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27/06/2012

Extradition d'Al Mahmoudi : crime d'Etat des autorités tunisiennes

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Le dimanche 24 juin 2012 restera une marque d'infamie qui souillera à tout jamais les nouvelles autorités tunisiennes, dominées par le parti islamiste Ennhada. Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, ancien secrétaire du Congrès Général du Peuple de la Jamahiriya libyenne (et non "ex-Premier ministre" comme on le lit trop souvent, la Jamahiriya n'ayant jamais eu de ministres en titres et encore moins de "Premier ministre") a été livré en catimini aux renégats du CNT. Une initiative prise à l'insu même du président tunisien, qui s'opposait théoriquement à toute initiative de ce type tant que la Libye ne disposerait pas d'un gouvernement élu...

Sitôt arrivé à Tripoli, sitôt torturé : selon les rares informations dont on dispose, Al-Mahmoudi, tombé entre les griffes de membres d'Al Qaïda tristement réputés, a immédiatement commencé à subir de mauvais traitements, sévices corporels et humiliations à la clé. Crachats collectifs, coups, insultes, menaces des pires supplices. Les séances de torture ayant d'ores et déjà commencé, on sait que le pauvre homme a le visage tuméfié, et qu'il aurait eu les ongles arrachés. Suite à un "interrogatoire" particulièrement musclé, ayant entraîné une hémorragie interne (côtes brisées ayant occasionné la perforation d'un poumon), il a déjà dû être évacué en urgence vers le service des soins intensifs d'un hôpital de Tripoli. Sans le moindre doute, il ne pourra survivre très longtemps à ce type d'exactions.

C'est donc en parfaite connaissance de cause que le gouvernement voyou de Tunis a décidé d'envoyer à la torture et à une mort quasi certaine un réfugié qu'il maintenait injustement en détention depuis neuf mois, ce qui constituait déjà une violation des traités internationaux en matière de droit d'asile. En le livrant ainsi pieds et poings liés aux bourreaux sanguinaires d'un autre Etat voyou, dirigé par une clique de criminels notoires, l'Etat tunisien se rend à présent lui-même complice -et coupable- d'un crime bafouant les règles les plus élémentaires du Droit international comme des Droits de l'Homme.
Ainsi que l'a immédiatement souligné Maître Ceccaldi, avocat français d'Al-Mahmoudi, cette extradition scandaleuse les viole en effet à au moins deux titres. D'une part, elle viole le droit tunisien lui-même, puisqu'elle aurait dû au préalable être avalisée par le président du pays. Et d'autre part, elle est aussi illégale puisque la Cour africaine des Droits de l'Homme avait précisément été saisie d'un recours contre cette extradition.

Maître Ceccaldi a notamment déclaré : "Il s'agit d'une extradition vers un Etat voyou de la part d'un gouvernement qui a des pratiques de voyous."  Il a en outre déploré le "double langage du gouvernement islamiste tunisien. Ce gouvernement parle de démocratie, de libertés et de droits de l'Homme mais dans la pratique, ils n'ont de cesse que de les violer car enTunisie, aux termes des textes applicables, c'est le président de la République qui doit signer le décret d'extradition. (...) Organiser ce véritable rapt alors que la CADH était saisie relève de pratiques de gangsters et de voyous"

Maître Ceccaldi a rencontré son client pour la dernière fois le 16 juin 2012. Al-Baghdadi Al-Mahmoudi lui avait fait part de son intention de contacter prochainement le juge Van Ruymbeke, en vue de faire des révélations concernant notamment le financement de la campagne d'un certain homme politique français en 2007, ainsi que certaines questions d'enrichissement personnel. Cette condamnation à mort programmée via une extradition illégale vient-elle donc, à point nommé, faire taire une voix potentiellement très embarrassante ?... Le silence assourdissant des médias occidentaux -et français en particulier- quant au sort épouvantable d'Al-Mahmoudi, en tout cas, témoigne bien d'un parti pris complice sinon coupable, doublé d'une faculté d'indignation à géométrie décidément très variable...

Cette extradition honteuse vient de déclencher une crise politique majeure en Tunisie, le président de la république étant furieux d'être ainsi mis devant le fait accompli. La population tunisienne, quant à elle, est largement indignée par cet acte tout aussi odieux qu'inattendu. En guise de représailles, et en signe de protestation contre ce crime d'Etat d'une grande lâcheté, le consulat de Tunisie a Tripoli a d'ores et déjà été la cible de plusieurs attaques depuis le lundi 25 juin, dont une au cocktail molotov.

Nous n'oublierons pas. Nous ne pardonnerons pas.

Hans CANY


EDIT DU 27 juin 2012 à 18H20 : Ca y est, ils l'ont apparemment déjà assassiné...


AJOUT DU 05 juillet 2012 : Al-Mahmoudi serait finalement vivant !

Le 4 juillet 2012, il a été conduit devant des journalistes, afin de prouver qu'il est toujours en vie, suite aux rumeurs de torture suivie de mort, largement diffusées (intox lancée par qui ? Et dans quel but ?...). Les attaques de la Résistance verte se multipliant à l'approche du simulacre d'élections censé se tenir en Libye le 7 juillet, c'est de toute évidence en étant soumis à des pressions qu'il a alors tenu des propos défaitistes pour le moins surprenants, à l'adresse des partisans de la Jamahiriya. Il aurait notamment déclaré :

« J'insiste pour que nous oublions le passé. L'ancien régime est fini. C'est fini. Le régime de Kadhafi n'est plus. L'ensemble de la Libye a parlé. Les Libyens n'ont d'autre choix maintenant que de s'unir. »

Reste à espérer que ce n'est que contraint et forcé qu'il a été amené à tenir les propos en question. S'il s'avérait qu'ils sont de sa propre initiative, et qu'ils reflètent véritablement le fond de sa pensée actuelle, ce serait plus que consternant... Il va sans dire qu'à titre personnel, je n'approuve ni ne soutiendrai en aucun cas ce type de position. Ceux, parmi les Libyens, qui pensent ainsi, n'ont qu'à mener leur "combat"  national par eux-mêmes. Qu'on ne compte par sur des étrangers comme moi pour les approuver et les soutenir : cela ne me concerne nullement, et je ne cautionnerai jamais semblable compromis. Ceux qui désirent aujourd'hui "tourner la page" ne m'intéressent pas. Et la construction d'une prétendue "nouvelle Libye" non-verte non plus, je m'en lave les mains. Pour ma part, je resterai fidèle à la Troisième Théorie universelle, et ce avec ou sans les Libyens. Ceci étant dit, il est clair qu'il faut que la vie de Mahmoudi soit sauvegardée, et qu'il recouvre la liberté. C'est tout ce que je lui souhaite. Mais rien de plus. Du moins, dans la mesure de ce que l'on est en droit de présumer pour l'instant, suite à cette ahurissante déclaration publique.
Affaire à suivre...

H.C.

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Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, secrétaire du Congrès Général du Peuple
de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste

 

16:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : libye, hans cany, géopolitique et politique internationale |  Facebook | | |

Commentaires

Encore et encore ils font ce qu'ils veulent .Je suis dégouté à jamais de tous ces gens qui font dans le politiquement correct et en même temps soutiennent les pires des criminels.
Monsieur Cany ,je vous sens impliqué du bon coté ,je voudrais vous poser une question personnelle,concernant le IPCO . C'est un organisation fiable et honnête à votre avis? Ils me demandent par email de participer à la lutte par mes moyens ,qui sont surtout au niveau de traductions ,car je parle et écris plusieurs langues, mais je hésite de me dévoiler sur internet et rechigne devant des organisations et associations ,étant anarchiste dans l'esprit. Que me-conseillez-vous?Cordialement,et merci de votre réponse.

Écrit par : willem wernink | 28/06/2012

Je viens juste de réaliser qu'IPCO étaient les initiales d' "International People's Conference Organisation"...
A vrai dire, ça me semble plutôt sérieux. Mais je me suis inscrit sur leur site et leur liste de diffusion voici au moins 1 an, et je n'ai plus jamais eu aucun signe de vie d'eux... Donc, je ne sais pas. A voir.

Écrit par : HANS CANY | 29/06/2012

Les commentaires sont fermés.