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18/01/2016

Gouvernés par des criminels devenus fous : Paradoxe ou réalité ? [par Robert Dun]

 Le problème posé implique des questions préalables : Qui gouverne le monde ? Toutes les formes politiques sont-elles concernées par cette terrible accusation ? D'où vient cette invraisemblable situation ? Est-elle une fatalité ou l'aboutissement d'une chaîne d'erreurs évitables ?

Commençons par la première question : Qui gouverne le monde ?

 J'ai exposé dans mes livres comment l'humanité avait glissé de la culture au chaos actuel. La culture est un stade dans lequel les valeurs du contrat social sont claires pour tous et aucune forme de pouvoir ne peut les violer sans susciter une révolte immédiate et incoercible. Le but de la révolution culturelle en Chine était de retrouver ce stade de conscience populaire. Il y eut des déviances et des abus, mais qui restent peu de chose en comparaison avec l'écrasante montagne d'hypocrisies et d'abus de pouvoir de nos démocraties sans démos.

 Bien qu'imparfaite, l'histoire permet de distinguer deux facteurs de corruption de la culture en tant que forme de société. Le premier est l'impérialisme. La conquête et la domination d'un peuple étranger mettent le vainqueur en présence d'échelles de valeurs qui ne sont pas les siennes et qu'il comprend mal. On trouverait des centaines d'exemples. Citons-en seulement deux qui nous concernent actuellement.

 Le vol nous agace et nous répugne plus que le rapt. Mais dans de nombreuses tribus africaines le vol de bétail est un exploit honorable, faute de quoi un Noir ne pourra pas se marier parce que considéré comme incapable.

 La dissimulation aussi nous agace comme une lâcheté. Mais le Coran enseigne : « La faute cachée est moins grave que la faute publique parce qu'elle n'a pas valeur de mauvais exemple » ; ce point de vue a incontestablement sa logique.

 De telles confrontations culturelles résultent le scepticisme, le nihilisme, l'amoralité, les désordres sociaux et les hypocrisies, ces dernières étant bientôt considérées comme une marque d'intelligence. La sémantique dans nos langues modernes révèle cette évolution. Nous utilisons le mot malin comme terme admiratif, synonyme « d'intelligent ». Or il veut dire étymologiquement « maléfique, malfaisant ». Inversement le mot benêt, dont la forme ancienne est « benoist », signifie « bienfaisant » et non « stupide » comme actuellement. En allemand l'adjectíf schlau a pris le sens « d'intelligent », « habile » ; mais il dérive de Schlange lequel signifie « serpent ». Ces exemples illustrent l'inversion des valeurs qui s'est produite à travers notre histoire, le fait que les valeurs réellement honorées dans notre société sont le contraire de ses valeurs théoriques.

 On se prétend fidèle d'une religion qui place au-dessus de tout la naïveté enfantine, mais on déteste, traque et tue la naïveté chez ses propres enfants, sans se douter le moins du monde des ravages irréparables qui en résultent dans un être trop jeune pour notre « réalisme ». Des centaines de milliers de jeunes font a vingt ans et plus des crises de puérilité parce qu'on ne leur a pas permis d'être puérils à l'âge où ils avaient besoin de l'être. Je fus stupéfait en 1968 de découvrir que le Petit prince de Saint-Exupéry était l'un des livres de référence des révolutionnaires ( combien naïfs pour la plupart ! ).

 L'actuelle gravité de la coupure entre les générations n'est pas due qu'à cela, mais elle l'est pourtant pour une bonne part. Les propos du Zarathoustra de Nietzsche dans l'île des tombeaux, propos sur ceux qui ont détruit et souillé tous ses rêves, tous ses amours d'être pur devraient donner à réfléchir. Churchill a dit : « Tous les grands hommes ont eu une enfance malheureuse ». L'ambition aurait-elle souvent la rancune, la vengeance et les complexes d'infériorité pour base au lieu de la volonté de réaliser des buts nobles ?

 Outre l'impérialisme et ses séquelles de confusion, le second facteur de corruption de la culture est la théocratie. Nous autres libertaires nous comprenons intimement Jean-Jacques Rousseau proclamant que « le principe de la souveraineté réside dans le peuple ». Notre anarchie n'est pas désordre et nihilisme ; c'est le refus de toute loi qui ne correspond pas à notre loi intérieure. Nous comprenons aussi le prophète chrétien agacé par le formalisme de ses congénères et proclamant que « le Fils de l'Homme est maître même du Sabbat », ce qui signifiait « même du plus rigoureux commandement de la loi, donc de la totalité de la loi ».

 De tels propos ne sont pas le fait d'êtres déboussolés, mais au contraire d'êtres portant en eux leur infaillible boussole d'êtres lucides et forts. Or la théocratie prétend imposer une loi d'origine divine, indiscutable, révélée à des médiateurs comme Moïse, Jésus ou Mohammed. Cette loi est aux mains de hiérarques religieux supérieurs aux hiérarques politiques.

 L'histoire de l'Europe montre la convergence du facteur impérialiste et du facteur théocratique dans le nihilisme actuel et la fuite en avant dans un matérialisme qu'il serait plus adéquat de nommer « mépris de la matière ».

 L'Empire romain porteur d'une « paix romaine » et d'une loi qui se croyait universelle fut attaqué de l'intérieur par trois religions de vaincus : le mithraïsme était l'instrument du noyautage perse, le culte d'Isis celui du noyautage égyptien et le christianisme celui du noyautage juif. Ce fut ce dernier, le plus patient, le plus équivoque, le plus perfide qui finalement triompha. Ainsi nous eûmes comme loi un Décalogue du désert qui ne dit pas un mot des devoirs envers la nature, ni même envers les enfants. La grande figure de référence fut un Christ mythisé, bourré de contradictions, dont on nous transmettait la parole « mon royaume n'est pas de ce monde », alors que le basileus ( l'empereur de Byzance ) était « le successeur du Christ sur Terre » et que le pape monstrueux Innocent lV déclarait que « les papes sont souverains spirituels et temporels de la Terre entière ». La convergence de l'impérialisme et de la théocratie trouva son incarnation la plus horrible dans le conquistador qui imposa au monde entier les maladies sociales et morales de l'Europe.

 Les stupidités du dogme ont rejeté dans le matérialisme les esprits les plus libres. Mais cette relative libération ne les a pas délivrés d'une morale antinaturelle. Tant les hypocrisies rendues nécessaires par la démonisation de la vie que celles pratiquées par les gros malins à tous les niveaux et les hiérarques des Églises au premier chef ont continué à se développer et à gangrener toute l'espèce humaine soumise au monde chrétien.

 Mais les pires choses ont en commun avec les meilleures d'avoir une fin. Acculés par les prises de conscience populaires, par les révélations sur leurs invraisemblables crimes, les maîtres du monde se raidissent dans une fuite en avant dont ils savent aussi bien que nous l'impuissance face aux problèmes majeurs de surpopulation, de pollution, d'effondrements culturels, de nihilisme mondial. Ils se savent complètement impuissants à imaginer un contrat social, une morale, un système socio-politique mobilisateur. Et comme ils savent aussi que toute vision claire sur ces nécessités remet en cause leur système de domination, ils font peser la plus efficace dictature contre les êtres capables et « coupables » de pensée indépendante.

 Ils réduisent à l'impuissance tous ceux qui pourraient contribuer à débrouiller l'écheveau de l'ère judéo-romaine, de l'ère impérialiste et théocratique. Jadis on disait « gouverner c'est prévoir » ; mais nous vivons le bout du rouleau et tout est devenu imprévisible. Alors « on gouverne à vue », ce n'est pas moi qui l'ai dit…

 Alors… qui gouverne le monde ? Les malins, les faussaires. Toutes les formes politiques sont-elles concernées par l'accusation de criminalité et de folie ? À part le peu qui reste de sociétés tribales, je ne vois qui pourrait prétendre à être excepté. D'où vient cette invraisemblable situation ? De la collusion judéo-romaine de l'impérialisme et de la théocratie. Etait-elle fatale ou évitable ? Honnêtement, cette question me dépasse. Mais je puis garantir que nous sommes à l'extrême bout du rouleau et qu'il serait grand temps de penser à des mini-sociétés de survie et de remplacement.

Robert DUN

In L'HOMME LIBRE, fils de la Terre, Septembre 1993

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02:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : robert dun, religions, identité & racines |  Facebook | | |

Commentaires

Très très bon article: merci! Voyez aussi ce document: http://www.brujitafr.fr/article-histoire-cachee-en-1941-hitler-avait-bien-fait-une-offre-de-paix-que-churchill-a-refuse-pour-des-120857461.html , avec mes amitiés: Jean

Écrit par : Suzan Jean | 23/02/2016

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