenue Ligue Nationale-Anarchiste (LNA) à partir de janvier 2015.



2018- 2019
. Adhésion au mouvement solidariste belge NATION.


Septembre 2019
. Ralliement au groupe scissionniste des dissidents de NATION.
. Participation en tant qu'électron libre à la création d'une nouvelle structure issue de la dissidence du mouvement.


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08/02/2019

La Bête du Gévaudan et autres histoires vraies, par Jean-Claude Bourret [CHRONIQUE LITTERAIRE]

 

 

Dans ce remarquable ouvrage de près de 290 pages, le célèbre journaliste Jean-Claude Bourret, notamment connu du grand public pour avoir été -entre autres- présentateur vedette du journal télévisé de TF1 entre le milieu des années 70 et la fin des années 80, s'attaque, sous la forme de dossiers tous plus alléchants les uns que les autres, à cinq grandes énigmes qui n'ont eu de cesse de défrayer la chronique depuis maintenant des lustres.

Le second de ces dossiers dans l'ordre où ils sont traités dans le livre, mais qui en est le sujet central puisque ce ne sont pas moins de 140 pages qui y sont consacrées, c'est bien évidemment celui de la légendaire Bête du Gévaudan. Une mystérieuse créature qui trois années durant, de 1764 à 1767, sema la mort et l'épouvante dans cette province reculée du Royaume de France, dont le territoire correspond grosso modo à celui de l'actuel département de la Lozère. S'étant de longue date pris de passion pour cette affaire hors du commun, c'est en fait l'aboutissement d'une bonne trentaine d'années de recherches approfondies que l'auteur, qui avait déjà écrit sur le sujet précédemment, nous livre ici.

Loin des hypothèses alambiquées et autres théories fumeuses, toutes plus sensationnalistes et invraisemblables les unes que les autres, échafaudées au fil des années par un grand nombre de prétendants à la résolution de l'énigme séculaire, M. Bourret nous présente ici un travail remarquable et fort bien documenté. Exposant le déroulement des faits d'une manière très vivante qui ne peut que tenir ses lecteurs en haleine, il les mène progressivement jusqu'à une conclusion qui, si elle ne reflète bien entendu que sa conviction profonde, s'avère objectivement fort convaincante, étayée qu'elle est par nombre d'indices probants et d'arguments solides. Cette étrange affaire m'ayant personnellement intrigué dès le plus jeune âge, je n'hésiterai pas à dire que la présente étude constitue de loin la plus exhaustive, la plus sérieuse et la plus crédible qu'il m'ait jamais été donné de lire sur la question. Toutefois, soucieux de préserver le plaisir de la découverte chez les personnes intéressées,  je n'en dévoilerai pas davantage dans le cadre de cette chronique... Faites donc l'acquisition du livre, car ne serait-ce que pour cette partie centrale, il vaut largement son prix de vente.

Du reste, si les autres dossiers abordés le sont de façon plus concise, leur traitement respectif s'étalant sur un nombre de pages plus modeste, ils n'en sont pas moins captivants. Nous allons ainsi revisiter successivement quatre autres affaires tout aussi obscures que sulfureuses.

Tout d'abord celle que l'on désigne sous le nom des possédées de Loudun, curieuse histoire de nonnes subitement victimes d'envoûtement démoniaque dans la première moitié du XVIIème siècle, et dont on rendit alors responsable Urbain Grandier, prêtre local aux moeurs quelque peu dissolues. L'affaire prit rapidement des proportions telles que l'intéressé ne tarda point à la payer de sa vie. Mais que reprochait-on véritablement à ce curé atypique ? D'être un suppôt du Diable se livrant à des pratiques impies, ou bien plutôt de faire obstacle aux projets de personnages haut placés ?...

On se penchera ensuite sur le cas, tout aussi pathologique que pathétique, du "Vampire de Montparnasse", acteur tourmenté d'une sordide affaire de nécrophilie, vers le milieu du XIXème siècle. Des actes obéissant en fait à d'irrépressibles impulsions, induites par ses obsessions morbides et une perversion maladive, relevant de la psychiatrie.

On reviendra sur l'histoire littéralement hallucinante -et pour le moins déroutante- de ces deux Anglaises qui, au cours de l'été 1901, affirmèrent avoir vécu une véritable expérience d'incursion temporelle dans les jardins du château de Versailles, dans les parages du petit Trianon. Se sont-elles vues véritablement projetées, subitement, en pleine fin du XVIIIème siècle en ces mêmes lieux ? Ont-elles vraiment vu des êtres d'un autre temps ? Ne furent-elles finalement que deux affabulatrices, ou bien y a-t-il au contraire certains éléments permettant d'accréditer leurs dires, ou tout au moins d'attester leur bonne foi ?...

Enfin, on évoquera et on analysera avec pertinence le phénomène  inquiétant de la combustion spontanée, lequel repose sur des faits incontestablement avérés, mais qui demeure à ce jour une énigme insoluble, aucune tentative d'explication un tant soit peu rationnelle, pas même scientifique, ne tenant jusqu'à présent la route. Comme on pourra le constater à la lecture de ce dossier, les talibans du rationalisme cartésien comme les sceptiques professionnels, face à ces faits inexpliqués, en sont donc toujours pour leurs frais.

L'univers n'est-il pas empli de choses que nous ne savons pas (encore ?) expliquer, ou dont nous ne soupçonnons même pas l'existence ?    L'ampleur de l'ignorance humaine ne devrait-elle pas, pour peu que l'on en prenne conscience, relativiser nos certitudes prétendument acquises, nous inviter à la prudence, et nous inspirer davantage d'humilité ? Ce qu'il faut en tout cas -et avant tout-  retenir des cinq histoires vraies dont traite cet excellent livre, certaines se voyant démystifiées à l'aune d'une approche rationnelle, tandis que d'autres voient au contraire s'épaissir le brouillard de leur singularité,  c'est que  la réalité crue peut quelquefois s'avérer au moins aussi extraordinaire que les fantasmes nés de l'imaginaire et des superstitions, si ce n'est plus encore.

J'ajouterai pour conclure que l'ensemble de l'ouvrage  jouit d'un style d'écriture particulièrement fluide qui en rend la lecture tout aussi agréable dans sa forme que passionnante sur le fond. On aurait donc grand tort de passer à côté d'un livre qui, de par sa grande qualité générale, mérite vraiment de faire date dans le domaine qui est le sien. Les passionnés comme les simples curieux désireux d'en savoir plus sur ces étrangetés peuvent donc se jeter dessus les yeux fermés. Car ils ne le regretteront pas, cela ne fait pas le moindre doute.

Hans Cany

 

 

 

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Quatrième de couverture :

Sous le règne de Louis XV, en 1764, une créature inconnue sème

la terreur dans la province du Gévaudan, entre Cantal et Cévennes.

Des centaines de paysans, le plus souvent de jeunes bergères, sont

dévorés ou mutilés. Avant de disparaître dans la forêt qui recouvre

cette contrée, la Bestia, comme on l'appelle déjà, emporte parfois un

bras, une jambe ou même... une tête.

Les descriptions livrées par les rares survivants varient, sauf sur un

point : le fauve, énorme et terrifiant, était dressé sur ses pattes arrière.

S'agit-il d'un loup ? D'une hyène ? D'un véritable monstre... voire

de plusieurs ? À Versailles, le roi s'exaspère : la Bête du Gévaudan fait

de l'armée française la risée de l'Europe... Trois ans de traque seront

pourtant nécessaires pour faire cesser ses attaques.

L'Histoire fourmille d'énigmes dont la clé n'est pas à portée de clic.

Et les faits ne sont pas toujours ce qu'ils paraissent être.

Urbain Grandier, curé de Loudun, brûlé vif en 1634 pour sorcellerie,

était-il coupable ? L'être maléfique qui, en 1849, déterrait les cadavres

dans les cimetières parisiens était-il un vampire ? Les deux Anglaises

qui, en 1901, juraient avoir vu Marie-Antoinette dans les jardins de

Trianon étaient-elles saines d'esprit ? Aura-t-on un jour l'explication

des «combustions humaines spontanées» qui défraient la chronique

depuis... le XVIIIe siècle ?

Ce livre rassemble cinq grands dossiers de la France mystérieuse.
Sur
chacun d'eux, Jean-Claude Bourret nous livre son intime conviction.

 

 

 

Titre : La Bête du Gévaudan et autres histoires vraies
Auteur :
Jean-Claude Bourret
ISBN / EAN : 978-2-8098-1848-2 / 9782809818482
Date de parution :
13 avril 2016
Editeur :
L'Archipel
Format :
23cm X 14cm
Pages :
286

Prix : 19,00€

 

 

 

 

Une reconstitution grandeur nature supposée de la fameuse bête du Gévaudan (11 avril 2016 à Paris)

© Elliott Verdier / AFP

 

 

 

01/02/2019

Nietzsche contre le judéo-christianisme

Je m’attache simplement ici au problème de la genèse du christianisme. Nietzsche_2.jpg

Le premier principe pour le résoudre est celui-ci :
le christianisme ne peut être compris que si on tient compte du lieu où il a pris naissance. Ce n’est pas un mouvement qui va à l’encontre de l’instinct juif, c’en est la conséquence même.


Les Juifs sont le peuple le plus étrange de la terre, car, placés devant la question d’être ou de ne pas être, ils ont choisi délibérément, et d’une manière inquiétante, d’être à tout prix; ce prix était la falsification radicale de la nature, du naturel, de la réalité du monde intérieur autant que du monde extérieur.

Les   Juifs   créèrent   de   leur   propre   initiative   un mouvement   contraire   aux   conditions   naturelles :  
ils transformèrent la religion, le culte, la morale, l’histoire, la psychologie, pour en faire une incurable contradiction de leurs valeurs naturelles propres. Nous   rencontrons   le   même   phénomène,   dans   des proportions encore plus grandes, avec l’Eglise chrétienne; mais   elle   ne   peut   revendiquer   la   moindre   originalité, comparée au «peuple saint». C’est pourquoi les Juifs sont précisément le peuple le plus désastreux de l’histoire du monde : ils ont eu une influence si perfide sur l’humanité que même aujourd’hui un chrétien peut se croire antijuif sans réaliser qu’il est lui-même l’ultime conséquence juive. Ce qui autrefois n’était que maladif est aujourd’hui indécent – il est indécent aujourd’hui d’être chrétien.


Ici commence   mon   écœurement...   Je   condamne   le christianisme. Je dresse contre l’Eglise chrétienne la plus terrible des accusations qui lui ait jamais été portée. Elle est   pour   moi   source   de   corruption.   Avec   son   idéal d’anémie, de «sainteté», elle vide l’être humain de tout son sang, de tout son amour, de tout son espoir de vivre ; la croix   est   la   marque   de   reconnaissance   d’une   terrible conspiration souterraine – contre la santé, la beauté, le courage, l’esprit, la bienveillance de l’âme, contre la vie elle-même.
Ce réquisitoire contre le christianisme, je l’écrirai sur tous les murs, partout où il y a des murs...

Je dis que c’est une tare indélébile que porte l’humanité.


Friedrich Nietzsche, in L’Antéchrist

04:19 Publié dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : religions |  Facebook | | | |

21/01/2019

Contre l'ethnocide : résistance nordique et subnordique !

Dans l'Hexagone actuellement, 40% environ de la population dite "de souche" a des origines franchement germaniques. Chiffre qui monte jusqu'à 70% pour les régions situées au nord de la Loire, ce fleuve constituant de facto une sorte de frontière ethnique depuis plus de 1500 ans.

Cela représente donc à peu près 15 à 18 millions d'individus.
Ce qui est à la fois beaucoup et peu, sur une population globale de 60 millions. D'autant plus que la grande majorité de ces 15 à 18 millions d'individus est complètement amnésique et acculturée, lamentablement dépourvue de toute conscience d'elle-même...

Ce chiffre était de toute évidence beaucoup plus important au Moyen-Âge (que l'on songe notamment à la différence flagrante de densité de population entre la moitié nord et la moitié sud), et tend de plus en plus, surtout depuis deux siècles, à diminuer peu à peu. En cause, le "nomadisme" d'une région à l'autre, avec les brassages de population inévitables qu'il implique, mais aussi et surtout l'immigration extra-européenne galopante, laquelle se poursuit inexorablement depuis près d'un demi-siècle.

Mais il y a ne serait-ce qu'un peu plus de 200 ans, pas moins de 65% des recrues de l'armée napoléonienne avaient les yeux bleus, ce qui est assez révélateur de leur identité ethnique. Si on faisait le même type de recensement aujourd'hui au sein de l'armée française, à peine deux siècles plus tard, il y a fort à parier que l'on n'obtiendrait pas exactement le même pourcentage...

A présent, le constat est clair : la composition ethnique de l' Hexagone, comme celle de la Belgique voisine, est en train de changer drastiquement sous les coups de boutoir constants de l' invasion migratoire, dont le caractère massif ne peut plus échapper au moindre observateur attentif. Cette inquiétante constatation s'impose bien évidemment à quiconque jette un regard un tant soit peu objectif autour de lui, dans les rues de nos villes et de nos banlieues.

Depuis longtemps déjà, la France est en pleine dégénérescence, principalement du fait d'un déclin de sa composante germanique originelle. Celle-ci, n'en déplaise à certains négationnistes, est à prendre en considération au même titre que les éléments celtiques et romans/latins dans la substance fondatrice de l'essence nationale, de l'identité profonde de nos peuples.

Compte tenu du Grand Remplacement en cours supervisé par nos "élites" politiques criminelles de tous bords, du caractère irrémédiable de la modification organique insidieuse qu'il implique, et donc de la menace de disparition pure et simple qu'il induit pour nous, notre devoir à tous, ne serait-ce que par simple instinct élémentaire de conservation, est d'entrer en dissidence ouverte, en résistance active comme passive. Il nous faut combattre cette agression d'une ampleur sans précédent historique, mais sans jamais, toutefois, lâcher la proie pour l'ombre.

Ne perdons jamais de vue le fait qu'il ne sert à rien de ne s'attaquer qu'aux conséquences les plus visibles et les plus tangibles de ce processus mortifère, si l'on néglige dans le même temps d'en identifier et d'en combattre les causes réelles et profondes, les véritables instigateurs. Car ceux-ci ne sont pas nécessairement des éléments allogènes ou étrangers, même s'ils se font les agents zélés de l'idéologie mondialiste qui nous menace tous, par le biais d'un libéralisme se présentant de manière interchangeable comme "démocrate", "républicain" ou "progressiste".
Les masques de ses chantres, de droite comme de gauche, tombent un par un, puisqu'ils ne sont en réalité tous que les serviteurs d'un seul et même Système. Qu'aucun d'entre nous ne se laisse plus berner, à l'avenir, par les boniments de tous ces traîtres. Il en va carrément de notre survie et de notre pérennité en tant que peuples, en tant que nations, en tant que familles, lignées et individus qui les composent.

Si vous ne souhaitez pas disparaître, il n'est pas encore trop tard pour qu'un sursaut salvateur se produise enfin, même si l'heure est gravissime. Le temps nous est compté, plus que jamais. Il est minuit moins une, et l'urgence plus que criante. C'est aujourd'hui que nous nous devons de nous faire entendre et de réagir à la juste mesure du péril qui nous guette, tout en faisant nôtre cette célèbre phrase du regretté Dominique Venner : Exister, c'est combattre ce qui me nie.

Le réveil identitaire dont l'impérieuse nécessité se précise aujourd'hui d'un bout à l'autre de l'Europe représentera véritablement, cette fois, une chance pour nos peuples.
Mais sans doute la dernière.

Hans Cany


Sources :

. Présence germanique en France, Hubert Kohler, Editions de L'Aencre, 1998
. Les Germains en France, Ludwig Woltmann, Doxa, 2008

 





Pourcentages d'yeux de couleurs claires (bleus, gris et verts) en Europe.

Yeux_clairs_Europe.jpg

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31/12/2018

Les tartuffes de la liberté contre la liberté [par Robert Dun]

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Je tiens d’abord à dire et expliquer que je ne suis ni membre, ni sympathisant du Front National, que je n’ai voté ni au premier, ni au second tour de la farce électorale, ce qui est constatable sur ma carte d’électeur. Ce qui suit n’est donc pas dicté par la sympathie, mais uniquement pour défendre la liberté contre ses pires ennemis, lesquels ont le cynisme de brandir le drapeau tricolore et le drapeau rouge de la Commune.

Pourquoi suis‑je contre le Front National alors que j’approuve son combat pour la sécurité et les identités européennes ? D’abord parce que je ne crois pas le moins du monde au libéralisme économique dans le contexte capitaliste. Je crois au contraire qu'une domination du politique sur l’économique serait transitoirement une indispensable protection des salariés contre l’inextinguible avidité des possédants. Ensuite, parce que je suis fondamentalement anti‑chrétien. J’ai déjà exposé souvent que combattre les déchéances contemporaines avec le Christianisme, c’était combattre un effet avec sa propre cause. Je sais aussi qu’une bonne partie des membres du FN seraient trop heureux de rétablir l’Inquisition, et de neutraliser païens et nietzschéens de ma sorte.

Alors pourquoi le défendre ? Doucement Messieurs les falsificateurs de problèmes ! Je ne défends pas le FN, je défends la liberté, une liberté de laquelle vous avez perdu le droit de parler.

De toutes façons ce n’est pas mon style d’aboyer avec les chiens. Mais il y a plus : vous attaquez le FN comme fasciste (que veut dire exactement ce mot ?), alors qu’il est actuellement le seul parti qui puisse se prétendre démocrate au sens que vous‑mêmes donnez à ce mot. Le FN réclame le référendum d’initiative populaire. Le référendum est un procédé fasciste, dites‑vous ? Le référendum d’initiative étatique peut‑être, encore que ce fut discutable (si oui, de Gaulle était fasciste), mais non, le référendum d’initiative populaire qui existe dans le plus démocratique des pays d’Europe, en Suisse, où les ennemis mondialistes de la liberté tentent de l’abolir ou de le rendre impossible, ne qui revient au même. Le FN n’a jamais appelé à la révolte et à la lutte armée, comme le font certains groupes gauchistes qui ont largement infiltré le PS, et se sont toujours signalés par leur intolérance. Le PC a prôné longtemps la dictature du prolétariat, ce qui signifie la dictature d’une clique d’intellectuels glacés complètement coupés du peuple. Il prétend y avoir renoncé, mais depuis la loi Fabius‑Gayssot, j’en doute fort.

Bas les masques, Messieurs. La gauche est composée de traîtres au socialisme. Pierre Mauroy lui‑même, alors premier ministre de Mitterrand, s’est défendu d’être marxiste. Or, si la solution marxiste s’est avérée désastreuse, sa critique s’avère chaque jour plus juste. Nous vivons l’impasse finale de l’économie concurrentielle sauvage, dite économie libérale, telle que Hegel, Karl Marx et Jaurès l’ont prévue. Ce serait votre devoir de le dire. Pourquoi vous taisez‑vous, alors qu’un chancelier de droite, le chancelier Erhard, successeur d’Adenauer, a eu cette phrase prophétique: “Le communisme est une bonne ques­tion, mais une mauvaise réponse”.

Vous avez trahi la laïcité dans l’affaire des tchadors. Vous avez trahi les travail­leurs européens en menant une politique parallèle à celle du patronat et de la droite, qui ont voulu écraser les revendications ouvrières par le raz‑de‑marée de la main d’œuvre immigrée.

Vous savez fort bien, qu’avec les accords d’Evian, de Gaulle a ouvert toutes grandes les frontières à l’invasion africaine; vous savez tout aussi bien, que Balladur est le théoricien de la soi‑disant nécessité de l’immigration, que Giscard est l’auteur du regroupement familial. Alors pourquoi cette complicité ? Parce que vous avez été assez naïfs pour croire que ces masses allogènes allaient devenir votre instrument de prise du pouvoir. Vous les avez sous‑estimées parce que vous les méprisez, comme vous méprisez tout humain, toute pensée qui s’oppose à vos vues de cancres en sciences humaines. Leur réponse a été l’Islam fondamentaliste et politique, que je redoute mais que je respecte et même admire sur certains points.

De la même manière la droite a trahi la petite bourgeoisie et les nationalistes issus du vieux gaullisme. Vous n’êtes les uns et les autres que les carpettes des mêmes lob­bies aux buts inavouables, des multinationales et de la finance apatride. Vous n’ouvrez la bouche que pour mentir. Vous ne cessez de nous rabâcher les devoirs de solidarité du Nord envers le Sud. Mais le Sud, Messieurs, ce sont les maîtres que vous servez lâche­ment qui l’affament. Si Africains et Mexicains pouvaient vivre chez eux sans avoir à payer, des intérêts exorbitants pour des prêts fictifs d’un argent qui n’existe que sur les livres et ordinateurs des banques, mais nullement dans leurs coffres, ils reste­raient chez eux et il n’y aurait pas d’affrontement Nord‑Sud.

Et tous ces malheureux que vous avez contraints à l’exil, vous les parquez dans des quartiers désespérants. En 68 on savait déjà que ces ensembles étaient nécrosant et le concept de sarcellisation était à l’ordre du jour des conversations. Depuis, gens de gauche comme de droite, vous avez construit des dizaines de nouveaux Sarcelles. Et vous avez le front de vous poser en défenseurs de la dignité humaine contre ceux qui luttent pour le respect universel des identités raciales et culturelles.

Non, Messieurs les tricheurs, nous autres nous ne trichons pas. La défense raciale des Mongols, seul peuple qui a la particularité de pouvoir émettre par la voix deux notes de musique simultanément, des équilibristes chinois, des Japonais et Sud‑Asiatiques au système nerveux supérieur au nôtre, nous importe autant que l’intégrité de nos propres peuples. Mais nous n’allons pas en, Chine grimacer sur les droits de l’homme que notre société viole à tours de bras.

Avez‑vous levé le petit doigt lorsque le pauvre Ukrainien, Demjanjuk, croupissait pendant sept ans dans les prisons israéliennes, accusé de crimes en camp de concentration, alors que sa taille était supérieure de dix centimètres à celle mentionnée sur la carte d’identité soviétique dont se servait l’accusation, et que ses empreintes digitales étaient différentes ? Non, vous n’avez pas bougé, parce que vous êtes des carpettes, et je n’ai même pas réussi à intéresser Amnesty International à son cas. Droite ou gauche, même combat : la destruction par métissage des peuples d’Europe coupables d’être d’es­prit trop libre et trop revendicatif.

Votre antifascisme est une farce grotesque. Les pays communistes ont fait plus de victimes de persécutions idéologiques que Mussolini, Hitler, Franco et Salazar réunis. Cela ne vous a jamais empêchés de vous allier à leurs partisans.

Vous allez prêcher la tolérance aux Chinois, mais vous avez rétabli le délit d’opinion, vous interdisez les annonces par lesquelles des hommes libres pourraient entrer en contact. Nous en avons fait l’expérience à Lyon, à Saint‑Etienne et au Puy. Nous avons relaté les faits en leur temps et en détenons les preuves.

Je ne prétends pas que les régimes fascistes étaient irréprochables, mais ils respectaient mieux les penseurs que les pseudo‑démocraties actuelles (je pense surtout à la France et à l’Allemagne). Récriez‑vous, Messieurs, mais les faits sont têtus.

Sous Mussolini, le penseur anarchiste Enrico Malatesta pouvait écrire et parler, le professeur anarchiste Camillio Berneri resta en fonction à la Faculté de Rome.

Vous autres, vous avez fermé la Faculté au professeur Faurisson, membre de la Libre Pensée, vous avez révoqué Vincent Reynouard qui n’a jamais fait de politique en classe, et a eu le soutien de ses élèves. En août 1939, deux semaines avant la déclaration de guerre, Philibert Besson déclara dans un café de Vorey: “La guerre éclatera dans deux semaines et nous la perdrons”. Nous n’étions pas encore en état de siège et il avait le droit de dire cela. Pourtant dès la déclaration, de guerre à l’Allemagne, il fut arrêté pour propos défaitistes et mourut sous Pétain (gauche droite même combat), probablement assassiné à la prison de Riom.

A titre de comparaison : le 22 juin, 1941, immédiatement après l’agression allemande contre l’URSS, le professeur et colonel SS Johann von Leers déclara du haut de sa chaire de la Faculté de Berlin que cette agression était "catastrophique", et vaudrait à l’Allemagne "les pires malheurs de son histoire”. Il fut interdit de cours, mais non arrêté, put s’exiler et termina ses jours comme conseiller privé de Nasser.

Attaqué de manière discourtoise et peu scientifique après la publication de son ouvra­ge “Le mythe du XXème siècle” par des auteurs catholiques, Rosenberg ne les attaqua jamais en justice, et se contenta de leur répondre. Je ne porte ici aucun jugement sur l’ouvrage de Rosenberg, que personnellement je trouve assommant. Je relate simplement un fait significatif sur la tolérance et la liberté d’opinion.

Le seul pays européen où existe actuellement une totale liberté d’opinion est la Russie. Les goulags ont été moins efficaces que les névroses, l’abêtissement et l’avilis­sement issus du bouillon de culture yankee. Les limaces de la soft‑idéologie, vous Mes­sieurs, faux protecteurs de la liberté, ne pouvez tolérer que les larves. Tout penseur libre est votre ennemi. Tout homme de courage, même un peu idiot, est votre ennemi.

Je vous entends déjà: “Que conseillez‑vous, vous qui êtes si fort ?” Rien Messieurs. Freud répondit à une bourgeoise déboussolée qui lui demandait si elle devait élever son fils sévèrement ou librement: “Comme vous voudrez, Madame, de toutes façons ce sera mal”. Je vous dis de même: “Faites ce que vous voudrez, Messieurs, de toutes façons ce sera mal”. Ce sera mal parce que vous êtes ce que vous êtes : des cancres en sciences humaines, des idéologues bornés, des carpettes des puissances économiques, des tricheurs qui méprisent le peuple, sans compter les voleurs des finances publiques.

Votre seule utilité est d’être les promoteurs d’une décadence qui donnera le grand coup de balai à une civilisation destructrice de tout ce qu’il y a d’humain dans l’homme.

 Robert DUN
Article paru dans la revue L’HOMME LIBRE fils de la terre – Décembre 1997




 

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05/12/2018

Que Noël soit devenu une « fête du consumérisme » est une abjection

Entretien avec Alain de Benoist, réalisé par Nicolas Gauthier

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Au risque de se répéter en filant la métaphore horticole à propos des fameuses « racines chrétiennes » de l’Europe, ne serait-il pas plus opportun d’évoquer des racines païennes, un tronc chrétien et des branches judéo-musulmanes ?

Alain de Benoist : Plus que fameuses, les « racines chrétiennes » de l’Europe me paraissent surtout fumeuses. Si les mots ont un sens, les racines sont ce qui plonge au plus profond, ce qui touche à l’origine. Or, sans même remonter au néolithique, ou plus haut, il est évident que les racines de l’Europe renvoient à l’Antiquité préchrétienne, en l’occurrence aux cultures gréco-romaines, celto-germaniques et balto-slaves qui sont attestées des siècles, et parfois des millénaires, avant la naissance du Christ. Les poèmes homériques, composés avant même que la Bible ne fût écrite, ne feraient-ils pas partie de nos racines ? Pas plus que les présocratiques, la République romaine, la religion celtique ou les constructions mégalithiques de Stonehenge et de Newgrange ? Soyons sérieux un instant. Nul ne peut nier le rôle du christianisme dans l’histoire de l’Europe, mais parler de « racines chrétiennes » est une autre histoire. Sur le plan spirituel, les racines de l’Europe, ce sont les religions de l’Antiquité. Faire comme si les cultures de l’Antiquité préchrétienne n’avaient pas existé revient tout simplement à amputer la mémoire européenne de sa longue durée.

Cela dit, votre métaphore horticole me laisse un peu sceptique. Elle évoque une histoire strictement linéaire qui ne me paraît pas correspondre à la réalité. Si l’on veut faire apparaître la pluralité dialectique des éléments ayant contribué à l’histoire de l’Europe, je crois plus fructueux de conjuguer approche synchronique et approche diachronique.

Jadis fête païenne, puis fête de la Nativité pour les catholiques, Noël est aujourd’hui devenu surtout une fête du consumérisme. Peut-on résumer les choses comme cela ?

Alain de Benoist : Comme chacun le sait, ou devrait le savoir, les Évangiles (qu’ils soient canoniques ou apocryphes) sont totalement muets sur la date de naissance de celui que ses contemporains appelaient Ieschoua ben Miriam, et que nous connaissons sous le nom de Jésus. Vers 245, Origène déclarera d’ailleurs « inconvenant » qu’on s’occupe d’une telle question. Ce n’est en fait qu’à partir du IIe ou du IIIe siècle que l’on se mit en devoir de fixer une date pour la naissance de Jésus. On produisit alors des affirmations totalement contradictoires. Le De Pascha Computus, longtemps attribué à Cyprien de Carthage, se prononça pour le 28 mars, tandis que les communautés chrétiennes d’Orient en tenaient pour le 6 janvier, date correspondant chez les Grecs à l’Épiphanie de Dionysos. En Occident, la date du 25 décembre s’est probablement imposée pour contrecarrer l’influence du culte de Mithra, dont on célébrait ce jour-là la renaissance annuelle, peu après les Saturnales romaines. C’était également le jour où, sous l’Empire, on commémorait la fête de Sol Invictus, le « Soleil invaincu ». La première mention latine du 25 décembre comme fête de la Nativité remonte à l’an 354, la célébration proprement dite semblant avoir été instituée sous Honorius, qui régna en Occident de 395 à 423. Noël ne deviendra toutefois une fête d’obligation qu’au concile d’Agde, en 506. Justinien, en 529, en fit un jour férié.

Que Noël soit aujourd’hui devenu une « fête du consumérisme » est évidemment une abjection. L’un des contributeurs de Boulevard Voltaire en a profité, dans une chronique récente, pour mettre en cause « quelque dieu païen de la consommation ». Je serais bien curieux de savoir à quelle divinité il faisait allusion. Dans quel texte sacré du paganisme aurait-il d’ailleurs pu trouver un éloge de la « consommation » ? Dans le Hávamál ? Les Mabinogion ? L’Atharva-Véda ? L’Iliade ou l’Odyssée ? L’ancienne théologie romaine ? La vérité est que la « consommation », au sens que nous donnons à ce terme, est constamment condamnée dans le paganisme antique. Voyez le mythe de Midas, le mythe de Gullveig, la « malédiction de l’or » dans la religion germanique. La consommation marchande relève de cette démesure que les Grecs appelaient hybris – et aussi de cette chrématistique que dénonce Aristote en des termes dénués de toute équivoque. Elle relève enfin du domaine de la production et de la reproduction que les Anciens considéraient comme clairement subordonné à ceux de la guerre et de la souveraineté politique et spirituelle (la « troisième fonction » dans le schéma dumézilien de l’idéologie tripartite des Indo-Européens).

Vous avez vous-même publié un livre intitulé Fêter noël. légendes et traditions, qui a connu depuis 1982 deux éditions successives. Entre renouveau païen et naissance du Christ, autre forme de renouvellement, quel sens donner aujourd’hui à cette célébration ?

Alain de Benoist : En Europe, depuis des millénaires, les hommes se sont réunis autour du feu au moment du solstice d’hiver, durant cette période où règnent le froid, l’obscurité et la nuit, pour aider le soleil à reprendre sa course et dire leur confiance dans le retour de la vie. Le sapin de Noël, cet arbre qui reste toujours vert, en est le symbole le plus connu. Quel que soit le sens que l’on donne à ce moment de l’année – les « Douze nuits » qui vont de la Sainte-Lucie des Suédois à Noël ou de Noël au 6 janvier, date de l’ancienne Épiphanie –, qu’il s’agisse de fêter la nativité du Christ ou de célébrer l’éternel enchaînement des saisons, il est toujours question d’une renaissance. À Rome, la déesse du solstice d’hiver était Diva Angerona, que l’on représentait la bouche bandée ou scellée, un doigt sur les lèvres pour commander le silence. Moment de fête joyeuse et de chants émouvants, Noël devrait être en effet également un moment de gravité, de silence et de recueillement. Dans le monde où nous vivons, où la valeur marchande s’est imposée à toutes les autres, on peut même faire de sa célébration un acte de foi : c’est au plus noir de la nuit, lorsque tout paraît froid, triste et glacé, qu’il faut se convaincre que la lumière reviendra.

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Originellement publié sur Boulevard Voltaire, 2013 E.V.
Source : http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/que-noel-soit-deve...

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22/10/2018

HALLOWEEN / SAMHAIN / SAMONIOS, expression de la Tradition païenne d'Europe

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hans cany,identité & racines

A en croire les plus virulents détracteurs d'Halloween, cette fête mercantile et d'origine états-unienne n'aurait strictement rien à faire chez nous autres, Européens sans ascendance anglo-saxonne.
Au mieux, elle se voit réduite à une dérisoire festivité enfantine au cours de laquelle des marmots grimés font du porte à porte pour quémander des bonbons, à une simple soirée déguisée sur fond d'imagerie macabre d'un goût  douteux. Au pire, on dénonce en elle une méprisable manifestation de l'impérialisme culturel yankee, voire même l'expression d'une inquiétante recrudescence de subversion satanique, dont le but caché mais évident serait d'annihiler et de remplacer notre traditionnelle et très chrétienne Toussaint...

Compte tenu de l'ineptie des fantasmes ambiants et de la confusion régnante, à l'intention des Hilotes et des Béotiens, et afin de rappeler à tout un chacun ce qu'il en est véritablement, il apparait important de remettre certaines pendules à l'heure.


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HALLOWEEN : qu'est-ce donc, au juste ? Il convient en tout premier lieu de faire justice d'une certaine idée reçue.
Nonobstant un préjugé hélas fort répandu, il ne s'agit nullement d'une fête carnavalesque américaine, ni d'une mascarade commerciale de création récente.

Ce sont en réalité les migrants originaires des îles britanniques (Anglais, mais surtout Irlandais, Gallois et Ecossais) qui l'ont exportée aux USA entre le XVIIème et le XIXème siècles, et c'est donc par cette voie qu'elle nous revient aujourd'hui en Europe continentale.

C'est dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, mais aussi pendant une bonne dizaine de jours avant et après cette date, qu'était célébrée dans une grande partie de l'Europe une fête païenne majeure baptisée Hallowe'en dans la Tradition germano-celtique du monde anglo-saxon, et correspondant à la Samain/Samhain des Celtes. Contrairement à une croyance tenace, cette fête n'est pas non plus que l'apanage de l'Irlande et de la Grande Bretagne, puisqu'elle était également célébrée chez les Celtes continentaux et notamment en Gaule, sous le nom de Samonios.

Halloween/Sam(h)ain/Samonios, correspond originellement aux festivités qui marquaient la célébration du nouvel an celtique. Halloween est également l'héritière d'une fête équivalente dans la tradition germano-nordique, et c'est en ce sens qu'elle constitue un des nombreux points de convergence entre les deux mondes culturels et civilisationnels que sont le monde germanique d'une part, et le monde celtique d'autre part, étroitement apparentés à plus d'un titre.

Cette célébration marque le passage de la partie lumineuse du cycle des saisons à sa partie sombre, partie sombre qui inaugure donc une nouvelle année. Le passage inverse, de la partie obscure à la partie lumineuse, est célébré quant à lui dans la nuit du 30 avril au 1er mai : c'est alors la fête de Cetsamhain/Beltaine dans la Tradition celtique, ou "Nuit de Walpurgis"/Ostara dans la Tradition germanique, qui est en fait l'exacte réplique d'Halloween/Sam(h)ain/samonios, avec les mêmes implications, mais bien évidemment "inversées".

Célébration de l'entrée dans la période la plus sombre de l'année et de la mort symbolique de la Nature, Halloween/Samain, tout comme Beltaine/Walpurgis, constitue une nuit "hors du temps", peuplée de forces obscures et au cours de laquelle le monde des morts et de l'au-delà interfère avec celui des vivants. Elle est marquée par l'errance de forces impalpables, de créatures ténébreuses et inquiétantes, au premier rang desquelles les sorcier(e)s maléfiques, les spectres, les revenants , les loups-garous, et autres monstres.

Elle est donc aussi la fête des morts et des esprits désincarnés, le Jour des Morts proprement dit se célébrant le 1er novembre, devenu la "Toussaint" sous l'effet de la christianisation. L'Eglise chrétienne a tenté de récupérer cette tradition païenne de la Fête des Morts en la décalant officiellement au 2 novembre, mais les gens continuent de se rendre dans les cimetières le 1er, et non le 2 novembre. Ceci illustre de façon limpide la persistance d'une tradition plurimillénaire fortement enracinée dans l'héritage ancestral européen.

 A toutes celles et tous ceux qui se soucient de rétablir le lien avec leurs véritables racines spirituelles ancestrales, je souhaite donc une excellente célébration de cette nuit exceptionnelle. Il serait infiniment regrettable de la condamner  à  l'oubli, comme de l'abandonner définitivement, vidée de son contenu véritable, aux seules récupérations profanes et commerciales. Halloween est aujourd'hui de retour sur le sol de la vieille Europe. Nous ne devons pas bouder ce grand retour d'une part importante de nous-mêmes, mais bien au contraire nous en réjouir.

Hans CANY

 

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Pour en savoir plus à ce sujet, je vous recommande vivement la lecture
du remarquable "B.A.-BA HALLOWEEN" de Jean-Paul Ronecker
(Editions Pardès)

Une étude magistrale et captivante, fort bien documentée
tout en restant accessible à toutes et à tous.

hans cany,paganisme,identité & racines

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02/10/2018

"Chevaucher le tigre" : ce que signifie la formule

 

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"Chevaucher le tigre" : Cette formule originaire de l'Extrême-Orient, notoirement reprise et diffusée en Occident via le métaphysicien et philosophe italien Julius Evola, s'applique parfaitement à l'époque de déclin généralisé que nous traversons, laquelle présente tous les symptômes d'une fin de cycle, d'un monde en phase terminale. Elle signifie en substance que si l'on parvient à chevaucher le tigre, on l'empêche de se jeter sur soi, et on se préserve donc de ses attaques. Et si l'on ne se laisse pas désarçonner, si l'on ne lâche pas prise et si l'on se maintient fermement et patiemment sur son dos, il est au final possible d'avoir raison de lui...

A méditer.

Hans Cany

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07/09/2018

Abêtissement généralisé, navrant signe des temps

J'ai la sensation de plus en plus nette qu'une substantielle baisse du quotient intellectuel affecte aujourd'hui l'écrasante majorité des gens.

Qu'il s'agisse de conscience politique comme de questions d'ordre sociétal, d'implication -même occasionnelle et fugitive- dans quoi que ce soit, de curiosité et de culture générales, de centres d'intérêt, voire même de la simple compréhension de banalités toutes connes, le niveau d'ensemble me parait dramatiquement et inexorablement tiré vers le bas, toujours plus bas...

A quoi est donc dû ce singulier syndrome d'abrutissement généralisé ? Les "complotistes" les plus "paranoïaques" auraient-il donc finalement raison, lorsqu'ils affirment que l'on abêtit délibérément la population à son insu, en lui injectant certaines substances via la nourriture industrielle, l'eau, les vaccins, le fluor, les chemtrails etc ?

Je l'avoue, je le confesse : à force de constater quotidiennement l'indéniable réalité, y compris "virtuellement" par le biais de cette excellente sonde sociologique qu'est Facebook, je ne suis vraiment plus loin de penser qu'il y a du vrai dans ces théories de la conspiration pour le contrôle des masses...

Il faut bien, hélas, se rendre à l'évidence : dans un monde où le règne de la quantité a pris le pas sur celui de la qualité, où l'inversion des valeurs est devenue règle et où le nivellement par le bas fait aujourd'hui force de loi en tous domaines, il était inévitable que la médiocrité et la régression finissent par s'ériger en normes.

Triste vie, triste monde. Et triste compagnie. Triste privilège que de vivre une si misérable époque que celle qui marque la phase terminale du Kali Yuga. Car cela n'a rien d'une bénédiction, mais tout d'une malédiction. 

Hans Cany

 

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